‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 55 sur 120 · VI. TERRAINS MASSIFS; OU PLUTONIQUIS · texte numérisé non relu

VI. TERRAINS MASSIFS; OU PLUTONIQUIS

Outre les terrains dont nous venons de parler, qui sont régulièrement stratifiés et gardent entre eux un ordre invariable de superposition, on distingue encore, ainsi que nous Tavons dit» une autre classe de terrains produits par des causes toutes diffé^ rentes : ce sont les terrains composés de roches massives et éniptives, appelés souvent terrains phUonitjftteSf et comprenant parmi

BIANlifiS d'ATRE DKS MINÉRAUX. IO9

eiii les terrains volcaniques proprement dits. Ils sont formés de roches à structure cristalline ou vitreuse, qui ne renferment ni dOloux roules, ni débris organiques. La matière de ces roches ptraft être venue de dessous les terrains stratifiés, d'où elle a été soulevée, à diverses époques, soit en masse presque solide ou nmoUîe par les actions combinées de la chaleur, de l'eau et de la pression, soit en masse à demi-fondue, ou bien à Tétat de ibsion complète : elle s'est intercalée entre les couches des terrains stratifiés, ou s'est épanchée à leur surface, en sortant tantôt par de grandes fentes, tantôt par les cheminées des volcans, eqpèces de canaux terminés par des ouvertures circulaires, en ferme de cratères ou de coupes. Avec M. Elie de Beaumont, nous partagerons ces terrains eu quatre groupes principaux: i* les Roches plutoniques acides (ou sursilicatées), telles que les gnînites, les syénites et porphyres quarzifères; ii? les Roclies plutoniques basiquesy telles que les serpentines et les trapps; 3® les Boches volcaniques anciennes (les trachytes et les basaltes); 4^ les Boches volcaniques modernes (les laves proprement dites et leurs Mcessoires).

I*'' Groupe. Roches plutoniques acides. Les roches plutoniques acides ou sursaturées de silice, sont généralement composées des espèces feldspathiques les plus riches en silice (orthose^ albite ou oligoclase), associées à du mica, du talc ou de l'amphibole hornblende, et souvent à des cristaux ou grains de quarz libre : elles ont presque toujours la structure granitoïde ou porphyrique. Ce groupe comprend le granité^ la protoginc, la pegmatite, le greisen, la syénite, le diorite, et les porphyres rouges et dioritiques.

Le granité est une roche cristalline à structure grenue, composée de grains de feldspath orthosc,de quaiz hyalin et de mica. Elle devient la pegmatite, quand le mica disparait, le greisen ou hyalomicte^ quand le feldspath vient à manquer, \sl protogine, quand le mica est remplacé par une matière qui ressemble à du talc ou de lastéatite. Si le mica est remplacé par de l'amphibole hornblende, et que le quarz disparaisse presque entièrement, on a la syénite. Le diorite est une roche analogue par sa composition à la syénite, mais elle est plus riche en hornblende noire pu v^rte^ et son élément feldspathique est presque compacte, en sorte qu'elle offre souvent comme une pâte blanche avec des parties vertes ou noires disséminées.

Le granité est très-répandu à la surface du globe j dans les

110 LlVflE IV.

cbatjâes ie montagoes, il sert presque coostaa>m/ept,de wppçirt .uiu (l'appui aux terraius schisteux mëtamorphique^ et aeJLie iotimemeut aux gneiss, qui forment le fond de ces ideisniei»' terrains. Il perce en une multitude d'endroits le sol de sé^iimiswt, le pénètre sous forme d'amas ou de filons, se fait jour au milieu de lui en formant des espèces d*ilots ou de noyaux- in4|9$i&, et s'élevanten dômes à de grandes bauteurs.II passe sou^veut .inaen-. sibleiheut au porphyre quarzifère. Les éruptions de. granité, tfi|#fréquentcs aux premières époques de la formation. du ;glob6« ont été en diminuant jusqu'à la fin de la période secondaire.

Le porphyre rouge quarzifère est une roche composée -d^mi^ pâte feldspathique rouge, contenant des cristaux .de^feld8patb<4||t des grains vitreux de quarz. Elle se Ue intimement d'une. |MCt avec les granités, et d'une autre part avec les -grès Kougesidos terrains de sédiment inférieurs. Quelquefois, elle passe à, ^l^ véritables roches vitreuses (les rétinites), et est aocompi^oëe souvent de conglomérats, amas dé débris poussés de bas en haut par la sortie des porphyres. Les éruptions. .porphyriques ont.m lieu depuis Tépoque intermédiaire jusqu'à celle .des iten?aiii8 crétacés.

2^ Groupe. Roches plutoniques basiques, :Les .euphoiides, iks serpentines, les. trapps et les méiaphyres (ou porphyres nom), appartiennent à cette division. Les euphotides sont deS;rocbQ8 analogues aux diorites, mais dans lesquelles l'aqxphibole est remplacé par de la diallage métalloïde et l'albite par du labrador compacte. Les serpentines, les Irapps sont des roches à texiune compacte ou terreuse, dont il a été déjà question précédemoKUit. Toutes ces roches, composées de silicates basiques, sont; généralement dépourvues de quarz libre. Les serpentines se sont. produites dès l'époque de transition, et leurs épcinohements -ont continué jusqu'à celle du terrain tertiaire supérieur. Les trapps ont commencé à paraître vers l'époque du terrain permien, et se sont montrés jusqu'à l'époque tertiaire inférieure. Les méiaphyres se présentent en grandes bandes à la surface du sol,(le long du pied des grandes chaînes de montagnes, au soulèvement desquelles ils semblent se rattacher. La plus grande éniisdoa de ces roches a eu lieu vers la fin de la période secondaire.

3' Groupe. Roches volcaniques anciennes. Les trachyteSàSe

sont, pour, ainsi dire, que les porphyres de l'époque tertiaii^eilb

ont été soulevés, tantôt à travers des fentes. allongées et dana up

..état de fluidité assez avancé, et alora ils ae présentent eDigrmadet

MANIERE d'ÉTIIE DBS MINERAUX. '111

nappes à - hi surface da sol (Mont-Dore et €aDtid) ; tantôt ils dut wargi à l'état de masses pâteuses et par des ouvertures plus circonscrites, et ils ont formé alors des montagnes arrondies ou des dâuies (chaîne des monts Dômes d'Auvergne). Beaucoup decon- 'gbmrëlrats, des scories ou pierres ponces et des roebes vitreuses icHi obsidiennes^ les accompagnent. Les trachytes, coQune les basaltes, ont été soulevés depuis le commencement de l'époque tertiaire jusqu'à nos jours. Ces deux sortes de roches ont paru "attemativement et à diverses époques; en Auvergne, où elles sont en relation les unes avec les autres, ce sont les trachytes qui ont paru les premiers, car leurs nappes sont recouvertes par celles des basaltes.

Les basaltes se présentent ordinairement sous la forme de plateaux ou de terrasses à escarpements en colonnades, de larges nappes, souvent morcelées et inclinées, composées de prismes de basalte, et enfin sous la forme de dykes ou d'énormes filons, aortant du sol comme des murailles, par suite de la destruction des couches qui les encaissaient primitivement. Ils paraissent être sortis en général par des fentes ou de larges crevasses, à la manière des trachytes : mais, comme ceux-ci, ils se sont fait jour quelquefois par des ouvertures étroites; et, comme ils étaient aans doute plus fluides, ils présentent dans ce cas les caractères de vérïtahles coulées, à la manière des laves de nos volcans. Lorsqull est étendu en nappes, ses assises alternent, comme celles des trachytes et des trapps, avec des conglomérats et des acories. Les basaltes sont communs dans le Vivarais et le Cantal en France; dans TCifel, sur les bords du Rhin; en Irlande, et dans les iles Héhrides ; etc.

4' Groupe. Roches volcaniques modepies. Ces roches comprennent les laves des volcans à cratère, soit éteinte, soit en activité. Les produits des volcans sont tels, qu^on peut, dans le plus grand nombre des cas, les considérer comme du basalte ou du tra* chyte fondu. Ce sont des roches lithoïdes, (quelquefois vitreuses, aouvcut poreuses et scoriacées, qui sont sorties de bouches ignivomes, en forme d'entonnoirs renversés, et situées à l'extrémité de cônes tronqués, que composent en partie des déjections accumulées. Ces cônes ont leur hord supérieur échancré d*un cAcé, et leurs flancs recouverts de handes étroites de scories, aorte d'écumes ahaudonnées par les courants de laves qui, vomis par le cratêro, ont coulé sur le cône, en suivant les lignes de plus grande pente. Les laves sont souvent upissées d'efflorescences

1 I 3 UVRB IV.

salines ou de sublimés oiétalliféres, et associées à des tu& volet* niques. On distingue des laves de deux périodes trës-differentes : celles qui se rattachent à des cratères éteints non-seulement de^ puis les teo&ps historiques, mais très-probablement depuis Tépoque diluvienne (volcans de TAuvergne et de TËifel}, et ceUei qui, étant sorties de volcans encore en activité^ doivent être considérées comme appartenant à la période actuelle.

$ 6. Des divers modes de formation des espèces minérales. — Production artificielle de cristaux et de minéraux.

Pour parvenir à reconnaître les phénomènes chimiques et physiques qui ont présidé à la formation des substances mU nérales, et à leur cristallisation, on a cherché à imiter artificiellement la nature. Nous allons exposer les principaux résultais des expériences et des observations qui ont été faites sur ce double sujet, dans les usines et les laboratoires^ parce qu'elles sont propres à jeter du jour sur l'origine de la plupart des minéraux dont nous aurons bientôt à faire l'histoire.

Les minéraux cristallisent, soit au moment même où se ferment leurs molécules, soit après leur formation , et lorsque ces minéraux viennent seulement à changer d'état physique. Ce dernier cas, qui a été longtemps le seul qu'on eût observé, ne se rencontre que dans les corps fusibles ou solubles. Lorsqu'il ne s'agit que de faire cristalliser un corps, qui est déjà tout formé, on le fait passer lentement de l'état liquide ou gazeux i l'état solide, après l'avoir mis dans le premier état à l'aide de la chaleur^ ou par l'intermédiaire d'un dissolvant. Quand on s'est servi de la chaleur pour produire la volatilisation, la fusion simple, ou bien la dissolution d'un corps dans un fondant, on dit que la cristallisation a eu lieu par la voie sèche ; elle a eu lieu au contraire par la voie humide, lorsqu'on a eu recours à la simple action d'un dissolvant liquide , en opérant à une tenâpérature peu élevée.

I® Folatilisation et refroidissement. Un grand nombre de substances fusibles et volatiles peuvent cristalliser, lorsqu'on les soumet en vases clos à la température de leur ébullition ; les vapeurs qui se dégagent vont se déposer dans les parties supérieures du vase, qui sont froides, et elles cristallisent. Le soufre, les sulfures d'arsenic, le sulfure de mercure, nous offrent des exemples de ce cas. On donne ordinairement le nom de Sublimés à ces sortes de produiu cristallins.

GBISTALLISATION ARTIFICIELLE. I l3

%^ Fusion et refroidissement. Les corps fusibles, portes à la température de leur fi^ion, et abandonnés ensuite à un refroidissement lenty cristallisent dans Tintéricur de leur masse. Les parties de la substance fondue, qui sont en contact avec Taîr ou ifee les parois du creuset, se refroidissent les premières, tandis que les parties extérieures restent fluides beaucoup plus longtemps. Si Ton vient alors à briser la croûte supérieure, et qu'on décante les parties encore fluides, on trouve les parois du creuset tapissées de cristaux, qui forment comme une sorte de géode. Le soufre, le bismutb, Tautimoine, et un g;ranJ nomhie de méttux ou d'ail iaf][es, cristallisent de cette manière.

• 3^ Dissolution et refroidissement. Beaucoup de substances so- Inbles se dissolvent plus facilement à chaud qu'à froid. On profite de cette circonstance pour dissoudre le corps dans le liquide chaud ou même bouillant (eau ou alcool) jusqu'à saturation, pais on laisse le liquide revenir lentement à la température ordinaire. A mesure qu'il se refroidit, son pouvoir dissolvant diminue, et il dépose sous forme de cristaux la portion de sel qnî est en excès. Ex. : alun, salpêtre., sulfate de cuivre, etc.

4^ Dissolution et évaporation. Ce procédé , pendant longtemps, a été restreint à la voie humide. II consistait à dissoudre QQ corps dans un liquide, et à faire évaporer lentement le dissolvant, soit en l'abandounant à lui-même (évaporation spontanée), soit en déterminant son évaporation à l'aide d'une chaleur modérée; Ex. : le sel marin dissous dans l'eau ; le soufre dissous dans le sulfure de carbone ou dans la benzine.

Ebelmen a eu l'heureuse idée d'étendre ce procédé à la voie sèche. Les fondants, que nous employons dans nos essais pyro* goostiques, tels que l'acide borique et le borax, l'acide phosphorique et les phosphates alcalins, sont, à une haute température, de véritables dissolvants pour les oxydes métalliques, et ces dissolvants, comme ceux des basses températures, ont la propriété de se volatiliser à une température encore plus élevée. Il est donc possible d'opérer par la voie sèche, comme on opère par la Toie bumide. Après avoir dissous de l'alumine dans de l'acide borique, Ebelmen est parvenu à la faire cristalliser, en faisant évaporer lentement l'acide à la température des fours à porcelaine; et il a obtenu ainsi du corindon cristallisé (i).

(1) On verra plus loin que M. Gaudin était déjà parvenu, avant les expériences d'Ebelmen^ à faire cristalliser ^'alumine, et k fabriquer du corindon nibis, en fondant de Talon ammoniacal au feu du chalumeau à gas détonnant.

Ccun de Minêtakfiie. Tome II. 8

Il4 UVRiiV.

Les coDpa, pour oriftalliter, n'ont fts Idtfyolifft btÊoiïk kHcre fohdiM ou dissous. On voit Quelquefois des etprps adlîdes i^^ivbisseui des m^îficàtione leates dans leur stsuoiiive tiaidiieuio, et qui fiuisaant p«r«aeqii!érir «ne lecture «ràstalliat. 'Des mouvo* menu vibffUtoîres» des 'fbotteiBaiHs ou des peieussioiM soliveM x^p^Ués» dee flus eominudk de elialeur, ipeuveiK uinieaer -im cbafi^eeaents dAos la -disposiiioB des motécnles au scili «de *li laasse, sans •dissolution préalable, et :par 'oonsëqnevt'adns «kmgemeut daas la foroste eatéiieure et dans Vétac de uiusialMiJue du corps (ex. : le fer foiigë). Ce «as a em lieu eouvent dooi la' nature, et rentre dans la catégorie des iphënoasteès qu'om 'désigne sous le nom de méUimorphiqufis. Quelquefois tBèwt M arrive que, par suite de <:hangements dans la preâsion «tla ttitn* pératurc, sous l'empire deequeile^ un crisul s'est jEbrflsé, oe cn^ tal peut changer intërieuitement de «truoture cristaUinOt eit aoflt que celle qu'il acquiert par là, n'est plus en rapport aveolafixiMi qu'il conserve. C'est ainsi que le soufre cnstaUisë frar faaidD sous la forme d'aiguilles prismatiques à base oblique, jMt<*ea se refroidissant à Mue autre structure, savoir celle q«ki «appli* tient à la modification du soufre octaédrique ordinaire.

On doit k Leblanc, àGay-Lussac et surtout à Beudant (i)9'ttB grand nombre d'observations précieuses sur les cf istaUieatioAi artificielles qui s'opèrent dans les laboratoiMs par les moyidns décrits .précédemment. On a remarqué que, quand la «eristtlli* sation d'un corps a lieu djsins des circonstances •toul-è-iak idan* tiques^ les formes de tous les individus cristallins que l^on obtient, sont parfaitement semblables entre elles. Il n'^n ^eet ]Aiii ainsi, lorsqu'il y a un changement notable dans la nature-du milieu où la cristallisation s'oipère , et dans les jâreosMitaacet physiques qui président à l'accomplissement du phénoœène.'Qa obtient alors des formes secondaires différentes^ icbaoune deods formes correspondant à un état particulier -du milieu. Par des expérienees multipliées, faites sur la cristallisation des aeb dam les laboratoires, on a reconiKi quelques-unes des <cir-ooBétaiMMi et des conditions qui influent ainsi sur leur forme extérienn, et par là on a été conduit à se faire une idée defs causes quii dans la nature, produisent les variations de fefme ique fomob* serve parmi les cristaux de même espèce.

(1) Sur les eauseï qnipeuTcnt foire Taiitr lei formes •eviiUilUiNfi d^la•^BAâlll• «ubiAsiiee, .par fiandaat {âmÊtkÊêûe CMmU M de PkifiifUê, T. ^ViO» p. ^.

CRUTALLISATIOV tBlTFlCIKLLB. I |5

PBiifa«aMiiimt.i|S86s Doinbreases : ce spiit d'abord 1«8 difFétt étmiÈ ûe ciMiceiitration de la dîsaolutioxi, sod degoé de MHUwe aussi la température de Tair extérieur et la ioo Atmospbérîqme ; mais c'est far-dessus tout, la nature du divoWuit «t .eelk dos matières étrangères contenues dans F^au- WÊère^ àl idoïKt les unes ont pu être entraînées et retenues dîins hiaristaUisiition du sel, tandis que les autres n'ont agi que par ppésenoe, et eant restées en dehors du cristal qui était en de formation. Parmi les substances que contiennent les eaux-mires» et qui peuvent s'incorporer au cristal qui se forme, ta doit disëniptter avec Beudant les mélanges mécaniques de parlicslee pubvéculentes, en suspension dans le liquide, et les mé- ImfeM Mmifues de molécules dissoutes dans ce même liquide. bM oatiènes du premier genre^peuvent se retrouver daos le ttimieB parties plus ou moins grossières ou plus ou moins fines, aifllfAeflient interposées par couches entre celles du réseau cristallin, ««liîen retenues comme par une sorte d'affinité capillaire, dans les interstices des molécules. Celles du second genre nuit daB anbslances isomorphes , ou tout au moins plésiomorphea, avec la substance principale qui cristallise , qui peuvent •niter, à Kétat moléculaire, dans la composition des couches et dka £!«• de ja»olécules du cristal même, et qui concourent à for- WÊÊtt aîoti «me cristallisation mixte.

L'influence des mélanges mécaniques consiste à diminuer b tnnipareBee du cristal , à lui donner souvent une couleur ■foiden telle, et à rendre généralement sa forme plus simple, et ifriycfcii plus nette et pli^s régulière qu'elle ne le serait^ si le fliiaMi était parfaitement pur. C'est ce que Beudant a constaté MrffibiD elle sulfate de fer, en les faisant oristaliiser au milieu dfmB pirfcîpîté pulvérulent de sulfate de ploml). Dans la nature, M Jt rvemarqué depuis longtemps que les cristaux de quarz llftliB, mélangés mécaniquement d'oxyde de (cr ocreuz, jaune UÊ^iWQÊÊgft; que ceux d'axioite môles de paillettes de chlorite, et MiHottt ociui de calcaire, pénétrés de grains de sable quarzeoz, OBA une ferme des plus simples et des plus régulières. ,

l/influenoe des matières qui cristallk>ent ensemble, qui se aéla«gent diins une eristallisation commune, n'est pas moins îfesteque celle des particules simplement interposées; elle

fliémci beaucoup plus sensible. £n général, les mélanges cliimiquei et criaiftUîua agissent moins pour troubler la transpa-

iMdii €oipi,;maia ils aoMribucot Auasi k WiHli&tr «i couleur,

ii6 UYBi nr.

et, comme on Fa tu (■*' vol., page 69), ik produisent quelque modification dans la valeur des angles du crisul. Enfin , la nature et les proportions des substances mélangées déiermînent ordinairement des cliangemenu dans la configuration extérieure, de telle sorte que les mêmes formes correspondent souvent à des conditions de mélange tout-à-fait semblables. On doit à Leblanc, à Beudant et à Mitsclierlich, un très-grand nombre d'observations sur les mélanges cristallisés des sulfates hydratés de cuivre, de fer et de zinc. Nous avons déjà eu Toc* casion de parler de ces mélanges, i^' vol., page 5 18.

La nature particulière du liquide, au milieu duquel le cristal s'est formé, produit souvent une modification de forme dans cacristal, bien que celui-ci ne lui ait emprunté aucun élément étranger. Des sels, dissous daAs le liquide, et qui ont refusé de s'incorporer au cristal , ont pu agir par leur présence seule. lie sel commun, qui cristallise en cubes dans l'eau pure, cristallise dans l'urine en octaèdres réguliers , et dans une solution d'acide borique en cubo-octaëdres. De telles causes modifiantes doivent avoir agi fréquemment dans la nature, où presque toujours les substances minérales ont cristallisé en présence de corps d'espèces différentes. Aussi , remarque-t-on qu'un même minéral offre constamment la même forme partout où il se trouve associé aux mêmes substances; la forme secondaire, sous laquelle on observe une substance, suffit en pareil cas pour en faire reconnaître le gisement. Tous les échantillons d'un même minéral, qui proviennent d'un gisement bien déterminé, ont tous la même forme; et ceux qui proviennent de gisements divers, ont en général des configurations différentes. Le calcaire spathique est cristallisé eu prismes hexagonaux dans les filons de plomb du Harz; il l'est en scalénoèdres daus ceux du Derbyshire : c'est que le minerai de plomb, dans ces deux pays, est accompagné de gangues qui différent notablement, et la diversité des milieux*a occasionné une variation dans les formes criatallines du calcaire. Là, au contraire, où les circonstances- gécH logiques se retrouvent les mêmes, les mêmes formes reparaissent dans les cristaux du même minéral. Le calcaire spathique qiiarzift^re, qu'on observe en rhomboèdres aigus, de la variété dite inverse, dans les sables de Fontainebleau, se retrouve avec la même forme et dans des circonstances toutes semblables, an milieu des sables tertiaires des landes de Gascogne.

Dans les laboratoiresi on a remarqué que la nature des pa-

CMSTALUSATlOir ARTIFICIELUI. II7

rois des vases qui contieDoent les dissolutions salines, a une influence marquée sur le phénomène de la cristallisation : une solution cristallise plus promptement dans un vase de terre poreuse^ que dans un vase de verre. Le plus ou moins de poli des surfaces, leur porosité ou perméabilité plus ou moins grande j paraissent être les causes auxquelles on peut attribuer ces diFiKrences. Ces deux causes se reproduisent aussi dans la nature : on remarque que, dans les filons, les cristaux ne s'attachent pas sur les parties lisses des épontes , et lorsque ces gîtes de minéraux viennent à traverser des couches dont la composition est diffiérente, on observe très-souvent que les substances qui com> posent les diverses parties d'un même filou, varient selon la natqre des couches auxquelles elles correspondent. A Kongsberg en Norwège, le filon argentifère est beaucoup plus riche dans les parties qui se trouvent encaissées par certaines couches pyriteuses. La même circonstance se reproduit en Angleterre, pour 1^ filons de galène et de blende d'Âlston-Moor, en Westmoreland.

La position particulière des cristaux déjà formés, et que Ton vient à introduire dans une dissolution saline, influe sur le plus ou moins d'extension relative ou de développement de leurs faces. Leblanc est parvenu à faire grossir des cristaux à volonté dans un sens ou dans un autre, en changeant convenablement et à plusieurs reprises leur position an fond du vase. Les cristaux naturels » qui ne peuvent pas ainsi être retournés pendant .toute la durée de leur accroissement, présentent souvent, dans certaines de leurs parties, des extensions démesurées qui les déforment, et leur donnent une apparence d'irrégularité ou de dissymétrie.

Nous avons dit que, toutes choses égales d'ailleurs, une même solution tendait toujours à produire une même forme secondaire dans le sel qui cristallise. Crtte tendance est si prononcée, que, si on enlève un fragment du cristal qui est en voie de formation, la partie enlevée se reproduit facilement, et bientôt le cristal est redevenu complet. Si d'une dissolution d'alun, qui a donné des cristaux cubiques, on retire un de ces cristaux pour le porter dans une autre solution , capable de donner des cristaux octaédriques, on verra le premier cristal se modifier progressivement par des décroissements sur les angles, d'une manière conforme à la théorie de Haiiy, et parvenir bientôt à la seconde forme, en passant par la forme intermédiaire, le cubo«t octaèdre.

ri8 uxri» iv»

Dams set nombreuses ezpërianoes mut la orislclKtalNMi in sde, Beiidant » fait plusieurs reatarques iolércesanm fue «tai croyons devoir rapporter ici. Il a recoBWi que pour oburtiir des cristaux réf^uliers d'un sel en dissolution, il fiUlait qns h solution Fût dans un état eonvenakfe de concefiiraiîoti. St «éH» 01 nVst pas assez concentrée, les arêtes et les fsces des cmiaaf s^arroodiflsent; des criaiaax qui ont é%é ré^uliireinâQl fisvniA par la solution, lorsqu'elle était à un degrd suiGatipt de coiu centration , sont attaqués par le liquide à un oertàÎD qnusÉeMl^ par suite des cbanfçements qui se sont opérés on faiî. Sa h dissolution est trop roncentrée, les cristaui ae multipliDnt «tris groupent avec irré{j;ularité. Quand elle est tris^eoncanlnée^ f| qu'en mèaié temps les cristaux ae forment au raîlieode mtlîAnS pulvérulentes, ceux-ci présentent ordinaîreneAt 4es Eaeeai4fr0i» ses. Quand on fait cristalliser un sel au milieu d'un dëplk>pl* leux ou (gélatineux, les cristaux qu'on obtient «Hit itoté» oH groupés en boules distinctes.

Il n'a été question dans ce qui précède, que des criataMsa* tions qui s'opèrent par un simple chan^ment d'étal physk|ue d'une substance déjà toute formée. Cette substance par coasé* qucnt appartenait à la catégorie de celles cpù sont ou aohdrioii ou fusibles. Nous allons nous occuper maintenanl de la cristal* lisation, et en même temps de la formation des minëranx an général, surtout de ceux qui sont infusibles et insolnbAca : etP) pour cette classe de composés^ c'est presque toujouvaaii mofiMOt même où leurs molécules se forment par des aetioBS oUml^ ques, qu'elles se disposent entre elles selon lea lois d'une criMl^ lisation régulière.

Depuis un certain nombre d'années, beaucoup de mioéMb' gistes et de physiciens ont entrepris des recberohee ebmè le but de reconnaître les phénomènes chimiques qui ont dter« miné la formation des diverses espèces minérales; et la atvfëà ^<{u\ leur a paru le plus efficace pour atteindre ce bnt^ a été de chercher à reproduire artificiellement les minérana. C'est la taie qui leur était indiquée par une ancienne expénenoo de Sif James Hall, sur la cristallisation du calcaire à l-aîde de la chah leur et d'une forte pression, et par les expériences pbis réoeaitei de MM. Berthier et Mitscherlich sur la formation des silioatef^ En marchant dans cette voie, MM. Becquerel, Oaudin, 6. Romb^ Haidinger, Ebelmen, Daubrée et de Sénarmont ont gacceosi»' ment accru les découverte» en ce genre » et anjoiud'hai il atl

BEPRODUCTION 1^11 MINiRAUZ. II 9

Chv 9> vi^iP^riqfDBnu qq'uQie mèqne subslf^p^e nçija^rale poiixait KMMrei^t, ^/fM &fF9^«i dtt |^asi€44r8 i»3Qiirea difléreiUQS.

Qiftk f9iti^d$tïi^r€^duci\ou, lojucrale sont d'une graode innporamo^ poMT kp s;éologue8t. qui devcont, doréo^va^^ ^Ot (çiur <IPiApt^4 Iprfl^u'Us se propoJH^cont pouc objet, ea partant de fétMàj^ du gjsea^ent d'MU qvÂ9,érai^ non paç seuJemen^ d'eotce^ iKHFs 01418 do recoaAaiire saremeut b voia par laqdi^Iiei la natter» V^ prodi^it. Nou» qllon^ passer i^apldecnej^i^ ea recrue, ke diverses mëtliodes suivie* par le$ savants (|uei npus veaoi^ de ijH^f depuis la; nyëqaorable eppefieace de QaU, quî a< s^yrvi comme 4r pcwiU ^ départ, à toutes les* reck^erohes detoe genre. 0« verta pm^Gf^ déuUs <|i:ve^ d'après levirs différenta oiodes de formatioa, lenoMoérau]!* peuvent rentrer davis l'une des. trois catëgoriea sui- VMfin > MnijKi^v^ pyrpgèsBes^ oa ior më^ pas La voie sèchev ci'esiintire ^ une hauAe température et sans Vi^atermédiaire de l'eau; lWy9i:^i^9: fi^noés par la v^oite huofikle, avec le seooura 4ei l'eau et à une température peu élevée ; minéraux formés par la ^baleur elfCom^tout à U foiSf o'est-à-diîre à l'aide d'uo<s eau suréebtuff&B^ al aeiw finflu^aca d'une pi^esaioa plua ou «lolns cnnside-

n aiÛ9^ uni grand iioosibre de minérau:^ que l'en peut repror 4we par ta voie sèobe^ et qui orîstalliaetti; en passant de l'étal Uqiiide' im de fusion, ou bien de L'état de vapeur o» d6 sublim^on, k r^tat solide. Caux qiie l'on a connus le& premiers oBt 4fa('C«nceafttrés paroa^ les^ produits cristallins des hauts-fourneaux. Kauaoïann et Mltscfaetiich ont publié de t8ao à 1864 plusieurs méfmÀre$ sur ces minéraux ariifioiels, parmi lesquels se trouvem det ncMUix natifs, des salfures, des oxydes, des silicates et des 4^k m^uUiques. Tous les produits de la voie sèche, œux des «sinca comme eeux des simples laboratoires, ont été décrits avec soin dai^ un ouvrage récent, publié par le D^ Ad. Gurlt (i). Le péridot^ le pyroxèoe, l'amphibole^ le feldspath, le mica, l'ido* craae, etc., en fbni partie; et l'on sait que ces substances se Mtvouvent parmi les produits aetuek des voloans et des solfa-

éxL nombre des produits de sublimation, soit naturels, soit drtifioieis, sont des cristaux non volatils p9x eux*mémes, mais qui résukeni d'une voladlisation médiate do leur propre sub-

(Ij U4b4€*tiM des ^^yrpgmnHfn imtiiii^fwn Min^f^uUên^ par le 4<MH«ur Adol^ Gurlt, 1857.

stance, celle-ci ayant été entraînée à Tétat moléculaire par un véhicule gazeux, comme dans les lagonis de Toscane on volf Facide borique être amené de Tintérieur du globe par un courant de vapeur; quclquePois, ils proviennent de la sublimation simultanée de leurs parties constituantes, et de la combinaison de ces parties les unes avec les autres, au moment où elles se déposent. L'expérience de Hall prouve aussi que des minéraux décomposables par la chaleur, comme le carbonate de cbauz, peuvent néanmoins se former et cristalliser à une haute température, sous Tinfluence d'une forte pression.

MM. Berthier et Mitscheilich ont fait en i8a3 un grand nombre d'expériences intéressantes sur la formation et la cristallisation par vole de fusion ignée des silicates. En mettant dans un creuset les proportions de silice et de base nécessaires pour former un silicate fusible, tel que le pyroxène ou le péridot, ilè-ont vu ces substances se produire et cristalliser par le refroidissement, en présentant tous les caractères des minéraux naturdi correspondants.

Parmi les minéraux produits par la fusion, on doit distinguer surtout les beaux résultats obtins en iSSy par M. Qaudin (i), à l'aide du chalumeau à gaz détonnant. Il est parvenu par ce moyen à fondre l'alumine et le quarz, et il est le premier qui ait obtenu du corindon cristallisé, et qui ait fabriqué du rubis oriental, en ajoutant un peu de chromate jaune de potasse à la matière première. Son procédé consistait alors à fondre Falan ammoniacal, à la flamme du gaz oxy-hydrogène. Sous Faction de cette flamme puissante, tout se volatilisait, à l'exception de l'alumine; celle-ci fondait, et cristallisait par le refroidissement. Les petits cristaux obtenus ainsi, avaient la forme ^.t le clivage rhomboédrique du corindon; et analysés par M. Malaguti, ils ont offert une composition parfaitement semblable à celle du rubis. Depuis lors, M. Gaudin est parvenu au même résultat, en fondant de Facide potassique dans un creuset en noir de .fumée, au feu des fours à porcelaine, et plus tard encore (en iSSy), il a obtenu des cristaux isolés et limpides de saphir blanc, en fon*^ dant dans un creuset ordinaire, brasqué avec du noir de fumée, un mélange à parties égales d'alun et de sulfate potassique» préalablement calcinés et réduits en poudre, et en soumettant le creuset, pendant un quart-d'lieure seulement, à un violent feu,

(1) Formation artificielle des minéraui, par M. Gandin; Com^eS'-rênéw 4t VAcaiénM d$s sciences^ T. Y, p. 803; 1837.

BXPBODOCnON DBS MINÉRAUX. 191

de forge. Diaprés sa manière de voir, ce serait le sulfiire de potnnum qai, dàos ce cas, servirait de dissolvant à l'alumine, et ce nouveaa procëdé ne serait alors qu'une imitation de celui gnSbelmen avait imaginé en 1848, et qui consiste à fondre falamine par Tintermédiaire d'un corps fusible et volatil.

f Ebelmen a eu Theureuse idëe d'étendre à la voie sèche, ^ c'est-à-dire aux hautes températures, le procédé si connu et si fréquemment employé pour les températures ordinaires, par lequel on dissout un corps solide dans un liquide, et l'on fait ensuite évaporer lentement le dissolvant. C'est ainsi que cristallisent la plupart des sels qu'on a dissous dans l'eau. Ebelmen t pensé que certains corps^ qui sont, k une haute température, des dissolvants énergiques des oxydes méialliques(comme Tacide borique, le borax, l'acide phosphorique et le phosphate double de soude et d'ammoniaque), et qui se volatilisent à une température encore plus élevée, pourraient jouer à ces températures un rôle analogue à celui de l'eau, et servir de véhicule à la cristillis2|tion. Les présomptions de ce savant chimiste se sont réalisées. En fondant avec de l'acide borique ou du borax, à la chaleur des fours à porcelaine de Sèvres, de l'alumine mêlée d'un peu de chromate potassique, ou bien un mélange d'alumine et de magnésie, dans les proportions qui constituent l'aluminate magnésien, il a obtenu des cristaux fort nets de corindon et de spinelle. En opérant toujours dans les mêmes conditions, mais en faisant varier la nature des substances mélangées, il a fait cristalliser de cette manière, à des tcoipératures de beaucoup inférieures à celle de leur fusion, un bon nombre de substances insolubles et infusibles, parmi lesquelles nous citerons le fer ehromé, la (ranklinite, la cymophane et l'émeraude (1).

Le même savant a pu reproduire d'autres minéraux, par un phénomène de simple décomposition, et toujours par la voie sèche. En ajoutant de la chaux à du borate de magnésie fonda, il a obtenu la précipitation de la magnésie sous la forme de petfts octaèdres réguliers, rappelant parfaitement le minéral du Vésuve, qu'on nomme périclase.

En se fondant sur la théorie proposée par les chimistes pour expliquer la formation du fer spéculaire dans les volcans,

(1) Sar une nouvelle méthode pour obtenir des combinaisons cristallisées ]Mir la Toi? sèche, et sur ses applications à la leproduction des espèces minénks, par Ebelmen (Annales de chimie et de physique, 3« série, T. XXll, p. 211 ;

lovoj • • *

M. Danlivé* (; I ) eit-pe^veftu à reproditillerauaBÎ (ila^ÎMii oméAMi Uisoluhlcii et rnfiMîlile8| telg que Ict- oxydes d'éiANi» e$i de tittMi la quarz hyalin, la topaze ot Tapoiiie. Soa prooédé cwnaiite' i Cuire téagic i\in gur l'autre^ à uoe tempétature peu âevde* Ami courams de vapeurs, Tun de chlorure MoiaUique et l'aittvet A vapenr d'eau. Une double décomposition y'opire daua leacfeai vapeurs,, et il se dépose des cristaux d'oicyde du oiétal amené i Fétat de chlorure. L'expérience est facile : elle consiste à Un passer daas un tube de poccelaîoe chaulfé au rougev un doubU courant de chlocure luéialiique et de vapeur d'eau;, la réaction s'opère entre les deux vapeurs; de Taeide cUorbydxiqpe se dépose à l'extrémité du tuhe, et de petits cristaux d'caydftae déposent à Tintérieur, mais dans la partie du tube qut^ait en dehors du fourneau, et à une température au-dessous de 3Qa^

M. Dauhrée a obtenu aussi dea silicates et des aluuiiiMiItt artiiiciels, en faisant réagir des chlorures métalliquA^'eavafieitfff à: une teoipérature élevée,, sur les bases qtti entrent dana lar cooir position des roches cristallines. Le chlorure de silicûipo» par exemple, réagissant sur cea bases à la chaleur rougo, sedécoai^ pose en formant, par échange, de Tacide silicique et dea ahfe rures. Tantôt Facide silicique reste libre, tantôt il se combiDe avec la base en excès et forme des silicates simples ou multiplai. Ces produits sont en cristaux petits, mais reconnamables. Gfetf ainsi qu'il a obtenu des composés analogues an quare, am péri^ dot, à la wolLastonite, au pyroxène, au feldspath et à la tcunaar Une. Avec le chlorure d'aluminium, il est parvenu auaaî.à fiarmer du corindon et du spinelle. II a reproduit la përiclaaa par la réaction du chlorure de magnésium sut la chaux (x)«

M. Durocher (en 1849), par un procédé qui rappelle celui de M. Daubrée, est aussi parvenu à reproduire à l'état cristidlia beaucoup de minéraux naturels insolubles, et notamment ceux que la nature nous offre ordinairement dans les filons mëtalUr fères. Comme M. Daubrée, il fait réagir des chlorures métalliques en vapetu* et d'autres gaz, susceptibles de se décomposer mutuellement, dans de simples tubes de verre, chauffes à oiw

(1) RecherchQg sur la produotion artificielle de quelques espèces minértki cristalliDeSy par IT. Daubrée, t. XVI, 4« série des Annales des MmeSy tM.

(2) Recherebe» sur la producUoa artifieicUe des minéraux de la fumllt dei ùlieatM ou des alu»inate8> par la réaction des Yapsurs sur les fassss^ iRr Mi Daubtét {Cm^eê^endus de VAcad. des scienc., T. XXXK^ 9. Itf, 1954).

RXPRODUCTMIN ait MINERAUX. IAB

mmfim^WPt «ompmo emUife i<Vf^ c* le r^tof^swiBim ki ridicfll dfli>iH<8 à fiter les mlétaux écait ord'^riai p«nri6Dt' le tonfre^ ^fM ârfeafe i«lefiP0i^ip à l'éctc d'h^rb{{ène sulAiréc £d «ubiititiftant •imi' VW^dréçiMN «ulflirë à kl vA|Niur d^eau^ \h a pu ièprcwlmiirg h plupart des sulfures métalliques, tels que la py«tlt^la Uendei kl (;alèriiA^ W onWre gris e4 l'aitfgefti nouge ( h)i,

DlViutt*ttfi#livoQt8i «Milr parvenus, à veprodiuine pftr la toîo Im* oiid^ «Q gvted iloinbMse de iniaëraum Hisolubles. M. Reoqtmiali 4iif iHS tr^Aie an»^ n'» oessé d«i BMWlRer par rexfNérience^ q«it ftelîiMi luiAeet ceDl)iiUe4\ift€0uv«it voltaïque tréshfiEMble po«* fii^fkiAB^r ntfistftaie^ à de nooibneux composés crîstaliiiM^ ipm ift faillites tempoMtwres. sont wfmissanAes à vepredtme* L'éleo tiKHabÂmie) cp'il a cvéée 6t développée par se» beaiui traTonsl) A'ipnployfeint qifte des eorpsi àTétat naissant et dkë force» eacessi*wneiic laM»Lss^ forme JefttemeM les moWcU'les dés compoaéiv^ b^ dispose' ikpr^^di^ ua arraoigeineat r.é((|ilietfi Deux, oerpade fflOprMtés oppesées, qm! agisseot ehimiquQOieot Tu» sur l'anÉre» ifâ^d^risem teujoi^rs exjt saHiS coiunaîre; et 8.'illB>oooMnuoiqiiM*t 4«(ec HO. tpoîsj^ptie o^cps» bon ooiaduicteav, il v a alorst preidiMtiDii d'un courant. DaiBa ce genre d'actions, troisi eor{)s^ do«ht ub au iiiOHi» k Tétat liquide^ sont nécessawes : kM^sque deux corps ne ïi^pss^jn^ que faiblsmeot i'ttn: sur l'autve^ la pcésentee du tcm* àhvai^ dobne ëc€ule«QeiU à Uélectriské produiflev et il ea récMike nue sorte d'ajpyareil voltaïque, cfui aaeveîi ract«hi»A dos deux prd« miers corps. M. Becquerel a obtenu les effets le» plus remeir*- §Md>hs ei les ptis. variés^ païf des actions lentea, obiniquéi et âeQtiPO-cliHiiîquesy combinées' eusemblei et avec teit doubla i^ fluqBoe de» la. chalèus et de la pressleei.

CUeadi quekiuea exemples de la manière èostf se fati cette ffMttbinaiao» de Taotion ebimique avec l'aetioj» voltaftque» Ott sais que Tacflde ehk>rhydriqsie n'agit que très-feiblemekit stur TeUgant métalliqua* Que Von verse dansiun tube dé verre ferait par u» boutade raoide oblapbydrîqjue et qu'croiy plonge une lame d^aiigent} si Tea met ea contact avec la lame d^argiem un mov^ Qsau de obfifboB^ préalaiblement calciné pdur le rendre boik odrtdupteur^ ce obatfbcm s'emparereidéa dteux électricité» dévelappéeepar laiftiibie action de Taoîde sur l'argent : il ea résultiera HQ o0ti?ari»f^ tel q«â le pôle positif sera< sur la lame aaétalliqiie^ et •

(1) Production artificielle^ par voie sèche> des principaux minéraux contenus dâdg les éftés méiallifères^ par Iflf. Durocher {Con^tes-fendtts de VAcad. des

ia4 unat ir.

le pôle nëgatif sur le charbon. L^actîon du courant augmenten donc celle de l'acide sur le métal, et le chlore attiré par raifpent se combinera avec lui. Vu la lenteur avec laquelle a lieu la décomposition de l'acide, les molécules ont le temps de s'arranger pour cristalliser.

M. Becquerel a obtenu l'oxydule de cuivre cristallisé en octaèdres transparents de couleur rouge, en mettant dans la partie inférieure d'un tube de verre, du deutoxyde de cuivre, versant dessus une dissolution de nitrate de cuivre^ et y plongeant une lame de cuivre qui allait jusqu'au fond du tube. Au bont de quinze jours, la partie de la lame qui dépassait le deutozyde, était recouverte de petits cristaux. L'important, dans ces sortes d'expériences, est d'avoir des appareils qui puissent fonctionner d'une manière constante pendant un temps très-long. Les cristaux que M. Becquerel a obtenus par ses procédés, ont exigé quelquefois plusieurs mois, ou même plusieurs années, pour acquérir des dimensions appréciables. Le temps est donc un élément essentiel de ce genre d'opérations, et, par là même, il est probable que les procédés dont il s'a£;it se rapprochent dé ceux que suit le plus ordinairement la nature.

Une des dispositions les plus avanta£;euses, est celle que nous allons décrire, et qui a permis à M. Becquerel d^obtenir, nonseulement des sulfures simples, mais encore des combinaisons doubles, analogues aux sulfo-sels, des doubles sulfures, des doubles chlorures, etc.

Dans un tube de verre recourbé en U, on introduit de Fargile humectée d'eau salée, de manière qu'elle occupe la partie courbe; dans les deux branches, on verse des dissolutions,- de natures différentes, ([m puissent réa(!;ir lentement lune sur l'^autre sans se mêler: et c'est pour cela qu'on les sépare par ufie sorte de diaphragme en argile qui leur soit perméable. On plonge ensuite des lames de platine dans les deux dissolutions, en disant communiquer les lames ensemble par un fil conducteur; on ferme ainsi le circuit, et l'on a un courant d'une faible tension. Pour décomposer l'eau ou l'une des dissolutions, il faut remplacer Tune des lames de platine par un métal qui soit attaquable.

Pour obtenir le sulfure d'argent, on met dans Tune des branches une solution de proto-sulfure de potassium, et dans l'autre une solution de nitrate de cuivre ; puis on plonge une lame d'argent dans la première, et une lame de cuivre dans la seconde. On réunit quelquefois plusieurs tubes semblables pour

BSmODITGTION DIS MUriRAUX* is5

en former une pile. Maïs on peut obtenir les mêmes eilets avec «Dtseul élément : seulement il faut plus de temps. Ces effets sont faciles à reconnaître : il y a action des deux liquides l'un sur faatre, et action du sulfure de potassium sur Tardent. Ces deux actions, chimiques donnent naissance à deux courants, dirigés dsQs un sens tel, que le cuivre est le pôle négatif. Le nitrate est décomposé, ainsi que le sulfure de potassium; il se forme du nitrate de potasse, le cuivre provenant du sel décomposé se préc|lKe sur la lame de cuivre, et le soufre se porte sur la lame Argent, où il forme des cristaux octaèdres de sulfure.

Pour obtenir une combinaison double, du çenre de celles dont nous avons parlé, on peut prendre un tube en U» rempli dans sa partie inférieure d'argile humectée d'eau salée; dans ■ne des branches, on mettra une solution de nitrate de cuivre, dans l'autre une solution de chlorure de sodium ; et l'on pion* fera dans chacune d'elles le bout d*une lame de cuivre. Il se fermera du proto-chlorure de cuivre qui se combinera avec le chlorure de sodium , et cette combinaison cristallisera en tétraèdres sur la lame positive.

: Par des actions chimiques très-lentes, comme celles dont il vient d'être question , avec ou sans le concours des forces élec^ triques, M. Becquerel est parvenu à reproduire un grand nombre de substances minérales, en mettant en contact avec diverses dissolutions, pendant des mois ou même des années, des minéraux insolubles. 11 a obtenu ainsi des sulfures, des cldorures» des oxydes, des carbonates, des sulfates, phosphates et ar8éniates(i).

M. Haidinger, se fondant sur la rencontre habituelle du gypse et de la dolomie dans la nature, et cherchant à expliquer, comme le célèbre de Buch , la formation du double sel par une action métamorphique, mais sans recourir à des phénomènes extraordinaires, avait pensé que la magnésie pouvait avoir été apportée au milieu du calcaire par des eaux minérales, sous forme de sulfate de magnésie, et qu'alors de la décomposition mutuelle des deux sels simples (carbonate de chaux, et sulfate de magnésie), opérée sous l'influence d'une certaine chaleur et d'une

(1) Mémoire sur les lolfures^ chlorures , iodures métalliques , par H. Becquerel {Ânnaks de chim. et fhys., T. XUI, p. 229^ 1829). — Mémoire sur la Ttproduetion des substances minérales, par le même {Mém, de VAcad, des «c., T. XXm, 1852). Voyex aussi les Cotnptes-rendus de l'Acad., T. XUV^ 11 aail8&7.

If 6 ïiflNIK f9»

(6fti% prctttticm, il ^ait pêmAté ùm g^fpse tic 4e Iêl4 ) a tv bonate âovible 4t «laçnéii^ <t de «hoMtt (i)« i/i t

ooBfirmé «a pr^isîoti . De Moitet a ooosiatë ) ana péi «la laboratëénç, ;«|U'a«i nélanfi^e de suHate ée-m «t

iMinate de -ciiauK palMëiisë, dam la proportion d 9U premier sel et de deux atomet du aeconcli Me ilécoanpMe à tettipérature de too% et à la pression 4e 1 5 «tmospÛspos» t éoloDfrie et pn gypse, de manière qu'il ne veste {dus tdau du £Bte de Doaffntfsie employé (li).

En prenant pour point de départ cetMt beMe expérî^ tn M. Haklingfer, et l-idée assez généralement «épaask» i Mird^ni parmi les f^oloçacs, ^que les dép6ts métalItihMes da» doivent être attribués à des sources tlMrmo*miDénilfs, ëë Sénaupmont «s'iest proposé de reproduire artifioielleuiant to es= substjsinoes des -filons, soit pierveoses, «soit 4»étaUiqu T

voie humide, -mais sous l'influence de ta dialenr et d-uae ptession. 'Poof 86 rapppoeker le plus possible des oonditio dinaîres des soarces minérales actuelles, il a pris pour ^ èI^ vants leurs principes les plus actifs, tels que raoide oarbc i l<acïde salfUydrique , ou des bicarbonates et sulfla^ydrates ^al lios, isolés ou mélangés en proportions variables ^ et sans di il a ainsi ««éalisé les circonstances dans lesqueUes se sofft duits les dépôts des filons , car il est parvenu à reprodmra pt que lontes les substances qu'on y reneonDre : des «létattK m des oaydes (quanz, peroxyde de fer, oxydule de cuivne); ^ks^si fures -simples, tels -que la blende, la pyrite, le cuivre pyritettv^ le cuivre sulfuré ; des sulfo-arséuiures et sulfo-antimomovos^^éll que les argents rouges; le sulfate de bai^yte, etieseatfboiiites Boutres de chaux, de magnésie, de aine, de fer -et de manga^ nise. Dans ces expériences, ies substances dissoutes «itaienC'lBisas on présence dans des tubes de verre, scellés à la lampe, et #en-

(1) Jûhrbueh fur MtneràlQgie; t&il, p. $63» «t Mnakn von tiog0^'^M[i T. LXXIV, p. 591, 1848.

(2) Des expériences semblables ont été faites par M. Marignac, qui a obteap aussi de la dohnnfe, dans les mêmes conditions de pression et de iempéretiriéy H^xlouble déeempositlM'du carkonate de cliaux dt .ilU'«hlonirs de MSgrt sium.

Ilepuis, M. Mancoss est parvenu aussi à, produire des minéran^i iiuioliili)es, Hu'on n'ATait point encore obtenus avant lui, par la voie des dDubles.déetinipositions; mais son procédé rentre dans oenx de la voie sèebe. £o il)UMj|lf fondttt différents sels avec des cblorures convenablement cèoisis, i la ftpi-sdn|t des sulfates insolubles, des chromâtes (le plomb rouge par exemple)^T4ss aip* lybddtes (le plomb Jaune), la schéelite, etc.

mBPRODVCnON *BS« MINERAVZ. t^J

(iMiet It'donvNvenipli^lMMi, le «Minière À «éqiliiibnnr'SRitttm qute ywiibfci le»yiT»wtotts4tnifapUHi>e<et «ntfcrieuw det-^tuiies'eii 'verre. <Si» tubes '4i«t€i9K «euinls >eii«uite À iks^etnpâmiiEM^ 'cmnprms entre looet 35o^.

lAur iAoid]ite ^éeompcsltfeii da eB«b<»iate "de eoude 43t 'du «dul- Ineiche -nagnësiie, «mi ^e «iiic leu -^le^, M U'obfenu des cfti^In»* Mîtes àe «es -étiremee 4)08es. 'Pemr avoir 4a carbonate ^e tbmrz «AitaltiBé, >il a>faAtTëaew4e <jblorure<le oaksniffi «t lefarbauarte ÉivMucle. ^U lEi (produit lee sdUtireë fw «des procéda undle^uefs, iNi Mttttietfam àttne'bttiite tempëitimre nrn sulfure «irlmiHn, ut un W5l 'MAubte <tn m^tal qu'il ▼oulaît «obtenir <à l-ëtat ^uHurë. Daais le oouis et oets'expérlanoes, M. ^e Sénarmont ^a tfonstavé ifUt Dapuidevarboniqiie était, •se«s»UDetfo«te>pi'e9sion, an iKssolofcieygiqite, wm-senleineiit pour 'les carbonates neutres, encore pour 4a «ilioe <elle-aiême. U a reconnu aussi qtue Ahm, îà UBe haute iiempérature , ne Vappeise ps» à la d^éshydnh Oithm. JLinsî,ia8llîoegé)a«ineuse,4lev>e«ue 'presque iiidiffi§rente atULuliofiéicfaicaiqses, se -sépare de sa ^ttssolution, en tfonnaut diti^uwps «riétaltisë. «

Il existe dans une certaine classe de filons, 'd'iaAres minéraux, •fris q«M les oxydes d^étain et de titane, qui, d'après les- obsewalioos iet les «expériences de 'M. Daubfiée (voir ci-dessus page <uq), ^raitraient dus aux doubles décompositions qui "S^o* fèrûiktfiion plus au sein d^une masse liquide, mais «ntre des WQtatB «gUBeiiK^ parmi lesquels 1-eau joue le prinoipal i^le. Selon M. de^nariBont, iln'yauraft pasdeliçne de démarcation 'bien icuodhée centre ces deux ("enres de formation : car, il a obtenu aussi lUiKy de d'émia, le«orindoii et te diaspore pfar'la'Toîe hn* mide proprement dite (i).

-'LcB 4iver8 procédés que nous venons d'indiquer, ont :sans doNkteipartioipé plus ou moins à la &MnatioK) des minéraux qui «ompiaeeiUirécorce de notce globe; et, en génécal, les<espèoei qiie>ifhacun d'eux .peut jreproduire sont différentes. Cependant 00 doittemarquer que les sulfures et les oxydes ^ontjodiffé- -BBinœent ûbtenus, .pour laiplupart, par la. fusion, par les aotîons •élaoïr^^^bîmiques, .et ,par .les doubles xiécompositioas ^quî otft

ifi] Expériences sur la formation artificielle de quelcyies minéraux pv Toie tanmide, par M. de Séoarmoot (Annales d9 chimie et de physique,T, XXXtl^ p. 129; et aussi. Comptes-rendus de l'Acad, des se, T. XXYUI, p. 693, 1849; «tiM{., T. XJUkiI,.p. 460 et 7a2. 1851).

laS LIVBB IT.

lieu entre des vapeurs chaudes, ou par celles qui s'opkrent an sein d'une eau suréchaufFée, sous rinfluence d'une haute pression. Cette formation multiple de certains minéraux trfcs-cooH m uns» nous explique leur rencontre dans des gisements de nature tout opposée.

Il y a, comme nous l'avons dit, un grand intérêt à déterminer avec précision les circonstances nécessaires à la reproduo tion artificielle de tous les minéraux; c'est le seul moyen que nous ayons pour arriver à reconnaître sûrement les phénomènes qui ont présidé à la formation des diverses parties de notre globe. Mais il faut que ces essais de synthèse minéralogique aient pour point de départ, comme ceux de MM. Daubrée â de Sénarmont, des données fournies antérieurement par U géologie sur le mode probable de formation des gîtes, qui renferment les minéraux reproduits. C'est parce que les savants que nous venons de citer, ont cherché à remplir cette condition, dans les essais qu'ils ont tentés, que leurs expériences sont venues à l'appui de Thypothèse, qui attribue l'origine des filons métallifères à des sources minérales, parfois gazeuses, mais le plus souvent liqftides^ et agissant sous la double influence de la chaleur et de 4a pression.

Il nous reste maintenant à faire connaître de curieuses exféf riences faites par M. Desprctz, pour tenter de résoudre le pro» blême si intéressant de la reproduction artificielle du diamant Cette espèce si remarquable ne figure pas parmi les résultats, si nombreux d'ailleurs, qu'on a obtenus par les méthodes précédemment décrites. On avait . essayé plusieurs fois en vain de faire cristalliser le carbone, et Ton ignorait encore si Ton devait considérer le diamant comme uu produit de la voie sèche, ou comme un produit de la voie humide.

En 1849, M. Despretz avait fondu par le feu de la pile beaucoup de corps, jusque-là réputés infusibles, et par ce moyen il en avait obtenu plusieurs à l'état cristallin. Les nombreuses expériences faites par cet habile physicien sur la fusion et la volatilisation des corps les plus réfractaires, et en particulier du charbon (1), avaient montré que ce n'est ni par la fusion, ni par la volatilisation brusque du carbone, qu'on peut espérer d'obtenir ce corps à l'état cristallin. Il eut alors l'idée de recourir à une volatilisation lente du carbone pur, produite par un faible

(1) Cont^ês-rmdus de VAcad. dês sciences, T. XXVm^ p.7&5, et T.XZH, p. 4B, 545 et 709.

aiPROINJCTION DBS MINiBAUZ. II9

courant voltidlque dans l'arc lumineux de l'appareil d'induction de RuhmkorfF. On sait que cet appareil donne lieu à des effets iuf&ineux et calorifiques des plus intenses.

M. Despretz a pris un ballon de verre à deux tubulures, disposé comme dans rexpérience de Fœuf électrique. A la tige infé- I 'e da ballon, et au pôle positif, il a placé un cylindre de rbon très-pur, et il a fixé à la tige supérieure des fils fins de ne, à une distance de 5 à 6 centimètres du charbon ; puis, le ?i étant fait dans le ballon , il a fait passer un courant dlo ction fourni par l'appareil de Ruhmkorff. Une légère ( he notre de charbon s'est déposée sur les fils de platine c beaucoup de lenteur, l'expérience ayant duré plus d'un sans interruption. En examinant cette couche au microscomposé, M. Despretz a vu qu'elle était composée de petites ^p mides quadrangulaires, serrées les unes contre les autres^ X iffant la forme d'octaèdres à faces légèrement arrondies. Ces octaèdres étaient généralement de couleur noire, mais parmi eux on distinguait quelques cristaux blancs, translucides ou opalins, à reflet semblable à celui des diamants bruts ordinaires. Ce produit artificiel avait la dureté du diamant : par son moyen, M. Gaudin est parvenu à polir des rubis aussi bien et aussi vite qu'avec la poudre de diamant naturel. De nouvelles expériences, faites selon la méthode de M. Despretz, permettront sans doute un jour d'obtenir des produits de cette espèce, ou plus nets, ou d'un volume plus considérable.

Cours de Minéraloçfie. Tome II. 9

HISTOIRE NATlIREUiE

Page 1