AB AB
Nout se potiTODi accepter cette manière de Toir, parce qu'elle a contre eUa tous les bits de Tisomorphisme^ et les Tariations bien constantes qu'éprouTent souvent les proportions de A et de B dans les masses que Ton rà);»porie à cette espèce.
f6 UTfiB lU.
lécules : sous ce rapport, elles pourraient être appelées des espèces mononiériques. Les espèces mixtes résultent du méUiDge ou croisement de plusieurs espèces si Ai pies : elles se composent de masses à plusieurs molécules différentes (pofymériques). Les unes et les autres ont pour caractère commun d'avoir une composition parfaitemeilt définie. Toutes les masses existantes pour-* ront être ramenées sans peine à ces deux sortes d'unités, simples ou complexes, en admettant d'abord leur existence séparée^ et ensuite, comme possible, le mélange entre les deux.
Ainsi, pour revenir à l'exemple que nous avions pris d'abord des deux carbonates de chaux et de ma(|;nésie, il y aura lieu d'admettre dans le tableau général des espèces minérales, une première espèce simple (le calcaire), essentiellement formée par les seules molécules A, une seconde espèce simple (la giobertite), composée des molécules B, et une troisième espèce (la dolomie), représentée par A+B, ou formée des deux molécules en nombre égal : celle-ci , étant une espèce intermédiaire, devra prendre place évidemment entre les deux espèces simples, et se tenir à égale distance de Tune et de l'autre.
Ainsi donc, les termes moyens, comme les termes simples des séries analogues à celle de la page 14» doivent être traités comme de véritables espèces, sous la seule condition d'avoir été reconnus comme existant séparément. Quant aux autres termes de la série, nous avons déjà dit comment on classait ceux qui se rapprochent de l'un des deux extrêmes. Et quant aux termes qui se rapprocheraient davantage du terme moyen A+ B, et qui en seraient différents, comme le terme 7 A +5 fi par exemple, attendu qu'on peut le mettre sous la forme 5 (A+ B) + 2 A, on voit qu'il doit être rapporté à l'espèce intermédiaire (la dolomie), et considéré comme une variété de dolomie, avec un excès de calcaire. Les termes extrêmes et moyens sont des espèces de limites, auxquelles on ramène toutes les variétés de mélange qui ne s'en éloignent pas notablement (i).
(1) De même qu'il ezisite des espèces dimériques ou à deux molécules différentes^ il pourrait y avoir aussi des espèces trimihriques ou à trois molécules différentes et de la formule A + B 4- G. Mais ce cas^ s'il se rencontre réellement, est inflniment plus rare que le précédent. Il donnerait lieu d'aiUeurs aux mêmes considérations.
CLASSIFICATION 1»S MlftiftAUX. t^
$ 9. Des mélanges intimes et variables de composés isomorplics,
qui n'existent pas isolément.
Un autre cas embarrassant est celui que nous offrent plusieurs des anciennes espèces de Haiiy, telles que le grenat, Tamphibole, le pyroxène ; chacune d'elles est une série de variétés mélangées, dont les termes simples n'ont point encore été observés séparément, ou ne le sont que rarement et d'une manière tout-à-fieiit accidentelle. C'est un mélange infime et continuellement variable de plusieurs composés isomorphes, et par conséquent de. diverses espèces, mais qui ne s'étant point encore montrées isolées, ne peuvçnt être représentées rigoureusement par aucune des variétés connues, et par conséquent ne sont pas séparabfes dans l'état actuel de la minéralogie.
L'existence de ces espèces nous est révélée par la formule générale, qui résume toutes les analyses de ces corps, et qui admet plusieurs combinaisons semblables de bases isomorphes se substituant les unes aux autres pour produire des molécules de même forme et de nature différente. Autant il y a de ces combinaison^ possibles, faisant partie des variétés du mioéral, autant il entre d'espèces différentes dans la constitution de leurs masses. Ces espèces, notre esprit les conçoit et les formule aisément. Mais ce ne sont pour lui que des types abstraits, des limites idéales, auxquelles il peut bien essayer de ramener un certain nombre de variétés, sans pouvoir établir de démarcation précise entre elles, sans pouvoir dire où c0mme9.ce telle espèce et où elle finit dans la série. ^
Dans les grenats, par exemple , qui sont des silîca|||s à deux bases, l'une plus forte qui est un protoxyde, l'autre plus faible qui est un sesquioxyde, on reconnaît sans peine l'existence d'une espèce à bases de chaux et d'alumine, d'une autre à bases de chaux et de sesquioxyde de fer, d'une troisième à bases de protoxyde de fer et d'alumine, etc. ; mais ces espèces sont toujours intimement mêlées et confondues entre elles. En pareil cas, on a à choisir entre deux marches différentes. On peut, après avoir reconnu, comme je viens de le dire, les diverses combinaisons chimiques qui prédominent dans telle ou telle partie de la série, faire de chacune d'elles le point de ralliement d'une partie des variétés» en les groupant ensemble et les réunissant sous un même nom d'espèce : c'est ce qu'a lait Beudant pour les grenats,
Minéraiogie. Tome II. 2
1,8 UVRB 111.
pour les pyroxènes et pour les amphiboles. Mais ce mode de groupetnent a nnoonvëotent d'être toujours plus ou naroÎDs arbitraire, et Ton court le risque de roBger dans une espèce^ des échantillons qui seraient mieux placés dans une autre.
Au lieu de suivre cette marclHi^ où peut, à Texempke de tlaumai^n, de Haidtnger, de Dana et de la plupart des tntwéralofj^istes présents, conserver le groupe entier dans son intégritë, «ôtisisoti ancien nom de grenat ; et, sans prétendre séparer ngouren^ement les espèces qu'il renferme à Tétat àe mélange, se borner provisoirement à les indiquer par des dénominations particiilièreis,
'^ ttiais seulement à titre de sotts-espèces, ou de variétés principales, en les distinguant uniquement par les eoitlefirs ou par qari({tte autre caractère extérieur. Dans cette seconde manière de ptf}- •céder, on traite le groupe entier des grenats, en ce qui coiicmie son classement actuel, comme ^i c'était une espèce pro'pi'eilient dite, mais on a soin d'avenir de la dtiSérence qu'il y a entre ce cas et celui des espèces bien définies, tant simples que mixCes, dont il a été question précédemment. <?est, comme l'on voit. Une sorte de transaction, qui a été admise par un consentementpres-
'Hqne ttuanîme j et h meilleure raison qu'^n puisse donnerdecetfe Afçon d'agir, c'est que dans' l'état actuel de la science, onr me voit pas le moyen de faire mieux ou autrement. Nous adopterons "Cette marche dans les cas de ce génie, qui ne se iiencontrâlrant d'i^illeurs que très-rarement.
Il ne feut pas confondre ces groupes intimes d'espèces mâangées et confondues entre dles, que nous offrent le gnefeiat, le pyroxène et l'ampiiîbdle , av^ ceuit d'espèces isomorplies bitm distinoles, et nettement séparées, tels que celui des Cai^bonates rliombo^riques, par exemple, qui, dans nos cla»si£M^ado0Sf acloelles, doit être considéré et traité comme un groupe génériqcte, comme un genre proprement dit. Les groupes, comme celui du grenat, sont bien aussi en réalité des groupes d'espèces, et paat' raient être considérés comme des genres; mais à vrai dire, é%ïs le sont pour la théorie, on ne peut pas dire qu'ils le soient pour la pratique, par la raison qu'ils ne peuvent ètie ni représentés, tii délimités d'une manière rigoureuse. Ainsi donc, distinguoifes deux sortes de groupes d'espèces, auxquels peuvent donfifer lieu les eom posés isomorphes : des groupes génériques (comme celui des carbonates rhomboédriques), qui doivent figurer comme genres d^ns la méthode; et des groupes tels que celui du grenat, qu'on |>ôiïrrait appeler spédifiquea, parce qu'oïl est dans l'hstbi-
CLASSIFICATION iM MmiRAUX. |^
tilde de les tfaivet cotisme des e9pè<c<», maiid en aytttxt tôin âé leii sabdivisét en sous-^pèces ou Tariëtës firiDcîpsdes^ d'apfKt dèl simples différences extérieures, qu'on peut croire corrieèpondrèf à des diffiérenees importâmes dans la côtnpositioti'^léniemitiîèf.
$ 10. Des règles de la classification des espèces minérales.
Nom venons d'exposer les rè|[les de spëcifioatîon que nous avons adoptées et que nous nous proposons de suivre dans cet ouvrage, c'est-à-dire celles qui concernent l'établissement des espèces minérales, et le mode de classement des diverses variétés de mélange, qu'on peut rapporter à chacune des espèces Jiroptëment dites, des espèces qui ont une composition simpte et définie, n nous faut maintenant examiner les rè^s de la classifictttion des espèces, les principes d'après leisquels on doit former les genres, et les autres divisions supérieures de la lùéthodfe mi» néralogique.
Quand on cherche à se rendre compte de ee ijui a été ftit sous ce rapport, on est frappé de l'état d'infériorité dans lequel la minéralogie est restée jusqu'à ces derniers temps vis-à*viè des autres branches de l'histoire natui^le ; le vague et Farbitrairef dominent à tel point dans ses méthodes, que cent qui en fotlt habituellement i^age, comme ceux-là même qui les ont iô^ag^ nées, ne peuvent le plus souvent ni se rappeler, ni découvrir aisément la place qu'occupe telle espèce dans un genre , ni tel genre dans la méthode. Les espèces et les genres y sont, en effet, tellement groupés au hasard, ou rapprochés pour des raisons û légères, que ces classifications ne sauraient que difficilemebt prétendre au titre de méthodes naturelles. liresqtie toujours, où s'est borné jusqu'ici à établir, entre les classes et les espèces, une seule division intermédiaire, à laquelle on donne iodiffiéremmetlt le nom d'ordre ou de genre, et cela, à cause du peth nombre d'espèces que comporte encore le tableau général (cinq à six cents), et de Timperfection de nos connaissances, relativement à la composition de beaucoup d'entre eMes. L'état de la science cependant permettait d'aller plus loin ; voilà déjà bien des années que j'ai fait, dans mes cours de la Sorbonne ou du Muséum, l'essai d'une méthode rationnelle, qui me parfttt avoir de véritables avantages, et qui a éié fort goûtée des personnes qui assistent à mes leçons. Je vais résumer ici les principes qui m'ont servi de guide pour établir cette dâiiifieationâ qui est surtout
ao tSVBE 111.
basée, ainsi qu'on va le voîr> sur les rapports plus ou moins généraux (le la composition chimique et de la forme cristalline, mais sans que j'aie négligé d'avoir égard, dans une certaine mesure, aux différences de l'aspect extérieur, comme à celles de ia dureté et de la pesanteur spécifique.
$11. De [existence possible de trois sortes de genres, en Minéralogie : genre chimique, genre physique ou cristaUographique^ . et genre physico-chùnique ou minéralogique.
Les espèces minérales ayant deux caractères fondamentaux, l'un chimique et l'autre cristallographique , il résulte de là la possibilité d'établir en minéralogie deux et même trois sortes de genres différents, selon que, pour les former, on réunira les espèces qui auront de l'analogie sous le rapport de la composition seulement, on bien sous le rapport de la cristallisation, ou enfin sous les deux rapports à la fois. Ces trois genres pourront même exister ensemble, à la condition d'être subordonnés entre eux, et de se distinguer par des noms différents tels que lesnoms d'ordres, de tribus, et de genres proprement dits : ce seront comme autant de degrés par lesquels on descendra de la classe ou division la plus élevée, pour se rapprocher progressivement de l'espèce, ainsi que cela se pratique dans les autres parties de l'histoire naturelle.
Un premier genre peut être formé par le rapprochement des espèces qui ont un principe chimique commun (ex. : genre Car^ bonates) : c'est le genre chimique. Un autre genre pourra être formé par le rapprochement des espèces qui cristallisent dans un même système (ex. : genre des substances cubiques, genre desrhomboédriques, des rhombiques ou orthorliombiques, des kli" norhombiques, etc.) : c'est le genre cristallo|^aphique. ,
Le genre chimique étant fondé sur une certaine analogie de composition chimique, et le genre cristallographique sur une certaine ressemblance générale de forme» il est clair qu'on peut encore établir un troisième genre, en réunissant les espèces ifai ont entre elles une double analogie de composition et de forme, c'est-à-dire lés espèces isomorphes; ce sera le genre physicochimique ou minéralogique, le genre proprement dit, le plus prochain relativement à l'espèce, et par conséquent le plus naturel.
J'ai dit que les deux genres chimique et cristallographique
{)oavaîeDt exister ensemble, à la condition d'être subordonna Fun à Fautre. Plusieurs minéralogistes, MM. Bredsdorf , Frankenheim, G. Rose, ont placé les genres chimiques sous les genres cristallograpbiques : nous pensons que la subordination doit être telle que le caractère chimique, le plus constant des deux, domine toujours le caractère cristallographique. Ainsi, pour prendre un exemple, ce sera le groupe Carbonates qui se subdivisera, d'après les systèmes cristallins, en espèces rhomboédriques, cubiques, quadratiques, etc., et non pas le groupe
Rhomboédrique, qui sera divisé en Carbonates, Sulfates, Phosphates, etc.
S 12. Des classifications par les bases ^ et des classîfications par les acides ou principes électro-négatifs.
Les genres chimiques peuvent être établis de deux manières, selon que le principe commun, qui sert de lien aux espèces, est le principe minéralisé, l'élément électro-positif ou la base, ou bien a.u contraire le principe minéralisateur, celui qui fait fonction d'acide ou d'élément électro-négatif. De là, plusieurs sortes de classifications possibles au point de vue chimique : les elafsifications par les bases, comme celle deHaiiy, les classifications par les acides, comme celle de Beudant, et les classifications mixtes, comme celles de Kobell , d'Alexandre Brongniart et de Dufrénoy, dans lesquelles les espèces sont groupées tantôt par les acides, et tantôt par les bases. Dans la méthode de Haiiy, la chaux formait un genre, qui comprenait comme espèces particulières la chaux carbonatée, la chaux sulfatée, la chaux phosphatée, etc. Dans la classification de Beudant, le groupe des carbonates forme un genre dont les espèces sont : le carbonate de chaux, le carbonate de magnésie, le carbonate de zinc, le carbonate de fer, etc. Dans la méthode de Haiiy, aussi bien que dtffs les classifications mixtes de Brongniart et Dufrénoy, chacun dès métaux proprement dits, comme le fer, le cuivre, le plomb, etc. , est le type d'un genre qui comprend tous les minerais du métal, c'est-à-dire ses oxydes, sulfures, arséniures, et ses différents sek.
Chacune de ces méthodes chimiques présente des avantages ; mais, dans l'état actuel de la science, le groupement par les acides, que Beudant a proposé le premier, et qui a été adopté postérieurement par Bensélius, nous paraît bien préférable.
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parce qu'il laisse subsister presque toutes les réuniouaindiquies par risomorphisme , et que les groupes d'isomorphes sont ce qu'il y a de plus naturel en minéralogie. Ces groupes font ^ effet la véritable pierre de touche des classifications modernes: on peut dire qu'elles sont d'autant plus artificielles, qu'elles les rompent plus fréquemment et les morcellent davantage. J'adopterai donc en général les genres chimiques de Beudant, qui ne sont rien autre chose que les genres ordinaires de la chimie miuérale; seulement je me servirai du mot d! ordres pour lea dé^gner, afin die pouvoir les subdiviser en tribus^ d'après les systèmiii cristallins, et en genres proprement dits, d'après risomorphismc, toutes les fois du moins que la chose sera possible.
Le groupement parles bases a bien aussi des avantages qu'on ne saurait nier, lorsqu'on l'applique aux substances métalliques^ parce qu'il rapproche tous les minerais d'un même métal, et permet de faire d'une manière plus suivie et plus complète son histoire technologique et géologique ; et c*est afin de profiler de ce^ avantages, sans renoncer à ceux qui résultent de Tautie mode de groupement, que Brongoiart et quelques minéralo» gistes avec lui ont cru devoir scinder la classification en deux parts, et assigner à chacune un caractère différent
Mais on peut, dans un cours aussi bien que dans un livre de minéralogie, demeurer conséquent au principe qu'on a une fois posé, et cependant ne laisser perdre aucun des avantages réels qui sont attachés aux deux méthodes; car rien n'empêche, par fs^eoiydfs, après avoir placé squs les différents acides, et décrit séparément les espèces qui ont une même hasve, de lei récapituler twtes lorsqu'on a fait l'histoire de la decnière , et de recomposer ainsi le genre de la méthode inverse. Quelle que soit la méthode que l'on suive, il y a de l'avantage ^ former ainsi de nouveaux rapprochemf»its entre les espèces, et à multiplier ftftrcon^paraisons de toutes les manières possibles : c'est le seul moyen de suppléer à l'insuffisance de nos méthodes, et de r#médieir à pe qu'elles oQt et à ce qu'elles auront toujours d'arti- Qciel.
Dey trois genres dout nous venons de re^ouûaitre la pp^îbilité et d'admettre la convenance, un d'eux, le genre chimi(}ue, e&t iwài en général (sauf les cas d'exception dont il sera fait mei^tion plus iqin) sur le seul fait de la communauté, d'un principe composant, tandis que les deux autres reposent sur 4e&
analogies d'un» autre os^^^» et» à mU'e avisi bjiei;i jplus mtf9/^
CLASSIFICATION I>S% UIKéRAUX. 33.
taates. Ainsi, c^Mt le fait d« risomorphisme, c'est-à-dire de la plus f^raiide ressemblance possible entre les espèces , après le cas de Tideaihé absolue^ qui sert de foiidement au^ genres minëraiogiqueS) et» comme on le verra bientôt» ce sera encpre Iç. même principe qui nous servira de guide pour établir entre 1q^ Ordres ou genres chimiques une disposition en séri^ linëaife, qui soit rationnelle.
$ i3. Reniarquês sur les gem^s chimiques qui ont poiurfondemwl kl commtJinauié dun élémeni quelconque^ basique iM (^cide.
Ce mode d'am|ngement, qui consiste à grouper ensemble, tout ce qui» parmi les objets à classer, offre la plus grande somme possible d'analogies» nous parait bien plus naturel que celai qu'on a ^uivi pendant longtemps, et qui consistait touf simplement à rapprocher soit les espèces, soit les genres qui onf un élément ou composa binaire commun. Haiiy mettait ensemble, dans son genre Fer^ le fer natif» le fer oxydé, le fer s^]furé» le fer carbonate, le fer arséniaté, etc.; c'est-à-dire qu'il formait i^insi le grqupe le plus artificiel qu'on puisse imaginer, puisqu'il renferme» avec un corps simple, des composés binaires» des composés ternaires ^ et d'autres de tous les degrés possibles de coJDposition. Beudaut» un peu plus tard » n'a &it qu'imiter Haiiy dans la constitution de ses familles; et, par ezei^plea dans celle des Sulfuridesy il range après le soufre natif, les oxydes du sottfire, puis les sulfites et les sulfates; et bien qu'il assure (Traité de Minéralogie» i'*' édition de 18249 P^gc ^<7)« V^^^ ^^ semble impossible de trouver des familles plus naturelles^ nous sommes obligé de faire remarquer que ces prétendues familles soift tout aussi artificielles que les genres de Haiiy ; car elles ne sont, à vrai dire, que le renversement de ces genres» amené tout amplement par la substitution de l'acide à la base.
Ainsi| donc, jusqu'à ces derniers temps» on n'a connu en mi- . «
néralogie qu'un seul moyen de former des genres chimiques, c'a été de réunir des corps qui continssent un même principe : on croyait que , par cela seul , que deux corps possédaient un élément commun, il devait y avoir entre eux de la ressem- ^
blance. Mais on a réellement trop abusé de cette prétendue analogie, attribuée à la présence d'un élément commun ; elle est souvent des plus faibles. Ce qui établit la ressemblance de# c(*«HW^ f'mt bien i^oiR^ h m^^^ W^^Ptt'J^r^ d(M| cpippor
a4 LiYBE m.
gants, que le rôle qu'ils jouent dans la combinaison. Deux substances, qui n'ont aucun élément commun, mais qai en ont d'analogues par leur rôle chimique, peuvent se ressembler beaucoup plus que d'autres, qui auraient un ou plusieurs éléments communs.
De ce que le soufre existe dans les trois espèces suivantes : soufire natif, sulfure de plomb et sulfate de plomb, il ne s'ensuit pas que ces trois minéraux doivent être rapprochés, comme ils l'ont été par Beudant dans sa famille des Sulfurides. Au contraire, il n'est pas possible de trouver dans tout le règne minéral, trois corps qui contrastent plus fortement entre eux, puisque le premier est une substance jaune, tendre et inflammable; que le second est une substance grise, pesante, contenant un métal et possédant elle-même à un haut degré l'éclat métallique, et que le troisième est un corps sans couleur, incombustible, ayant un aspect vitreux ou lithoïde, c'est-à-dire semblable à une pierre. Ces trois espèces nous offrent donc les plus grandes différences dans leurs caractères extérieurs, et, loin de pouvoir être réunies dans un même groupe, elles appartiennent réellement à trois classes différentes : la classe des substances combustibles, celle des substances métalliques et celle des sulistances pierreuses. C'est que, bien que le soufre existe dans ces trois corps, il joue en réalité dans chacun d'eux un rôle différent : dans le premier, il est à l'état libre, c'est-à-dire qu'il ne joue aucun rôle chimique particulier, tandis que dans le second il joué le rôle d'acide ou d'élément électro-négatif, et dans le troisième le rôle de base ou d'élément électro-positif»
Ce n'est donc pas, comme on le voit par cet exemple, le seul &it de la participation d'un élément à la formation d'un corps, . qu*il faut prendre en considération : c'est bien plutôt le rôle que cet élément joue dans la composition de la molécule. Nous disions tout-à-Fheure que deux corps qui n'auraient point d'élément commun, pourraient se ressembler beaucoup plus que ceux qui en ont un ou plusieurs : en voici la preuve. Le soufre et le sélénium sont deux éléments isomorphesqui jouent le même rôle électro-négatif à l'égard des métaux, et peuvent se remplacer mutuellement ; les sulfures et séléntures de mêmes bases sont parfaitement semblables. D'un autre côté, le cfuivre et Fargent sont deux radicaux, pareillement isomorphes, et qui se substituent l'un à Tautre en toutes proportions dans les minerais qui se rapportent à l'un d'eux, Ainsi^ d'une part, le sulfure d'argent
CLASSIFICATION DBS MINÉRAUX. a5
est isomorphe et semblable au sulfure de cuivre ; d'une autre part, ]e sulfure de cuivré est isomorphe au sélëniure de cuivre : donc, le sulfure d'argent et le sëléniure de cuivre doivent être isomorphes entre eux, bien qu'ils n'aient point d'ëlëment commun. La chimie et la minéralogie sont d'accord pour confirmer cette conclusion.
On ne devra donc pas s'étonner si, dans la classification mine* ralogique, quelques genres sont donnés comme naturels, bien qu'ils ne remplissent pas la condition ordinaire de la commuiiautë d'un élément ou d'un principe binaire. Tel sera, par exemple, le groupe des métaux natifs, qui figurera comme ordre od genre chimique, en tête de la classe des substances métalliques. Nous n'hésitons pas à former cette réunion, contrairement à l'usage suivi jusqu'à présent en France, et nous le faisons à l'exemple de la plupart des minéralogistes allemands, et de ce qui se pratique même en t^himie, où des corps rëputës simples ont été ou sont encore rapprochés en un même groupe, unique^ment à cause de l'analogie de leurs propriétés, et sans la condi« tion dont nous parlions tout-à-l'heure. Il suffit de se rappeler l'ancien groupe des terres et des alcalis, qui paraissait fort naturel, avant qu'on ne fût parvenu à décomposer ces substances: elles étaient alors réputées simples, absolument au même titre que le sont aujourd'hui les corps in décomposés qui portent le nom de métaux. On verra d'ailleurs que ces corps offrent en* tre eux des analogies tout-à-faît comparables à celles que l'on observe dans les composés proprement dits, et que les principes ordinaires de l'isomorphisme, du polymorphisme, de Tisomërie on de Tallotropie trouvent là leur application, comme dans toutes les autres parties de la méthode. Les groupes ainsi formes directement par l'appréciation des analogies physiques et chimiques, sans l'intermédiaire du feit qui sert ordinairement de base pour la formation des genres, sont souvent plus naturels que les anciens genres chimiques, auxquels on est encore obligé d'avoir recours, par la raison qu'ils sont plus faciles à caractériser et à reconnaître. Ces genres chimiques, généralement artificiels dans leur ensemble, demandaient à être subdivisés, et nous avons vu comment par la considération du système cristallin d'abord, et ensuite par celle de l'isomorphisme, c'est-à-dire de l'analogie simultanée de forme et de composition, on arrivait à des groupes plus petits (les groupes d'isotfoorphes) qui sont les véritables genres na(urie/5 delà minéralogie.
i6 LnrMi nt.
$ i4« De la diipQ$idon en sériç linéaire des Ordres ou gr4mdfi genres ehimiqueSi et d^ laJbnmHm dfi& disses»
C^flt en jQOi^uiuaiit de preniire pour guide risomorphiwyer que je suis parvenu à établir, entre les ordres chimiques eiv^. môipes» une itwposition en série très^ratio^nelle, et à l'aide de laquelle qu passe successivement ei par degrés» des substa^ko^^las moins ^ompoyséea à celles qui le sont davanta|;e« et des corpf. le» plus inflammables aui^ combustibles métalliqoes, pour finir par les corps brûlés ou non combustibles. Pour trouver celte séiie» il suffisau de comparer entre eux les ordres çhieniqueiSf et de rtppiHMîher eeuz qui avaient des princij^s électro^nëgatUi analogues, c'est-à-dire iafimorphea. Il est aisé de voir i ea eSet» que quelque part qu'on place dans lasérie lei genre SiUfiimeSt il app^ forcément à côté de lui le genre SéUniures^ piùsque #^ deux genres pourraient à la rigueur n'être composés que d'etr» pèces relativement semblables; de mèm^t le gjenre Sulfates ap« peiie près de lui ]jo genre Sélénicutes, le genre PhoqJiates celuit dteeJnsétiaiesp et ainsi de suite. G^esten procédant ainsi qne j'^Uformé la série suivante : Corps simples min wiëuUUqu0s* «^ Jlff^ (auxi natifs, -m Atséniures. -^^ Aniùnoniure^. «^ TeUun$re9^ «^4^ lé»iures. -y^Sulfur^A^ -^ Oxydes. «^ Chhrurea^ »^ Fbiorm^. m^ leduras, ^^ Bijnemures, ««^ Ahanmates, ^^ SUiiMes^ -r- BetP^ffis^ TT^CarboneUes» -^-r AzQUttes. -^^^ Phosphates, -^ ^nsénûziCe^. --n «ft4^ fiUfe. 'TT' Chromâtes. -^ Vamadaies. ^n^ Tunj/states. t-? MiolybdM^» -m Titanates. — Taixksdakfs.
Une fois œtle série obtenue, il m'a été fiicUe de (a part^^r^ d'après des oaraetëres tirés dq genre particulier 4e combiA^^ipoi ou du faeies général, en trois grandes divisions ou CmsskS) qvû vépopdent assez bien aux anciennes «classes des GombnstibleSr des Métaux et des Pierre^, consacrées en quelque spr^ par l'i^h sage da^s tous les temps et ches tious les peuples. Ces x^ii^ grandes divisions sont cellee îie^ Substmces combustibles rum i*^^ taUkjues^ àtBSuksUmses ccmbustibles m^faUiqueSj eidesSyffsUfn^e^ non oombusHbles, Ainei donc, dans la claesification que je propçiBQ et que je suivrai dans cet ouvrage, les divisions et aubdivi-* sîons successives sevont fondées sur les ressemblances^ de ptu/^en phfw essentielles, sur les rappof ts j^us ou moins géuérau:Fr d^ Ia composition chimique et de la forme cristaUine» cpmme ^M^ sur les diflérences dans l'aspect ext)é|QiM% la diwl4^ Ia^B^WIt