LIVRE IT
La silice ou le quarz se reconnaît aisément à la dareté de ses grains vitreux, capables de rayer le verre, à son infusibililë au feu de nos foyers, et à son insolubilité dans les acides ordinaires. L'argile, lorsqu'elle est pure, n'est composée que d'alumine , de silice et d'eau : c'est un mélange terreux , doux et gras au tou< cber, insoluble et infusible, mais faisant pâte avec l'eau, et prenant au feu du retrait et de la dureté. Le calcaire (ou la pierre à cbaux) est un carbonate de cbaux, facile à reconnaître par la propriété qu'il a de faire effervescence dans les acides, et de se réduire à l'état de cbaux vive par la calcination.
Ces trois matières principales, en se mêlant entre elles deux à deux, ou toutes ensemble, forment des rocbes mélangées, de caractère mixte, auxquelles on donne quelquefois des noms particuliers. C'est ainsi qu'on appelle marnes^ des mélanges de calcaire et d'argile; molasses ou macignos, des grès à ciment marneux ou calcaire , etc. Les grès se modifient encore par d'autres parties accessoires qui s'ajoutent aux grains de silice, et l'on a ainsi les variétés de grès suivanties : grès feldspaûiique (ou arkose), grès micacé (ou psammite), grès roiige, ou grès bigarré^ à ciment ferrugineux, rouge, brun ou jaunâtre, grès verl^ à {prains de silicate de fer, etc.
Au nombre des roches sédimentaires, on compte encore la dolomie (ou le calcaire magnésien), le ggpse{QXk la pierre à plâtre) et le sel gemme (chlorure de sodium). Ajoutons enfin les grands d<^pûts de combustibles charbonneux qui ont tous une origine végétale: les antliracites ^ les houilles, les lignites et les tourbes»
2^ Roches massives cristallines. Ces roches ne sont point stratifiées; elles se présentent en masses de formes irrëguliferes, et irrégulièrement fissurées, à structure généralement cristalline , et sont composées presque exclusivement de silice pure (quarz hyalin) et de silicates. Souvent les minéraux composants se distinguent à la pren^ière vue; quelquefois le grain s'atténue au point^de ne plus être perceptible à l'œil nu, mais il reparaît presque toujours, aussitôt que Fœil s'arme delà loupe ou du microscope. Dans d'autres cas enfin, mais qui ne sont en général que des cas d'exception, la texture peut être regardée comme étant véritablement compacte, et présente une 'apparence lithoïde ou vitreuse. Nous citerons, parmi les roches de cette catégorie :
MANIEBE o'ÊTBS DES MlinÊRAUX. qS
Le Gtcmiie. Roche à structure grenue, composée de grains de feldspath orthose, de quarz hyalin et de mica, entremêla et immédiatement aggrégés entre eux. Le feldspath est clivahle ou se divise en lames dans deux sens perpendiculaires Tun à Tautre: on le reconnaît à ce double clivage; il est ordinairement blanc, rouge ou verdâtre. Le quarz est en grains vitreux, irréguUers, sans aucune trace de clivage : il ressemble à des grains de sel gris. Le mica est en petites lamelles ordinairement noires» quelquefois rouges, ou blanches avec l'éclat argentin. Cette roche se présente habituellement en masse continue, irrégulièrement fissurée, sans traces de stratification. Quelquefois, cependant, sa structure devient comme schisteuse, par l'accumulation du mica, et la disposition parallèle que prennent les lamelles de ce composant : le granité alors passe insensiblement au gneiss, roche dont il sera question tout-à-Fheure. Le granité est une roche très-dure, qui prend assez bien le poli, mais se travaille difficilement: on en fait des colonnes^ des obélisques, des dalles et bordures de trottoir, etc. 11 y a entre les granités de pays différents une grande diversité d'aspect, qui tient à la couleur particulière des substances domi^imtes, et à la grosseur des grains. On distingue des granités rouges, des granités roses, des granités gris, etc. — Lorsque dans le granité, le mica disparaît presque entièrement, on a la roche appelée pegmatite, ou granité graphique; si Ton suppose que ce soit le feldspath qui vienne à manquer, on aura Vhyalomictey ou granité stannifère, ainsi nommé, parce qu'il renferme habituellement du minerai d'étain. — La syénite est une'roche granitoïde où le mica est remplacé par de l'amphibole noir (hornblende), et le quarz manque presque toujours; la. protogine en est une autre, dans laquelle le mica est remplacé en tout ou en partie par une matière talqueuse, ou chloritique.
Le Porphyre, Roche composée d'une pâte feldspathique colorée, contenant des cristaux blanchâtres de feldspath, et quelquefois des grains vitreux de quarz, ou des cristaux noirs de pyroxène. On distingue des porphyres rouges, souvent quarzifères; des porphyres verts, à cristaux blancs fcldspathiques ; des porphyres noirs (ou mélapbyres) presque toujours pyroxéniques.
Le Diorite. Roche grenue, composée comoie la syénite d amphibole vert-noirâtre et de feldspath, mais dans laquelle l'amphibole prédomine, et où ie feldspath se montre presque toujours à Tétat compacte. La. Dolérite est une roche analogue, composée
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de pyroiène augite et de feldspath. L'hypertthénite et Feaphollde (ou |[abbro) sont des roches pyroxéniqaes, dans* lesquelles le pyroxène augite est remplace par de Phypersthène,* et de b diallage.
La Serpentine. Roche à texture compacte, formée d'un rillcate de magnésie hydraté^ sans alumine; à cassure terne et clmue ou écaiUeuse; tendre et douce au toucher; nuancée de dircKBi teintes vertes ou noires.
Le Trapp, On donne ce nom à une roche terreuse, de eoidenr verte ou noire, et dont la composition se rapproche tantôt de celle du diorite, et tantôt de celle du basalte : ^e forme ^dé grandes masses irrégulières, à divisions planes et paraHéSpipédiques, offrant souvent dans les escarpements la dispositbn en marches d'escalier. Ole est presque toujours à structuro amygdaloïde.
Le Basalte, Roche à structure compacte ou à grains microscopiques, composée essentiellement de feldspath labrador et de pyroxène augite; d'un gris de fer, tirant sur le noir; dure, pesante et tenace. Elle renferme habituellement des grains de lisr titane, et parfois des rognons ou Ées grains de péridot olivine. On la rencontre sous la forme de dykes ou de filons puissants» de plateaux ou de grandes nappes, qui le plus souvent se divl* sent d'une manière assea régulière, en prismes hexagonaux, par des fissures planes.
Le Trachyte. Roche composée d'une pâte terreuse, de couleur blanchâtre ou gris-cendré, cellulaire, âpre au toucher, et qui enveloppe fréquemment des cristaux amincis et fendillés de feldspath vitreux. Elle passe souvent, d'une part, à des masses vitreuses, translucides, et comme enfumées, qu'on nomme obst' dîennes ou verres volcaniques, et d'une autre part à la pierre poreuse, que tout le monde connaît sous le nom de ponce, EBe se présente, tantôt en larges nappes, à la manière du basalte, et tantôt sous la forme de dômes ou de cloches.
La Lave. Roche noire ou grisâtre, quelquefois altérée en ronge, cellulaire ou scoriacée, et qui est sortie d'une bouche ignivome ou d'un cratère volcanique, sous la forme de coulées, en se répandant par bandes étroites sur les flancs d'une montagne conique, au sommet de laquelle ce cratère est toujours situé. Cest moins une roche particulière, que la matière même des trachytes ou des basaltes qui s'est trouvée dans un état de fusion plus parfait.
BlAHliRB o'ATAB m» MINiRAUX. ^S
3* RoAhAs 8Cttismj9£9 cRisTALLmES. — Les principftkâ txHshes de cette série sont : le gneiss, le micaschiste, le schiste talqueux» elle schiste argileux ou schiste proprement dit.
lit Gneiss est une roche composée des mêmes éléments que le granité, et qui ne s'en distingue que par sa structure schisteuse. Cte en quelque sorte un granité veiné ou feuilleté, sur la tranche duquel on remarque des veines parallèles, de couleur foncée, formées par le mica, et alternant avec des veines blanches ou grisâtres, que forment les grains de feldspath et de quarz rionis.
Le Micaschiste^ ou schiste micacé, est une autre roche schisteuse, à feuillets droits ou ondulés, composée seulement de mica et de quarz, sans feldspath. Les schistes chtoritettx et talqueux n'en diffèrent que par la substitution de la chlorite et du talc au mica. Lorsque, dans ces roches schisteuses, les éléments sont atténués au point de ne plus être visibles, et tellement confondus entre eux qu'il en résulte une roche homogène en apparence, à âtmcture terreuse et feuilletée, qui ressemble par son aspect aux matières argileuses, on donne à cette roche le nom de schiste argileux^ de phyUadCy ou de schiste proprement dit : elle diffère des vérifebles argiles en ce qu'elle n'est pas susceptible de se délayer dans l'eau. Elle a la propriété de se déliter dans un sens >en feuillets plus ou moins minces; et lorsque ces feuillets sont solides, droits et continus, on les emploie dans l'architecture» sous le nom d'ardoises,
S 5. Des Terrains massifs^ et des Terrains stratifiés,
Nous avons dit qu'il existait dans l'écorce superficielle du l^obe terrestre, deux ordres bien distincts de roches ou de grandes masses minérales, l'un composé de couches produites fnne après l'autre, en allant de bas en haut, et renfermant soit des fragments de roches préexistantes^ soit des débris d'animaux et de plantes : ce sont les roches stratifiées^ nommées aussi roches neptuniennes ou de sédiment, parce que les matières dont elles sont formées, ont été évidemment, du moins pour le plus gnmd nombre d'entre elles, déposées et nivelées par les eaux; Pautre composé de masses irrégulières, à texture ordinairement cristaHine, qui se lient diversement avec les terrains à couches, et tu-dedans desquelles on ne trouve aucun des débris qui caitelérisent ces derniers : ce sont les roches massives (c'est-à-dire
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non stratifiées), nommées aussi roches plutoniques ou éruptives, parce qu'il est prouvé pour la plupart d'entre elles, et qu'il devient de plus en plus probable pour toutes, que les matières (lont elles se composent, ont été soulevées de l'intérieur du globe par les forces d'expansion dont on attribue Torigine à la chaleur souterraine, jointes sans doute aux contractions produites dans la croûte superficielle par son refroidissement successif.
Les roches stratifiées ou sédimentaires s'observent principalement dans les pays de plaioes et de collines, et sur les flancs des montagnes; les roches massives se rencontrent généralement au-dessous de toutes les couches neptuniennes, ou bien se montrent intercalées entre elles, vers le centre des chaînes de montagnes, comme si elles les avaient traversées, rompues et redressées, pour se porter au-dessus de leur niveau.
Les diverses couches de sédiment ou masses soulevées , dont se compose Técorce minérale du globe, en s'associant entre elles, constituent des groupes ou systèmes particuliers, appelés terrains oxx formations^ que Ton retrouve en beaucoup de lieux différents, avec les mêmes caractères généraux de gisement, de structure et de composition. On entend par terrain oà formation, un ensemble de couches et de masses, formées pendant une de ces périodes successives de tranquillité, dans lesquelles s'est partagée la durée du développement de l'écorce minérale, périodes qu'on croit avoir été séparées les unes des autres par des intervalles de trouble, qui oot passagèrement interrompu l'action sédimentaire. Chaque formation est donc le représentant d'une époque géologique, pendant laquelle avaient lieu, comme de nos jours, ces deux sortes d'actions, l'action sédimentaire et l'action volcanique ; elle doit donc comprendre des dépôts de toute nature, marins ou continentaux, neptuniens ou plutoniques. Chaque âge, en effet, a eu ses continents et ses mers, ses montagnes et ses volcans , ses lacs et ses rivières. Ce qui détermine une de ces grandes formations, est donc la continuité de l'action sédimentaire , pendant toute la durée d'un certain temps auquel elle correspond, et dont elle nous garde la trace. Son principal caractère est le défaut de parallélisme, que Ton observe généralement entre la stratification du système de couches qui la composent, et celle du système qui est placé au dessous. En méote temps que le premier est caractérisé par une discordance de stratification, il Test encore par une varia-
MAviéRB d'être des MINinAUZ. 97
don subite et tranchée qui se montre, soit dans la nature mioéraloçique du dépôt, soit dans la nature organique de ses fossiles, c'est-à-dire des êtres anciens dont il recèle les débris.
Chaque terrain a di>nc un triple caractère : Qëolo[|[ique, mioéralogique et paléontologique , et ce caractère est emprunté aoz couches qui en constituent la partie fondamentale ; ce sont dlesqui déteruiinent l'âge relatif du terrain. Les terrains à couches ont en effet un ordre de superposition invariable, qui n*est autre que celui dans lequel ils ont été déposés ; en effet, chaque couche recouverte est nécessairement plus ancienne que toutes celles qui la recouvrent. On peut donc, en imaginant toutes les couches, qui ont été produites successivement dans les diverses parties de la terre, comme placées les unes au-dessus des autres, en former une série ou échelle , dans laquelle elles seront rangées par ordre chronologique.
Les terrains massifs sont aussi de différentes époques de formation ; mais ils ne peuvent être rangés en une série chronologique aussi régulière, parce que le même terrain a pu se reproduire à différentes reprises avec des caractères minéralogiques à peu près semblables, et qu'on manque ici du secours des fossiles, pour établir Tidentité ou la différence d'âge de deux dépôts du môme genre. Cependant, on a essayé de classer les roches principales de ces terrains, d'après le plus ou moins d'ancienneté des époques de leur plus grand développement^ ou de leurs plus fréquentes apparitions; de là, une seconde série de masses minérales, entièrement indépendante de la première. Ces deux séries de dépôts ne sont pas relativement, l'une plus ancienne, et l'autre plus récente; mais elles se sont développées Tune à côté de l'autre, et toutes deux se continuent encore pendant la période actuelle.
Il y 9 toujours dans un terrain une ou plusieurs roches principales qui en forment la partie essentielle ou dominante, et qui servent à le caractériser et à le dénommer. C'est ainsi que l'on dit : le terrain de gneiss, le terrain de grès rouge, le terrain de |rès bigarré, le terrain de calcaire grossier. D'autres roches ne sont qu'accessoires dans la comptisiiion du terraiu; leurs couches ne se répètent point un grand nombre de fois, elles ne se montrent qu'accidentellement intercalées entre celles de la roche principale, et souvent elles disparaissent tout-à-fait; on dit que ces couches sont subordonnées h celles de la roche dominante. Une métne roche peut être subordonnée dans un ter- Cours de Minéralogie. Tome IL 7