SUBSTANCES ATMOSPHÉRIQUES. I
en dissolution une certaine quantité de gaz, tel que Fazote ou royygèae seul, ou ces deux gaz à la fois, mais dans d'autres proportions que celles de Tair atmosphérique. Telles sont les eaux de Luzeuil, près Vesoul (Haute-Saône) , et celles de Bagnèresde-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées.
3' Les eaux acidulés et acides: les premières doivent leur saveur, qui est plutôt aigrelette qu'acide, au gaz acide carbonique qui s'en dégage en les faisant mousser plus ou moins fortement, quand on les expose à Tair. Leur saveur est agréable, fraîche et légëi'ement piquante. Telles sont les eaux de Seltz, près de Francfort; dePougues dans le département de la Nièvre; les eaux k la ibis acidulés et salines de Vichy, dans TAllier. Les eaux acides doivent leur acidité à l'acide borique, ou aux acides chlorfaydrique^ azotique, sulfurique ou sulfureux. Elles se trouvent en gênerai dans les environs des volcans, dans les lagonis de Toscane et autres lieux où se produisent les jets de vapeur qu'on nomme soffioni et fumaroles (Monte-Cerboli et Caslel-Nuovo, en Toscane; Vésuve; Etna; Lac du Mont-Idienne, à Java, etc.)
4** Les eaux alcalines : c'est à la soude, au carbonate de cette base ou à celui d'ammoniaque qu'elles doivent leur caractère distînetîf. On peut citer pour exemples^ les eaux deChaudes-Aiguc>9 dans le Cantal, et l'une des sources de Plombières.
5* Les eaux ferrugineuses : elles se reconnaissent assez facilement à leur saveur stiptique, plus ou moins prononcée, et à la propriété qu'elles ont de noircir l'infusion de noix de galle que Ton y verse. On les subdivise en deux variétés , selon qu'elles sont gazeuses ou non gazeuses. Dans les premières, qui sont les plus communes, le fer à l'état de protoxyde est tenu en dissolation par un excès d'acide carbonique. Elles ne tardent point à s'altérer par l'exposition à l'air, et à déposer des Cocons rougeâtres. Telles sont les eaux de Russang, dans les Vosges, de Forges (Seine-Intérieure), de Spa, dans le pays de Liège. Dans les secondes, le fer se trouve à l'état de sulfate ou de carbonate : telles sont celles de Passy, près Paris; de Pyrmont^ dans le Hanovre, etc.
6** Les eaux hydrosulfurcuses ou hépatiques : elles contiennent de l'hydrogène sulfuré, libre ou à l'état d'hydrosulfate, exhalent une odeur fétide , semblable à celle des œufs pourris, et noircissent en peu de temps une lame d'argent que l'on y a plongée. Par leur exposition à l'air, elles se recouvrent d'une irisée, et laissent déposer un précipité pulvérulent,
l4o SUBSTANCES AT^OSPH^ItlQU:^.
presque eptièrement forme de soufre avec leqpe) rhydrog^èi:^ ëtaît uni, et qu'il abandonne en se volatilisant, La plMpj^ 4QQI chaudes. Telles sont celles de Barèges. de Bagpère$-dje-LiUcbofi, de Bonnes, de Cauterets, daps les Pyrénéeç ; dç BourbourrAi;^ chambault, dans l'Allier; d'Aix, en Savoie; de Badç, en SMiase et en Allen^agne; d'Ai:(-la - Chapelle , etc. heai eaux sulfuneiises froides sont rares; : nous ppuvons citer néannoLoins celles à*fyx^ f^hien-Montmorency, près de Paris,- et celles de Saiot-Amand,. dans le dëps^rtçmept dn F^grd.
7° Enfin les eaux iodurëea, qui renferment de l'i^dure de po? tassium ou de sodium, et qui se distinguent des eau^x «aUni^ii ordinaires par des propriétés thérapeutiques particulières. I^ plupart se trouvent en Italie, à Voghera, Asti, Castel-Nuovp» etCi
Dans la plupart des eaux médicinales que nous avons i^fie^T tlonnées, on rencontre^ mais eu petite quantité, et comnie parties accessoires, de la silice dissoute^ et une matière azotée, de nature végéto-animale, qu'on a nommée glairine ou barégine.
Gisement, — C'esit à Tétat liquide que l'eau joue Le priDCJpf4: rôlçsurle globe. Outre les grands réservoirs d'eau, qui eplourent nos continents et auxquels ou donne le nom de niçfs,. î|: exriste encore au milieu des terres, de nombreux amaa oi^ c^iun d'eau ^ non-seulement superficiels, mais même sputerraim^ I/eau s'évapora nt à toute température, Les vapeurs invisibles, qui se dégagent de la surface des mer$ ou des grands aiyMM d'eaux stagnantes, montent dans l'atmosphère et se lûgei^( 4?i9ft les interstices de l'air, comme le fait Teau elle-même dai^a uj^ époK^e ordinaire. La quantité de vapeur qui peut être aÙMIÎ tenue en suspension dans l'air varie avec la tempér;9tl^'A : qo calçiile que l'évaporadon peut enlever annuellemenit à Xjsl m^i; une couche d'eau d'environ un mè^re d'épaisseur, ce qui n'empêche pas que son niveau ne se maintienne sensiblemenl & lam^m^ hauteur, parce qu'ella reçoit une égale quantité d'^ai;^ d#t pluiçs et des Qeuves. L'eau de l'Océan, ainsi réduite eut yapqiAB et portée dans l'atmosphère, y oirc;n)e en partie sous formq <ie nuages, retombe ensuite sur la terre sous forme de pluie g^de neige, et finit pat retournée à l'état d'ea4 courante au résfsrroir d'où elle était partie , accomplissant ainsi une rotation perp^^ tuel^e su^ elle-même.
Si la surface de la terre était entièrement imp^rittéaUe il'eau, touxe celle qui tombe sur les continents, qu qn^ proviaat de la^ ^\4^. d/es gf#pi^?:s> irait imm^ateau»nti alimeai#r< Im ai
tMft&ÉtÉk xraoëi^iiLiqtÉÀ. i'4i
M adnûûTâ &ëktit tmpe^ilèh: taais H ti'eil eH point ainsi, ttne ]f^Ue ifles éàul, qui doivent leur origine aux vapeurs atmaà^hétfqtréâ^ I^éttîtfeât lé soi, âlrïfikrént â travers lés terrains -fdèûMê^ (m péfrûi'ëàbtes, du descendent par lés assures natutélfefe ^î interrompent la continuité de leurs couche^, jusqu^à 6)er qtf^eFte^ eh tHhcàtitfeht une qui ^ôft impérAi^af^le, comme un Ht d^glte p^t *éS[etil()te t alors elle èè répand sur sa surface, en itift tèùte!^ les sinuositës^ et finit par reparaître au jour dans \ëê j^C^vp^tnetits deô ttlontïig;iïed ou sur tes flànèe des vallées, où eettê tt>ûche va tèncattitët h srûrperHcie du soi : téHe est fori* ]^e défis eànx sôtitËffi'àfnes, et du phénomène des sources nàtu- Mllésr. L'autre partie deâ eûux prévenant de fàtmosphère se ^nlt à cfélle de& sources,, pôuf former les torrents et les ritili^d qtxi , i^ivatit à la âUrface de la terre tes ligtes de plus grande pente, derpentetit à travers les vallées, passant souvcilt âè lat en lac, et se Rapprochant dé plus en plus du grand basi^ dés mefs, à ifïie^ure que leur cours se prolonge : telle edt f origine deseatix eourantes, et des grands amas d'eaux stag- Ikante^, à la suffacë de nos continents. ^
Lés Vissures et lés cavernes qui existent dafns l'intërrcur du -"^fiobe terrestre, servent de canaux et de réservoirs aux eaut souterraines: ÎT doit donc y avoir, dans la profondeur du sol, des atrias d'eau d^ûn volume plus ou moins considérable, et ikiêttie dés .cours d'eau nombreux, dont quelques-uns peuvent ttfe frès-rapides. C^t ce que prouvent ces grottes ou ces cspSées tPentenndlr3 , d'où l'on voit sortir de véritables rivières, éoûitne les Sources du Loiret et de fOrbe, les rivières de t'aruètoeet deNidinés; et ces gouffres où des cours cfeaù terrestres tofit e'ablnïer et disparaître. C'est ce que démontrent encore Ic^ sondages pratiqués en lânt de lieux pour l'établissement de piiks artésiens, et qui ont fait décou^i*îr, à diverses profondeur^, â^S courants rapides qui tendaient à entraîner les parties infétlédfed (le la Sotide ; CircOtlstànce qui a donné Tidée de diriger Véril iïértainis puits forés, les eaux superficielles dont on voulait ié débarrasser, et de transformer les puits en puits absorbants^ qnî petiVont être aussi précieux pour la contrée que le seraient tés pïtit^ artééiétïs eu^-ihémes.
Les éâux souterraines se répandent aussi soit dans les fissures ^Ui séparent les tfôuchés, sôil à travers certaines couches meubles, où elles se éreUSent un lit, et lorsqu'elles y sont emprisonnées entré d^aatï^e^ tbuébés impéi^iâéables , elles forttïent des
l4a SUBSTANCES ATMOSPHilUQUBS.
nappes d'eau d'une étendue quelquefois trés-considërable, qui suivent toutes les inflexions de ces couches. On sait que, dans la même localité^ il y en a souvent à diverses hauteurs, échelon» nées par étages, et sans communication les unes avec les autres. Ces nappes d'eau se relèvent ordinairement de certains côtés, ' en même temps que les couches qui les renferment, car on sait que les couches sédimentaires conservent rarement sur de grandes étendues une position horizontale; elles prennent leur origine vers ces parties élevées, là où les deux espèces de couches, les perméables et les imperméables, viennent couper la superBcie du sol. Les eaux qui les alimentent sont absorbées à la ligne d'intersection supérieure de ces couches avec la surface terrestre, où elles ont pour réservoir un lac ou une rivière. Les eaux qui descendent dans ces 'canaux souterrains, pressées par le poids du liquide supérieur, tendent à regagner le niveau de leur point de départ, mais elles en sont généralement empêchées par l'obstacle du terrain épais et imperméable qui les recouvre. Si donc une percée naturelle se présente, qui mette le conduit souterrain en communication avec la surface de le terre, vlans un point moins élevé que celui d'où les eaux sont parties, celles-ci, obéissant à la pression qui les pousse, remonteront par cette percée, pour venir jaillir à la surface.
En effet, quand il existe naturellement une pareille commua nication entre un de ces canaux souterrains et la surface du sol, ou, ce qui revient au même, quand la nappe d'eau/ après s'être enfoncée, se relève pour se montrer de nouveau au jour, du côté opposé à celui de son origine, et dans un point plus bas, il se produit par l'ouverture un écoulement d'eau continuel , qui est ce qu'on nomme une source ordinaire. Quand il n'y a pas de percée naturelle qui permette un tel écoulement, on peut à l'aide d'une sonde en pratiquer une qui produise le même eflet Cette industrie, connue depuis longtemps dans certains paye^ notamment à la Chine, dans le duché de Modène en Italie | et en France dans l'ancienne province de l'Artois, a pris dans ces dernières années beaucoup d'extension : les sources artificielles, ainsi produites, sont ce qu'on nomme des puits artésiens. Par* toutou il existe des nappes d'eau abondantes qui, ne se relevant pas a^sez d'elles-mêmes pour pouvoir affleurer, demeurent -ca* chées à une grande profondeur dans le sol, on peut y établir un puits foré, c'est-à-dire un canal de communication entre une àe. ces nappes d'eau et la surface du sol, au moyen d'un trou de
SUBSTANCES ATMOSPmBRIQUBS. l43
•onde, que l'on garnit d'un long tube cylindrique, dans lequel l*eau s'élève, sans pouvoir se perdre dans le terrain environnant. L*eau se meut alors dans une espèce de siphon renversé, dont la longue branche est située du côté du réservoir qui alimente la nappe, et dont la plus courte est représentée par le tube où aile remonte. On sent que, par une telle disposition , l'eau peut même jaillir du puits foré^ si la hauteur d'où elle est partie surpasse notablement celle de l'orifice par où elle sort au jour. Telle est l'origine des sources artésiennes et de certaines eaux jaillissantes naturelles. On voit aussi qu'à raison de la disposition des couches internes du globe, un puits artésien peut trèshien réussir dans une plaine éloignée de toute montagne : la seole condition nécessaire , c^est qu'il existe un réservoir supérieur qui alimente une nappe retenue à une certaine prôfondear par des couches imperméables; et ce réservoir, qui 1c plus . souvent est une rivière, peut être situé à une très-grande distance du point où le forage a lieu , là où les couches viennent en se relevant se terminer à la surface du sol.
Il y a des fontaines naturelles ou artificielles qui sont intermittentes, c'est-à-dire que leur écoulement n'a lieu que par in* lervalles et d'une manière périodique. Ce phénomène, que l'on imite très-bien par une certaine combinaison de siphons, tient •ans doute à une disposition analogue des canaux qui alimentent la fontaine.
Les eaux en coulant , ainsi que nous venons de le voir, dans Fintérieur du globe à travers les masses minérales, s'y chargent de divers principes qu'elles dissolvent et apportent avec elles dans les points où elles sourdent à la surface : de là Torigine des eaux que nous avons nommées minérales, et qui en même temps peuvent être des eaux chaudes ou thermales, et des eaux jaillissantes. Nous citerons, comme un exemple remarquable de sources réunissant toutes ces qualités, les geysers ou sources jaillissantes d'Islande, dont les eaux tiennent de la •ilice en dissolution : il en est une qui projette, de demi-heure en demi-heure, une colonne d'eau bouillante de six mètres de diamètre, et s'élevaut parfois à cinquante mètres de hauteur.
L'eau n'existe pas seulement à Tétat libre dans la nature, mais encore à l'état de combinaison avec un grand nombre de corps, que Fou nomme à cause de cela des hydrates. Les corps qui s'unissent ainsi à l'eau sont généralement des oxydes ou des sels (oxydes hydratés, sels hydratés).
1^4 «tà^ATicié ÂTiio^vIrXllt^tildi.
Composition eo poids:
0«?y|5*ne
Gorbtee
rM^oiD
Corps-gazeux, incolore^ inodore, non inffammâble; sôlut^è A^né Vëà\x, à laquelle il coùimuniqûë tne saveur aigrelette , la
Îitdfnêié de mousser^ et celle de précipiter par f èâù Aè cftâiuL 1 est jilùs pesant que Taîr àtmospllérïque, et àspliyxie pfompie^ ment les animaux qui le respirent.
La densité de Tacide carbonique è£ft ëgâfe & i^Sû^, dé eai conserve son état de fluide aériforme aui températures les j^us basses, sous la pression ordinaire ; mais si on le soumet à de ferték pressions, il ^ liquéfie ; et Ton peu^ même solidifier ensuhé Facfde carbonique liquide, en en forçant une partie à passer iubitemènt à Fëtat gazeux : le froid phroduit par ce passage étânl sulUsant pour congeler le reste de Fàcide encore liquide. Lo'nh qu^on brû}e du carbone très-pur dans de l'oxygine en vase clol^ on reconnaît que le volume de l'acide carbonique Ibrm^ éft exactement le même que celui de Toxygèhe employé.
L'acide carbonique existé dans l'atmosphère, ou il est mètt à l'air, dans une proportion qui varie de 4 à 6 dii^-milliémes en t^ lume. Il s'en trouve aussi dans beaucoup d'eaux, et quelquéfeii en assez grande quantité pour les rendre moussèisisès. ïl en réàulife les eaux minérales gazeuses (voyez page i38), telles que l'èaâ ie Seltz, les eaux de Spa, de Vichy, du Mont-Dôre, etc. En se dR^ solvant dans les eaux naturelles, l'acide carbonique leur âô&netà propriété de dissoudre certains sels, tels que le Carbonate 'de chaux, ce qu'elles ne pourraient faire sans la présence de èiel acide.
Ce gaz se trouve à Tctat libre, dans Tlntérieur des pùîts, deè cavernes ou des grottes naturelles, surtout danfs Te voisinàgè'det dépôts de combustibles et dans les régions volcaniques. 'Qiiiélquefois il remplit entièrémient ces cavités souterraines; maisM plus souvent il n^en occupe qu'une partie, et à causé dé sa pesanteur spécifique plus grande que cefle de l'air^ c'est toii|oîvrii
•UBSTANCBS ATMOSPHEHIQUIS. l45
à la partie inférieure qu'il se dispose , en y formant une couche de un à deux pieds de hauteur: dans ce cas, il donne lieu au phénomène si connu de la Grotte du Chien y aux envi* rons de Naples. Les petits animaux, de la taille d'un chien ordinaire, ne peuvent entrer dans une pareille grotte sans être asphyxiés sur-le-champ, tandis qu'un homme debout y respire à l'aise et peut la parcourir sans danger. Cependant, il est prudent de ne pénétrer dans les cavités souterraines où l'on n'est pas entré depuis longtemps, et surtout dans les puits de mines , qu'après s'être assuré qu'une lumière peut y brûler tranquilieaent. Si la flamme pâlit, si elle se rétrécit, et à plus forte raison li elle s'éteint, il faut se garder d'y pénétrer avant d'en avoir renouvelé Fair. JLa grotte du Chien est située aux environs de Fouzzoles, sur les bords du lac d'Agnano; beaucoup d'autres cavernes en Campanie donnent lieu de même à des mofettes ou émanations de gaz carbonique. Nous citerons encore, comme pr^ntant des phénomènes analogues , les cavernes des environs de Bolsena, dans les États-Romains; la grotte d'Aubcnas, dans le département de TArdèche ; celle de Pérols, près de Mont* pellier ; l'Ëstouffi, cave du Mont-Joli, près de Clermont-Ferrand ; la grotte de l'ancienne abbaye de Laach, sur les bords du Rhin; l'antre de Typhon, en Cilicie, dans l'Asie-Mineure, etc. C'est par des fissures , ou du sol même de ces cavernes, que le gaz s'échappe ordinairement; et il suffit souvent d'y remuer la terre, pour qu'il se dégage en quantité quelquefois considérable : c'est ee que l'on observe dans les environs de Clcrmont en Auvergne, lorsqu'on creuse dans les masses de pouzzolane que les anciens volcans y ont accumulées. Enfin , l'acide carbonique i^exhalé encore en abondance de beaucoup de terrains volcaniques: dans les volcans bmlants, on observe ces émanations plutôt au pied des montagnes volcaniques, et après les éruptionsy que vers leur sommet et pendant les paroxysmes; et elles persistent longtemps après la cessation de tout phénomène d'incandescence. Elles sont surtout abondantes dans les cratères des volcans éteints^ ou dans les anciennes solfatares, comme à Java, dans la vcUlée dite du Poison^ dont l'accès est défendu par une couche épaisse de gaz irrespirable, et où tout être vivant qui s'en approche de trop près tombe immédiatement asphyxié.
Cour$ de Minéralogie, Tome II. 10
i46 SU^AlfGES ATMOSPHfiHIQCBS.
Compodtibn ea -poids :
'Oxygène 49i^
Soufre 5o,i4
Corps gazeux ou âissous dans Fean, con!ipo8ë en Yoliniie9**de deux volumes d'oxygène, et d*un Tolume de Tapeur de M^Ate, condenses en deux. Facile à distinguer par son odeur «ûflbcante et bien connue : car c'est cdle que répand le soufré l>tfflé. Ce gaz est incolore, acide, d'une saveur forte et dé^agrëMile.-Sa densité est de 3,284» celle de l'air étant i. Il n'est point 'âéeomposé par la chaleur; un froid de 20° au-dessotrs de "asëro iKfiiGt pour le liquéfier. On l'obtient aussi par la compression à VétàH liquide: sous cette Forme, il est encore sans coulemr. 11 est'Soluble dans l'eau : ce liquide en absorbe trente fois son vodftttlie à la pression ordinaire et à la température de 20^.
Gisement. — L'acide sulfureux, à l'état de gaz, ^tTejexé'èn abondance dans l'atmosphère , par les fissures et cratères tt» volcans, avant, pendant ou après les éruptions. U est très-4iIMii> dant en Islande, à TénérîfFe et à TEtna; il est au contraire iràiiei rare au Vésuve, où les émanations d'acide chlérhydricpie 'sdnt plus communes. Il s'en dégage en tout temps des so'Ifetai'es en activité (Pouzzbles, Guadeloupe). Il est fréquemitlent 'absdAé parles eaux qui se trouvent dans les mêmes lieux, et côMâfbe 'alors les eaux acides sulfureuses, que l'on trouve dans qUëltfttes cavités souterraines (grottes du Yésuve et de TEtnà), ou ^dtfns quelques flaques d'eau extérieures; mais, dans ce dernier- ëks, il s'en échappe promptement, lorsque les eaux viennent à^âh« chauffées par les rayons du soleil.
Usages, — L'acide sulfureux, qu'on produit àrtificiellèmèht en brûlant le soufre aux dépens de l'oxygène de Pair, a deux emplois principaux : il sert pour le blanchiment des inatièires animales, et on l'applique en médecine au traitement d'es joaaladies de la peau, notamment de la gale. — Par son moyen, on blanchit la soie , la laine, les plumes, les vieux chapeaux 'île paille, etc., et on enlève les taches produites par les fruits roages sur le linge. En médecine, on l'administre encore en bains gazeux ou fumigations, dans un appareil convenablement dis-
auayrANGEs ATiiosPSÉaiQUES. i47
posé, pour (jue le corps du malade soit soumis à Taction du gaz, sans que sa tête piÛMe en recevoir les émauatious.
5^ Espèce. Acidb sultbtdbique (ai3>i(afitw vnxifKt), S0. Syn, : Air puant; gaz hépatique.
Corps gazeux, incolore , ayant une odeur et un goût d'œuis pourris; pesant spécifiquement 1,19; combustible à l'approche d'un corps enflammé^ et donnant pour produits, de l'eau, de Facide sulfureux et du soufre. Soluble dans l'eau^ à laquelle il communique la propriété de précipiter en noir les sels de plomb, de cuivre et d'argent.
Composition en poids :
Soufre 94» 1 S
Hydrogène 5,8a
Gisement — L'hydrogène sulfuré se dégage des volcans et des fissures produites par les tremblements de terre ; et il se trouve à l'état de solution dans les eaux minérales dites hépaiiifues ou sulfureuses^ telles que les eaux de Barèges, de Bagnères, d'Engbien-Montmorency, etc. Il se dégage aussi des matières animales en décomposition, et se reconnïiît à son odeur, ainsi qu'à la couleur noire qu'il donne à l'argent et au cuivre, exposés aux émanations de ces matières. Il existe dans les eaux maréca- ■Ipeuses^ où des matières organiques sont en contact avec des ' 'tidCates : ceux-ci étant transformés en hydrosulfates par le car* bone et Thydrogène provenant de la putréfaction des premières. C'est au«si le même gaz produit encore par la décomposition des sulfates, qui s'exhale des fosses d'aisances, et en rend la vidange si dangereuse ; enfin , l'hydrogène sulfuré* est renfermé dans les pores de certaines substances minérales, telles que des calcaires, des dolomies et des marnes , d'où l'on parvient à le dégager par le frottement ou la percussion.
Usages, — Il est employé dans les laboratoires de chimie, à f état de solution, pour précipiter certains oxydes métalliques ; c'est un remède puissant dans les maladies de la peau. Les eaux minérales qui en contiennent sont administrées avec avantage, principalement comme bains. On les emploie aussi à l'intérieur^ mais avec précaution, et après les avoir rendues plus frîbies, en les étendant avec de l'eau pure.
■ 48 SUBITAlfCES ATMOSPnKRiQUXS.
6* EsPtCB. AODB OMLIHUnrMUQVB, CI H.
Composition en poî Js :
Chlore 97»26
Hydrogène 2,74
L'acide chlorbydrique est formé par la combinaison directe du chlore et de rhydrogènc. Le chlore est un corps simple qui, à la température et à la pression ordinaires, est toujours gi* zeux^ d'un jaunc-verdâtre, d'une saveur désagréable, et d'une odeur pénétrante et caractéristique. Il ne se rencontre dans la nature qu'à l'état de combinaison. Ce gaz est impropre à II combustion ; il attaque les couleurs végétales, et détruit les miasmes putrides : aussi l'emploic-t-on pour blanchir les toilei et désinfecter Fair. Il se dissout facilement dans l'eau : sa sdution a l'odeur, la saveur, la couleur du chlore gazeux, et ane grande partie de ses propriétés chimiques.
Le chlore se combine avec un grand nombre de corps simples, et donne naissance à des chlorures solides, les uns à base de métaux autopsides, les autres à base de métaux hétëropsides, dont rhisioire appsCrtient au règïie minéral. Il a une afiSnité toute particulière pour l'hydrogène, avec lequel il forme le gas acide, connu maintenant sous le nom iïacide chlorhydritpie^ ou acide hydrochlorîque^ et anciennement sous celui i^acide mur viatique^ seule combinaison dont la description puisse trouyer place ici.
L'acide chlorbydrique est un gaz incolore, d*une odeur vive et piquante, d'une saveur très-acide, éteignant les corpi en combustion, rougissant fortement la teinture de tournesol, répandant au contact de l'air des vapeurs blanches, dues à son action sur l'eau atmosphérique, et pouvant se liquéfier par une pression considérahle. Ce gaz est extrêmement soluble dans l'eau, à laquelle il communique toutes ses propriétés. L'une des plus caractr>isliques consiste à donner par Tazotate d'argent un précipité blanc de chlorure d'argent, noircissant à la lumière, insoluble dans l'acide azotique, et soluble dans l'ammoniaque.
L'acide chlorhydiique se dégage souvent en grande quantité des volcans en activité, notamment du Vésuve, et se eon-
SUBSTANCES ATMOSPHÉRIQUES. l49
dense souvent avec les vapeurs aqueuses qui l'accompagnent , de manière à former de petits amas d'acide liquide, et quelqueibis même des sources assez abondantes. M. de Humboldt Fa observé dans les eaux thermales de Cliucandiro, de Guinche, de San-Sébasiîen , etc. , entre Valladolid et le lac de r4Usco au Mexique. 11 imprègne aussi certaines laves poreuses, plus ou moins altérées, comme celles du Vésuve, et les domites du Puy- Sarcouy en Auvergne. Enfin, on prétend qu'il se dégage quelquefois de certains dépôts saliferes (mines de sel marin de Wieliczka, en Gallicie^ d'Aussee, en Styrie; de Kreutznack^ dans la Pnisse rhénane).
, L'acide chlorhydrique est fort employé dans l'art de la teinture pour faire virer les couleurs, et pour enlever celles qu^on veut faire disparaître; il sert à composer certains mordants, et à la préparation du chlore ou des chlorures, qu'on emploie pour le blanchiment des toiles. C'est un des acides le plus en usage dans les laboratoires de chimie; en le mêlant à Tacide azotique, on forme Veau régale, ou acide nitro-muriatique, qui sert à dissoudre l'or et le platine.
7« Espèce. Ammoiiiaque, AzH>.
Syn, : Alcali volatil.
Composition définie :
Azote 82,39
Hydrogène ï7»6i
L'ammoniaque est une composition gazeuse d'azote et d'hydrogène, d'une odeur vive, piquante et caractéristique. Elle est sans couleur; sa saveur et ses réactions sont fortement alcalines. A la température ordinaire, elle n'existe que sous forme gazeuse (alcali volatil); mais l'eau la dissout facilement, et on l'obtient ainsi sous forme liquide (alcali fluor). Par un froid considérable ou sous une forte pression , le gaz ammoniac peut être condensé en un liquide incolore, qui se prend en une masse cristalline à — /{o**-Quan^ on le soumet à l'action d'une longue suite d'étincelles électriques, il se décompose en doublant de volume, et il est transformé en un simple mélange de trois volumes d'hydrogène et de ^n d'azpte^
-.ij
l5o SUBSTANCES ATMOSPHÉRIQUES.
L*ainmoniaquc se trouve rarement à l'état caustique dans b nature. L'air en contient une très-petîte quantité, et aouyent on peut reconnaître sa présence dans de Teau de pluie. D sVn forme par l'action vitale des plantes et des animaux ; et elle se produit en outre dans la plupart des décompositions que subissent les matières organiques azotées, en sorte que les terres arables i et l'humus notamment, en contiennent toujours.
8« Espèce. HTornooém: oambohé, C'H^.
Syn, : Grisou; Gca des marais et des houillères ; Proioeairbvré
â^hydrogène.
Substance gazeuse, incolore, s'enflammant à rapproche âfnn corps en combustion, brûlant avec une flamme bleue, et donnant pour produits de Teau et de Tacide carbonique. ESie^ détonne fortement, lorsqu'elle est mêlée à l'air atmosphérique dans une certaine proportion. Sa pesanteur spécifique est de o^SSg.
Composition en poids :
Carbone j5
Hydrogène 25
loo
Gisement. — Le gaz hydrogène proto-carboné est assez abqpdant à la surface de la terre. Il se dégage d'abord, pendant les temps chauds, des marais, ou des eaux stagnantes au fond desquelles se trouvent des matières organiques en décomposition. Il sufBt de remuer la vase pour voir des bulles de gaz s'échapper en bouillonnant. On peut les recueillir au moyen de flacons renversés, remplis d'eau et munis d'entonnoirs.
Il se dégage aussi du sein de la terre, tantôt par les fissures de diverses couches solides, tantôt à travers les sables ou lés eaux qui les recouvrent. On connaît un grand nombre de lieux où s'observent des sources continuelles et abondantes de gai susceptible de s'enflammer, soit naturellement, soit par l'approche d'un corps en iguition , et de produire ce qu'on a appelé des fontaines ardentes. Tantôt le gaz proto-carboné se dégage seul; tantôt il est mélangé de bitume, ou bien accompagné d'une matière boueuse, imprégnée de sel marin; et dans ce dernier cas, la source gazeuse prend le nom particulier de salse. U en est dans lesquelles les déjections ont lîeii à diflEirèfitt
SUBSTANCES ATMOSTHÉRIQUKS. l5l
'miepfaHeSf et comipe par une sorte d'exp^sioD, et il se fai( autpur des ouvertures qui vomissent ces matières terreuses, de jetif» QÔneaprovenant delà consolidation de la vase. Ces cônes, d^pt la hauteur n'jest généralenient que de quelques pieds, sont (Hrminés piar une cavité cratéri forme, d'où s*ëcb^ppent par mon)jBntB,de grpsses bulles de gaz. On a donné à ces phénomènes les noms de volcans dair^ volcans cteau et de boue» Les salses sont iafe.9ient isolées dans un canton; elles sont au contraire assez mqkipiiées, et disposées en ligne sur une même fente, ou panllèlement à une chaîne de montagnes. Ces phénomènes oqt quelque analogie avec ceux des volcans proprement dits : mais liront lîeu sur une échelle infiniment plus petite, et d'ailleurs ks terrains où ils se passent n'offrent aucun des caractères des vf!nta|)Ies terrains volcaniques. Ce sont le plus souvent des terrains, o^lcaires^ marneux ou argileux, appartenant au sol desédin^ent inférieur ou supérieur.
Lc^ flammes de ces pseudo-volcans produisent une chaleur a39ez forte pour calciner le sol tout à l'entour, et il en résulte de grands espaces, qui sont nus, ou privés de toute végétation. Ce sont ces portions de terrain calciné qui font reconnaître remplacement des feux pendant le jour ; car les flammes ne sont ordinairement visibles de loin que pendant la nuit.
Lorsque les jets d'hydrogène carboné et de bitume ont été accidentellement enflammés, ils continuent à brûler pendant plus ou moins de temps, jusqu'à ce que de grandes averses ou des coups de vent assez forts parviennent à les éteindre. H en est qui brûlent depuis les temps les plus anciens ; tels sont ceux du Mont-Chimère, sur les côtes de l'Asie-Mineure. Ce n'est pas toujours par de simples fentes que sortent les flammes; il s'en échappe quelquefois par les orifices des cavernes.
j^es sources d'hydrogène carbone sont assez communes à la surface du globe : on en observe non-seulement dans les pays Sfijets aux tremblements de terre et aux éruptions volcaniques, mais encore dans des localités assez éloignées de tout volcan. Ç'esi ainsi qu'il s'en trouve en Angleterre, près de Lancastre et dç Bpsely; on cite en France un terrain, à Saint-Bartbélemy, df^S le département de risère, d'où il est sorti des gaz susceptibles d'être enflammés. Mais dans les contrées les plus rapprocl^éos d^ Qoos, c'est l'Italie qui offre les salses les plus nombr.euscjS'et les plus remarquables : il en existe en effet un nombre ^f^' ÇPW^.^^^?!^ '^ '^^jqf ^^ (H^^ septentrional de 1^ chaîne
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des ApenniDs, dans lés pays de Parme, de Re£[gîo, de Modëne et de Bolof[ne. C'est là que se trouvent les feux naturels ou salses de Rivalta et de Torre, dans le Parmesan, celles de Sassnoio et du Mont-Zibio, dans le Modenaîs, celles de Velléja, de BaiTÎgazzo, de Pietra-Mala, etc., entre Bologne et Florence. U existe aussi une salse des plus remarquables en Sicile, à Maecalulia, près de Girgentî.
Ces phénomènes se montrent aussi sur une grande échelle sur les bords de la mer Noire et de la mer Caspienne, particulièrement en Crimée , dans la presqu'île de Taman et aux environs de Bakou ; on les observe aussi en diverses parties de VAAe, au Bengale, dans Tlndoustan, à Java et en Chine. Il suffit» dans plusieurs de ces localités , de percer un trou de sonde de quelques nièires de profondeur, pour se procurer d'abondants jets de gaz inflammable. Les lieux de l'Asie où se dégagent ainsi des matières susceptibles d'inflammation, ont été anciennement eà grande vénération parmi les adorateurs du feu, et le sont encore pour un petit nombre de Guèbres ou de Parsis, qui, par cette raison, ont établi leurs demeures autour de Bakou, l'un des ports de la mer Caspienne. On trouve encore près de cette ville d'anciens temples de Guèbres, dans chacun desquels on voit, sortir du sol des jets de gaz inflammable. /
On connaît auàsi des salses ou des sources gazeuses en Amérique : nous citerons entr'autres celles de Fredonia, dans Tëlat de New-York; et celles de Turbaco, eu Colombie, que les naturels du pays appellent volcancitos^ petits volcans, et qui ont été décrites et figurées par A. de Humboldt. On voit dans ce lien, situé dans les environs de la ville de Carthagène, sur un plateau élevé d'une cinquantaine de mètres au-dessus du sol environnant, une vingtaine de petits cônes, de sept à huit mètres de haut, formés d'une argile bleuâtre, et présentant à leur sommet une ouverture remplie d'eau, à la surface de laquelle des bulles de gaz viennent crever avec explosion , en lançant souvent de la boue.
Il est enfin une troisième circonstance dans laquelle s'obser* vent des dégagements d'hydrogène carboné : c'est dans Tinté* rieur des mines de houille. Le gaz est emprisonné dans les fissures de la masse du combustible, et retenu par les parois de ces fissures dans un état de compression considérable. Lors;que, par le travail du mineur, ces parois se trouvent réduites k une faible épaisseur, le gaz les fait éclater brusquement et
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en produisant un léger bruissement. 11 y a des couches dans lesquelles il est en si (grande quantité, qu'il suffit de percer un trou pour en provoquer un jet violent, continu, que dans quelques endroits les mineurs tiennent allumé, afin de tfen débarrasser. £n se mêlant à Fair atmosphérique contenu dans les galeries, ce gaz produit fréquemment des mélanges aplosîfs, qui s'enflamment lorsque le mineur y pénètre muni de sa lampe; il en résulte quelquefois des détonnations dénstreuses qui occasionnent la mort d'un grand nombre d'ouvriers. Cest à ce phénomène que les mineurs donnent le nom 'et feu grisou^ brisou ou terrou. Toutes les couches de houille ne aoDt pas susceptibles de produire également de l'hydrogène car^ bonë. Il en est qui n'en donnent presque point; d'autres, au eontraire, en dégagent en très-grande abondance. Les houilles dites à grisou sont en général celles qui fournissent une houille de bonne qualité, propre à la forge, collante, peu compacte et iKile à briser.
Usages. -~ Dans les lieux où l'hydrogène carboné se dégage de la terre par des crevasses naturelles, ou bien par des trous pratiqués à dessein, on l'utilise, en l'enflammant, pour divers usages économiques, tels que la cuisson de la chaux, de la brique ou des poteries; la coction des aliments ou l'évaporation des liquides. On se sert aussi des sources de gaz inflammable pour l'éclairage, surtout quand il est mêlé de bitume de naphte. Les Chinois depuis longtemps exploitent avec beaucoup d'activité les parties de leur sol qui sont connues pour renfermer du gaz inflammable : ils creusent jusqu'à une grande profondeur des trous desonde, recueillent dans des conduits de bambous le gaz qui se dégage par ces orifices, nommés par eux des puits de feu^ et sVn servent soit pour l'éclairage, soit pour le chauffage et le service des usines. Le gaz dont nous faisons nous-mêmes usage pour nous procurer de la lumière, et que nous obtenons parla distillation des matières organiques, telles que la houille, les huiles ou les graines olcapjueuses, n'est rien autre chose ipl*nn mélange d'hydrogène protocarboné ou grisou, avec du gaz oléfiant ou hydrogène bicarbonc. Son pouvoir éclairant est d^autant plus fort, que la proportion de gaz oléfiant est plus considérable.
Sî l'hydrogène carboné naturel est avantageux à riiommc toutes IfS fois que son dégagement s'opère à la surface de la terre et à l'air libre, il n'en est plus de même lorsque ce dé-
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gagemeox se fait dans l'intérieur des- cayi(éa Sûolcrvainea^ <^. qu'il peut s'^ accumuler en se. mêlant à Taie atmQaph^rif{mu Nous avons fait remarquer ci-dessus, cgoe ce g,a^ se d^ag^^ souvem en abondance de la^ houiUe» pouvaif^ remplir les B%i leriea des mines» et après son. mélange avec l'air de ces gjaleri^ détonner, à rapproche d'un- corps en ignitiop, et praduiK If^ accidents les plus graves. Les ouvrier^s s'aperçoivent du dang^ qui les menace, en observantlaflamme deleurlampe,,qui>ofire^ sa pointe un élargissement d'autant plus sensible, etu|i&cqi|f. leur bleue d'autant plus foncée, que la quantité d'bydrogjbH^ caj? boné est plus grande» Le principal danger d'une détonnaticm, provient de la dilatation et de la contraction subîtes de fair aa moment de l'explosion. 11 en résulte un vent dont la v . < presque incalculable, et les malheureux ouvriers qui se vent sur son passage sont lancés avec violence contre le 9oim^ les murs de la mine^ où ils sont tués par Le choG« ou du inçiiift horriblement fracassés.
On peut prévenir ce» accidents par deux moyens^ le premier consiste dans un bon système d'aérage» fondé sur l'emploii 4f( fourneaux d'appel, qui établissent un courant d'air contipiifl dans les galeries. Le second consiste dans l'usage des Umtfei^éi sûreté^ dont on doit la découverte à Davy, lampes qui permettei9t de pénétrer dans le mélange détonnant sans crainte, et qû s') éteignent sans l'enflammer. Ce sont des lampes à huile* dpntlft flamme est entourée de tous côtés par une toile métallique ei| fer ou en laiton. Davy a prouvé que si le mélange de gaz est explosif, il se fait bien une détonnation dans Tair contenu sqyis une pareille enveloppe; mais comme le gaz est refroidi pa^ le métaU l'inflammation ne peut pas se communiquer à celui du dehors. Ce savant, à la suite de nombreuses expériences, a éti conduit à ajouter à sa découverte un perfectionnement as34X important. Il plaça un fil de platine tourné en spirale autour at un peu au'dessus de la flamme de sa lampe. Quand cellftici s'éteint dans une explosion, le fil de platine devient touA-àrCoyp lumineux, et veste rouge par la combustion lente du gaz explp^Ç, Ce fil répand alors assez de clarté, pour cpie les ouvriei^s puissent retrouver leur chemin en cherchant à quitter la mine. Et)8it( mineur repasse dans une partie de ia galerie où le gaz et fajr soient en proportions convenables, il arvive même qi^ fo fil incandescent détermine dans l'intérieur de la lampp luia Vé^ velle inflamnation, qiii ralbus^ la mèchet
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Il existe dans la natare divers autres carbures d'hydrogène,
les uns liquides, comme le naphte et le pétrole, les autres solides,
ce la naphtaline, Fidrialine, l'hatchétine, la schéerérite»
f :érite, etc., matières qui, par leurs caractères extérieurs,
1 lent plus ou moins au blanc de baleine, au beurre, au
et à la cire. Mais comme toutes ces substances paraissent
ifoîr une origine organique, leur description sera plus conve-
atbkment placée dans la classe des Combustibles, à côté de
! des bitumes, de la houille et du lignite, qui leur sont frë-
oment associés, et paraissent même leur avoir donné nais-
9« Espèce. HTMiooteB fboiphobé. P^H.
Gaz incolore, d^une odeur fétide et caractéristique, qu'on peut comparer à celle des poissons pourris, et qui a la propriété de i^enflammer spontanément à Tair. Quand il est mêlé à Teau, il hû communique une odeur désagréable et une saveur amère. U se dégage des lieux marécageux où pourrissent des matières animales, et des terres où des cadavres ont été enfouis. On a prétendu que c'était cette combinaison gazeuse, qui, en s'enflanunant au contact de Tair, produisait les feux follets, mais cette opinion est loin d'être prouvée.