‹ Nouveau cours de méditations sacerdotales, ouChapitre 68 sur 96 · I. Amour que Jésus témoigne aux prèU'CS dans ^Eucl^ari^lie · texte numérisé non relu

I. Amour que Jésus témoigne aux prèU'CS dans ^Eucl^ari^lie

II. Toinoignagres d'amour qu'il aileud d'eux dans ce nnslèro.

Premier prélude. Se représenter le Sauveur dans le cénacle, consacrant ses douze preniiers prêtres et instituant l'Eucharistie.

Deuxième prélude. Demander une foi vive à ce mystère, qui fait la gloire et le bonheur du sacerdoce , et un amour tendre pour Jésus- Christ présent, s'immolant et se donnant sous de si communes apparences.

1"' P. Amour quti Jésus témoigne aux prêtres dans l'Eucharistie. Le concile de Trente appelle ce mystère : Effusio divitiarum amoris Christi ; et saint Jean-Ghrysostôme : Omnîs thésaurus benefîccnticc Dei.., mysterium faciens ut terra iiobis co2lum sit. Tout y alteslo l'ardente charité de Jésus-Christ pour les hommes, mais surtout pour les prêtres. Arrêtons notre attention sur trois objets que nos regards rencontrent continuellement dans nos églises : le tabernacle, c'est là que Jésus demeure ; Vautel, c'est là qu'il s'immole ; la table sainte , c'est là qu'il se donne. Quelle large part est laite au prêtre , dans les bienlàils que rappellent ces trois monuments de la charité de Jésus-Christ!

1° Il demeure dans le tabernacle : Eccè tabernaculum Dei Ciun hominibus, et'habitavit cum eis. (Apec. 21. 3.; Ce n'est plus dans une contrée lointaine, ni dans un lieu unique ; c'est tout prés de nous, dans tous les sanctuaires de l'ÉgUse catholique ; sa maison est au milieu des nôtres. Il ne veut pas que dans son innombrable famille il y ait une souffrance , dont on ne puisse venir à tout instant chercher auprès de lui la consolation et le remède. Oh ! qu'il est bien notre Emmanuel, Dieu avec nous! Depuis dix-huit cents ans , l'Eucharistie est dans rÉghse, ce monde spirituel, ce que le soleil est dans le monde physique : elle éclaire, elle échaufVe , elle féconde... Que d'illusions a lu. * ^i:}.

déjà dissipées ce divin soleil ! Que de vertus il a fait germer dans les âmes ! Que de nobles dévouements il a inspirés!.. Nous sommes, sous un rapport , plus favorisés que ceux qui virent le Sauveur pendant sa vie mortelle. Ils le possédaient dans sort état d'infirmité, et nous, dans son état de gloire. Il n'était au milieu d'eux que par intervalles, quittant une population pour aller à une autre ; mais nous, il ne nous quitte jamais : nous jouissons de sa présence aussi souvent , aussi longtemps que nous voulons.

Voilà pour tous les tidèles ; mais les prêtres, quel est ici leur heureux et glorieux privilège? Ils sont les dépositaires et les gardiens de ce trésor. Que dis-je? Ils le donnent au monde ; s'il n'y avait point de sacerdoce sur la terre, il n'y aurait point d'Eucharistie... 0 prêtre, faudrait-il aussi vous dire : Médius veslrûm stetit quem vos nescitis ?

2*" Il s'immole sur l'autel. Et quel est ce sacrifice? Quelle en est la valeur? Quel en est le ministre ? Eminet inter omnia, quœ in sacris hahenlur mysteriis et actionibus., missœ scierificiuni, et rei dignitate^ et sacerdotis prœstantiâ, et fructus CXCellentiâ. (Concil. Aquil. ;mno io96.)

— Nul tus profectô valet humano explicare eloquio quàm loeuples fructus , qiiantave ex ejus obtatione... spiritualia exnbenvit doua. Recon- ' iliatur quippè peccator Dca, justus autem jus-

ti/icatitr adhuc, lœtificoMtur\angeli \ cumulantur mérita , facinora remittuntur , augentur virlutes, resecantiir vitia^ diaboli machinamenta superantur ^ sananUir œgri , eriguntur lap.si , débiles refocillantur . . , defundi fidèles liberantur. (S. Laur. Just. Serm. de Euch.) Nulle part le

prêtre ne procure à Dieu tant de gloire et n'en reçoit tant de faveurs. Oh ! si je savais l'étendue de mon pouvoir à l'autel , négligerais-je d'en faire usage pour l'honneur de Dieu, la consolation de l'Eglise, ma sanctification personnelle, le salut du monde entier : Pro nostrâ et totius mundi sainte ?

â'' Il se donne à la sainte table. Qui monducat meam carnem et bibit meum sanguinem, inmemanetel ego in illo. ,;Joan. 6. 57.) « Prenez et mangez, » nous dit-il; « c'est mon corps, c'est mon àme , c'est ma divinité ; c'est tout ce que j'ai, tout ce que je suis.., prenez-le cependant, je vous le donne. Nourrissez-vous de ma substance, incorporez-vous votre Sauveur, devenez d'autres moi-même... )> Ohl que les pensées de Jésus-Christ sont au-dessus de nos pensées ! Que son cœur est grand ! Que ses desseins sont vastes , ses dons précieux et magnifiques î . .

Par le mystère de l'Incarnation , le Fils de Dieu s'était donné à l'humanité prise dans son ensemble ; ici. c'est à chacun des hommes qu'il daigne se donner. 11 s'unit ;i notre personne,

et de quelle union? Lui-même la compare à celle du Père et du Fils, qui n'ont qu'une seule et même nature : «^ Sicut mùit me vivens Pater, et ego vivo pr opter Patrem : et qui mandueat me , et ipse vivet proptcr me. (Joan. 6. 58.) Je reçois la vie de mon Pcra éternellement vivant , je vis par lui ; ainsi , quiconque se nourrit de mon corps , reçoit de m.oi la vie , et vit par moi. » Quelle est cette vie que nous recevons de Jésus en communiant, sinon une vie divine, par l'accroissement et le développement de la vie de la grâce. 0 stupor indicibilis charitati^! Qiiis non contremiscat? Quis non cum exultatione mirelur ? (S. Laur. Just.)

0 prêtre , avec ce trésor , que vous êtes riche ! Avec les délices de ce banquet, que vous pouvez Lien vous passer de toutes les joies de la terre î Vous êtes le premier convive de la table de Jésus , vous en faites les honneurs : Cujus offlciiim commit ti voluit solis presbyleris ; qnibus sic congruit , xU sumantet dent cœteris. (Hymn.) Et ce bonheur , que les embari'as du siècle rendent trop i-arc pour la plupart des fidèles , il ne tient qu'à moi de l'avoii tous les jours !.. Mais de là quelles obligations?

11'' P. Témoignages d'amour que Jésus attend de nous dans VEucliaristie : Fidélité à pratiquer, zèle à répandre, à entretenir et développer la dévotion envers cet adorable mvstère.

1° La praLiquer : visiter assidûment notre Seigneur dans son tabernacle, l'offrir avec une religion profonde sur son autel , le recevoir à sa divine table avec une ferveur toujours nouvelle.

Où sera le corps ^ là se rassembleront les aigles '. Le corps par excellence, le plus beau, le plus parfait de tous les corps, celui qui a fait les frais de notre rédemption , est dans nos sanctuaires , pour y recevoir nos bommages ; aussi, toutes les âmes élevées, tous les bons cbrétiens, tous les bons prêtres, qui ont le regard perçant de la foi vive, se sentent-ils attirés vers la sainte Eucbaristie. C'est en eux un instinct sacré, semblable à celui qui rappelle sans cesse le passereau et la tourterelle au lieu de leur repos-. Il serait étrange que le Fils de Dieu trouvât ses délices à demeurer au miUeu de nous, et que nous n'eussions aucune ardeur à recbercber sa présence. Vous au moins , ô prêtre, son ministre et sou ami, allez le visiter en votre nom et au nom de votre peuple ; vous surtout , qui avez des peines , allez au grand consolateur. Saint Pbihppe de Néri , saint Cbarlcs iJorromée, saint François de Borgia, Olier , Alain de Solminibac, auraient voulu passeï' leur vie devant le tabernacle.

1 Matth. -11. 2S.

Que la célébration de l'auguste sacrifice soit toujours le premier objet de vos pensées. Cette fonction est la grande affaire du sacerdoce , la grande espérance de l'Eglise. Les anges ne s'accoutument pas à ce spectacle de r Agneau toujours vivant et^toujours immolé K S'ils pouvaient dire de vous , ce que les fidèles disaient de saint Vincent de Paul : Oh ! que ce prêtre dit bien la messe! ils diraient que vous êtes un grand saint , et un saint bien utile au monde.

Que la participation quotidienne au corps et au sang de Jésus-Christ , loin d'affaiblir votre ferveur, en soit le continuel aliment ; vos communions , en se multipliant , ne font que multiplier les droits de Dieu à votre reconnaissance.

« Au moyen du Très-Saint Sacrement, Jésus- Christ veut remplir les prêtres de son esprit et de sa grâce, et convertir les âmes par eux. C'est ce qui me foit défaillir et tomber en langueur, tant sont vifs et véhéments les désirs que j'ai de voir le Très-Saint Sacrement révéré par les prêtres-. » — " 0 Dieu caché sous les voiles mystérieux des espèces sacramentelles ! Que je verserais volontiers mon sang, pour vous faire connaître à tant d'infidèles qui vous ignorent,

Apoc. o. 6.

M. Olier. Voyez m vie. EHit. 'h I8il. t. L ]>. iOO.

taiU rriiérétiques qui vous méconnaissent, à tant de mondains qui vous négligent, à tant ^'àmes tièdes qui ne savent pas vous aimer, à ait de ministres de vos autels, qui ne puisent |ias la sainteté dans le sacrifice qu'ils offrent si - iuvent ^ ! » Mais, pour un prêtre , il ne suffit pas de pratiquer cette dévotion ; il doit aussi : 2° La propager et l'entretenir. L'Eucharistie est un trésor caché ; quelle utilité en retireront les fidèles , si nous ne prenons soin de leur en découvrir les richesses? Aimons à revenir sur un si beau sujet dans nos exhortations. Il est des paroisses où , sur le soir , on voit se rendre ta l'église un certain nombre de pieux adorateurs ; le matin, un plus grand nombre encore entoure l'autel pendant l'oblation du sacrifice ; la divine table est fréquentée les jours de fêtes ; il est même rare que tous les dimanches elle n'ait au moins quelques convives, et tout annonce que ceux qui accomplissent ces actes religieux, en'saisissent l'importance. . . Heureuses paroisses ! On y apprécie le don céleste, on y participe abondamment aux mérites du plus excellent de tous les sacrifices ., on y mange le froncent des élus - ; la piété y règne... Mais a qui sont dus , après Dieu , les fruits de salut qui s'y recueillent, sinon à ce bon prêtre.

1 P. Berthier. F.rplic. 'In />^. 2-2.

- Zdch. !i. IT.

qui a compris et lait comprendre à'son peupl la signirication de ces trois principaux ornements de nos sanctuaires : le tabernacle, l'autel, la table sainte ?

1er P. Amour que Jésui-Chn'st tè-moigne aux prêtres dans la sainte Fuchariitie. !• Il demeure dans 1«3 Tabernacle : Ecce tabernaculuni Dei cum homiiiibus... Il offre à tous el conlinneilemeni les consolations de sa présence, les secours de sa puissance .. Les prêtres sont les {jardiens de ce magnifique trésor... ils le donnent au monde; quil n'y ait plus de prêtres, il n'y aura plus d'Eucharistie. 2* 11 s'offre sur l'autel. Qu^el est ce sacrifice? Quelle en est la valeur, le ministre? 3° il se donne à la sainte table. »i Prenez et man- '^ez, nous dit-il, c'est mon corps, c'est mon ànio, c'est ma divinité. 0 stupor indicihilis charitatis !.. Avec les délices de ce banquet est-il difficile de dédaigner toutes les joies de la terre ?

lie p. Témoignages d'amour que Jésus attend de ses prêtres dans l'Eucharistie. Fidélité à pratiquer, zèle à propager la dévotion à cet adorable mystère. 1' La pratique demande trois choses : visiter assidûment Jésus-Christ dans son tabernacle, l'offrir avec piété sur son autel, le recevoir avec amour à sa divine table. — Où sera le corps, là se rassembleront les aigles. Allez souvent porter vos hommages el ceux de \otre peuple au Dieu de nos sanctuaires. — Que la célébration de l'auguste sacrifice soit toujours le premier objet de vos pensées, et que vos communion^ en se muiliitliaiil ne fassent qu'augmenter votre ferveur coniine elles multiplient les droits de Dieu à votre reconnaissance. 2» Pour propager celte dévotion, il faut en ['arlcr souvent en chaire el au confessionnal.

XGVIII. MÉDITATION.

Fondements de la confiance chrétienne et sacerdotale.

Dans quelque situation que nous soyons , quels que soient nos dangers et nos peines, notre confiance en Dieu repose toujours sur deux fondements inébranlables : ses promesses et notre confiance elle-même ; nous ne sommes trop timides , comme le Sauveur le reprocbait à ses disciples , que parce que nous sommes faibles dans la foi : qwarc limidlestis, modicœ fidci ?

I. Dieu a pris rengagement Je ne rien refuser à la confiance.

II. Dit'u n'eùt-il rien promis, noire confiance seule obtiendrait

tout dtj lui.

¥" P. Dieu a pris rengagement le plus formel et le mieux garanti d'accorder tout à la confiance. Si rare que soit la bonne foi parmi les hommes , nous regardons comme assuré l'accomplissement d'une promesse , qui a pour garant la parole d'un homme de bien, consignée dans un écrit ; surtout quand il a confirmé sa parole et son écrit par un serment et des gages d'un grand prix. Qui croirait que le Seigneur a daigné se lier envers nous de toutes ces manières ?

Nous avons sa parole : Demandez et vous recevrez, frappe: et on rous ouvrira... Quelque chose que vous denuonliez, si votre foi est ferme,

cous l'obtiendrez. Tout est possible à celui qui croît. Dans l'Écriture, espérer et croire ne sont souvent qu'une même chose. C'est toujours la foi et l'espérance que, le Sauveur exauce , et il a soin de le dire. Il déclare même que, sans attendre nos demandes , il veille sur nos besoins pour y pourvoir avec l'affection d'un père, et que sans sa permission il ne tombera pas un cheveu de notre tête...

Il n'y a point d'obscurité dans ces oracles ; quelle foi y ajoutons-nous ? Ne dirait-on pas qu'ils sont sortis d'une autre bouche que celle qui nous a révélé tant d'incompréhensibles mystères, sur lesquels nous n'oserions nous permettre le moindre doute? Abraham croit à la parole de Dieu , et c'est pour cela qu'il espère contre toute espérance. Quelle apparence qu'Isaac immolé devienne le père d'une postérité nombreuse ? Cela est vrai ; mais aussi quelle apparence que Dieu soit infidèle à sa promesse ? Il faudra donc ressusciter un mort ! Quand il faudrait en ressusciter mille, anéantir le monde, en créer un autre... Il n'y a qu'un miracle impossible à Dieu, c'est de manquer à sa parole.

Nous avons d'ailleurs cette parole écrite ; nous la lisons dans ces livres divins , sur lesquels nous serons juû:és. Évangile sacré, pourriez-vous être produit contre nous au terrible tribunal, si, en même temps que vous attesteriez nos désobéissances à v^s préceptes , vous

liez l'infidélité du Seigneur à ses presses? Oui, mon Dieu, pour que vous soyez é jusle et véritable dans vos paroles , il Mit que vous m'accordiez tout ce que je vous emande avec confiance , et même tout ce que )iis m'avez donné droit d'attendre de votre innie bonté , sans que je songe à vous le dei.inder. J'ai une cédule de votre main qui me épond de tout ce que vous m'avez promis. Je l'ai donc rien k craindre, et cependant le Saui:iir me rassure encore.

Nous avons sa parole confirmée par un sérient. « En vérité, en vérité je vous le dis : jut ce que vous demanderez à mon Père en mil nom, il vous l'accordera. Jusqu'à présent - n'avez encore rien demandé en mon nom, i-cà-dire, avec cette fermeté d'espérance que Divent vous inspirer ma promesse et ma mé- !on. J'en jure par moi-même , éternelle vé- - , par moi qui hais le mensonge et punis le aijiire : je prendrai soin de vous si vous jetez 11 moi toutes vos sollicitudes. » 0 hommes , a*" vous êtes heureux, vous, en faveur de qui n Dieu s'engage par serment ; mais que vous misérables, si une pareille condescendance •' >uffitpas pour vous tranquilliser' !

Ajoutons que,' s'il y a des hommes qui re-

'» nos beatos, quorum causa Deus jurât. O miser- \ si nec Deo junmti crcùimus ! Ter/.

tirent leur parole, désavouent leur écriture, violent leur serment, il n'y en a point dont on doive craindre l'inconstance ou la pcrlidie, lorsqu'ils ont donné des gages, ou se sont donnés eux-mêmes pour garants de leur promesse. Voilà pourtant ce que vous avez daigné faire, ô mon Dieu, pour obtenir notre confiance.

Les libéralités du Seigneur, dit saint Augustin , ont ce double caractère qu'elles sont un bienfait et un gage de nouveaux bienfaits * : Il me donnera par la raison qu'il m'a déjà donné. Il menaçait d'exterminer Israël murmurateu; et pour le fléchir Moïse lui rappelle les pr..-diges qu'il a opérés en sa faveur. C'était lui rappeler les crimes d'un peuple ingrat, et justifier sa colère , au lieu de l'apaiser ; il l'apaisa cependant : Dieu fit grâce. 11 en coûte à un bon père de perdre le fruit le plus doux de tout • qu'il avait fait pour le bonheur de ses enfant <. Ce qui me trouble, c'est le souvenir de tant (^ grâces que j'ai reçues, et c'est au contraire ' qui devrait me consoler. Plus Jésus-Christ dépensé de larmes et de sang pour ma sancti cation, plus il tient au succès d'une enti'epri:r pour laquelle il s'est imposé de si grands sa crifices.

Ajoutons encore : ce ne sont pas seulemc! les richesses de sa grâce qu'il m'a prodigue

' Benolk-ia et |»iirnora.

(|ui nie sonL un gage des biens nouveaux qu'il rnc destine , c'est lui-même ; car il est à moi : Sun Père me l'a donné, lui-même s'est donné à njoi, et se donne encore aussi souvent que je le veux. En l'oiïrant à son Père je fais valoir mes droits à la possession de son royaume. Je puis • lire : « Le Seigneur est devenu mon refuge, et mon Dieu lui-même est l'appui de mon espérance ^.. )> Quel calme devrait produire en nous un engagement divin si solidement garanti ? Toutefois ce n'est pas tout.

IF P. Dieu n eut-il pris aucun engagement à notre égard, notre confiance seule le mettrait dans la nécessité de nous secourir et de nous sauver. Pourquoi ? — Parce que cette confiance l'honore, et qu'il se déshonorerait lui-même s'il manquait d'y répondre.

Notre confiance honore Dieu et lui procure une gloire qui lui est chère , qu'il désire et qu'il nous demande : « Quand vous serez dans raffliction, invoquez-moi ; je vous délivrerai, et vous me ferez honneur -. » Honneur le plus grand qu'il puisse recevoir de nous. Notre confiance, en effet, glorifie toutes ses infinies perfections : la vérité de sa parole, la lidélité

* ^ Factus est mihi Dominus in refugium , et Dcus meus in adjutorium spei mea?. Ps. 93. 22.

- Invoca me in die tribulationis ; eruam te et honorificabis me. Ps. 49. io.

de ses promesses, sa sagesse qui lui fait connaître nos besoins et les moyens de nous secourir, sa puissance qui triomphe de toute ditTculté, mais principalement sa miséricorde, > tendresse inépuisable, par la persuasion où nousommes qu'il nous aime toujours, quoique nous ayons mérité sa colère. Honneur le plus délicat et le plus digne de lui , puisque la confiance est à proprement parler l'hommage du cœur ; d'oii vient TambiLion qu'ont tous les hommes de s'attirer la confiance les uns des autres ?

Enfin, Dieu se déshonorerait lui-même, s'il permettait que nous fussions trompés dans notre confiance, puisque alors il serait vrai que la bonté divine aurait été moins grande dans laréahté que dans la peHséed'un homme. C'est sur cette considération que les saints docteurs enseignent que notre espérance est la mesure des grâces que nous recevons. Saint i Thomas dit qu'elle est en nous le principe de : l'impétration, de même que la charité est le principe du mérite : comme nous méritons enj proportion que nous aimons, nous obtenons en h proportion que nous espérons. |

Jugeons au moins du cœur de Dieu par le|, nôtre. Nous regarderions comme indigne de! porter le nom d'homine, celui qui refuserait!! d'assister son semblable recourant à lui avec! r confiance, surtout s'il lui était facile de rendre; i le service désiré et si ce service était important ; i

comment donc Dieu, la bonté mènxe, pourraitil repousser son enfant , qui se jette dans ses bras, lorsqu'il s'agit de le préserver du souverain malheur, et que pour le sauver il lui suftît de le vouloir? Est-ce là l'idée qu'il nous donne lui-même de sa bonté lorsqu'il dit : Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai; parce qu'il a connu mon nom , je le sauverai ?

O.Jésus, qu'il connaît peu votre nom celui qui n'ose tout espérer devons ! Que l'àme d'un prêtre serait bientôt consolée , si dans ces moments de trouble, où elle est assiégée de pensées décourageantes , tournant vers vous ses regards , et se retirant dans la plaie de votre cœur, elle se figurait vous entendre dire à Marie, qui intercède pour elle : a .l'ai bien des raisons, ô ma mère, d'aller au secours de cette âme affligée : vous me priez pour elle , elle a tout quitté pour me suivre , elle m'a coûté si cher !. . Mais en dehors de tout autre motif, elle a espéré en moi , c'est as^ez. Il est de mon honneur de justifier sa confiance ; je la délivrerai de ses ennemis, j'assurerai son bonheur ; Quoniam in me sp''rr^-'^ ■■';•■. ::..i. ù (Ps. 90.) Que d'autres auuc se rassurent sur une vie passée dans l'innocence et remplie d'œuvres saintes ; pour moi , Seigneur , je ne m'appuie que sur vous cL ^n ; mon espérance ^ ; vous m'y

^ Quoniam in me speravil iiberabo eum. Ps. 90.

a*-ez singulièrement affermi par les réflexions que je viens de faire ; je veux dormir en paix el me reposer en vous ^

Ter P. Dieu a pris l'engagement le mieux garanti d'accorder tout à notre confiance. l'Nous avons pour garant sa parole. C'est la parole d'un Dieu : demandez et vous recevrez. Il déclare même que sans attendre nos demandes, il veille sur nos besoins, pour y pourvoir avec raffeclion d'un père. Point d'obscurité dans ces oracles; quelle foi y njoulons-nous? 2" Nous avons pour garant sa parole écrite... Évangile sacré, pourriezvous être produit contre moi au terrible tribunal, sien attestant mes transgressions de sa divine loi , vous attestiez en même temps Tinfidélité de Dieu à ses promesses ? 3° Nous avons pour garant C£;/?e divine parole confirmée par un sermznt. Quel est notre bonheur d'avoir pour nous le serment d'un Dieu ! Quelle est notre misère si nous n'en croyons pas même au serment d'un Dieu ! 4° Enfin, nous avons pour garant des gages infiniment précieux. C,e sonl les bienfaits que nous avons déjà reçus de Dieu, c'est Dieu lui-même, Jésus- Christ, Fils de Dieu, qui s'est donné à nous comme gage du sSuveruin bonheur qu'il nous destine.

lie p. Dieu n'eût-il pris aucun engagement avec nous , notre confiance seule l'obligerait à ne nous rien refuser. !• En atlendaul (oui de Dieu, nous lui procurons une gloire qui lui est chère et qu'il nous demande : « Quand vous serez dans l'affliction, invoquez -moi ;

^ In pace in idipsum dormiam et requiescara ; quoniam tu, Domine, singulariter in spe constituisli me. Ps. 4. — Le P. Lacolorabière a fait une exhortation sur ce sujet, nous avons profité de son travail.

je vous délivrerai el vous me ferez honneur. » La confiance est l'hommage le plus apprécié, Thommage du cœur; de là ce désir qu'ont tous les hommes de s'allirer la coufiauce. 1° Dieu se déshonorerait s'il perniellait que nous fussions trompés dans notre conHance... Jugeons au moins de son cœur par le nôtre. Qui ne rougirait en refusant das^isier quelqu'un qui recourt à lui av.'C confiance, surtout s'il s'agissait de son enfant, et qu'il lui fût Irè^-faciie de l'assister eflica. eraenl? Méditons celle parole: Parce qu'il a espère en moi, je le délivrerai ,' el répétons avtc joie : J'espère en vous. Seigneur ; donc, je ne puis être confondu.

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