VARIETES DE FORMES ET DE STRUCTURES ACCIDENTELLES
Réalg;ar bacillaire, Eln cristaux prismatiques déformes, groupés parallèlement à leur longueur.
Réalg[ar compacte. En petites masses amorphes, quelquefois finement grenues.
Réalgar en enduit superficiel.
Gisements et usages, — Le réalgar, produit en -général par sublimation dans la nature, se rencontre en cristaux implantés, en druses cristallines, en enduit ou efflorescence, soit dans les produits des volcans ou des solfatares, soit dans l'intérieur des filons métallifères, particulièrement dans ceux qui sont remplis par des minerais d'argent, de plomb et de cobalt. Ses principaux gisements sont en Hongrie et en Transylvanie, à'Moldawa, Tajowa, Felsobanya, Kapnick et Nagyag ou Nagybanya, où il est accompagné d'orpiment, d'arsenic natif, de bismuth, de pana- T)ase, de chalkopyrite, de blende, etc. On le trouve aussi dans les mines d'Andreasberg, au Harz, de Schneeberg en Saxe, de Joacbimstbal en Bohème; de Sainte-Marie-aux-Mines, dans les Vosges. Il existe en Suisse, au Saint-Gothard et dans la vallée de Binnen, disséminé en petites veinules dans la dolomie grenue, avec pyrite ; à Falkenstein et à Hall en Tyrol, il est dans un gypse grenu avec Forpiment et la blende ; à Huancavelica, au Pérou, dans un psammite. Celui des terrains volcaniques se rencontre à la solfatare de la Guadeloupe, où il est connu sous le nom de soufre rouge ; à celle de Pouzzole près de Naples; au Vésuve, dans le courant de lave de 1794 > à l'Etna, en Sicile; dans le volcan de Bungo, dans File de Ximo ou de Kiousiou au Japon ; au mont de Kianfiou, à 5 journées de marche dé Nanking, en Chine.
Le réalgar a porté les noms de rubine d'arsenic, et d'orpin rouge. Les anciens le désignaient sous lé nom de sandaraque. Comme sa poussière est d'un beau rouge orangé, il est employé comme couleur dans la peinture. On en fait en Chine des pagodes, et des vases purgatifs, dont on se sert en y faisant infuser des acides végétaux, que Ton boit ensuite; en Sibérie, on l'administre sans crainte contre les fièvres intermittentes. Quoique les effets soient moins prompts que ceux de l'oxyde d'arsenic, il n'en est pas moins un poison très-actif, lorsqu'il n'est pas dosé avec prudence.
3ga SULFURES et séléniubes simples
2i« Espèce.
Syn. : Antimoine oxydé sulfuré, Haûy; Antimoine rouge; Soufre doré; Ker^ mes minéral; Pyrantimonit ou PyrostiUnte , Glocker; Rothi^^sghwtmf Werner; Antimonblendey Hausmann.
Caractères essentiels.
iir ••• Composition chimique :%-h}^h — en poids : antimoine .76^15 ;
soufre 19,02; oxygène 497^*
Forme cristalline : Prisme oblique rectangulaire, dont laiiimension transversale est encore indéterminée. — L'axe est à Farète oblique de la base : : 5 : 3, i (Mohs).
Les cristaux se présentent habituellement sous la forme d^aiguilles, et leur allongement a lieu, non pas dans la direction de l'axe, mais transversalement et parallèlement à Faréte horizon^ taie, comme dans Fépidote. On n'a pas encore observé de fih cettes modifiantes qui puissent servir à limiter dans ce sens lei dimensions de la forme fondamentale.
Caractères distinctifs.
Géométriques. — Forme primitive : prisme oblique rectangolairep m /, dans lequel on ap sur m = 1 o i^ 1 9', et 78^4 ^ * ^^ prisme est allongé dans le sens des arêtes horizontales 6 et d de la base. L'arête supérieure b est remplacée quelquefois par la modification b\ et Farète inférieure d par la modification J^Ik — Incidenceis de 6* sur m = 1 4 5^54'; de d^l* isur mes i64°i3'; de 6* sur cf/s = 49053'.
Stries : horizontales, ou parallèles à l'axe d'allongement
Clivage : très-net parallèlement au pan m; de simples indica de clivage parallèlement à t, et aux faces du prisme vertical kSnorhombique, qui proviendrait de la modification g^.
Physiques. — Dureté = i,5. Plus tendre que le gypse; lëgèiement flexible en lames minces -— Densité : 496. — Aspect: couleur d'un rouge mordoré, ou rouge de cerise; conservant la même teinte dans sa raclure. Eclat adamantin, ou métailoldei avec une faible translucidité.
Chimiques. — Fusible au chalumeau, en dégageant des vapeurs d'antimoine. Se comporte en général comme le solfint stibine.
RUNORHOMfilQUES. igi
Analyses du fermés, par H. Rose :
Antimoine 74i4^ 75,66
Soufre 20,49 ^^,49
Oxygène 5,29 4^27
De ces analyses calculées en atomes, il résulte que le kermès est un oxy-sulfure d'antimoine, de la formule indiquée plus haut, et contenant :
Oxyde d'antimoine i at*. = 3o,i4
Sulfure d'antimoine. .... 2 at. = 69,86
VARIETES
On peut distinguer deux variétés principales de kermès : le kermès en aiguilles cristallines, et le kermès en enduits pelliculaires, dit mine d'amadou.
1 . Kermès aciculaire en aiguilles d'un rouge sombre, groupées ordinairement en gerbes ou en étoiles, et passant souvent à la forme capillaire; associées quelquefois à du kermès en masse terreuse ou pulvérulente, pouvant présenter des nuances différentes, dues à une altération superficielle.
Le kermès cristallisé se trouve dans les filons, et particulièrement dans les gîtes de minerais antimonifères et arsénifères. Il est presque toujours accompagné de quarz, et de stibine à la surface de laquelle on le rencontre même en enduit terreux, ce qui fait penser que dans ce cas il a pu résulter de la décomposition du sulfure. — Il se rencontre particulièrement en aiguilles ou en cristaux détermiuables à Braùnsdorf, près de Fr'eyberg, en Saxe, où il est sur le quarz, accompagné de stibine; à Horhausen,dans le pays de Nassau, où on l'a trouvé dans les cavités d'un fer hydraté brunâtre; à Michelsberg et Przibram, en Bohème; et à Pernek, près de Malaczka, en Hongrie. On l'a trouvé aussi à Pereta, en Toscane, et à Allemont, dans le département de risère, en France, où il est accompagné d'antimoine natif et de calcaire spathique.
2. Kermès pelUculaire (Zundererz^ mine d'amadou). En enduits minces, composés de fibres capillaires entrelacées et comme feutrées, et formant des plaques tendres, flexibles^ qui ont quel-
394 suLirunEs et siLimuRSs sibcplbs
que ressemblance avec des morceaux d'amadou. On en distingue deux sous-variëtës : le zundererz clair, d'un rouge de cerise sale, ou d'un rou£;e brunâtre ; et le zundererz sombre, d'un brun ou gris noirâtre. Ces minerais ont avec le kermès des rapports tels, que la plupart des minéralogistes allemands les ont considérés comme des variétés de ce minéral, mélangées d'une certaÎDc quantité d'argent et de plomb. Mais le manque d'analyses exactes laisse de Tincertitude sur la justesse de ce rapprochement, et rien ne prouve même que les deux variétés du zundererz, la claire et la sombre, s'accordent dans leur composition essentielle. Le zundererz accompagne presque toujours la galène et les sulfures argentifères, et il renferme habituellement une proportion d'argent assez forte, pour que les mineurs da Harz le considèrent comme mine d'argent, et l'ajoutent aux autres minerais qu ils recherchent, pour en extraire ce métal. Une variété de zundererz a donné à M. Du Ménil 4967 d'argent pour cent, avec une proportion considérable de plomb et de fer (Journal de Schweiger, 1811, p. 4^7)*
Le zundererz sombre se trouve dans les filons argendAra d'Audreasbei-g* au Harz« et principalement dans les mines dites Katbarina-?(eufang, Samson, Guade Goties, Abendrothe, avec l'argent rouge. Le zundererz de couleur claire se trouve dam les nions de galène des environs de Qausthaly notamment dans les mines Caroliue et Dorothée. On le cite encore avec la stibine et la bournonite à Wolfsberg, près de Stollberg.
IV' Tribu. RHOMBoÊnaïQCES.
25* ESFECE.
Svtt. : JJftffTHTV nZ-Wï*', Hiûr: CwJiciliam, Ibéophr.; et ibrtttrd^rWj, des utujnasitf ftUoniBd».
to/tgT^vi::».v: ciinii^uç : Mor.osulture àe mercure, HgS. — Co4ïî|.vcie, eu jviJs. Je menrure Sô.^ç* e: ?ouÉn? i3,7i-
.'^,-Tf:/ ^--Ts.i-i': : Le rhoivKvvîri^ue pn>f«n«nl dit, avec tou5 If s caric;er>« qui K;uNiu<:uent « #y«è^e i &Nrmes hémiédriques.
BROMBOÉDftIQVXS. 3^5
pt. 3o). Ce rhomboèdre a cela de remarqaable, <|uMl offre à peine ie simples indices de clivage parallèlement à ses faces (i), tandis qu'il se divise très-nettement parallèlement aux pans d'un prisme hexagonal.
Caractères âisUncUfs,
Géométriques. — Les cristaux de ce minéral sont génërale-
fort petits et réunis en druses ; leurs formes manifestent
ordinairement le type rhomboédrique d'une manière trës-pro-
ncée, comme on le voit par les figures 276 et 376, qui repréent les plus ordinaires : ce sont des combinaisons de plurs rhomboèdres, étages les uns sur les autres de manière à I ner des zones de facettes, auxquelles s'ajoutent les pans ou les bases d'un prisme hexagonal, savoir de celui qui^ par sa lÏMition^ correspond à celle des rhomboèdres dont nous venons de parler. Quelquefois les bases de ce prisme prennent assez de développement pour que les cristaux ressemblent à des tables dé forme triangulaire, plus ou moins épaisses, mais généralement aplaties. 11 est très-rare que la forme du prisme hexagonal devienne dominante, au moins dans les cristaux d'Europe: cette circonstance s'observe au contraire, suivant Haiiy, dans ceux qui proviennent de la Chine ou du Japon.
Des stries horizontales se montrent sur les faces de la plupart des rhomboèdres composants. Ces petits cristaux se groupent Boavent deux à deux d'une manière régulière, les axes principaux des deux individus étant parallèles, et ceux-ci tournés Fun par rapport à l'autre de 60^ : tantôt le groupement a lieu avec Joxta-position seulement, et par les faces basiques, tantôt il a lieu avec entrecroisement et coïncidence des axes principaux.
La cassure des cristaux est inégale, et imparfaitement conchoîde.
Physiques. — Densité : de 8 à 8,2. — C'est une des densités les pluSffortes qu'on ait observées dans les minéraux doués de transparence. — Dureté : de 2 à 2,5. Ce minerai, comme on le voit, est assez tendre; il est doux, ou semi-ductile, se laissant facilement entamer par le couteau, lorsqu'il est pur.
Aspect : ce minéral a plutôt Téclat adamantin que l'éclat de diamant, et il est transparent ou du moins translucide^ comme
(1) Hafly, qni les mentionne , aTOue qu'ils ne sont sensibles que dans les finetara observées le soir h U lunilère d'une bougie.
396 SULFURES ET SiÊLÉNIURES SIMPLES
la blende, avec laquelle il a une certaine ressemblance extérieure : aussi l'a-t-on appelé quelquefois blende rouge (Rubinblende). Sa couleur est le rouge de cocbenille, avec des nuances diverses; mais, sur certaines faces^ la réflexion de la lumière est si vive, qu'elles présentent une apparence métalloïde, qui tire sur le gris de plomb. La couleur de la poussière est le roage écarlate.
Electricité : le cinabre est un assez mauvais conducteur da fluide électrique. — Il acquiert Félectricité négative à l'aide dn frottement, lorsqu'il est isolé.
Réfraction : suivant M. Descloizeaux, le cinabre a un ^ze de double réfraction positif, comme le quarz; et, comme ce minéral aussi, il possède des propriétés optiques particulières. Les anneaux que Ton observe avec des lames perpendiculaires à Taxe, au moyen de la lumière polarisée convergente, ont tous les caractères de ceux que l'on voit dans un quarz hyalin de moyenne épaisseur :1a croix noire ne pénètre pas dans la plage centrale; et cette plage colorée se contracte^ ou, se dilate, avec les anneaoi qui l'entourent, suivant qu'on fait tourner l'analyseur de gauche adroite, ou de droite à gauche; enfin, si l'on interpose une lame de mica d'un quart d'onde, on obtient des spirales toatà-fait comparables à celles d'un quarz lévo-gyre placé dans les mêmes conditions, et le sens de leur enroulement est parfaitement en rapport avec le sens dans lequel on obtient la contraction ou la dilatation des anneaux. Ces phénomènes ne peuvent se voir que dans des lames très-minces, au moyen du microscope polarisant d'Amici. M. Descloizeaux a conclu de ses observations, non-seulement que le cinabre est doué, comme le cristal de roche, du pouvoir rotatoire, mais encore que ce pouvoir y est beaucoup plus intense (1). Jusqu'à présent, on n'a point observé dans les cristaux de cinabre, de traces d'hémiédrie rotatoire, comme on en observe dans les variétés plagièdres du quarz. Mais ce fait négatif ne s'oppose en aucune façon à ce qu'on ne puisse admettre dans les cristaux de cinabre un genre de structure analogue à celui que nous avons admis pour le quarz. Les facettes plagiédrales ne sont, dans le quarz lui-même, qu'un signe purement accidentel de ce genre de structure intérieure; et la corrélation qui, selon nous^ doit exister entre la
(1) De V Emploi des propriétés optiques biréfringentes en Minéralogief pv M. Descloizeaux; Ànn, des Mines, tome XI^ page 261.
BHOBiBOÉDRIQUES '897
cristallisation et la polarisation rotatoire aura lieu toujours, et dans toutes les variétés, même en l'absence du signe extérieur, 91 par cristallisatioa nous entendons ici cette structure interne, qui est la cause du phénomène optique, en même temps qu'il rend possible le développement de modifications plagiédriques, sans faire toutefois de leur existence une condition nécessaire.
Chimiques. — Volatil sans résidu sur le charbon, avec dégagement d'odeur sulfureuse; volatil sans décomposition dans le «tube fermé; dans le tube ouvert, il se sublime en partie à l'état de sulfure, en partie à l'état de mercure revivifié, avec des vapeurs d'acide sulfureux. 11 se dissout complètement dans l'eau rëgale, tandis qu'il est inattaquable par les acides azotique et ehlorhydrique : la solution précipite sur une lame de cuivre une poussière grise, qui en argenté la surface.
Analyses du cinabre :
Bu Japon, De Nenmarktel, en Gamiole,
par Elaproth. par le même.
Soufre j4j7^ '45^5
Mercure 84;5o 85,oo
La couleur rouge du cinabre se retrouve, avec des nuances différentes^ dans trois autres minerais métalliques, dont il sera toujours facile de le distinguer. Ces minerais sont : le réalgar, l'argent rouge, et le plomb rouge ou chromaté. Le réalgar est volatil, comme le cinabre : mais sa poussière est le jaune orangé, et il donne l'odeur d'ail sur un charbon incandescent; les deux autres minerais ne se volatilisent pas complètement. L'argent rouge donne au chalumeau un liouton d'argent; le plomb rouge a une poussière de couleur aurore. 11 existe encore un minerai métallique de couleur rouge : c'est le rutile, mais sa densité n'est que la moitié de celle du cinabre, et il n'éprouve point d'altération par la flamme du chalumeau.
VARIÉTÉS
t'armes déterminables.
Modifications sur les arêtes : non encore observées.
— sur les angles : a^ a\ «*? «*? « '*; ^» ^*) ^S e '*.
Les combinaisons les plus ordinaires sont les suivantes : I. Le cinabre prismatique, ^ot. C'est un prisme hexagonal
396 SCLFUREA «T «iUÉlÛmi» 8IBIPIB8
régulier, du premier ordre. Nous ciuma cette yariëté de j d'apris Haiiy.
3. Le cinabre trirhomboédrique^pal^a^a^ (fig. 376, pL 3q); c'est une combinaison de trois rbomboèdres, dont les fiices étagées les unes sur les autres, et auxquelles s'ajoutent ou faces horizontales. Parmi ces rhomboèdres domine qu^on adopte comme forme primitive. Cette variété est < là laquelle Haiiy a donné le nom d'octoduodécimale. — Incidei de psurp = yi^^S'; dep sur aVi=: 1 52®8'; de aVi sur a"=« 172^^ de a* sur a* = i46®3i'; dep sur a* = 1 io®43'.