II. Écouter les paroles
m. Considérer les actions.
Premier PRÉLUDE, <' Us le crucifièrent, et vec lui deux voleurs , Fun à sa droite , l'autre
sa gauche. » aean. 19. 18..
Deuxième prélude. Se représenter le Calure , où sont préparés les instruments du jpplice ; et ensuite Jésus-Christ attaché à la •oix.
Troisième prélude. 0 Jésus, victime d'alour, unissez-moi à votre sacrifice, véritable Dlocauste où tout est consumé dans le feu de
charité la plus ardente, et faites passer dans
on cœur les sentiments du vôtre.
I" P. Contempler les personnes, — Cette
ule innombrable d'étrangers et d'habitants î Jérusalem , rassemblés sur la montaçrne du
Calvaire... Quel sentiment les y a conduite Quelques-uns, la compassion; un plus grand nombre , la curiosilé ; un plus prand nombre encore , la baiiie , ou je ne sais quel plaisir brutal à repaître ses yeux d'un spectacle de sang. — Les bourreaux , la rage dans le cœur et la fureur dans les regards ; ils sont irrités en se voyant vaincus par la patience de leur victime. Les pharisiens, les princes des prêtres», dont la vengeance doit enlin être satisfaite, puisqu'ils ont flétri à jamais la mémoire de Jésus, ils le croient du moins, en obtenant qu'il meure de la manière non-seulement la plus cruelle, mais la plus infamante. . . Ils ne peuvent contenir leur joie. — Les deux malfaiteurs associés au supplice du Fils de Dieu pour en augmenter la honte ; combien l'un des deux \3t, en faire éclater la gloire ! — Les saintes femmes qui pleurent... La très-sainte Vierge plongée dans un océan de douleurs , sentant si vivement toutes les souffrances de son fils... Saint Jean qui l'accompagne et partage son affliction. - Mais celui qui doit attirer toute votre attention, occuper et absorber toutes les puissances de votre àme , c'est Jésus-Christ , entre les mains de ses bourreaux , et ensuite suspendu sur la croix, où il consomme avec son douloureux sacrifice l'ouvrage'de notre rédemption... Oh! qu'il y a ici d'instructions à recueillir, d'impressions saintes à recevnji'
IP p. Ecouter les paroles, — Que dit ce iiple, au milieu duquel Jésus a passé en faint le bien ? Toi qui détruis le temple de Dieu qui le rebâtis en trois jours , sauve-toi toimême. Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix. — Que disent les anciens du peuple, les princes des prêtres , les scribes et les pharisiens? Jl a sauvé les autres , et il ne peut se sauver lui-même. S'il est le roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui. Il se confie en Dieu : si Dieu l'aime , qu'il le délivre ; car il a dit : Je suis le Fils de Dieu. — Que disent les malfaiteurs crucifiés avec lui ? L'un des deux blasphème : Si tu es le Christ , sauve-toi, et sauve-nous avec toi ; l'aut^^e le reprend , confesse la divinité du Sauveur et l'invoque : Quoi ! tu ne crains pas Dieu, tout condamné que tu es au même supplice ? Pour nous, nous portons la peine de nos crimes , mais lui n'a fait aucun mal. Seigneur , souvenez-vous de moi, quand vous serez entré dans votre royaume. — Écoutez les sanglots de Marie et des saintes femmes.., leur entretien secret avec le cœur de Jésus. — Méditez principalement les sept paroles de Jésus en croix ; h. son Père : Mon Père, pardonnez-leur , car ils ne savent ce qu'ils font ; au bon larron : Aujourd'hui même, vous serez avec pioi en paradis ; à Marie et à saint Jean : Femme, voilà votre Fils ; disciple, voilà votre mère. — Mon Dieu , mon Dieu , pourquoi
inavez-roas abandonné / ~ J'ai soif. — Tt> est consommé. — Mon Père , je remets nit., âme entre vos mains. — Ecoutez aussi ce que I vous dit à vous-même l'adorable patient, livrez-vous sans réserve aux inspirations de .-; grâce.
IIP P. Considérer les actions. — Après s'éli assurés que tout est prêt , les bourreaux reviennent à Jésus , arrachel^' avec violence ses vêtements collés à son corps, et renouvellent en quelque sorte le tourment de la flagellation. L'aoneau de Dieu s'étend sur l'autel de son sa-
orifice. Il présente sa main au bourreau ; que fera celui-ci de cette main divine , instrument de tant de bienfaits ? Il la saisit avec rudesse , y applique un énorme clou... Il frappe à coups redoublés... Que de nerfs froissés! Que de veines rompues ! Quel retentissement dans tout le corps à chacun de ces coups ! . . O'une main il passe à l'autre ; des mains aux pieds... Toujours nouvelles douleurs et même patience... On soulève la croix , dont tous les mouvements déchirent un corps qui n'est appuyé que sur des blessures... On la laisse retomber de tout son poids dans le creux du rocher préparé pour la recevoir... Quelle affreuse secousse ! Le voilà donc élevé entre le ciel et la terre le médiateur unique de Dieu et des hommes '.., sa-
' J. Tim. 2. 5.
crificateur d >i!rrili(,(' , [nOlru '.-l victime tout nsemblc.
C'est ici qu'il nous faut contempler la per-
ection de toutes les vertus, dont Jésus-Christ
aous a donné l'exemple dans son Incarnation
t dans toute sa vie... — Perfection d'iiumi-
ité : l'anéantissement peut-il être plus profond?
meurt rassasié d'opprobres ; nous savons uelle faim il en avait. — Perfection de pauvreté : il meurt dans le dénùment le plus com- )let ; il n'a pas un haillon pour se couvrir, pas m verre d'eau pour apaiser sa soif. — Perfecion de générosité : il nous sacrifie tout, sa iberté, ses consolations intérieures, sa répuation , son honneur.. , son corps, dont tous es sens ont leur supplice , son àme , dont outes les facultés ont leur douleur...
Terminez , en vous faisant à vous-même les rois questions qu'il faudrait s'adresser souvent fuand on médite la Passion : Quel est celui qui oufTre ? Si vous pouviez l'ignorer , le bouleersement de la nature vous l'apprendrait... lue souffre-t-il ? 0 vos omnes qui transita per iam, attendite, et videle si est dolor siciit dolor leus... Pour qui souffre-t-il ? Pour moi ; our me délivrer de l'enfer, pour me mériter iciel... Qu'ai-je fait jusqu'à présent, qu'ai-je ouffert, que veux-je faire et souffrir désormais our celui qui m'a tant aimé ?
Colloque avec Jésus en croix. — Le supplier
irattirer à lui votre cœur, selon sa prometet de mettre en vous les sentiments de l'Apôl; lorsqu'il s'écriait : Dilexit me , et tradi semetipsum pro me. — Lui demander s saint amour , l'horreur du péché , le zèle oi salut des âmes, la- force d'embrasser les souffrances, de vous attacher avec lui à la croix et de n'en descendre , comme lui , qu'ap' avoir remis votre àme entre les mains de vou. Père.
Récitez lentement la prière : Anima Chrisii
1er P. Contempler les personnes. — Celte foule in nombrable rassemblée sur le Caivâipe. De quels senti menls est-elle animée? — Les bourreaux; ils sor irrités de se voir vaincus par la patience de leur vie lime. — Les pharisiens, les princes des piètres; ilsn contiennent plus leur joie féroce, — Les deux malfai leurs. - Les >aintes femmes... Marie... Saint Jean. Jésus-Christ sur la croix, où il consora;ne Touvrage^ notre rédemption.
Ile P. Écouter les paroles. — Du penplo . au milie duquel Jé.-us a passé en faisant le bien. — Des scrib» et des pharisiens. — Du mauvais et du bon larron Écoulez les sanglots de Marie et des saintes femme Mais donnez une ailenlion particulière aux sept de nières paroles du Sauveur.
nie p. Considérer les actions. — Les bourreaux a rachent avec violence les véieraenls de Je us-Chr collés à sou corps... Ils eufouccul^dénornies cl( dans ses pieds et dans ses mains... Ils élèvent la ci' ot la laissent retomber de tout son poids dans ie crt. du rocher... C'est ici qu'il faut contempler toutes i
ver(us de Jésus da[iS ieiii' dernière perfection : humilité, pauvreté, générosité dans le sacrifice, et s'écrier avec saint Paul : // m'a aimé et il s'est livré pour moi !..