D'autres variétés fort communes, qui se rapprocha
précédente, et qu'on pourrait appeler encore trirhomboi en regardant les six iaces verticales e^ comme représent terme particulier de la série des rhomboèdres, sont celles < composent de deux rhomboèdres combinés avec les faces d( variété prismatique. Une d'elles, qu'on voit fig. ayô, est la ri été pro^r^^^tW de Haiiy, dont le signe estpa'a^e*. Incid> depsura'= i57°2o';dea'sura*= i33°23';depsurc*« iSg^i/.
Le rhomboèdre a' est quelquefois remplacé par le rhomboèdre al*. On a alors la variété mixii-unibinaire de Haiiy, ainii appelée par lui à cause de son signe pat* a^ é^. Incidence iit f sur a*/« = 1 ôaoS'i de a /« sur a /t= 1 1 o°6'; de a /■ sur a* « 1 38?$4'.
Si, dans cette dernière variété, on remplace le rhomboèdff primitif p par le rhomboèdre a^, on a la variété nommée psr
Haiiy bibisalieme^ dont le signe est a^ al^càe^. Le rbomboâdis a'* jouit de cette propriété d'être semblable au rhomboèdre tangent ou équiaxe, qui serait donné par la loi A^ et qu'on n'a pai encore observé. Incidence de a^ sur a^ = 92^28' ; .de ^ m
aVi= i68°3r; de a* sure* = i42^55'.
VARIETES DE FORMES ET DE STRUCTURES AGGinENTBLUBS.
f . Cinabre granulaire. En masses grenues d'un rouge fenc^ très-pesantes, renfermant assez souvent de petites lamelles crittallines, qui se croisent en différents sens.
2. Cinabre ^6razia:. Rare dans la nature; le sulfure de mercnrB artificiel, cristallisé par sublimation, présente presque toujonn ce genre de structure.
3. Cinabre compacte. Modification de la variété granulaire» d'un rouge foncé tirant sur le brun^pu le qq^iàliie.
4- Çmahre pulvérulent (vulgairement vermiU/on fuffff)* D'au rouge vif, lorsqu'il est pur; mais il çst souvent mélangé avfsc des matières arg[ileuses. Cette variété terreuse est sans adhérence : elle tache fortement les doigts, lorsqu'on la touche. A WoJifstein, dans le Palatinat, elle recouvre en couches minces le fer hydraté hrun.
5. Cinabre bituminifère {Lebererz), Variété impure, mêlée d'une certaine proportion de substances charbonneuses ou bitumineuses, avec une quantité plus ou moins considérable de matières terreuses; d'un rouge sombre^ ou d'un brun passant au noirâtre, donnant une odeur bitumineuse^ par l'action du feu. On en distingue de trois sortes :
a. Le compacte, d'un rouge brunâtre (Dichtes-Lebererz).
b. Le schisteux^ inflammable (Scliieferiges Lebererz; Branderz). C'est, à proprement parler, un schiste bitumineux^ d'un noir-brunâtre, imprégné de cinabre, et composé essentiellement d'Idrialine {voir page s 97)» avec quelques parties terreuses et pyriteuses; ce schiste s'enflamme et brûle; delà le nom de Branderz (minerai combustible) que lui donnent les Allemands. On rappelle aussi Idrialite, à cause de la substance particulière qu'il renferme. Se trouve à Idria, en Carniole.
c. Le testacé^ d'un brun de foie, ou d'un noir brunâtre formé d'écaillés courbes et concentriques, dont les surfaces de séparation sont quelquefois très-éclatantes (Schaaliges-Lebererz). Plusieurs échantillons laissent voir des stries concentriques^ assez distinctes et semblables aux stries d'accroissement des coquilles. Ce genre d'observation, Joint à la présence du bitume Idrialine, a pu déterminer quelques minéralogistes à considérer cette variété comme devant son origine à des corps organiques, pénétrés en partie ou remplacés entièrement par du cinabre. On la trouve à Idria, où elle est connue des mineurs sous le nom de Koralienerz.
La variété bitumineuse du cinabre (le Lebererz, ou le mercure hépatique) se rencontre en masses puissantes, et constitue l'un des principaux minerais de la célèbre mine de mercure dldria, en Carniole, dans l'ancien royaume d'IUyrie. Sa couleur et sa richesse en mercure varient beaucoup : contient-elle une forte proportion de cinabre, elle est d'un rouge brun; mais elle s'appauvrit souvent au point de n'être plus qu'un calcaire ou un schiste noirâtre, pénétré de cinabre, dont la présence ne peut se reconnaître, sans le secours des essais, que dans les points
400 SULFURES ET SELÉNIURES 8IMPIX8
OÙ le sulfure s'est concentré; et cette concentration a eu lieu surtout autour de ces corps qu'on a supposé avoir été des eoquilleSy lorsque la roclie en contient.
Gisements et usages, — Le cinabre présente dans la nature deux genres de gisements, qui paraissent avoir eu une même origine. On le trouve i^ en filons, en veines ou en amas, dans les terrains schisteux cristallins, et dans le sol de transition; 2? disséminé dans des couches de grès, des schistes mamo-bitumineux et des calcaires compactes des époques secondaires inférieure et moyenne.
On exploite à Ripa, près de Serravezza, en Toscane, des filons et des veines de cinabre au milieu d'un stéaschiste; Fensemble de ces veines, d'après une notice de M. d'Hombres Firmas, aurait de 7 à 8 décimètres d'épaisseur. Le ciiiabre y est souvent à l'état cristallin, et rassemblé entre les feuillets blancs de quan et de talc de la roche schisteuse. Ce gîte, dont l'exploitation est nouvelle, a acquis déjà quelque célébrité; il paraît résulter d'une imprégnation très-irrégulière et bien postérieure à la roche qui le renferme.
Les fameuses mines d'Âlmaden, dans la province de la Manche, en Espagne, appartiennent au sol de transition : le cinabre s'y trouve sous la forme de plusieurs filons parallèles entre eux et étendus de manière que leur direction concorde avec la stratification inclinée des grès et schistes siluriens, au milieu desquels ils sont enclavés. Ces filons, qui ont de 6 à 1 2 mètres de puissance, se lient à une roche métamorphique, et à des porphyres atnphiboliques placés au-dessous du terrain stratifié. Le sulfure de mercure semble avoir été sublimé le long des plani de séparation des couches du terrain, et le grès en a été comme imbibé par places. Les mines d'Almaden fournissent annuellenicnt vingt-deux mille quintaux de mercure; outre ce gîte prittcipal, l'Espagne en possède encore quelques autres^ susceptibles d'exploitation, eu divers points de l'Estramadure : ils sont disposés le long d'une bande de terrains, qui, passant par ÂlioSr den,se dirige à peu près de l'est à l'ouest, jusqu'au-delà du bourg d'Almadenejos : ce dernier point est lui-même un centre impo^ tant d'industrie minérale.
Les dépôts de cinabre qu'on rencontre dans les terrains secondaires, sont plus nombreux peut-être que ceux des terrains plus anciens; mais leurs produits sont moins abondants. Les deux principales mines de ce genre, qu'on exploite en iSùropey
RHOBIBOiDRIQUBS. 4^1
sont celle du pays de Deax-Ponts, dans la Bavière rhënane, et celle d'Idria, en Garniole. On exploite du'cinabre dans un grès et dans un schiste marno-bitumineux à poissons, qui appartiennent à la partie supérieure du terrain hpuiller^ sinon à la formation pénéenne qui vient après, vers Pextrémité septentrionale du Mont-Tonnerre, dans une partie de l'ancien Palatinat et de l'ancien duché de Deux-Ponts, notamment à Wolfetein, Stahlberg, et Moschel-Landsberg. La roche enveloppante renferme des restes de végétaux, et de nombreuses empreintes de poissous dont les écailles sont remplacées par du cinabre.
AIdria en Garniole, dans les provinces illyriennes, le mercure sulfuré est exploité dans des calcaires compactes et des schistes marno-bitumineux noirs, contenant quelques fossiles, qui font regarder maintenant cette formation comme étant de l'époque du Lias. On les avait assimilés pendant longtemps aux calcaires et aux schistes marno-bitumineux du terrain pénéen. Le minerai est surtout abondant dans le schiste, avec lequel il est comme pétri ou enlacé. Selon Dufrénoy, des coquilles auraient été, à Idria, transformées en mercure sulfuré, comme l'ont été à Moschel-Landsberg les écailles de certains poissons^ le minerai ayant eu une sorte de tendance à se concentrer dans le voisinage des débris organiques.
Almaden, Idria, Moschel-Landsberg et Ripa sont aujourd'hui, en Europe, les seuls centres d'exploitation pour les minerais de mercure, dont le principal est le cinabre. Le chlorure de mercure et le mercure natif ne font que s'associer au mercure sulfuré ; mais ils sont toujours en si petite quantité, qu'on ne peut les considérer comme de véritables minerais. 11 existe encore du cinabre en beaucoup d'autres points en Europe; mais il y est en quantités presque insignifiantes. En France, on trouve du cinabre à Ménildot, commune de la Chapelle-en-Suger, dans le département de la Manche : ce gite a été exploité à trois reprises dans le siècle dernier, et a donné des produits assez notables de 1780 à 1742. On trouve encore des indices de mercure sulfuré à La Mure, et à la montagne des Chalanches près d'Allemont, dans le département de l'Isère. Nous avons dit ailleurs que quelques gouttelettes de mercure natif, trouvées récemment à Saint-Paul-des-Fonts, avaient donné lieu de penser que les montagnes du Larzac renferment un gisement du précieux minerai dont nous nous occupons. Tout récemment, on a découvert du cinabre en Algérie, dans la province de Constantine;
Cours de Minércdogie. Tome IL 26
4oi SULFVRU IT aiLimURKt SDIPLKa-
on Ta trouve associé au sulfure d'antimoine et à l'oiyde i • monique, à Hamimate, et à Bou-AIessa^ à quelques kilomèt seulement de la mine d'antimoine de Sensa. Il est disséminé en veines ou en petits amas dans des schistes marno-bituminenz noirs, qu'on rapporte au terrain crétacé, et qui rappellent toutà-fait les marnes dans lesquelles est renfermé le soufre en Sicile.
Les autres localités où Ton trouve encore du cinabre dans Pancien Monde, sont : Neum'àrktel en Carniole ; Windisch*Kappel en Garinthie; Erzberç, près d'Eisenerz en Styrie; Honowitz en Bohême; Schemnitz, Kremnitz, Szlana et Rosenau en Hon- ^e; Dumbrawa en Transylvanie; Hartenslein en Saxe;Glau8thal dans le Uarz, et Miisen en Westphalie.
En Asie, on a trouvé du cinabre dans TOural, et dans TAlciî, en Sibérie ; et Ton sait qu'il en existe des dépôts assez considérables dans les régions orientales et méridionales, au Thibet, en Chine et au Japon. Les mines de la Chine sont dans la province de Yun-Nan:il en est venu en Europe de magnifiques cristaaxi remarquables à la fois par leur volume et la pureté de leurs facei. . En Amérique, on exploite des mines de mercure à Huanca- Velica, dans la partie sud du Pérou ; à Guallilinga, dans la province de Coquimbo, au Chili; entre Azogue et Cuença, en Colombie ; à Durasno, San-Onofre et San-Juan de la Chica, an Mexique; enfin, en Californie, où l'on a découvert tout récemment des mines de mercure, qu'on dit être très-abondantei. Deux mines y sont en cours d^exploitation : l'une désignée soas le nom de Guadelxtpe , l'autre par celui de New^jÉbnaden; le minerai s'y trouve, dit-on, en filons dans des schistes cristalliit* Elles sont situées dans une montagne au sud de San-José, entre Monterey et la baie de San-Francisco. — Avant ces nonvellei découvertes, c'était l'Europe qui était en possession de fournir au Nouveau-Monde la plus grande partie (à peu près les 9/10) de la quantité de mercure qu'y réclament les procédés suivis dans ce pays pour l'extraction des métaux précieux. .
On emploie quelquefois dans la peinture le cinabre naturel» sous le nom de vermillon natif: cet emploi est surtout assez ordinaire en Chine et au Pérou ; mais, en Europe, la plus grande partie du cinabre dont on se sert en peinture, est le résultat d'une opération chimique par laquelle on combine du soufire avec du mercure ; c'est du cinabre ou vermillon artificiel. Le principal usage du cinabre naturel est de servir à l'extraction du mercurCé Le traitement du cinabre consiste simplement diW
RHOMBOEDRIQUES. 4p3
HBe distillation du minerai mis en contact avec de la limaille de fier ou de la chaux. Le soufre s'unit au fer ou à la chaux, et le mercure seul se volatilise. On recueille ses vapeurs dans des fëcipients où elles se condensent.
26e Espèce. Millébite (Haarkise).
Syn. : Nickel stUfuré; Nickel natif, Haûy; Pyrite capillaire; Haarkies, Wernef; Nickelkies, Hausmann; Harkise, Beudant; MiUéritej Haidinger; Naumann et Dana.
Substance d'un éclat métalloïde, et d'une couleur vert-jau- ;ciâtre, en aiguilles tiès-fines, et souvent même en filaments capillaires, très-fragiles; les aiguilles sont des prismes hexagonaux terminés par des sommets rhomboédriques; les filaments sont souvent réunis en petites houppes, ou entrelacés d'une manière irrégulière. Ce minéral a été pys d'abord pour du nickel pur : c'est M. Arfwedson qui a établi sa véritable nature, en prouvant par son analyse qu'il renferme un atome de soufre pour un atome de nickel. Sa composition chimique est donc représentée par la formule simple Ni S; en poids, elle est exprimée parles proportions suivantes : nickel 64,76; soufre 35,24»
C'est à -MM. Brooke et Miller que l'on doit la détermination de la forme cristalline de cette espèce. Les plus larges cristaux, observés jusqu'à présent, avaient à peine un demi-millimètre d'épaisseur; les plus nets et les plus dcterminables viennent des mines de St-Austle, en Cornouailles ; de Dow^lais, près de Merthyr-ïydvil, dans le pays de Galles; et de la mine Sterling, dans l'Etat de New -York, en Amérique. M. Brooke a pu constater que les aiguilles du Cornouailles sont des prismes, réguliers à six pans, avec des clivages sensibles, inclinés à l'axe, et parallèles aux faces d'un rhomboèdre. M. Miller a complété cette détermination, sur des cristaux de la mine Sterling, en montrant que l'angle du rhomboèdre fondamental est de i44°S'; l'axe de ce rhomboèdre étant égal à 0,829. Les cristaux observés par M. Miller étaient formés des faces primitives;? combinées avec le second prisme hexagonal cf. M. Kenngott prétend avoir observé aussi le prisme hexagonal de premier ordre e^, avec cette particularité bien remarquable, si elle se confirme, que ce prisme se montre à l'état hémiédrique, c'est-à-dire comme prisme trigonal. Les cliVages qui ont lieu parallèlement aux faces p sont d'une grande perfection.
4o4 SULFURES ET siLKNIUASS SUffPLSS
La dureté de la millérite est de 3,5. -— Les cristaux sonteaft* sants, et cependant les longues aiguilles jouissent d'une certaine élasticité. Leur densité varie de 4)6 à 5,2. Leur couleur est d'un jaune de laiton,, tirant sur le jaune de bronze, ou sur le g métallique, avec de légères teintes irisées.
Au chalumeau et sur le charbon, la millérite fond en un globule noirâtre, attirable à l'aimant. Avec le borax, elle donne lei couleurs du nickel. Chauffée dans le tube ouvert, elle dégage de l'acide sulfureux. Elle est complètement soluble dans l'eu régale, et la solution a une teinte verdâtre. Elle ne se dissout qu'en partie dans l'acide azotique chauffé : la solution est de couleur grise ou vert pâle : elle devient violàtre par l'addition de l'ammoniaque. La millérite est du sulfure de nickel génértlement fort pur; mais une petite partie de nickel peut être remplacée par une proportion de fer équivalente.
Analyses de la Millérite : *
De Johann-Georgenst&dt, De Gamsdosf, prêt Saalftld, par Arfwedson. pat Rammelaberg.
Soufre 34>26 35,79
Nickel 64,85 ...... 6i,34
Fer n 1,73
Cuivre n f^i4
Ce minéral a été trouvé pour la première fois dans les filou de Johann-Georgenstadt, en Saxe, et Klaproth, qui l'a ezaminéi y a reconnu la présence du nickel: il le considérait comme dn nickel métallique, mêlé de cobalt et d'arsenic. Berzélius a mon» tré, par des essais faits au chalumeau, que c'était un sulfure de nickel, dont Arfwedson a ensuite fait connaître la véritabb composition. Ce minéral, toujours très-rare, a été retrouvé ce* pendant en plusieurs endroits : à Joachimstal et à Pnibram, en Bohême; à Camsdorf, en Thuringe; à Riechelsdorf, en Heise; à Obérlahr, dans le Wester^vald ; aux environs de Saarbriick etde Sîegen. Il est accompagné, dans ces divers gisements, de qanvi de calcaire spathique, de fer spathiquç, de calcaire brunissant, et de différents minerais de nickel, de cobalt, de plomb et d'argent. Il existe en Angleterre, dans la mine de Huel-Chance, près de St-Auslle,en Cornouai]les;à Dowlais,près de Merthyr-TydfO, dans le pays de Galles, où il occupe des cavités dans des nodniee de fer spathique. Enfin, on le rencontre aussi aux Etats-DniSp dans la mine Sterling de l'Etat de New- York, avec le fer spi-
thique, dont certains cristaux sont quelquefois traversés par des aiçuilles de Millérite.
27e Espèce. Pthrbotiiib (Pyrite magnétique),
Syn. : Fer sulfuré magnétiaue^ Haûy; Leberkise, Beudant; Pyrrhotine, Brcithaupt^ Haidlnger^ Naumann et Dana; MagnetkieSy Werner et Hausmann.
Beudant a donné à cette espèce de pyrite le nom de Leberkise, tiré du mot allemand Leberkiesy qui veut dire pyrite hépatit^ue. Mais ce nom de Leberkies. est appliqué en Allemagne à une variété de la marcassite, et par conséquent à une espèce toute difFérente. Il n'est donc pas possible de conserver ici la dénomination proposée par Beudant, et c'est pourquoi nous adoptons le nom de Pyrrhotine, qui rappelle la couleur caractéristique du minéral, et qui est adopté maintenant par le plus grand nombre des minéralogistes.
Caractères essentiels de la Pyrrhotine,
Composition chimique: Monosulfure de fer, Fe S,- mélangé de bi-sulfure FeS' ; ou, selon plusieurs minéralogistes, combinaison définie des deux sulfures, représentée par la formule 6 FeS + FeS*. — D'après la première manière de voir, qui est celle du docteur Frankenheim, de Breithaupt et de Hausmann, la composition normale serait la suivante : soufre 37,33; fer 62,77; et l'espèce serait isomorphe avec la suivante, la gréenockite, jyaprès la seconde manière de voir, qui est plus généralement admise, cette composition serait: soufre 39,6; et fer 60,4.
Forme cristalline : Le système cristallin de la pyrrhotine est le système dihexaédrique, ou le système hexagonal à modifications holoédriques. L'a forme fondamentale est le dihexaèdre (ou dirhomboèdre), de 126^52' pour l'angle à la base commune des deux pyramides; ou bien, le prisme hexagonal, circonscrit à ce dihexaèdre, et dans lequel le côté de la base est à peu près égal à la hauteur : un clivage parfait correspond à la base de ce prisme ; des clivages moins sensibles ont lieu parallèlement à ses pans. Les cristaux de pyrite magnétique sont fort rares : ils présentent la forme d'une table hexagonale, dont les bases sont entourées d'un anneau de facettes produites par les modifications a} sur les angles, et 6^* sur les arêtes. Incidence de p sur 6*/» == Il 6^34'; de 6*/' sur 6^» ^. i26«5a'; dcp sur a* ^ i35^
4o6 SJDLFURE8 ET sAilTIUIlSS SIMPLBS
Caractères distincUfs.
La pyrrhotiue est une substance J'un éclat métallique peu prononcé, d'un brun de tombac ou d'un jaune de bronze mêlé de rougeâtre; la couleur de sa poussièroiest le noir grisâtre. Sa densité = 4)^* ^^ dureté est inférieure à celle des autres pyrites ferrugineuses : elle varie de 3,5 à 4»5. Elle se laisse casser aisément; sa cassure est inégale, mais dans les échantillons cristal* lises, elle a une tendance à être lamelleuse. Le tissu lamelleux qu'elle présente souvent, a été considéré comme FefFet d'un divage parallèle à la base : quelques minéralogistes ne veulent y voir que la conséquence d'une aggrégation d'un grand nombre d'individus, réduits à la forme de lames ou de feuillets. La pyrrhotine est magnétique par elle-même : elle exerce sur l'aiguille aimantée une action généralement assez faible. Cette propriété est due sans doute à la grande quantité de sulfure au nainimum, qui entre dans sa composition.
Chauffée dans le tube fermée elle n'éprouve aucun changement; dans le tube ouvert, elle dégage de Tacide sulfureux, sans produire aucun sublimé ; sur le charbon, elle fond, à la flamme de réduction, en un globule noir, fortement magnétique. Elle est soluble dans Tacide chlorhydrique, avec dégagement d'hydrogène sulfuré, et en laissant surnager du soufre mis en liberté.
C'est sur ce dernier fait que Ton s'appuie pour établir que le fer ne peut être tout entier à Tétat de monosulfure, et qu'une petite partie du métal doit être à l'état de bisulfure ou au moins de sesquisulfure ; mais il reste à déterminer si ce second sulfure est réellement, combiné, ou simplement mélangé avec le premier. De là encore des incertitudes sur la véritable composition du minéral, et sur la question de savoir si on le considérera comme un sulfure simple, ou comme un double sulfure. Les opinions sont partagées à cet égard. Le docteur Frankenheim, et MM. Hausmaun, Breithaupt, Kcnngott, ne voient dans la pyrrhotiue qu'un monosulfure de fer, pouvant présenter quelquefois un excès de sodfre, qu'ils expliquent par le mélange du minéral avec une certaine quantité de bisulfure. Breîthaupt a cherché à confirmer cette manière de voir par des raisons crîstaliographiques : il a montré que la pyrrhotine, par son dihexaèdre de j 26^52', pouvait être considérée comme isomorphe avec la greenockite, qui cristallise en une double pyramide heiago-
RHOMBOEORIQmSS. 4^7
nale de 127^^6', avec la millërite, et avec d'autres composés binaires de méorie formule, tels que Firidium osmié, le kupfernickel» et raûtimonickel^ qui offrent aussi parmi leurs formes des dihezaèdres très-rapprocliës de celui de la pyrrhotine. La plupart des minéralogistes, se fondant surtout sur les analyses de la pyrrhotine, qui paraissent mieux s'accorder avec l'autre manière de voir, admettent que sa composition chimique doit être représentée parla formule Fe' S®, qu'ils dédoublent, les uns d'une façon, les autres d'une autre. Beudant,Naumann et Dana adoptent la formule complexe 6 Fe S 4-FeS'^ Berzélius et G. Rose, h formule 5 Fe S + Fe«S' (1).
Analyses de la pyrrhotine :
!« De Treseburg,
au Harz, par Stromeyer.
s» De BodenmaiSy
en Bavière,
par H. Rose.
30 De Fahlnn,
en Suède, par Plaltner.
40 Du Brésil,
par Schaffgotsoh.
Soufre. 40}i5 . .
Fer. • . 59,85 . .
La pyrrhotine se présente, tantôt à l'état cristallin» et avec une texture g;énéralemc*nt lamellaire, tantôt à Tétat amorphe, en petites masses compactes disséminées. Les cristaux sont petits et d'une rareté extrême : ceux qu'on trouve dans les terrains de cristallisation ont été observés et décrits par Hausmann et le comte de Bournon; mais, indépendamment de ces variétés telluriques, il en existe une autre qu'on peut appeler météorique", parce qu'elle se trouve dans les aérolithes ; M. G. Rose a remarqué dans l'aérolithe de Juvenas (voyez ci-^dessu^ P^Q^ 2^4)9 ^^^ cristaux annulaires de pyrite ma{;nétique qu'il a pu mesurer et déterminer; et ses mesures ont offert un accord remarquable avec celles que l'on devait à De Bournon. La pyrrhoiine se rencontre quelquefois altérée, et transformée par voie d'épigénie en hydrate de fer.
Cette substance appartient aux terrains de cristallisation, soit massifs, soit schisteux, où elle existe en petits amas, dans les filons ou dans les couclics< On la trouve à Rodenmais en Bavière, avec la cordiérite et le feldspath orthose; h Breitenbrunn
• (1) La première nous parait plus probable que la seconde^ parce qu'elle est •otceptible d'une ccnstructiou qui met le polyèdre moléculaire en rapport de symétrie avec la forme cristalline du minéral. Voir mon Mémoire sur la manière de construire certaines formules atomiques. (Ann, des MiMS, 1" cab. 1851)
4a3 SULFURES BT S]Êl£niUIIZ8 soiplxs
et Geyer, en Saxe^ avec la fluorine ; à Treseburg et Andreasberg au Harz; à Kongsberg en Norwège, et àFablun, en Suède; à Querbach et Reichenstein, en Silésie ; en France, aux environs de Nantes^et près de Barèges dans les Pyrénées ; en Angleterre, à Saint-Austle, dans le Gornouailles, avec des minerais de cuivre et d'écain ; à Gongonhas do Gampo, au Brésil. Enfin, on l'a observée dans quelques aérolithes, entre autres ceux de Juvenas en France, et de Ricbmond en Virginie.
Suivant Lawrence Smith, un véritable monosulfure de fer existerait réellement dans d'autres aérolithes, et dans des masses de fer météorique, tombées dans l'état de Tennessee, aux Etats-Unis. Ge monosulfure aurait une densité de /^^yS ; et Fanalyse qui en a été faite aurait donné les proportions suivantes: 36,4 ^c soufre et 63,6 de fer.
Schéerer a fait connaître une variété de monosulfure de fier, mêlée de monosulfure de nickel, et qui devrait troaver jAsict ici, comme variété de la pyrrhotine, ou bien à côté de la millérite, si sa structure cristalline ne semblait devoir l'éloigner de ces deux minéraux. Gc nouveau sulfure a été décrit par lui sont le nom de Eisennickelkies : il aurait pour caractères disiinctift un clivage octaédriquc, qui devrait faire rapporter sa forme aa système régulier, et une composition chimique qu'on peut représenter parla formule 2FeS + NiS. La proportion de fer qu'il contient s^élève à 4' pour cent. Si on en fait une espèce à part, d'après sa cristallisation, il devra être reporté plus haut, après la siegénite (page 344)* Ge minerai est d'un brun de tombac clair ; sa poussière est de teinte plus sombre ; il n'est point magnétique. 11 a été trouvé à Lillehammer, dans la partie sud de la Norwège, dans une roche amphibolique, où il est associé à II chalkopyrite.
28» EspÈCK. Gbbbhocxitb (Brooke et GoddoI). Syn. : Cadmium sulfuré.
Lord Greenock a découvert, dans un trapp porphyriqOB amygdalaire de Bishoptown, comté de Renfrew en Ecosse, de petits cristaux d'un jaune de miel ou d'un jaune orangé, qu'il a signalés le premier comme une substance nouvelle, HM • Brooke et Gonnel en ont donné, dans le journal de Jameaon, une de^
RKoiiMimuQimt* ' 4^
cripdon dëtaîUëe et une analyse, et plus tard, HM. Breithaupt etDescloizeaux en ont déterminé les formes d'une manière plus eiacte et plus complète.
Caracéér^ essenHéls de VEipéœ.
Composition chimique : Cd S ; monosulfure de cadmium, contenant^ en poids, sur cent parties : cadmium 77,6 et soufire aa,4 •
Système crislallin : Le dirhomboédrique> ou hexagonal. -— Forme primitive : le prisme hexaèdre régulier^ dans lequel un eôté de la base est à la hauteur comme 4i8:689(Desdoizeaux). La forme dominante des cristaux est celle d'un prisme à six pans, portant sur les arêtes horizontales plusieurs rangées de troncatures, dont chacune, si elle atteignait tout son développement, donnerait une double pyramide à six faces isoscUes; .mais la parlie inférieure des pyramides a toujours manqué complètement dans les cristaux observés jusqu'à présent, lesquels étaient implantés sur la gangue par la base la plus large. Cette circonstance a conduit Breithaupt et quelques minéralogistes à considérer le système cristallin de la greenockite comme étant marqué d'un caractère particulier, celui d'une hémiédrie polaire, qui rendrait les deux sommets dissemblables, comme ceux de la Tourmaline. Breithaupt fait remarquer que la greenockite ne possède pas, comme cette dernière substance, ' la pyroélectricité polaire. Il est probable que le développement incomplet de la forme a pour cause principale le mode d'implantation des cristaux sur la gangue.
M. Descloizeaux a observé quatre dihexaèdres produits par
les lois 6*/*, b^l\ 6*, 6*. Les deux pyramides 6*'* et 6* sont les plus
habituelles, et la pyramide 6^^* est celle qui offre le plus grand développement; ses faces sont ordinairement marquées de stries
horizontales. Incidence de 6*'" sur 6*/> « 137^27'; de 6* sur
6* = 1 39°4o' ; de p sur 6*/» = 1 17*43' 5 dep sur fe* ^ i36«25'j de
6*/* sur 6*/* = 1 3t2<>io' ; de 6* sur 6* « i55»i 1'.
Un clivage très-facile a lieu perpendiculairement à l'axe principal ou parallèlement aux bases. Suivant M. Brooke, il existerait aussi des traces de clivage parallèlement aux pans du prisme hexagonal.
La greenockite est jaune, mais passe quelquefois au brun ; elle a un éclat gras très-vif, et se rapprochant da Féclat ada-
4fO «DLPURK8 ET SBt^irilTBBt SIMFLBS
mantin; ses cristaux sont transparents, surtout lanqa'ik sont réduits en lames minces. Elle possède un axe positif de doubh réfraction. Sa dureté = 3,5; sa densité =>499- ChauHëe dans le petit matras, elle devient rouge, mais elle reprend sa couleur jaune en se refroidissant. Réduite en poussière» elle se dissout aisément dans Facide chlorliydrique.
Analyse de la greenockite :
Par Gonnel. Par Thomson.
Cadmium 77>3® 77»6
Soufre 21,56 aa,4
La greenockite ne s'est encore rencontrée qu'en petits criitaux disséminés dans un trapp amygdalaire^ contenant dei rognons de prebnite» de petits noyaux de calcaire et de terre verte, des cristaux de fcldspatb, et des lamelles de galène, dans les environs de Bishoptown, dans le comté de Renfrew» en Ecosse.
On a observé, parmi les produits de fourneaux, des cristaux artificiels de sulfure de cadmium^ qui s'accordent dans tooi leurs caractères principaux avec ceux de la nature.
29« Espèce. GovBULnra (Beudant).
Syn. : Cuivre sulfuré bleu ou indigo; Kupferindigj Freiesleben.
M. Covellî a découvert dans les fumaroles du Vésuve un sulfure de cuivre, de couleur bleu foncé, plus riche en soufre que la cbalkosine, et dont la composition peut être représentée par la formule CuS. Il forme le plus souvent des enduits de petites lamelles hexagonales, et le plus souvent de simples enduits pul« véruleuts, qui tapissent l'intérieur des cellules ou la surface des laves. Les lamelles cristallines sont si minces, qu'on peut les détacher de la roche par le souffle. Elles sont friables, tachent les doigts, et ont un éclat submétallique. Ce minéral devant être considéré comme une espèce distincte^ à cause de sa forme cristalline et de sa composition chimique, Beudant a proposé de lui donner le nom de Covelline, en Fhonneur du savant Napolitain qui, le premier, a eu l'idée d'étudier les produits des fumaroles. MM. Freiesleben et Walchner Tont appelé Kupjerindigo à raison de sa couleur. Il a été retrouvé depuis dans di-
fOÊOfMOÊOtùtLiqin», Ifftr
▼erses roches^ dans un certain nombre de localités en AUemagne, notamment à Leogang, dans le Salzbourg» où il est cristallise/ et aux environs de Badenweiler, dans le grand ducbé de Bade.
Les petits cristaux du Salcbourg, étudies par Kenngott, lui ont offert les faces de deux pyramides hexagonales, combinées avec celles d'un prisme hexaèdre régulier : la (dus aiguë des deux a ses angles à la base de 1 55^34^; etTincidence d'une de ses faces sur une face de l'autre pyrapide est de 1 5o®a5'. Un clivage très-net et très-feicile a lieu parallèlement à la base; il présente un éclat légèrement perlé.
Ce minéral est opaque, d'un bleu indigo très-foncé, avec une poussière noire; il est tendre et facile à pulvériser; sa dureté s= 1,5... s; sa densité = ^,6. Au chalumeau, il brûle avec une flamme bleue; sur le charbon, il fond en bouillonnant, et doiine avec la soude un globule de cuivre; il est soloble^dans Fadde .azotique.
Analyses de la Covelline :
lo Ba YésuYe, S* De BaâfinweQer, S» De Leogang,
par GoYelli. par 'Walehner. par KeJmgotk.
Soufre.. . 32,0 . .^ . . • 3a,64o • . • 34^30
Cuivre.. . 66,o ...... 64,773 . . . 64,56
Fer. ... » 0,46a . . . i,i4
Plomb.. . » i,o46 ... I)
La Covelline se trouve rarement cristallisée en petits cristaux tabulaires^ le plus souvent en masses amorphes ou en masses sphéroïdales à surface cristalline. Elle existe dans le cratère du Vésuve, où Covelli Fa remarquée le premier, et où il la regarde comme produite par la réaction de l'acide sulfhydrique sur le chlorure de cuivre. On l'a retrouvée depuis, en la désignant sous le nom de Kupferindig, avec d'autres minerais de cuivre, au milieu du schiste marno-bitumineux du terrain pénéen, dans le district de Sangerhausen, en Saxe^ et dans quelques parties du BlansfeKl et de la Thuringe ; il existe en outre dans le pays de Bàde, à Badenweiler, avec la chalkosine et la chalkopyjcite; à Leogang, en Salzbourg, avec le calcaire spathique, dans un schiste argileux ; on le cite encore comme se trouvant dans la Forêt-Noire; dans le Harz; près de Kielce, en Pologne; et même au Chili,
4l3 SULPUBE8 ET silJÊNIUREf SIMPLES
30« Espèce. Moltwéiiitb.
Syn. : Molybdène sulfuri, Haûy; Moiybdangkinx, Hausmann;
WtuserbM, Werner.
Substance d'aspect métallique, d'un gris de plomb, ressem* blant, par ses caractères extérieurs et son peu de dureté, au graphite, et se présentant, comme celui-ci, en lames hexagonales et en rognons disséminés dans les roches cristallines.
Caractères essentiels.
Composition chimique : Bi-sulf are de molybdène, Mo S*, composé, en poids : de 4o,2o de soufre, et de 59,80 de molybdène.
Système cristallin : Le dirhomboédrique?
Forme fondamentale : Le prisme hexaèdre régulier, de dimensions encore indéterminées. On cite des cristaux tabulaires de ce minéral, de forme hexagonale, avec des troncatures sur lei arêtes des bases, qui présentent cette disposition annulaire, ai commune dans les substances du système dihexaédrique. Cependant, il reste encore des incertitudes sur le système de cristallisation de la molybdénite. D'après M. de Kokscharow, ce système serait le rhombique, ou plutôt le klinorhombique, comme pour le minéral appelé clinochlore; M. Nordenskiold croit voir aussi dans les cristaux de molybdénite de Pitkaranda, dei formes appartenant à ce dernier système, et l'examen de ceux qui proviennent de Âuerbach a conduit M. Knox à émettre une opinion semblable.
Un clivage très-net et très-facile a lieu parallèlement à la base des cristaux : les plans de clivage présentent des stries penniformes, comme on en voit dans quelques micas.
Caractères disUnctifs,
Dureté : de i à 1,5 ; c'est un des minéraux les plus tendres; il reçoit l'empreinte de l'ongle, et se laisse aisément couper; fl est mou, ductile, et gras au toucher; il est très-flexible, ^and il est en lames minces. Son peu de dureté fait qu'il tache h papier en gris métallique, à la manière du graphite ; mais il se distingue de celui-ci par la nuance verdâtre des traits qu'il forme sur la porcelaine.
AHOMBOéteiQinU.. 4<3
Sa densitë varie de 4)5 à 498. — - D est opaque, inëtalliqae, dPan gris de plomb bleuâtre ou rougeâtre. . Infusible au cbalumeau, il colore la flamme en vert de serin ; iOr le charbon, il donne par le grillage de l'acide sulfureux, et laisse une matière blanche qui est de l'acide molybdique : attaqué par l'acide azotique, il donne immëdiatetnent un précipite insoluble, formé de la même matière blanche. Ce précipité bleuit, lorsqu'on le [rface encore humide sur une lame de Éinc.
Analyse de la molybdénite :
rtr Bnefaolt. Hr Bnndes. Ht Seybeit.
Soufre 4<> • • • • 4^94 • • • • 39,68
Molybdène. ... 60 ... . 69,6 .... 69,42
D'après PleischU il y aurait un peu de sélénium dans la molybdénite de Schlackenwald. — La molybdénite jest cuvent
recouverte d'une subsunce jaune, ocreuse, et pulvérulente, qui
est de l'acide molybdique (Mo), provenant sans doute d'un commencement d'altération de la molybdénite.
La molybdénite est toujours cristallisée, soit en prismes courts, simples ou modifiés sur les arêtes de leurs bases, soit en lames hexagonales, planes ou courbes, soit en petites lamelles aggrégées entre elles, ou disséminées isolément dans diverses roches. Elle appartient en général aux terrains de cristallisation, soit granitiques, soit schisteux, où sa gangue la plus immédiate est ordinairement une matière quarzeuse. On la trouve aussi dans les gîtes métallifères que renferment les mêmes terrains^ et surtout dans les filons d'étain. Elle est très-répandue, mais elle n'existe que bien rarement en quantité un peu notable. On la trouve dans le CornouaiUes et dans le Cumberland, en Angleterre; en Saxe, à Altenberg, Geier et Ehrenfriedersdorf; à Schlackenwald et Zinnwald, en Bohème ; en France, dans le greisen stannifère des environs de Limoges; en plusieurs points du département du Rhône et des Pyrénées ; dans les Alpes du Dauphiné, de la Savoie, du Piémont et du Tyrol^ au pied du Mont-Blanc, dans les roches du Talèfre, et dans les vallées de Cbamouni et de Yalorsine ; dans la mine de fer magnétique d'Arendal, en Norwège, et dans celle d&Bispberg, en Suèdes à Pitkaranda, en Finlande, et à Adontschelon, près Nertscbinsk, en Sibérie; au Groenland, aux Etats-Unis, et au Brésil.
La molybdéake est ei^oyée quelquefois pour Un préparation
4l4 StLPUllBS KT SliLKiriimM SlBfPLES
d'ane couleur bleue; mais elle sert surtout dans les laboratoirei, pour la préparation de l'acide molybdique, ou pour l'aztractioii du molybdène. Le molybdène est un métal qui a beaucoup d'analogie avec le tungstène^ et qui a été découvert par Schede en 1778. En traitant un oxyde quelconque du métal, soit parle charbon, soit par Thydrogène, on obtient le molybdène aoof h forme d'une poudre grise qui prend Téclat métallique tous k brunissoir. En élevant beaucoup la température, on est parrena à l'obtenir en petites masses fondues, qui présentent l'aspect de l'argent mat; la densité du métal est alors de 8,6. Jusqu'à présent il est sans usages. Ce métal a plusieurs degrés d'oxydation, et quand on réduit partiellement par le zinc l'acide molybdique humecté d'eau, il se forme un composé bleu, qui est un oxyde salin, une sorte de molybdate d'oxyde molybdique.
Ou a récemment annoncé la découverte d'un nouveau sol* fure de molybdène, dont la composition serait Mo S', et que M. Haidînger propose de nommer PaleraXte (3* supplément à h Minéralogie de Dana, p. i4)«
y« Tribu. Adélomorphes.
Les substances dont la cristallisation n'est pas encore déte^ minée, et qui paraissent appartenir à l'ordre des séléniures et sulfures simples, sont les suivantes :
1. Akanihiie, Kenngott a décrit sous ce nom des cristaux en aiguillas rhom biques très-aiguês du sulfure d'argent AgS, criitaux qu'il croit pouvoir rapporter au système orthorhombique, et qui offriraient la seconde forme du sulfure d'argent naturdi sans mélange de sulfure de cuivre. Cette nouvelle espèce accompagne les cristaux cubiques du même sulfure, à Joacbimsthal en Bohême. Elle est d'un noir de fer, opaque, avec l'éclat métallique. Sa densité est de 7,35 ; sa dureté de a,5. Elle est ductile et malléable.
2. Onofrite, Minéral qui a à peu près l'éclat et la couleur du cuivre gris, et qu'on a trouvé à San-Onofre, au Mexique, daos un filon, avec d'autres minerais de mercure. D'après l'analyse qu'en a faite Henri Rose, c'est un séléni-sulfure de mercure, de la formule Hg(S^ Se), contenant sur 100 parties, mercure 81, 33, soufre io,3o, et sélénium 6,49* H est en masses compactes ou grenues, sans aucun indice de clivage ; les n^nérauz pieneoz
jsÉiABfonnnsj
qiii l'accompagnent, sont : le quarz, le calcaire et la barytine/ On a retrouvé ce minerai de mercure à Zorge et à dausthal» au Harz, avec une composition analogue : seulement le soufre eat là remplace presque entièrement par du sélénium. Il est mélangé au quarz d'une manière intime, et associé au cuivre pyrlteux. A cause de la petite quantité de soufre que renferme cette yariété, on pourrait la considérer comme une espèce à part, oomme un séléniure simple de mercure Hg Se, et c'eM «e que propose M. Naumann, qui lui donne le nom de Tlemannite, .parce qu'elle a été découverte et signalée par M. Tiemann.
3. Foltzine (Fournet). Substance découverte par M. Fournet, dans la mine de Rosières, près Pontgibaud, dans le département du Puy-de-Dôme, en petites masses sphéroîdales ou mamelonnées, ayant une structure composée de lames curvilignes; ces lam^es ont un éclat légèrement perlé. D*après l'analyse de M. Fournet, ce minéral serait un oxy-sulfure de zinc, de la formule 4 Zn S + ZnO. Les couleurs sont le rouge de brique ou rouge de rose foncé, le brun et le jaunâtre; il est opaque» ou faiblement translucide sur les bords. Sa densité s 3,6 ; sa dureté a 4}S* Ai^ chalumeau et sur le charbon^ il se comporte comme la blende ; il se dissout dans l'acide cblorhydrique, en dégageant des vapeurs d'hydrogène sulfuré. Il est composé de 82,8 de sulfure de zinc, et de 17,2 d'oxyde de zinc. On a retrouvé ce minéral aux environs de Joachimsthal, en Bohême, dans la mine nommée Elias, avec de la blende, de la galène» de Targyrose et du bismuth natif. Enfin, M. Kersten Ta observé à Tétat criâtallin, dans les produits des fourneaux, où l'on* traite des minerais de zinc, à Freiberg en Saxe, et à Altenau dans le Harz. Smtant le docteur Frankenheim, ces dernières variétés présenteraient les clivages en même temps que les formes hémiëdriques ;de la blende.
4l6 SULFURES MULTIPLES
IV Ordre, SULFURES MULTIPLES, (Sulfo-sels.)
P* Tribu. Quadratiques.
Ire Espèce. Stahmo».
Syn. : Étain pu^éux; Étain sulfuré, Haûy; Stammine, Beudant;
Zinnkies^ Werner.
Substance métalloïde, d'un gris d'acier jaunâtre, tirant sur le jaune de bronze, ou sur le gris verdâtre du métal de cloche; à poussière noire; compacte ou à cassure granulaire, et offrant quelquefois, mais bien rarement, dans ses cavités, de petits criitaux en forme de prismes droits rectangulaires, qu'on a pris généralement pour des cubes ; il est probable néanmoins que ce sont plutôt des prismes droits à bases carrées. Sa densité est de 4t5; sa dureté, de 4; elle est fragile; sa cassure est inégale et imparfaitement concboïde. C'est une combinaison complexe de sulfure d'étain, de sulfure de cuivre et de sulfure de fer, contenant, d'après l'analyse de Kudcrnatscb, soufre 3o,i3; étain 37^53, cuivre 29,64, et fer 12,76. Une portion du fer est quelquefois remplacée par du zinc. Cette composition peut être traduite en formule de plusieurs manières différentes.
Suivant Kenngott, on peut la ramener au type général rll»
^représentant du sesquisulfure d'étain et de fer, et r du suUars de cuivre; et comme cette formule est généralement celle des substances qui cristallisent dans le système régulier^ son adoption pourrait justifier l'idée de ceux qui regardent comme des cubes, les indices de cristaux dont nous avons parlé ci-dessus. Dans ce cas, la composition de la stannine serait la suivante: •GuS (Sn*S', Fe*S*), et il y aurait quatre atomes de soufire pour deux de cuivre, un d'étain et un de fer.
M. Rammelsberg regarde le fer comme étant dans ce minerai à l'état de bisulfure, et en partant de cette idée^ il arrive i
la formule Su* Fe + Gu* Fe.
Enfin, MM. Kudernatsch et G. Rose, admettant au contraire que l'étain soit à l'état de bisulfure, représentent la composition
delà stannine parla formule très-simple (^u + Fe)* Sn, que noos avons adoptée. D'après cette formule, la composition de l'étain
QUADRATIQUES. 4^7
pjfHteux serait anaIo£;ue à celle du cuivre pyritetix (ou de la Clialkopyrite), ce ne serait qu'un cuivre pyriteux stannifère, un cuivre pyriteux dans lequel le bisulfure de fer serait remplace par le bisulfure d'étain. {Foir ci-après Tarticle de la Gbalkopyrite.) La cbalkopyrîte cristallisant dans le système quadratique, et en octaèdres très-rapprocbés du cube, on est conduit alors à considérer les petits prismes rectangulaires de stannine, non comme des cubes, mais comme des prismes quadratiques peu difiiirents du cube ; ces prismes offriraient un triple clivage rectangulaire, que les auteurs ont pris pour un clivage cubique.
La stannine est fusible au cbalumeau^ en couvrant le charbon d'une poussière blanche non volatile (oxyde d'étain). Elle est solubledans l'acide azotique» en donnant un précipité blanc immédiat, qui peut se dissoudre à son tour dans l'acide chlorhydrique : cette dernière solution précipite en pourpre par le chlorure d'or (pourpre de Cassius). La première solution, la solution azotique, précipiterait en outre du cuivre, sur une lame Je fer qu'on viendrait à y plonger; elle deviendrait bleue par une addition d'ammoniaque, et précipiterait en même temps dé l'oxyde de fer.
Analyse de la stannine :
De la Stannine De Hnel Rock, De la même, Du Mont-St.-Michel, do Zinnwald, parKlaproth. par Kiidcmatsch. par Jhonston. par Rammelsherg.
,, Cette substance, extrêmement rare, n'a été trouvée pendant longtemps qu'au CornouaillcS; en Angleterre, où elle existe en petites masses, ou en veines quelquefois assez considérables, dans les filons de cuivre pyriteux qui traversent les filons plus anciens d'oxyde d'étain de la même contrée, et l'on remarque que c'est surtout dans les points de croisement des deux sortes de filons, qu'on a le plus de chance de rencontrer la stannine. On la trouve principalement dans la mine de Iluel-Rock, paroisse de Sainte-Agnès, avec le cuivre pyriteux, la pyrite ordinaire et la blende; mais on la cite aussi au Mont-Saint-Michel> dans le même pays, où elle existe en petites veines au milieu du granité. Enfin, elle a été retrouvée plus récemment à Zinnwald
Ccurs de Minéralogie. Tome 11. 27
Soufre. .
Ecain. .
Cuivre. .
Per. .
Zinc. . .
4l8 SULFURES BIULTIPLE8
dans rErzgebîrge, avec la blende et la galène. Parce qu'elle a souvent Taspect du bronze oa du métal de cloche, elle est désignée par les mineurs du Gornouailles sous le nom de heU-nietal ore (mine du métal de cloche). Jusqu'à présent, elle est sans usages; si l'on venait à la rencontrer plus abondamment, on pourrait en obtenir par la fonte une sorte de bronze naturel, qui peut-être jouirait de propriétés intéressantes. Ce qu'on appelle dans les arts or mussif, est une combinaison artificielle ae soufre et d'étain, qui sert à colorer le bronze, et à enduire les coussins des machines électriques, dont elle rend les effets plus énergiques.
2« Esp&GE. CaALMovrmm.
Syo. : Cuivre pyriteux; Haûy; Pyrite cuivreuse; Mine de culvr$ jamtf Kupferhies, Werner; Towanite, Brooke et Miller.
Le plus commun de tous les minerais de cuivre, et celai dont on retire la plus grande partie du métal qui est répandu dans la circulation. C'est une combinaison du sulfure de cuivre avec le bisulfure de fer, dans un rapport tel qu'elle contient deoz atomes de soufre pour un de cuivre et un de fer. Ce minerai est d'un jaune de laiton, tirant sur la couleur du cuivre doré, ou d'un jaune tirant sur le vcrdâtre. Sa surface s^altère fréquemment, et prend un aspect irisé, qui présente les nuances gorgede-pigeon.
Caractères essentiels.
Composition chimique : Double sulfure de cuivre et de fer, de . I I II
la formule (-&u -f Fe)' Fe. Cette composition est analogue à celle
de la hausmannite Mn' Mn, et l'on verra que la cristallisatioa de la chalkopyrite a aussi beaucoup de ressemblance avec celle de cette dernière substance. Les proportions en poids sont lei suivantes : soufre 35,37» cuivre 3/f,8f et fer 29,82.
Système cristallin : Le système quadratique, avec hëmiédrie polaire, ou système sphénoédrique.
Forme fondamefttale : Le prisme droit à base carrée, dans lequel le côté b de la base esta la hauteur A, comme 5 ly (Lëvy)., Ce prisme passe par la modification 6* à un quadroctaMre (fig. 191, pi. 27), dont les angles sont de i09°53' et io8^4<>^^ qui par conséquent se rapproche beaucoup de l'octaèdre téai^
QUADRATIQUES. 4 '9
lier, dont tous les angles sont de 109^28'. Les différences entre les angles correspondants ne vont guère qu'à un demi-degré, et sont difficiles à apprécier avec le goniomètre d'application : ee qui explique Terreur commise par Haiiy, qui a rapporté les fermes de la pyrite cuivreuse au système régulier.
Caractères distinctifs.
GioMETRiQUES. — Les formes cristallines les plus habituelles sont: 1° des sphénoèdres simples, dont les faces font entre elles, iFendroit des arêtes horizontales, un angle de 71^20'; 2^ des qphénoèdres modifiés sur leurs angles (fig. 192, pi. 27), jet passant à l'octaèdre (fig. 191), lequel, dans ce cas, est toujours une ferme composée; 3° enfin des quadroctaèdres (fig. 191)9 mais rarement bien proportionnes quant à l'étendue de leurs faces, dont l'inégalité rappelle les différences physiques qui les distinguent. Ces octaèdres sont souvent groupés par transposition, le plan d'hémitropie étant parallèle à l'une de leurs ËEices. D'autres lois de groupement s'observent encore dans ce minéral, et la » même loi se répète souvent un grand nombre de fois, de manière k produire des groupes très-compliqués. Des clivages assez distincts ont lieu parallèlement aux faces de l'octaèdre a^ (fig. 193), dont l'angle à la base est de 126^1 1'; il y a aussi un clivage parallèle à la base de la forme primitive, mais il est beaucoup moins net. Les cristaux sont généralement assez petits, et déformés par des allongements ou raccourcissements dans certains sens.
Physiques. — Densités» 491 à 4)3. Dureté s= 4. La chalkopyrite est cassante, à un faible degré ; sa cassure est inégale et imparfeitement conchoïde.
Aspect: métallique; couleur: le jaune de bronze ou de laiton, avec une nuance verdâtre ; quelquefois le jaune d'or, avec des teintes irisées, qui se montrent par places^ et qui sont dues à un commencement d'altération superficielle. La couleur de la poussière est noire.
Chimiques. — Fusible au chalumeau, en globules attirables k l'aimaot, et qui, traités ensuite avec la soude, donnent un bouton de cuivre. Soluble dans l'acide azotique : la solution devient bleue par Tain^moniaque, en même temps qu'elle donne précipité abondant d'oxyde de fer.
4aO ' SULFURES MULTIPLES
Analyses de la cbaikopyrite :
!• Da Bamberg, 2o De Saint-SaiiYeiir, 3» Du Monte-GiUni, diDi la Sayn, dans la Lozère, en Toscane, 4o De Finlande ,
par H. Rose. parBerthier. parBechi parHartwalL
Soufre. 35,87 . . . 3o,8o . . . 36^ 16 • . . 36,33
Cuivre. 34)4^ • '• • 34>oo . . . 32,79 . . . 3a,20
Fer. . 30,4? • • • 32,oo . . . 29,75 . . . 3o,o3
Silice. . 0,27 . . . 2,00 . . . 0,86 . . . 2,23
TARIETES.
Formes déterminabtes.
Modifications sur les arêtes : 6*, 6*, 6*, 6*, 6*'».
— sur les angles : a*, a*, a*; al*; (6* fcVi iVt),
Les principales formes simples, ou combinaisons connues, sont les suivantes :
I. La chalkopyrite octaèdre; en octaèdres à base carrée, tantôt directs, et tantôt inverses, avec des valeurs d'angles différentes. Neuf de ces quadroctaëdres ont ëtë observés, mais la plupart seulement dans un état de subordination à l'égard des octaèdres 6^, a^ et a*, qui sont les plus ordinaires, et qui peuvent acquérir un développement complet.
Le premier, l'octaèdre 6^ (fig. 191, pi. 27), est un des plus communs, et se montre souvent sans aucune modification. Cest la forme admise comme fondamentale par les minéralogistes allemands, et que Haiiy considérait comme étant l'octaèdre régulier^ mais Mohs et Haidinger ont reconnu que cet octaèdre est à base carrée, et que l'angle à la base est de 1 08^4^', tandis que l'angle aux arêtes culminantes est de 109^53': les mesures de Pbillips ont confirmé cette détermination.
La figure 192 représente le même octaèdre sous Paspect d'un, tétraèdre à triangles isoscèles (ou spbénoèdre) épointé. Le sphénoèdre simple, résultant de l'évanouissemeiit des faces 6^, représenterait le tétraèdre que Haiiy prenait pour forme primitive: mais, tandis que, dans l'opinion de ce savant, ce tétraèdre devait être le régulier, il offre réellement des angles de deux valeurs différentes, savoir : 7i'*2o' aux arêtes borizontales, et 70*^7' aux arêtes obliques. Cette forme se rencontre dans les mines de Baigorry, dans les Pyrénées, et de Sainte-Marie, dans les Yosgeiî
QUADRATIQUES. ^2t
dans celles du Cornouailles, en Ang;leterre, et dans la mine d^Ecton, en Staffordshire ; à Kamsdorf, en Saxe.
a. L'octaèdre inverse a^ (fig. igB, moins les faces 6^) se ren* contre aassi seul, ou simplement base, c'est-à-dire avec les faces p, qui tronquent seulement les angles supérieur et infôrieur. Les angles de cet octaèdre sont: de 126^11' à la base, et de 101^49' ^^^ arêtes culminantes.
3. Le plus ordinairement^ cet octaèdre se présente combiné avec le précédent, comme on le voit fig. igS, et paraissant alors ëmarginé seulement à Ten droit de ses arêtes obliques. Cette combinaison prend souvent Taspect spbénoïdal ou tétraédriforme que montre la figure 194. — Incidence de a* sur 6* B= i4o°52'. — A Sainte-Agnès, en Cornouailles; dans les mines de Freîberg et de Gersdoif, en Saxe.
4. A cette combinaison s'ajoutent souvent les faces de l'octaèdre a*, qui est l'octaèdre tangent aux arêtes culminantes de 6^, et les bases p. Les angles de Toctaèdre a* sont de 89^9' à la base, et i2o°3o' aux arêtes des sommets.
5. Quatre autres octaèdres, de position directe, et deux octaèdres inverses, se montrent assez souvent subordonnés aux formes précédentes : ce sont les octaèdres : 6* (avec l'angle de
69^44' àla base); 6»(49°5o0; 6*i55°6'); (6Vi(i4oo32'); a^iM^ig");
a^'Cii i°5o'). On observe aussi les faces i d'un scalénoèdre à
huit faces, donné par la loi iz=:b^b^l*^l^.
6. La cbalkopyrite en prisme à base carrée^ dont les angles et les arêtes des bases sont tronqués^ p m a' 6^: les crbtaux sont aplatis parallèlement à la base p, et montrent distinctement les pans m, m de la forme primitive.
Indépendamment des cristaux simples dont nous venons de parler, et qui se font remarquer souvent par la dissymétrie apparente de leurs formes^ on rencontre fréquemment dans la cbalkopyrite, des cristaux maclés, suivant diverses lois, dont nous indiquerons ici les principales : 1^ Face d'bémitropie parallèle, et axe de révolution perpendiculaire à une face de Toctaèdre 6^: groupement semblable à celui qu'on voit si souvent dans les espaces qui cristallisent en octaèdre régulier, et que Haîiy désignait par le nom d'octaèdre transposé, 2° Face d'hémitropie parallèle, et axe de révolution normal à une face de l'octaèdre a'. Ce cas s'observe fréquemment dans la combinaison ph^a^a\ Le groupement se répète quelquefois entre six cristaux de la même forme qui se superposent, de manière que l'individu inférieur
4ia 817LFURE8 MULTIPLES
sert de support aux quatre individus moyens, lesquels suppoN tent à leur tour l'individu supérieur, et le tout offre Tapparenoe d'un octaèdre régulier, qui aurait été légèrement tronqué sur ses arêtes et sur ses angles. 3° Deux cristaux du type sphénoidil ou tétraédrique se groupent par entrecroisement , comme ki deux tétraèdres réguliers représentés fig. 1 7, pi. i n, l'un d'eu étant tourné par rapport à l'autre de 90® autour de l'axe principal. Ce groupement s'observe dans les cristaux provenant de la mine Kurprinz, près de Freiberg.