‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 48 sur 120 · DE FORMATION · texte numérisé non relu

DE FORMATION

$ I . Du Gisement des Minéraux,

Dans les livres qui précèdent, nous avons appris à connaître les différents caractères des minéraux, et les règles qui doivent présider à leur arrangement dans un ordre méthodique; nous sommes donc en état maintenant, non-seulement de les déterminer f^oureusement comme espèces, mais encore de les classer et de les décrire jusque dans leurs moindres variétés. Nous pourrions donc en faire immédiatement l'histoire , ce qui est le pKncipal objet de cet ouvrage : mais pour rendre cette histoire plus complète et plus intéressante, il nous faudra dire quelle est, pour chaque espèce', sa manière d'être particulière dans la nature, et quelles sont ses relations de position à l'égard d'autres substances ; cela nous oblige à exposer auparavant quelques notions générales, que nous emprunterons à la géologie, et à définir certaines expressions dont nous aurons à faire un usage habituel, et dout il importe avant tout de bien préciser le sens : nous jetterons ensuite un coup-d'oril sur les grandes masses mioérales, qu'on nomme Roches et Terrains y et qui sont comme les diverses cases, comme les différents étages ou compartiments de la croûte superficielle du globe, où nous aurons à marquer la place de chaque espèce.

Tout le monde sait que les minéraux offrent entre eux de grandes différences, sous le rapport de leur origine, de leur abondance, et de leur manière d'être à la surface ou dans le sein de la terre; de la forme, de la structure, et de la disposition relative des masses qu'ils constituent ; et enfin, de leur âge ou de

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leur époque de formation. On n'ignore pas que les difKrentes subsunces minérales ne sont pas également répandues dans la nature; les unes s'offrent toujours en grand, et composent, seules ou associées plusieurs ensemble, ces grandes masses auxquelIe»on- donne les noms de Roches et de TVfnMtif. Lea autres ne se montr^ant que bea.i|CQMp.p|us.r^rewQB|„ ,et toujours en peti|€)9( parties.. is<iées.». éparae%,<>u 4i^^éw>i:^/A^l»JniUf|^,,^eh grandes masses.

Les grandes giasses, qu'on appelle roches, n'ont point été formées en même temps, ni de la même manière, mais elles se rapportent et à diverses époques, et à divers modes de formation. Elles sont tantôt minéralogiquement simples, c'est-à-dire formées par une seule espèce minérale, et tantôt elles sont composées, c'est-à-dire qu'elles résultent de Tassociation de plusieurs minéraux, sous forme discr^iau;^ d^JLamjçD^^ ou de^grains entremêlés. Ces roches^ en s'associant à leur tour plusieurs ensemble, constitoent dest/^rra/mvque.llon netBoov^.oni beaucoup do^lî^li^c différents avec les- mêmes caract^es génér>aai^ dQ jstraqMif^.^t.i dex:omposition,<L««iterr/aiPs^nt| pour ie géologue^ <coip«if! (4^,. gra^d^ uiMtés au mP9€;a.dQsqpçli^il ej^piiimi? d!m^ u^^m^fy^, simple la. consUtu^on du sol d^une coatrée: ce. sontif^M^l^jpi^Hrtile mipiéralogiste,, comme les.difïeiienlK^.zQne^'iif^tjre leequeflef^^. se répartissent lea diverses, espèces minérialqSr..Oale4,pacxag|a^^9,. àeu^ grandes cl^s^e^, 4!aprà,leur origipe : Ie&.ter^j^iQ^>4e.$m' maxion aq^ue^se^ou. terrains de sédiment (tei^raipf.uepi^uuî^us^,, et \tiu tj^rr^ipis deti^^ripa^ipn igi^ée ouéruptive (ici^r^in^^pliitoiMn ques;.e,t yolc^niqu^s).. Les pr^mifij^s sont, généri^lem^p^.comp^, ses , de roobi^s. r4gu^èrei^eo]L âtr^îifiées^ te& ^ecopfU, de . rocbfli),. ma^iye^^tjrrégiilièi^s. .

LqSi obseryaMpQ^ imites ;dai)9.tou9( les> fioys,; pfCHts^appr^A^aMr en effet que r^veloppeaupiurfici^Ua du gl^b^ teiïrestre.est p^jc^ci po^ 4'i^ gr;^dtPombre,4e massQV ^« djlver^^l[)4UMri^ l^,|ifi^t. rég«|li^r^S|.^a forme deJ^^iSA^f ou de,^o|iphe« qu^se^^fbouii^lliK, ru|[)çJ;aAU)e„iÇt quii.daop^les^ divers lieu^.où on^lej^.trQUT^e^gfii)^^.. deat,/9n^riÇ el)@s. un;Ordre£](ç^.de.supfii;pQ$iûo^^.l(ss avtjçes jgji^, ou moins irrégulières, placées sm^deasç^^i de& tei;rialn8 à cpHni c^s,.ou s'j^^irci|(2^|ivenlr)9 faux comme» de&.esp^es.d/s coi^ et quelquefois s'éleyant au-jdessus dfe; leur ni v^u. sous, foroa^ éip,^ piiÇ9,.de dôai6s«. de coloupes, etc. Cei^ ensemble de couches.^,: de ipa9#o% de diverses formes, superposées ou. jui^taposées enjini: elles» est, V» vé9i»U«kt àium supq^oi». de di0f» oïl d'éqjy^9|i|^«

KARIÈRB d'ÉTRB DS8 MINÉRAUX. 8f

qui ont eu lieu à des ëpoques plus ou moins éloignées : les causes qui leur ont donné naissance peuvent être facilement reconnues, car elles existent encore pour la plupart et continuent d'agir sous nos yeux, quoiqu'elles le fassent souvent avec moins d'énergie qu'autrefois.

£n effet, le plus grand nombre des masses minérales qui afiectent la forme de couches, ont été évidemment formées par FactioB des.eaux superficielles. Ce sont des dépôts composés de matériaux de transport et de séditnent, c'est-à-dire de matériaux qui, ayant été réduits à l'état de parties plus ou moins grossières ou plus ou moins fines, entraînées ou tenues en suspension dans les eaux des fleuves, des lacs et des mers, ont fini par se déposer sur leur fond, par un simple effet de la pesanteur, avec les débris calcaires des coquillages que ces eaux nourrissaient, comme cela a encore lieu de nos jours. L'action des agents atmosphériques sur les roches des hautes montagnes tend sans cesse à les décomposer ou désaggréger : des éboulements continuels remplissent les vallées de débris, lesquels, entraînés par les eaui courantes, vont au loin s'accumuler dans les parties basses des continents, et former des amas immenses de galets, de sables et de limons. On est porté à attribuer la même origine à ces nombreuses couches, composées de cailloux roulés, de grès, de sables et d'argiles, que l'on trouve intercalées presque partout et à des profondeurs plus ou moins grandes, au milieu des sédiments dont nous venons de parler.

Il arrive aussi de temps à autre , que les matières situées audessous de la croûte minérale du globe sont soulevées par des forces souterraines, du genre de celles qui produisent les tremblements de terre et les volcans; que ces matières ébranlent, relèvent, et souvent parviennent à rompre les couches solides qui s'opposent à leur passage ; et qu'elles finissent par faire éruption au dehors, tantôt sous forme de masses , plus ou moins solides, qui donnent naissance à des îles ou montagnes nouvelles, tantôt comme des jets de matières en fusion qui s'épanchent à la surface du sol sous forme de larges nappes, ou bien de bandes étroites (dites coulées)^ et dont les éléments, d'abord confondii8» 86 séparent, et souvent cristallisent pendant le refiroidissement de la masse. Un grand nombre de masses minérales anciennes (les trachytes, les basaltes, les trapps, les porphyres) paraissent avoir été formées par des causes plus ou moins analogues.

Nous voyons encore les eaux de certaines sources et de cer-

Cours de Minéralogie. Tome IL * 0 .

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tains lacs abandonner sur leur fond une partie des moléeukll qu'elles tiennent en dissolution, y produire ées dép6C8 cristtd* lins, des concrétions compactes ou terreuses, et par ra^CttitiO* lation de ces dépôts, des couches pierreuses de différente Bâtite. Et c'est aussi^ sans nul doute^ par voie de dissolution et de pfé* cipitation, qu'ont été formées un certain nombre de masses minérales, parmi celles surtout qui sont solubles dans l'eau pture ou dans les eaux minérales. Quant aux substances qni Ae s*dt fient qu'en petits amas, ou qui sont disséminées par petites parlies au milieu des grandes masses, il est probable^ au moins pmir la plupart, qu'elles ont été produites , comme d'autres qui sft forment encore actuellement, par les dépôts ou les décompositions qu'opèrent les gaz et les eaux minérales qui viennont del profondeurs de la terre. Quelques-unes paraissent avoir été ibl> inées par des actions chimiques qui, dans les anciens dépôts, ont eu lieu au contact des substances de diverse nature, ainsi qu'on peut le conclure d'expériences nombreuses, dans lesquelles on est parvenu à reproduire, à l'aide de courants galvaniques^ un certain nombre de minéraux, ou à former âeê composés nouveaux qui leur soient analogues.

Les (lifférentes causes que nous venons d'énumérer» et Softout celles qui ont donné naissance aux grandes masses minérales, ont agi à différentes reprises de manière à entremêler leurs produits. Elles continuent d'agir encore, pour accroître ou modifier la croûte superficielle du globe. Çà et là de nouveaux dépôts se forment, avec des matériaux venus directement des profondeurs de la terre, ou bien d'anciens dépôts sont siterés sur place^ détruits ou décomposés, et leurs parties entrent immédiatement dans de nouvelles combinaisons, ou sont dispersées et entraînées pour aller reproduire ailleurs de nouveaux minéraux.

C'est là ce qui a eu lieu pour beaucoup de masses minérales situées à la surface de la terre, ou formant les parois des cavités souterraines : car, par cette position même , elles donnent faei* lement prise à l'action des eaux ou des agents atmosphériques. C'est encore le cas de certaines masses non isolées, mais perméables, c'est-à-dire se laissant plus ou moins facilement traverser par les fluides. Mais, pour les masses enfouies profondément et qui sont imperméables, pour celles entr^autres* qui renferment les substances les plus utiles et de formation très-ancienne, les mêmes causes d'altération et de destmetion

lUinÂRxJo'ÉTBB DBS MINiBAUX. f)

o^eBlstaiit point au même degré, elles n'éprouvent plus en gâiéral de modification notable : ks affinités des éléments ayant été satiétés, ceuz-d sont parvenus au repos depuis longtemps, et dhaque substance persiste dans le m Ane état, sans altération, comme aussi sans accroissement. Ce serait donc une erreur glrossiére^ erreur qui a existé chez les anciens minéralogistes, de eroire que les pierres végètent à la manière des plantes, que les métaniMnftrissent au sein de ta mine, et s'y reproduisent à mesure qu'db les en extrait. Un minéral ne natt points et ne saurait (Croître comme un végétal : une fois formé, il ne change pins, jusqu'au moment où des actions extérieures viennent le détruite.

n y a 9 comme nous l'avons dit précédemment, deux principales manières d'être des minéraux dans la nature : les uns souffrent en grandes masses, les autres sont disséminés au milieu de ces dernières en petites parties. Parmi les grandes masses, il en est d'irréguliëres, et dont la forme n'est pas susceptible de définition précise. D'autres se présentent en montagnes ou roehers isolés, dont la forme rappelle celle de dômes, de pics ou de cônes, de colonnes. Il en est enfin que l'on désigne par des dénominations spéciales, et sur lesquelles nous devons arrêter particulièrement notre attention. Ce sont les couches, les amas, les filons, les nappes et les coulées.

$ t. CoucheSf jimasj Filons^ Nappes et Coulées.

On entend en général par couche ou strate, en minéralogie, une masse minérale très-étendue en longueur et en largeur, mais bornée dans le sens de Fépaisscur par deux grandes faces sensiblement parallèles. Quand les couches sont très-épaisses, eDes prennent le nom de bancs, et quand elles sont très-minces; on les nomme lits ou feuillets. Chaque couche est formée ou éfune seule substance minérale, ou de Taggrégation de plusiettrs minéraux en une seule masse. Nous avons déjà dit qu'on donnait le nom de roche à la substance , simple ou composée, qui constitue la matière des couches et autres grandes masses minérales. Les couches ne sont point partout continues, bien qo^on en retrouve de pareilles dans une multitude de lieux éloignés les uns des autres : elles sont fréquemment interrompues ftat des escarpements, ou par les bords des bassins dans lesquels

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elles se sont déposées. Tantôt elles sont horizontales, et tantôt plus ou moins inclinées, quelquefois même tout-à-fait veiticaks. Quelquefois aussi elles sont contournées, ou repliées en zigzag; elles peuvent offrir ainsi des ondulations et des courbures en sens divers, et c'est ce qui a lieu fréquemment dans les lerrÉim qui y postérieurement au dépôt de leurs couches et avant l'entière consolidation de celles-ci, ont été dérangés et tourmentés par de violentes commotions souterraines (ex. : les terraini

houillers). •

Lorsque toutes les masses minérales dont se compose un terrain, sont disposées par couches placées les unes sur les autres, on donne à ceftte disposition des parties d'un terrain le nom de stratification^ et Ton dit du terrain lui-même qu'il est srml^. Si des couches sont superposées de manière à conserver un parallélisme exact entre elles, on dit qu'elles sont en stratification concordante ; lorsqu'au contraire la direction de deux systèmes de couches, en contact l'un avec l'autre, est différente, on dit que les deux systèmes sont en stratification discordante. Des systèmes placés les uns à côté des autres peuvent aussi être en discordance, bien que parallèles, si les couches de ces systèmes ne peuvent se raccorder entre elles, et si elles diffèrent non-seulement par leur position, mais encore par leur épaisseur et par leur nature.

Les amas sont des masses minérales, de forme irrégulière, qui ne sont plus étendues indéfiniment ou bornées par les accidents du terrain, comme les couches, mais qui sont limitées par ellesmêmes et enveloppées de toutes parts par des roches de nature différente. Elles sont ordinairement de forme ovale ou lenticulaire, et se distinguent des couches proprement dites, en ce qu'elles ne présentent pas une épaisseur constante dans toute leur étendue, n'étant plus terminées par des plans parallèles. L^ amas peuvent s'étendre entre deux couches dans leur direction même : on les nomme amas couchés ou parallèles,* ils sont appelés transversaux ou coupants, lorsqu'ils coupent obliquement plusieurs des couches du terrain. Beaucoup de substances métalliques s'offrent en amas: il en est de volumineux, et d'autres qui sont plus petits. Les nodules ou rognons sont des amas très-petits, que l'od trouve disséminés au milieu des grandes masses.

Lesfilons sont des masses minérales, en forme de grandes plaques ou de coins très-aplatis, qui coupent transversalement les couches des terrains qui les renferment, et dont la matière

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eomposante diffère plas ou moins de celle qui constitue la roche environnante. On peut les considérer comme provenant de Fentes ou grandes lézardes, qui se sont produites à travers les assises de ces terrains, pendant ou après leur formation, à la suite de quelque commotion qui aura dérangé leur assiette, lesquelles fentes auront été postérieurement remplies, en toutou en partie, de matières pierreuses ou métalliques. Les filons sont souvent ramifiés, et forment quelquefois des réseaux, des espèces de plexus, auxquels on donne le nom de stockwerks. Dans la même région, 0 existe fréquemment un grand nombre de filons de même nature, dont les directions moyennes sont sensiblement parallèles. Souvent même, un premier système de filons se trouve coupé et séparé en deux parties disjointes par un autre système qui lui est continu : le filon croiseur ou coupant est de formation plus récente que le filon coupé ou traversé.

Les mineurs distinguent plusieurs parties dans un filon : les deux parois ou faces principales du filon, c'est-à-dire de la masse qui a rempli la fente, se nomment salbandes : les parois de la fente elle-même, que touchent les salbandes, sont appelées fontes* Lorsque le filon est incliné, ce qui est le cas le plus ordinaire, réponte inférieure sur laquelle il repose en est le mur^ et la supérieure en est le toiu La partie du filon qui se montre an jour, se nomme tête ou chapeau,

La considération des fiions est d'une haute importance pour Fart des mines comme pour la science des minéraux, parce qu'ik sont les gîtes les plus ordinaires des matières utiles que recherche le mineur, et d'un grand nombre de substances cristallisées. Aussi étudie-t-on avec beaucoup de soin l'allure des filons, c'est-à-dire la manière dont ils se dirigent^ s'inclinent et s'étendent dans le sol qu'ils traversent. L'épaisseur ou la puissance des filons est très-variable, et elle n'a rien de constant pour le même filon, qui éprouve tantôt des lenflcments et tantôt des étranglements; l'étendue d'un filon parait en général proportionnée à sa puissance. Il y a des filons de quelques millimètres de puissance, et dont l'étendue est d'un petit nombre rie mètres; on leur donne le nom particulier de veines. Il en est d'autres, au contraire, dont la puissance et l'étendue sont fort considérables. Le plus célèbre de tous est le filon d'argent de la veia madre^ à Guanaxuato au Mexique; il a une puissance de quarante mètres sur une étendue de plus de trois lieues.

La composition des filons est en général très- variée; ceux

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qu'on expbite pour en extraire des minerais j sont communément des aggrégats irréguliers de substances pierreases et métalliques. Dans ce cas, on distingue la matière stérile dominantCi de nature pierreuse, et la matière utile ou métallifère : la pÉttie pieneuse est appelée souvent la gangue du minerai. Les primnpales substances pierreuses qui entrent dans la composition def filous métallifères sont : le quarz hyalio, le calcaire spathiqae et ses isomorphes , le spath fluor et le suliate de baryte. Les parties métallifères sont disposées dans la gangue pierreuse, tantôt en rognons, ou en grains épars dans la gangue, tantôt en lônes concentriques (âons concrétionnés), ou en veines parallèlea» al« ternant avec la matière de la gangue (filons rubanés), les coi>ches se répétant de la même manière à partir des deux épontes»

Les filons sont rarement remplis en totalité : ils offirent dans leuf épaisseur des dilatations ou des cavités, dont les parois sont tapissées de cristaux réunis en druses. Ce sont ces cavités qui portent le nom de fours on poches à cristaux : et c'est là que Ton trouve les cristallisations les plus remarquables par la beauté des formes et la vivacité de l'éclat. Les filons métallifères n'ont pas tous été produits par une seule et même cause , agissant d'une manière non interrompue : leur formation a été nonseulement successive» mais elle a eu lieu souvent à diverses reprises, et il a pu s'opérer de nouvelles fentes et de nouveaux remplissages. La richesse d'un filon varie beaucoup dans ses diverses parles, surtout avec la profondeur, et quand on l'étodie sous ce rapport, on remarque souvent une sorte d'influence de la roche encaissante ou des autres filons coupés par luij sur sa richesse ou sa composition minérale.

Les filons métallifères ont en général leur plus grande largeur vers l'intérieur de la terre, et souvent se terminent en coin da côté de sa surface. Il est d'autres filous qui semblent avoir, au contraire, leur plus grande largeur vers la suriace, et qui vont en se rétrécissant se terminer à une faible profondeur. Ceuxci sont presque exclusivement composés de fragments de roche, de sables ou d'argiles, contenant des grains, noyaux ou amas de différentes substances.

U est encore une autre sorte de filons, remarquables par lenr nature, leur forme et leur puissance : ce sont les dykes , qui se présentent comrkie des espèces de murs , s'élevant au milieu de roches de nature différente, dont ils dépassent souvent le niveau extérieur. Ces dykes sont ordinairement composés d'une

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foche pierreuse uniforme, telle que le basalte, le trapp, le porftvjre : leur épaisseur parait augmeuter à mesure quMls â'cnfoneenl, et Ton ne connaît pas de limite à leur profondeur.

Ijm nappes sont des masses minérales non stratifiées , ordinairement situées à la partie extérieure de Fécorce terrestre, Hyant, comme les couches, beaucoup plus d'étendue dans le 4b«8 de leur longueur et de leur largeur, que dans celui de leur épaisseur, et paraissant provenir d'une matière fondue, sortie oo^nme les laves de nos volcans, des entfailles de la terre, et qui a coulé sur ui) fond sensiblement horizontal ou dans unedépres- «ion du sol, où elle a pu s'arrêter et se refroidir lentement. Cette matière sest épanchée tantôt par une ouverture conique, telle qu'un cratère de volcan, et tantôt par une crevasse ou fente longitudinale (ex. : nappes de laves; nappes de basaltes et de trachytes).

Les coulées sont pareillement des dépôts superficiels de matières fondues, dont le caractère principal est de présenter la forme d'un torrent qui se serait subitement solidifié. En suivant une coulée, on parvient souvent à remonter à sa source, et on la voit se rétrécir de plus en plus, et ne plus offrir qu'une bande étroite ou une simple traînée de matières scoriacées, lorsqu'on arrive sur les flancs inclinés du cône, au sommet duquel est son point de départ. Telles sont toutes les coulées de laves des volcans à cratère.

Nous venons de passer en revue tous les genres de dépôts qui présentent de grandes masses de substances minérales; et, comme nous l'avons déjà dit, les substances qui en font essentieUement partie sont en fort petit nombre. Toutes les autres espèces du règne minéral ne se montrent qu'accidentellement et presque toujours en faible quantité au milieu d'elles. Tantôt on les rencontre dans les roches sous la forme de feuillets ou <ie veines, qui sont en petit ce que les couches et les filons nous présentent en grand. Il est de ces veines que l'on doit considérer comme de véritables filons, c'est-à-dire comme d'anciennes finîtes qui ont été remplies; d'autres, au contraire, ne sont ([ue de petits amas ramifiés, dont la formation est contemporaine <le celle de la roche qui les renferme. La matière de la veine peut être d'une nature différente de celle de la masse environnante, ou bien être de la même nature, et ne s'en distinguer que par par la structure ou la couleur. Les marbres veinés présentent des exemples de ces différents cas.

Tantôt les substances dont il s'agit se rencontrent sous forme

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de tràs-petits amas renfermés daos PépaiMeur des grandes masses, et qui reçoivent les dénominations particulières de nidSf de rognons ou nodules^ de noyaitx ou d^amandes. Les nids sont ordinairement des amas de matières friables, et de forme'irrégulière. Les rognons sont composés de matières solides; leur forme est arrondie et souvent comme étranglée en divers points: ils sont à peu près de la grosseur du poing ou de la tète. Enfin les noyaux sont de petites masses dont la forme ressemble à celle d'une amande, et dont la matière parait s'être moulée dans dans une cavité préexistante.

Le plus grand nombre des substances qui se présentent en parties isolées affectent Tune ou Tautre des manières d'être soivantes : ou bien elles sont disséminées en cristaux ou en grains dans l'intérieur des grandes masses minérales, et, dans ce cas, les cristaux peuvent être obtenus entiers, si l'on parvient à les dégager de la roche dans laquelle ils sont comme empâtés^ on si cette rocbe finit par les laisser libres, en se désaggrégeant d'elle-même; ou bien, elles sont implantées sur les parois des filons, des géodes et autres cavités souterraines. Dans ce cas, l'une des extrémités des cristaux est comme fichée dans la matière de la roche, et souvent même se confond avec elle, quand elle est de même nature. On ne voit saillir alors que l'autre extrémité; et, si l'on cherche à détacher ces cristaux, on les brise forcément, et on ne les a jamais qu'avec un seul de leurs sommets.

11 est des substances qui se présentent en masses détachées» d'un volume plus ou moins considérable, que l'on a tout lieu de considérer comme des fragments ayant appartenu à d'anciennes roches brisées, et dont les parties anguleuses sont souvent émoussées ou même complètement arrondies (les fragments rejetés par les volcans; les blocs erratiques, les cailloux roulés). Enfin, il est des minéraux qui ne se; montrent qu'en enduits, ou en efflorescences à la surface de certaines roches; et d'autres qu^on ne trouve qu'en solution dans les eaux, et principalement dans celles qu'on noinme Eaux minérales.

$ 3. Des diverses associations minéralogiques, et particutièremetU * de celles qu'on nomme Roches et Terrains.

Le nombre des couches et autres grandes masses minérales, qui, par leur superposition ou juxtaposition, forment les dififé^

MAKiÈRS d'Être des minéraux. 89

•tants compartiments de Tëcorce terrestre, est assez considérable : niais ces divers dépôts peuvent être partagés en un certain iiombre de groupes, dont chacun comprend une quantité plus oa moins grande de couches, qui sont naturellement associées entre elles, c'est-à-dire qui existent ou qui manquent presque toujours simultanément dans le même lieu, à tel point que la présence de Tune est un indice à peu près sûr de l'existence des autres.

Ces groupes naturels de couches, auxquels se lient d'autres masses non statifiées, ont reçu le nom de Terrains. Nous verrons bientôt que ces terrains ne sont pas irrégulièrement répandus dans Tintérieur du globe, mais qu'ils sont toujours placés les uns au-dessus des autres dans un ordre fixe, que l'observation a fait connaître et qui est celui de leur formation successive. L'écorce minérale, ou la partie connue du globe terrestre, se divise donc en Terrains, dont chacun^comprend un certain nombre dé Couches et autres grandes masses minérales ; ces masses minérales sont composées de Roches^ qui le sont à leur tour de Miné» raux simples. Pour pouvoir donc étudier les roches, et s'élever ensuite à la connaissance des terrains, il est nécessaire d'avoir une certaine notion des caractères distinctifs de ces minéraux, qui sont comme les matériaux ou les éléments des roches. Cette notion est d'autant plus facile à acquérir, que plus des neuf dixièmes des roches connues sont composées d'un très-petit nombre de substances minérales, diversement combinées entre elles. Ces minéraux composants sont eux-mêmes presque entièrement formés des oxydes suivants: la silice, l'alumine, la chaux, la magnésie, le sesqui-oxyde et le protoxyde de fer, la soude et la potasse ; l'acide carbonique et l'acide sulfurique. Les minéraux, qn*on peut regarder comme les éléments les plus essentiels des roches, sont : le quarz, les feldspaths, les micas et chlorites, le talc et la serpentine, les amphiboles et pyroxènes de couleurs ▼ertes et noires, le calcaire^ 1} dolomie et le gypse. Ils méritent ane attention toute particulière, puisqu'ils jouent le principal rMe dans la structure du globe, et qu'à raison de leur abondance, on est exposé à les rencontrer à chaque pas dans la natore.

Nous avons dit que l'on donne en général le nom de roche à toute substance minérale, soit simple, soit composée, qui se rencontre en masse assez considérable, pour que le géologue en tienne compte dans l'étude qu'il fait de la composition de

go LIYKE IT.

l'écorce terrestre» La roche est simple ou homogène^ quand dl^ est constituée par une seule espèce minérale : elle est eompoi^ ou hétérogène, quand elle résulte de l'association de pluaieura minéraux, présentant généralement le même ensemble el la même contexture de parties. Il y a des roches réellement composées, et qui paraissent homogènes à l'œil nu, à cause de la petitesse des parties différentes dont elles sont formées; mais cette homogénéité purement apparente disparaît^ lorsqu'on examine la roche à la loupe ou bien au microscope : tel est le basalte, par exemple, qui est composé de grains ou de petits cristaux de pyroxène augite et de feldspath labrador, et qui ressemble à l'œil nu à une pierre noire et compacte. Haiiy donnait le nom d^adélogènes aux roches composées, dont la structure n'était pas visible à Tœil nu, et celui de phanérogènes aux roches dont la composition était immédiatement reconnaissable. Mais. plusieurs des roches qu'il plaçait dauf la première catégorie sont devenues phanérogènes, lorsqu'on a cherché à étudier leur stnie* ture et leur composition à Taide d'instruments grossissants.

Les caractères distinctifs des roches sont tirés de la nature de leurs parties composantes, et de la structure en petit de la masse formée par leur aggrégation. La: structure est ^p-enue ou grankoXde^ lorsque la roche est composée, comme le granité ordinaire, de grains cristallins, entremêlés et réunis les uns aux autres par simple adhérence ; la structure est schisteuse, quand la roche semble formée de feuillets minces, superposés entre eux, comme l'ardoise commune; la structure est porphyre^, quand, les éléments de la roche n'ayant cristallisé qu'en partie, celle-ci ofire un fond d'apparence homogène, et comme une . sorte de pâte dans laquelle sont disséminés des cristaux formés en même temps qu'elle; la structure est compacte, quand la roche présente un tout uniforme, sans aucune distinction de parties composantes, et dont l'aspect est lithoïde ou vitreux; la structure est cellulaire, quand la roche of&e^dans sa masse des cavités nombreuses, sphériques, ou allongées et sinueuses, ce qui semble indiquer qu'elle a été originairement fondue, boursoufflée et traversée par des gaz qui se dégageaient de l'intérieur de la masse; la structure est amygdaloïde ou amygdalaire, si la roche présente au milieu d'une pâte homogène, des noyaux ou aman" des, dont la matière, comme celle des géodes, semble être venue après coup remplir des cellules vides, et qui souvent se détache;ot de ces cellules avec facilité.

HANliRE d'ÉTAE IIBS MINÉRAUX. 9I

Nous allons donner ici une simple indication des rocbes les

fluseommanes, parmi celles qui entrent dans la composition de écorce superficielle du globe, nous bornant à faire connaître leurs dénominations, leurs caractères les plus frappants^ et leur disposition habituelle eo couches ou en masses non stratifiées.

\ 4* ^^ ^^^ grandes classes de Roches^ qu'on nomme Roches

massives et Roches stratifiées»

D'après leur nature et leur origine , on peut partager les ro* ches en deux grandes divisions : les roches, de formation ignée, dont la matière parait avoir été fondue par l'action de la ohaleur souterraine, ou du moins amenée à un certain état de ra* moliissement, par l'action de cette chaleur combinée avec celle de Teau et d'une forte pression (Roches massives cristallines ; Ro* ches éruptîves ou plutoniques)^ et les roches de formation aqueuse ou sédimentaire {Roches stratifiées, ou neptuniennes). A ces deux classes principales s'ajoute une classe intermédiaire, qui se montre toujours dans le voisinage et en quelque sorte au contact des deux premières, avec lesquelles elle se lie par des caractères communs : ce sont les roches schisteuses cristallines^ appelées roches primitives par les anciens géologues, et roches métamorphiques j par la plupart des géologues modernes, parce qu'ils les considèrent généralement comme d'anciennes roches sédiment^res, qui auraient été altérées et modifiées sur place par l'action de la chaleur combinée avec celle des sources minér rales, gazeuses ou liquides.

1^ Roches stratifiées, ou de sédiment. Les roches sédimentaires se présentent généralement en couches étendues et régulières ; les matières qui les composent sont ordinairement «compactes ou terreuses, à l'état solide ou meuble ; elles renferment presque constamment deux sortes de parties accessoires ou de débris caractéristiques, qui rappellent leur origine : d'une part, des parties sableuses, des cailioux roulés et même de gros firagments d'autres roches, ayant appartenu à des terrains plus anciens qu'elles ; d'une autre part, des fossiles ou débris organic|ues, provenant des plantes ou des animaux qui vivaient pendant la période de leur formation. Les terrains de sédiment sont composés en général de couches de sables siliceux €m de grès qttarzeux^ d'argiles ou de marnes , et de bancs de calcaire plus ou moins pur.

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