II. Quel heureux changement elle nous promet
I" P. Heureux état de Jésus ressuscité. La joie succède à la tristesse, le triomphe au combat. Le Sauveur dans sa Passion avait tout sacrifié , tout perdu par amour pour nous. Biens de la lortuno : sur la croix il n'avait pas un haillon pour se couvrir, les bourreaux s'étiiient partagé ses vêtements. Biens de la réputation et de l'honneur : jamais homme ne fut plus diffamé, ni plus accablé d'outrages. Biens de la santé et de la vie : il était mort dans un affreux supplice et d'horribles tortures... Mais il ressuscite. ., tout est changé ; il recouvre avec usure ce qu'il avait perdu. Il manquait de tout, et maintenant tout est k lui : // est le Seigneur de toute la terre \ Il était l'opprobre des hommes et V abjection du peuple - ; il est maintenant couronné de gloire et d'honneur^. Il n'était que faiblesse et le jouet de ses enne-
' Mich. 4. 13.
' Hebr. 2. 7.
mis; il est maintenant la force de Dieu\, l Dieu puissant dans le combat - . Il a été vainqueur dans cette guerre où il nous avait invités à le suivre ; l'enfer avec ses portes d'airain et ses barrières de fer n'a pu lui résister ^. Après avoir été le plus beau des enfants des hommes, il était devenu comme un lépreux, comme un homme frappé de la main du Seigneur, et voilà que son visage est p'.us éclatant que le soleil ; rien n'égale la beauté de son corps. 11 brillemaintenant, ce corps divin, et brillera éternellement, orné des qualités glorieuses qui seront l'apanage de tous les corps béatifiés. C'en est fait ; la mort n'aura plus sur lui aucun empire ; elle a été vaincue dans son apparent triomphe. Resurrectionis gloria, dit saint Léon, sepelivit morientis injuriam : riiptis vinculis mortis , infirmitas in virtutem, mortalitas in œternitatem, contumelia transivit in gloriam ; sicut tenebrœ ejus, ità et lumen ejus. Jésus retrouve donc dans sa résurrection tout ce qu'il avait sacritlé , et plus encore : plus de consolations intérieures, plus d'amis, plus de réputation , plus d'honneur , et un corps plus parfait que le premier.
Réjouissons-nous de son bonheur , et félici-
1 I. Cor. 1. 24.
» Ps. 23. 8.
5 Ps. 106. 10.
tuiis-le de sa victoire. 0 vainqueur de la mort, vous voilà sorti du tombeau , ^pour vous élever au-dessus des cieux, et faire éclater votre gloire par toute la terre : Exaltare super cœlos, Deus, et in omnem terram gloria tua. (Ps. 56. 6.) Réjouissons-nous aussi de l'avoirchoisi pour notre chof , et de nou^. être enrôlés sous sa bannière. Ah î que nous avons bien fait de nous attacher à lui ! Soyons fermes dans la volonté de le suivre et de l'imiter aussi parfaitement que nous pourrons, d'autant plus que son triomphe est pour nous le gage d'un triomphe semblable.
11^ P. Heureux état que nous promet la résurrection de Jésus-Christ. Le sacerdoce nous met au premier rang des disciples du Sauveur et l'ous établit ses ministres , deux raisons qui nous obligent à le suivre de plus prés dans la voie des humiliations et des souffrances , mais aussi qui nous assurent une part plus abondante aux joies et à la gloire de son triomphe. Gomme ses premiers disciples, nous sommes les membres nobles de son corps mystique , les yeux pour l'éclairer , le cœur pour l'animer... Les membres suivent la condition du chef. Comme ses ministres, nous devons être partout où il est : Ubi sum ego , illic et minister meus erit ; (Joan. 12. 2o.; toujours prés de lui : ici-bas, dans les plus grandes tribulations ; après la résurrection, dans la gloire la plus éclatante.
l'icoutons saint Paul, et méditons : C'est une m. -il.
vérité très-certaine , que si nous mourons avec Jésus-Christ , nous vivrons aussi avec lui; que si nous partageons ses épreuves, nous serons associés à son royaume ; que si nous souffrons avec lui, avec lui nous serons glorifiés. Il transformera notre corps, maintenant si méprisable, et le réformera sur le modèle de son propre corps, tel qu'il est depuis sa résurrection. Nous ne pourrions en douter sans crime, car c'est Dieu qui nous en donne Fassurance. Il tiendra ses promesses , si nous observons les conditions qu'il y a mises. Les voici : souffrir , mourir avec Jésus, être éprouvé avec lui. A ce prix, nous vivrons infailliblement , nous régnerons , nous serons couronnés avec lui. En un mot, si nous lui sommes incorporés par une ressemblance de mort , nous lui serons incorporée par une ressemblance de résurrection. Peut-il y avoir promesse ou plus certaine , ou plus consolante ?
De plus, la mesure de notre félicité répondra exactement à celle du zèle que nous aurons mis à imiter le Sauveur. SacJiez bien, nous dit saint Paul, qu'autant vous aurez eu de part à ses souffrances, autant vous en aurez à ses consoUitions *. Jésus nous le promit dans la méditation de son régne. Lorsqu'il nous invita à le suivre,
^ Scientes quod sicut socii passionum estis, sic eritis et consolalionis. //. Cor. 1. 7.
il nous déclara que chacun participerait aux fruits de la victoire , suivant qu'il y aurait concouru par ses travaux et ses épreuves.
Je veux donc me réjouir de la faveur que Jésus m'accorde , lorsqu'il m'appelle à l'accompagner dans les opprobres et sur la croix. Plus je suis accablé sous le poids du mépris , plus je serai exalté dans la gloire. Mes richesses futures seront proportionnées à ma pauvreté présente. Plus je bois pendant la vie au calice de la douleur , plus je m'enivrerai éternellement au torrent des voluptés célestes. Comparons la durée du repos et de la joie à celle du travail et de la peine. Jésus -Christ n'a été que trentetrois ans sur la terre , quinze ou seize heures dans les tourments de sa Passion... Il est ressuscité, et c'est pour toujours. Il y a déjà plus de dix-huit cents ans qu'il jouit du fruit de sa victoire. Nous ne faisons rien pour Dieu et pour les âmes, qui ne doive nous être rendu au centuple. Oh ! que cette espérance est propre à nous soutenir î Qu'elle doit enflammer notre courage , et nous faire embrasser avec ardeur des souffrances passagères , gage certain d'une ! félicité si constante et si désirable !
l p. Heureux état de Jésus -Christ ressuscité. Le
Sauveui* avait tout sacritlé par amour pour nous : bietis de la forlui. , de l'honneur, de la vie; il ressuscite, et recouvre avec usure ce qu'il avait perdu. Main-
tenant tout est à lui ; il est couronné de gloire. Il est le Seigneur puissant dans le combat, quel éclat, quelle heureuse impassibilité pour sou corps î quelle joie pour son âme ! Prenons part à son triomphe et félicitonsnous de nous être enrôlés sous sa bannière. Affermissons-nous dans la volonté do marcher sur ses traces.
lie P. Heureux état que nous promet la résurrection de Jésus-Christ. Méditons saint Paul : Si nous mourons avec lui y nous vivrons avec lui... Compagnons de ses combais , nous le serons de son triomphe... li tieudia ses promesses, si nous remplissons les conditions qu'il y a mises. La mesure de notre félicité répondra à celle de notre fidélité ! Mes richesses futures seront proportionuées a ma pai.vrdc présente ; mes délices dans la patrie, à me:? souffrances dans l'exil.