‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 58 sur 120 · PREMIÈRE CLASSE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CLASSE

GOHBUSTIBIiESS NON MÉTAIXIQUl».

Cette classe comprend toutes les substances inflammables, ou les combustibles proprement dits, qui n'ont ni Faspect mëtalioide, ni la grande densité, ni les autres propriétés qui distinguent les substances métalliques. Celles-ci sont bien des com« bastibles, dans l'acception chimique du mot; mais le genre de combustion qui leur est propre est très-différent : car, excepté deux ou trois substances^ placées pour ainsi dire sur la limite des deux premières classes, les métaux brûlent généralement sans flamme, et en augmentant de poids, au lieu d*en perdre; tandis que les combustibles dont il s'agit ici brûlent généralement avec flamme, et se dissipent tous eu tout, ou du moins en très-grande partie, dans l'atmosphère.

On peut partager la classe des combustibles non métalliques en deux principales divisions : les Combustibles charbonneux, et les Combustibles sulfubeux.

A. COMBUSTIBLES CHABBOBUliSUX.

V^ Ordre. CHARBONS (proprement dits).

I" Tribu. Cubiques.

Ir* Espèce. DiAmâMT.

Syn, : Demant, Wenier. Diamond, des Anglais.

Caractères essentiels.

Composition chimique : C, ou carbone pur, un des dorps simples non métalliques.

Forme cristalline fondamentale : le cube^ ou rocttèdre régulier.

|58 COMBUSTIBLES GHARBONHEUZ.

Caractères distineUfê»

GBOBfiTRiQuss. — Forme de clivage '.Toctaêdre régulier (fig. i, pi. 19).

Forme primitive (ou noyau hypothétique) : le cube (fig. 2).

Stries : Toctaèdre et le rhombododëcaèdre en offirent qudquefois dans la direction du solide octaédrique.

Physiques. — > Densité : 3^53. — Dureté : 10. — Ténacité: fragile. — Cassure : conchoïdale.

Chaleur spécifique : o, 1 47*

Réfraction : simple, lorsque le corps est pur, et sa structure homogène. -— Indice de réfraction : a,4^- ~~ Angle limite de \fL réfraction : 33^.5o. — Pouvoir réfringent : 1,4^6. -^ Coefficient de dispersion : 0,0 56. — Pouvoir dispersif : o^388. •— Angle de polarisation maximum : 67^»3o.

Transparence : Limpide au plus haut degré, lorsqu^il est saas couleur, et qu'il a été taillé et poli. Translucide, à l'état brnti très-rarement opaque.

Eclat : Adamantin^ très-vif; sous certains .aspects, ses faces -réfléchissent la lumière comme les miroirs métalliques les mieux .polis.

Coloration : sans <;ouleur, lorsqu'il est pur, iprésentaot accidentellement des nuances de jaune, (je vert, de cose, de bleuâltre, et quelquefois. des teintes enfumées, ou une couleur brune lirant sur le noir.

Phosphorescence : assez vive, par insolation.

Electricité : ne conduisant pas le fluide électrique. Electricité positive par frottement, même dans les-diamants bruts à sur&ee terne. Faculté conservatrice très-faihle.

Chimiques. — Infusible, ne se dissolvant dans aucun liquide, se dépolissant facilement à la flamme d'oxydation du chalumeau ; fusant et détonnant au feu, lorsqu'il est réduit en poudre et mêlé avec du salpêtre. Bfûlant très-difficilement à Tair libre, et seulement lorsqa'il est soumis À une^chaleur des plus intenses.

Le diamant se consume lentement et sans résidu, au foyer d'un miroir ardent ; M. ^Petzhold est parvenu à le brûler, en un temps. assez cpurt, en le qliaufi^nt sur la l'Orne de platine, au moyen de la flamme de l'alcool, dirigée sous la lame à Vpde du chalumeau. Il Uiçflle dans Ji'ofygène. pur, sanç donner deTeau, et en changeant une partie de ce gaz en acide carbonique, ssns

^«HÉttrfe vdlmatt ; b^-est dMc du ebttbMfpury-M^cdttleiuuit

VARIÉTÉS

Formes cristdlli$ies.

lIoSîHcations sur les arêtes : 6^, bVt, 6V3.

— sur les angles : a*, aVt, aVs; et i=l/^b^tA^h,

Les^Ibriiies simples et combinaisons, que Ton a observées flus souvent dans la nature, sont les suivantes :

1 . VOctaèdre régulier, a^, fig. < 9 pi* 1 9* Incidence de o;o = lOQ^'aS'.

a. Le Ctt6^^ pj fi g. 2. Cette variété est beaucoup plus rare ,^e la précédente.

3. Le Bhomhododéeaèdrey 61, fig. 4i pi* 4* </}^~ t30^. C'est le

idUdécaèdre rhomboïdaly dont les faces sont le plus souvent dé-

^iomiées- par des stries, ou des arrondissemei^. En général, les

■crîttaux de diamant sont remarquables par la tendance qu'ils

-tflnt à sttbir des- arrondissements, ce qui fait que les cristaux à

fiices bombées, et à apparence spbëroïdale, sont beaucoup plus communs dansTespice, que les cristaux à faces planes. Le dodé- «iftdre à faces courbes, représenté fig. 4» pl« '9> est la variété décrite 'par Uaity sous le nom de sphéroïdal conjowL

4. L'Oetefn^c/re (variété binaire de Haiiy), aVs, fig. 13, pi. 4> Hnaideoce des faces qui se coupent dans une arête de l'octaèdre, «K de 1 53^18'. — Il existe certainement plusieurs espèces diffé- •«entefl'd'o€fatrièdre ihins le diamant, mais l'état des^Ëicesne 'iMTflBet pas d'en mesurer les angles, pour pouvoir les déterminer 'ttvec- précision. On cite entre autres la modification aVf^ dans 'laquelle Pangle des faces qui se rencontrent en F est i4i°3'.

5. VHexaiétraédre^ l^h, fig. G, pi. 4- La loi de modification ^te'dounée d'après Levy ; les cristaux se prêtent rarement à une 'dCCerdiiadtion rigoureuse. Ineidence de frVs sur bV, = i<)3®44'9 'p6ar les arêtes correspondantes à celles du cube, et 1 39^*4 B'

ponr les arêtes des pyramides. On a observé encore la modifièadbDf Wip avec les angles 157^23' et ■33^49'-

6. Le Dodécaté(r(iê3re (fig. 14) P^* 4)> ^^ut les faces ont pour 'tfigne Vlt^lJMu Ce solide à 4^ f^ces est le type auquel on ra- 'Uène tous les diamants à faces bombées (fig. 3, pi. 19), auxquels HbMné déHste et Hady donnaient le nom de sphérùtial sextuplé.

l6o C0IIBUST1BL18 ClUBBOimUZ.

Ce scaiénoèdre, qui dérive du cube, par une loi de dëcroinement intermédiaire fbrt simple, serait produit par une modification ordinaire sur les arêtes, si on le faisait dëriver du rhombododécaèdre.

Haiiy rend raison de la courbure à peu près r^ulière de set faces, en supposant que la loi de ce dëcroissement, au lieu d'être uniforme comme à lordinaire, varie d'une lame à l'autre, en suivant une progression déterminée. Il ne considérait donc point ces formes arrondies comme des cristaux roulés, malgré leur présence habituelle au milieu de g;alets et de graviers quaneux, ne pouvant admettre, à cause de leur excessive dureté, qu'ils aient pu être usés par le frottement de ces matières comparativement plus tendres, et les diamants étant beaucoup trop ra^ei dans ces terrains d'alluvion, pour qu'on puisse attribuer leur usure au frottement particulier qu^iis auraient exercé les iuM sur les autres. Aussi, plusieurs savants ont-ils, comme lui, che^ ché une autre explication de ces formes arrondies du diamant, en les regardant comme le résultat d'une cristallisation préci* pitée et par conséquent imparfaite, ou bien d'une altération superficielle, qui aurait eu lieu sur place et par des causes chl; miques, postérieurement à leur formation régulière.

Cependant, quand on considère toutes les circonstances dans lesquelles se trouvent ces cristaux à faces et arêtes arrondies, dans un sol de transport où domine le quarz, sons ferme de galets ou de sables à gros grains, il devient très-probable que ces cristaux étaient primitivement réguliers, et que leurs arêtei auront été plus ou inoins complètement effacées par TactioA incessante des frottements et des chocs qu'elles auront épron* vés, pendant la durée du charriage de ce gravier quaneus. Le diamant, malgré sa dureté supérieure, a bien pu céder à la longue à cette action continuellement répétée des galets et dei sables. En effet, l'action des matériaux les uns sur les autres ne dépend pas seulement de leur dureté relative, comme le prouvent les expériences de M. Daubrée, mais encore de la vitesse et de la pression des agents frotteurs. On sait que des roches ont souvent été striées par d'autres moins dures; que le granité, par exemple, peut l'avoir été par de simples galets calcaires. Dei cristaux ou fragments anguleux de minéraux, d'une dureté considérable, peuvent donc s'arrondir sous l'action longtemps répétée des chocs et des frottements. Il ne faut pas perdre de vue que le diamant, qui est très-dur, est en même temps três-fingîle.

OIAUANT. l6l

' 7. Le CulHhoctaèdrej pa^, fig. 17, pi. 4* 8. Le Cubo'dodécaèdre^pb^^ fig. 3, pi. 4. 9* Le Triforme^pa^ 6\ fig. 5, pi. 19.

10. Le Plan-convexej Haùy, combinaison du spbéroïdal, avec lac le roctaèdre« Celles-ci, qui sont parallèles aux direcclivage, sont planes et brillantes.

Grau mcfUs réguliers. — Les groupements réguliers de cris- IX, qui s^observent dans l'espèce du diamant, sont généraleit des transpositions, qui ont lieu de manière que le plan de tion est parallèle, et l'axe de révolution perpendiculaire, à ! (ace de l'octaèdre. De plus, les deux individus qui forment inents du groupe, sont tellement réduits, raccourcis, ou iprimés par l'effet du groupement,, que le plus souvent il ne te plus de chacun d'eux qu'une pyramide, représentant I I louimets de la forme simple. Les variétés offrant ce

de groupement, sont : l'octaèdre, le dodécaèdre, le biire, et le dodëcatétraèdre ou spbéroïdal sextuplé. Le dodédre est tellement raccourci, qu'il présente l'aspect d'un didre ou double pyramide triangulaire. Il en est de même du ire transposé, avec ou sans angles rentrants. Quant au dodëcatétraèdre, il présente encore une apparence trigonale, surmot à raison de l'arrondissement de ses faces et de ses arêtes; ia il est réellement composé de deux pyramides à six faces,

on le voit fig. 6, pi. 19.

Ce sont ces diamants que Haiiy plaçait parmi ses variétés tomprittkéesj et que Rome de l'Isle appelait triangulaires. On les a pris quelquefois à tort pour des diamants de forme tétraèdre. Soivant Mobs, le diamant présenterait une loi toute différente ift groupement, fort remarquable, en ce que les individus auraient dans ce cas le caractère hémiédrique, et qu'ils se réunilaicnt en se croisant, et se continuant l'un et l'autre des deux oftlés de chaque plan de jonction, l'un d'eux ayant tourné de 90** par rapport à l'autre, autour d'un des axes de l'octaèdie. Mobs a décrit des cristaux qui ont fait partie des collections Von der Nnll et R. Allan, et qui, selon lui, provenaient du croisement de dans tëtra-bexaèdres, réunis dans la position même que leur donne le procédé de dérivation, lorsqu'on les déduit par hémiédrie du solide à 4^ faces. La figure 19, pi. li, représente ce groupe, tel que Mobs dit l'avoir observé dans la première de ces collections : il offre l'aspect d'un octaèdre dont les arêtes seraient remplaeées par des assemblages de facettes formant

CoMn de UMnOoqU. Tome IL li

It

■soient veni

dij

int. fin

ctriqMi

jAs COMBUtTIBLBI 4BKÉBB0NRBUZ.

entre elles des angles rentrants. Aa a aipsai cîttf ptfni les fiimei du diamant, des tëtra-hexaidxes 8ioi(>Ies ou ataUnoètlriM tétrtédriques (fig;. 38, pi. 5). Cest en se fondant sijur cm çbservBtioni, que Mohs a cru devoir consMérer le système cristallin de cette espice oooime étant le semi-tessulaire ou tét drique, f/eÊkédire le système cubique à modificatÛMM h( éd inclinées, et non pas le système cubique o ««• ▼oulotr contester Texactitude do ces observatû convenable d'attendre que de nouvelles reehcrc les con6ruier, avant d'adopter le point de vue 4 aUcmand sur la nature du système cristallin c elFel, rien dans Télude des propriétés optiques ne vient déposer en sa. faveur; et la rareté des eac oà Fon • signalé de véritables formes liémiédriqueSy le grand noarii>n ée ceux où l'on rencontre des formes complètes, eu Imcb des fcnasi réduites par Tellet d'un groupement particulier à une sîa»|ik apparence liéuiiédriqucp comme les diamants criangulairas dt Rome de Tlsle, peuvent (aire craindre que le caractère» assigné par iMohs et quelques autres minéralogistes, à certaioes tanam du diaonant, ne soit qu'un accident, ou peut-être mèiae illusion.

F^nnei indéterminables. — Diamant fraKuUfêfmm, Ei taux arrondis ou déformés par une cristaUisatîoa émparCaile, en une usure superficielle. Ces diamants ont leur surfiice terne, mais au moyen de ia taille, ceux qui soat iocoloras vspreMient souvent une hMt transparence.

C!oWtf!<rs. — Les dtamsnts sont le plus souvent sans coulsp»; on en coonait cependant de coknwss et. parmi ce«K-ci, la seinte que Ion n!«cvoire le plus ordinaireHieat* est k /aune, passsat qaeique&us au jauniire enfomé, et même au noirànv, cîrosa stance plus rare. Cette derniii>f teinte a valu aux diamanisyi la présentent, le nom de dijmhmnts s^myymrds. On a nouvé, ilf a quelv]ue$ années, dans le$ sables de la provvoce de Bahia, #1 BmJl\ de véritables diamants noirs « en masses compactes et crîMallines. Ib se reocoatnNst sous lionne de galets plus o« moias arfoudis par le lîrottemeut, dans les^^uels on rvcoanait par pfaussi une stKueture grenue ou latt»eilaire« ^t de petites géodes mpissees de diauviuts rv^ulier» et iiKvlore^. LVs paitfietles d^ersaat queique&HS iiupUtitees iUus Ws cJivices de ces diamaoïs. Saav«iK lU se pfvseateut eu spllercu»^:^ heris^e^ «a loos sens de piMnais crsKaUuMs; c«s diamans», aiwirmbhyïs coafcas de pslî0

DMMAinr. i«3

iom trèt-rëfraotaires à U taille : on les regarde comme flua durs que les autres , et on les distingue dans la joaillerie epm le «0m de éiamants de nature. Lea diamants verts sont, Hprtt Um jaunes» les plufi communs; les bleus 9ont rarement iffkue leiqte bien vive; enfin, il en est de roses : ce sont les plus iMbercbës parmi les diamants cc^Drés. Mais, à part le mërite 4#te rareté, oo préfère en général les diamants limpides, lors- ^"ila aoni d'une belle eau, et qu^aucune glace ou gerçure ne tw fdépfire. Les diamants taillés se reconnaissent aisément à leur extrême dureté, à leur éclat particulier, et à leur réjiiHiiJO simple : ces caractères sont suffisants pour empêcher ^'on 1^ les confonde avec aucune autre pierre blanche , telle ^pie le saphir blanc, la topaze goutte d'eau, le cristal de ro-

Gkem»ents. — ^ Presque tous les diamants répandus dans le imcroe viennent de l'Inde ou du Brésil. On connaît encore «•iniiiërai dans quelques autres pays, mais il y est beaucoup |iaa rare. Partout il a offert une manière d'être qui lui est commune avec l'or et le platine granuliformes, et qui est pour CMMpèces le gisement, non pas unique, mais le plus général : ■ Ton excepte en effet un seul point du Brésil où il vient tout iétemment d'être trouvé en place, au milieu des roches mêmes a& aani doute il a pris naissance , il ne s'est encore rencontré dana les alluvions anciennes, dans ces terrains détritiques, tux ou arénacés, qu'on nomme terrains plusiaqfies, et ■ ont été formés en grande partie par la destruction des ro-

dites métamorphiques.

Dont rinde, c'est dans le royaume de Nizam, au centre de Dekan, que sont les principales exploitations de dia- : à Pannab, dans l'AUahabad, au nord de Golconde, mais à âne grande distance de cette ville ; au nord , et nord-ouest delà même ville, dans le Nagpoor; à l'est, daus la province dXhixia; enfin, au sud de Golconde, dans l'ancien royaume de ce nom, sur les rives de la Kistnab et du Pennar, mais non pas à Gttleonde même, comme on l'a dit, cette ville n'étant que le principal des diamants de llnde, et le lieu où on les Les diamants se rencontrent dans un conglomérat ou poudingue, formé de fragments arrondis de quarz, de silex, de jmpe, rëiiiiis par un ciment ferrugineux. Ce dépôt occupe le fond det vallées; il n'est épais que de quelques pieds, et se trouve

à peu de profondeur au-dessous du sol; en quel-

|64 GOlUUtTIBLEt GHAftBOHNSUX.

ques poÎDU, il est recouvert par des couches de grès ou de sables.

Les plus gros et les plus beaux diamants connus viennent des localités précédemment indiquées. On en a trouvé aussi dam rtle de Bornéo^ au pied occidental du mont Ratoos, dans on conglomérat composé de frigments de quarz» de syénite et de diorite, et contenant, outre les diamants, de l'or et du platine en grains. Enfin, on cite également un terrain aurifère et adcmantifëre à Sumatra, dans le district de Doladoulo, arrondissement du Kolta.

DansTInde, l'exploitation des terres à diamant se réduit en général à les laver^ pour entraîner le gros sable et l'argile, pou à porter le résidu, formé principalement de cailloux et de mi* nerai de fer, sur une aire bien battue. On laisse sécher ces matières, puis on fait chercher les diamants qui peuvent s'y trouver, par des hommes nus, que des inspecteurs surveillent avee le plus grand soin. Cette opération se fait au soleil, les diamants se distinguant mieux alors par leur éclat au milieu des Diatiirss auxquelles ils sont mêlés.

Ce. n'est que vers le commencement du dix-huitième siède que l'on a découvert au Brésil, dans les provinces de Saint-Paul et de Minas Geraes , des terrains à diamant, tout-à-fait semblables à ceux de l'Inde, et qui s'exploitent à peu près de la même manière : ces terrains sont répandus le long d'une chaîne de montagnes qui s'étend depuis la ville do Principe jusqu'à la Serra do Grammagoa^ sur une longueur de plus de cinquante lieues. La terre à diamant porte dans ce pays le nom de Com' calho : elle contient, outre le diamant, de l'or et du platine en grains; des cristaux d'anatase, de rutile, de brookite, de topaUp de tourmaline, de zircon, d'étain Qxydé; du fer titane, du fer magnétique, de l'oligiste, de la limonite, et des fragments de dioiîte, de micaschite et de grès itacolumite. On la tire principalement du lit des rivières à l'époque des basses eaux.

C'est sous un hangar de forme oblongue qu'a lieu le lavage, au moyen d'un courant d'eau que l'on fait arriver dans de grands baquets inclinés, à chacun desquels est attache un nègre laveur. Des inspecteurs, placés sur de hautes banquettes , surveillent lopération. Lorsqu'un nègre a trouvé un diamant, 4 frappe des mains pour avertir l'inspecteur le plus voisin, qui reçoit le diamant, et le dépose dans un petit tuyau de bamboiif ou dans une gamelle placée près de lui. On a établi des primei

DUMANT. l65

en fiiTeur de ces nègres, d'après la grosseur des diamants qu'ils découvrent. Pour un diamant de seize carats (80 grains), ils obtieimenl leur liberté. Malgré ces mesures, il se fait une contreimidei qu'on évalue au tiers du produit^ et qui porte sur les diamants les plus gros et les plus volumineux. C'est le long des deux principales rivières du district des diamants, le Rio Pardo et le Rio Jequetinhona, et surtout à Slandanga, et près de Te- JHCOf au nord de Villarica, que cette exploitation est plus active. Od trouve aussi des diamants dans les arrondissements du Rio de S, Francisco, Rio de S* Antonio y Rio de AbaXthe, Rio de Prata, et Rio Indaia, Dans la province de Saint-Paul, le Rio Tibagi des Cmmpos ^ Gtiarapuava en fournit aussi une certaine quantité. Enfin, on en a découvert un nouveau gisement^ qu'on dit trèt-abondant, à Sincura, dans la province de Babia.

En 1839, on a fait au Brésil, pour la première fois, la découverte importante du diamant dans sa position originaire, au milieu des grès itacolumites, et des psam mites ou grès proprement dits qui les recouvrent, dans la Serra do Grammagoa. On a prétendu'que tous les diamants qui se trouvent dans les grès supériearssont des cristaux parfaits à faces planes; tandis que ceux qui •ont dans l'itacolumite ont leurs faces et leurs arêtes arrondies. Cette observation a besoin d'être confirmée : elle tendrait à faire croire que la même cause qui^ selon les partisans du métamorphisme, aurait changé les -grès inférieurs en itacolumites, aurait agi en même temps sur les diamants, pour en altérer la iNTme. Jamais les diamants trouvés en place dans les roches solides ne sont enveloppés d'une croûte terreuse, comme ceux que contient le Cascalho. On a aussi observé l'or et le platine en place dans des schistes cristallins auxquels se rattachent les grès itacolumites des provinces de Saint-Paul et de Minas-Geraes, en sorte qu'il parait bien démontré aujourd'hui , que les terrains aurifères et à diamant du Brésil doivent leur origine à la destruction des roches de micaschistes, de schiste quarzeux et Cemiginenx (Eisenglimmerschiefer), d'itacolumite et de grès, ipi constituent les montagnes environnantes, et qui sont trafersëes par des masses de diogte.

En i83i, on a découvert des diamants en Europe, sur les pentes occidentales de TOural, dans les sables aurifères des gouvernements de Perm et d'Orenbourg, à peu de distance de Bissersk, d'Iékatherinebourg, et de Kuschwinsk, dans les possessions de la comtesse PoUier. Le terrain arënacé y repose sur

i66 coMBusTiBun «iBBonmniz.

dès cakaires ou dolomies, ou sur des dioritet et tfétS/iek ^ phyrofdes. Les diamants qu'on y a trcravës, dani Véipêt» i!é quatre à cinq ans, ne vont pas au-delà d'une quaraotâinêy €à sorte que cette dëcouverte, fort intéressante sons le rapport fà§^ logique^ n'a jusqu'ici qu'une très-faible împorHuioe au pàtot iè vue industriel.

Enfin, on cite encore, comme ayant présenté accMentéllÉnwil des diamants, le sable d'une rivière de la Caroline du nord^eii Amérique; et celui du Rummel dans la province de Conélafltinè^ en Algérie; mais ce dernier fait mérite confiroiatioa.

Annoladons.

Les anciens connaissaient le diamant; mais comme ils ici»raient l'art de le tailler, ils ne recherchaient que les dianMUs naturels, doués d'un éclat et d'une transparence venarquabks : dans cet état, ils avaient plutôt le mérite de la rareté que celai de l'agrément. Pline a décrit assez bien la forma ordinaire da diamant, qu'il a comparée à deux toupies réunies en sens ooa* traires. Il était fort loin de soupçonner la combustibilité de ce corps., qu'il regardait comme complètement inattaqoabla par la chaleur. C'était celte prétendue résistance du diamant i Faction du feu et de l'air, jointe à sa dureté, dont les anciens aa iaisaieU une idée très-fausse, qui lui avait fait donner le nom d^jjdmmmif dont la signification est indomptable ( i ).

Le diamant est certainement la substance qui jouit au ploi haut degré de toutes les qualités qui font les pierres préoieusas-; par ses caractères extérieurs, il vient se placer à côté dea gemmas les plus limpides, les plus brillantes et les plus dures, tandis que sa composition le classe parmi les charbons, qui sont des coips opaques, noirs et friables. C'est bien le cas de redire, apiïi Haiiy, que le proverbe : les extrêmes se touchent, n'a jamais élé plus vrai.

Newton avait émis l'opinion que ce minéral devait être une substance inflammable, avant que les académiciens deEloreaee eussent vérifié cette conjecture, en exposant des diamanlaan foyer d'une grande lentille. 11 avait remarqué que leaaorpi^les

(1) Suivant Pline y le diamant résistait au feu et à Tacier, à un tel jpioliit que le premier ne panrendit même ^las à l'échauffer (nunqoàm XntiSMMf^'^ et qae frappé sur une enclume avec un marteau d'acier^ il repoussait' le «8É|^ (respuens ictum) et faisait voler celui-et ea écUts ou pénétrait dus Vi plntAt que de se briser sons le choc.

DUMANT. 167

il M étaient au nombte de ceux qui rëfraetenc le

Il Bf la lumiôre^ et que la grande réfiiû^eoce d» dia-

leplaçak sous ce rapport bt côté de Tbuile de térébenthine

lo MMifrcw Mais Haiiy nous sfemble avoir un peu trop vanté la

ké dôBt Newton* fiaii preuve en cette occasion. La vérité

la coBJectare de TiMustre savant était des plus hasardée^

que de nos jours elle eût paru fort peu vraisemblable. Il

en eifot des substances naturelles qui ont presque le

pOuvéir réfringent que le diamant, et qui ne sont nulle-

d« ture combustible : tel est Fanatase, par exemple.

i de Boot, qui publia en 1609 ^^ Traité des pierres

s^ eut le premier l'idée que ce minéral pouvait bien né

i il pierre, mais un oorps inflammable. Boyle, au rap-

skel, soumit en 1673 un diamant à Taction d'une

lérature, et crut remarquer dans cette opération qu'il:

ili k en partie en une vapeur acre. C'est aussi vers le

s qute Newton émit la conjecture dont nous avons

lé. h il ne paraît pas qu'aucune de ces indications

t- içonner aux minéralogistes du temps la véritable

r du diamant. Maequer et Bergmann furent les premiers

proir »ent que le di.vnant étatt réellement combustible,

ttvoir faire connaiire ni la cause ni le résultat de

e bi >B ; ils remarquèrent qu'il brûle, en s'entourant

Ût ne fiégère. Cest aux travaux successifs de Lavoisier,

i Teunant, de Guyton de Murveau, d'Allen et de

P s, et enfin de sir Henry Davy, qu'on doit la connaissance

lafBature du diamant : avant Lavoisier, on n'avait pas

'idée de le brûler en vases clos, et de recueillir le produit de

zi isiion; les expériences de Lavoisier nous apprirent que

Khrit était de l'acide carbonique. Mais depuis ces premières

ences de conibustion, jusqu'à celles qui furent faites en

I lieo par Davy, il était resté quelques incertitudes dans

opinion» qu'on s'était faites sur la véritable composition du

.Tantôt ou l'a considéré comme du charbon pur, tantôt

I du charbon oxygéné, tantôt enfin comme du charbon

droi . Tous les doutes ont été levés par les recherches de

y, q 1 montré qu'en brûlant dans un excès d'oxygène, le

< ne fournissait point d'eau, et qu'il transformait une

de l'oxygène en acide carbonique, saus en altérer le vo-

. Il n'est donc bien réellement que du charbon parfaite-

l68 GOBIBU8TIBLI8 GHAABOirNEUX.

Diverses opinions ont été émises sur la nature et le mode de formation du diamant. Les uns lui ont attribué une origine organique (Brewster, Liebig, Petzhold), s'appuyant pour soutenir cette opinion, soît sur la supposition qu^il existe dans quelqnsi diamants, comme dans le succin, des cellules ou cavités remplies d'un gaz, qui, au moment de la consolidation du diamant, aunit comprimé et inégalement condensé les couches environnantes; soit sur le fait bien avéré de la formation de cristaux ou de concrétions inorganiques dans les plantes, comme celle du tabtiheer dans les tiges du bambou. Cette opinion ne s'accorde guère avec les particularités du gisement de celte espèce, et là présence de certaines matières inorganiques dans Tintérieur de sa masiei matières que l'on retrouve dans ses cendres, lorsqu'on vient à le brûler pour en faire l'analyse : tel est, entre autres, Pacide titanique, reconnu par M. Dumas. D'autres savants assignent au diamant une origine minérale, mais sans oser se prononcer sur la question de savoir s'il est un produit de la voie sèche oa de la voie humide. D'un côté, il parait peu probable qu'il ait pa cristalliser par fusion, puisque, d'après les belles expériences de M. Despretz, le diamant exposé à une très-forte chaleur éprouve un commencement de fusion et se transforme bientôt en graphite. C'est donc ce dernier corps qui parait seul capable de se produire aux hautes températures. D'une autre part, on ne connaît pas encore de liquide qui puisse dissoudre le charbon, ee qui ne permet pas de faire des dissolutions de cette matière poar les évaporer ensuite.

Les seules chances de réussir dans la reproduction artificielle du diamant, nous semblent donc pouvoir être offertes, soit par l'emploi de la chaleur électrique, comme dans les curieux essais tentés par M. Despretz (voyez page i ag), soit par celui de forces électriques très-faibles et agissant très-lentement, comme dans les expériences de M. Becquerel, soit enfin par des réactions chimiques entre certains composés liquides et volatils de carbone, et des corps capables de leur enlever leurs autres principeSf comme dans les expériences de M. Daubrée, qui ont amené la reproduction de la plijpart des minéraux des filous stannifères et titanifères. On se rappelle que ces mêmes minéraux se rencontrent parmi les substances que l'on trouve le plus ordinairement associées au diamant, et qui le sont même quelquefois d'une manière fort intime.

Le vif éclat que l'on admire à la surface d'un diamant tailU«

oiAMAirr. 169

fi K édncelaDts qui jaillissent de son intérieur, tiennent ars causes, dont les principales sont : sa grande réfirin-

e, et sa transparence parfaite. C'est à tort que la plupart des 8 attribuent ces effets à l'intensité de sa force dispersiye :

pi ^oir dispersif a une valeur fort ordinaire, et inférieure

I de beaucoup d'autres substances, telles que le spinelle,

le eon, les sulfate et carbonate de plomb, et même le flint-

Les substances qui réfractent le plus fortement la lumière

aussi celles qui la réfléchissent le plus abondamment à leur

ace; or, la réfraction moyenne du diamant est plus forte que

[e de tous les autres corps de transparence égale. D'un autre

son indice de réfraction jest considérable, quoique moindre

I lant que celui de Tanaïase, et de plusieurs auires espèces;

CI iéquent, dans le diamant, l'angle limite de la réfraction

très- petit, ce qui revient à dire que le champ dans lequel I i le changement de la réfraction en réflexion totale est

étendu. C'est cette réflexion totale de la lumière transmise ilaaurfiEice infi^rieurc du diamant, qui donne à ce corps tant d*ëclai; car cette espèce de réflexion, lorsqu'elle a lieu à la seconde surface d'un morceau de verre, est déjà si intense qu'on Pa comparée à celle des miroirs métalliques les plus polis. La gnnde transparence du diamant, en rendant son pouvoir d'ab- •orplion excessivement faible, est aussi une des causes qui influent le plus sur la vivacité de son éclat; l'anatase, l'argent veoge, et le chromate de plomb, qui ne le cèdent point au diamant sous le rapport de la réfraction, produisent infiniment BMMDS d'effet à la lumière, parce que ce sont des corps colorée, très-absorbants, et par conséquent d'une faible transparence.On nit que si l'iingle réfringent, formé par deux faces opposées d'un corps transparent, a une valeur au moins double de l'angle limite, aucun des rayons entrés par la première face, ne peut émerger par la seconde, et lous sont renvoyés, sans rien perdre de leur intensité : or, la disposition des facettes que fait naître le lapidaire sur le diamant, est telle qu'elle tend à réaliser le |ilas complètement possible cette condition du phénomène, en aorte que le diamant doit en partie ses plus beaux effets a la forme artificielle qu'on a su lui approprier convenablement.

Les anciens, comme nous l'avons dit, ne connaissaient point Popératîon de la taille; ils n'employaient jamais que des diamants bruts, montrant leur poli naturel, et souvent les angles de lenr forme cristalline, ce qui les faisait appeler des diamants

i^ti coMBUtTiBUBi- «HAnoNiriuz.

àf^BfiM»S'Mnpâê. Lâf taittl« du dMniaii^ ttÊ umf îaiVeiitioii modine^ qui m remonte qu'à Taonëe t^jS. 13b jemie homne dn ftii|ta, Lcmîfde âenpjeo, îmàgiim d'eibplierycr pou* ceito<o|bëMHiosk potousitre même du diamant, obtenue par le fi^octeiÉpeot muhmI de déusr corps de cette espèce. Cette pondre en eosna» Musi» nom êtéffisée. Le premier diamant taille par oo moyen a M achelë par Charlen-le-Tëmëraire, duc de Bourgogne, qui donni à llnTenteur du pi<océdié n>ne rëcoaarpense Gon»idërabkw> Dnn ceVte opération, le lapidavre profite souvent de la propviëté qi/t la pterre de s^ laÎBser cliver. 11 est certain» dîananta qui rëtialcnl an' lapidaire et qall C9t impossible de tailler; ce août ceux qnte appetie diamants de nature. Hs sont rëaerv^ pour lea ▼itriersy ii bien broyés et pulvérises dans un mortier d^acier, de méHictqai tons les dîaoïants de rebut. Ces diamants de nature aont gëné^ ralement des macles, formées de plusieurs cristaux eilGhefétrJi lea un« dans les autres. On a cru remarquer que quelquetKB» décès diamants, impropres à la tailkef et aor clivage^ ofiraîast ittr sorte d'écorce extérieure^ plus dure que le diamant ordinaire*-

Parmi les différentes manières de taillef le diamant, il erii cit detix principales que l'on appelle la taille en kriUamii et la tiûU» en ro9&. Dans la première, qui convient aux pierres épaisses^ on^ firif âaït^ du cdté supérieur une large face, que l'om lïommtk^ tatky et que Ton entoure de facette» rrèff-obliqnes^ le detiMii» qui est h, Cfulasse^ se compose de facettes symétriques^ allongtev qui teiSKleùt à se réunir en une arête commtMne, ou c« nn poinU conmnnfr. Dans la taille en rose, le dessous du dîaœént eut plat» lé d^e^stis s'élève en dôme taillé à fecettes.

Les diamants ^ont fort rares dans la nature : le Brésil, qm de^^ puis un sièdie fournit presque tous ceux que réclament les biH soioff du commerce, n'en produit annuellement qu*une quantité du poids d\e six à sept kilogrammes, qui ont coûté plus d'asmillion de frais d'exploitation ; aussi cette matière, mémo à VéM bràt, est-elle toujours fort chère. Sa haute valeur dans la bijbv> terie dépend sans doute en partie de son extrême raretd; ^ Te^time que Ton a pour cette belle pierre est (ondée \ des qualités réielles, qu'aucune autre substance ne présenté même degré. Le diamant est à la io\s le pluafdur et le plus- Ikdt de tous le» corps doliés de transparence; e naturels pourraient peut-être rivaliser avec Ibi, sous te i de rétldt, s'ils étaient incolorés, mais ils hn seraient bien il rîëurt du c6té dé hi dttilété. Oh fait aVéc dU^MMCft, «WW^é^

élMgé ^ôxydé êé frfôttib, des diamaiHs ârtrficiiéls^ qut i&ùt trl^ AtMehmiê à I* lumière dés bou^s, m^is que la fôdind'i'e pbtti« iikrt Mie; Ils ne peuvent lutter avec le vrai diamant^ quf ééuld k fijrftilèje ie vietHir sans rien perdre de sa betftfté, ni dé Èôit prix. Sa dureté est la sai^ve-ganndPe de sibn poli et de Scm ëdàt, 9fûâ ibnt ioahérâbles.

Lés diàonants, qui ne sont pas susceptibles d'être taillés, se MiÉd^nt à raison de 32 fr. (prix moyen) le carat, ou de i56i fr. lé ^amme. Le carat est dans la vente du diamant une unité de pàlàê, qui vaut environ 4 grains (anciennes mesures), ou o|{k'.to5 (i). Quand lès diamants peuvent être tailtés^ et que leur pùUi est au-dessous d'un carat, ils se vendent bruts à raison de ià fir. te carat (65 fois là valeur de Tor). Mais quand leur poids étpàH^ un cardt, leur prix augmente considérablement, leur Mleor commerciale dépendant â la fois de leur degré dé per- Ctédon et de leur grosseur. Les diamants sont en général (f un |iètlt tolume; les.diamaûts d^une belle eau et d'un poids un peu fikrtsont excessivement rares. Pour les diamants bruts, susceptflllèt (Tëtre taillés, le prix augmente proportionnellement au ékÉré du poids; mais ceux qui sont taillés ont un prix beaucoup |Mus élevé, à cause de la main-d'œuvre, de la perte de poids et éèà chances à courir. On estime la perte qu'un diamant éprouve ffiir la taillé, à la moitié de son poids pris brut, en sorte que pour êoAnaftre la valeur d'un diamant travaillé, il faut commencer p[t doubler leur poids évalué en carats; on FéJève ensuite aii éarrtf et on multiplie par le prix courant d'un carat. Voici, d'après H. Dumas, un tableau approximatif dès prix du diamant taillé, teb qu'ils sont de nos jours :

Le diamant de i carat ^oo à ^5o fr.

2 id 65o à 8ao

3 id i6oo à aooo

4 id ri4oo à 3ooo

5 id 4^00 à 6ooo

]uc lès diamants sont d'une grosseur remarquable, leur Mx augmente suivant une proportion beaucoup plus rapide. Oh n'en connaît que quelques-uns dont le poids ait dépassé

(1) l^Éinrès Jâcquêff Braee, le mot carat ou karat iienàtsAi d'une érytbrine, le (le la fimllle des Légumlpeuses, Dommée kouara, en Afrique, et dont i Doei^ peUU» fèves rouges avec un point noir, sooi employées dans 4U p pieier les perles et leir diairiants.

171 COBfBUSTIBLBS CHARBOMNIUZ.

100 carats. Avant là découverte de YEtoUe duSud, dont nous parlerons bientôt, le plus considérable de ceux qu'on anit trouvés au Brésil, ne pesait que 96 carats; ce diamant vient da Rio de TAbaîte, et appartient au roi de Portugal. Il n'a pas été taillé, et a conservé sa forme octaèdre naturelle.

Presque tous les gros diamants, que Ton appelle diamanb princiers ou diamants parangons^ viennent des mines de llnde. Ils sont si rares, qu'on les connaît à peu près tous; et c'est toat au plus, si Ton en découvre un dans l'espace d'un siècle. Yoiei les plus célèbres, sous le rapport du volume : 1° Le diamant da Rajah de Mattan, à Bornéo. Il pèse 867 carats, plus de jS grammes. Il est, dit-on, de la plus belle eau. 2^ Celui duGrand-Mogol, qui pesait après avoir été taillé, 279 carats, et était gros comme la moitié d'un œuf de poule. Ce diamant, qui a été vu par le voyageur Tavernier, a été évalué par lui à 1 a millions. 3® Le diamant connu dans l'Inde, sous le nom de Koh-i-noor (montagne de lumière) : ce diamant a appartenu à Shah Soodjah,roi de Caboul; le fameux Runjeet-Sing, roi de Lahore, s'en est emparé, et des mains de sou successeur Hira-Sing, il est passé entre celles de la compagnie des Indes, qui en a fait don à la reine d'Angleterre. Ce beau diamant a figuré à FExposition universelle de Londres, en i85i; il a vivement attiré l'attention publique. Il pesait alors 186 carats; mais, sa taille étant défectueuse, on l'a taillé de nouveau, et son poids a été réduit à i aa carats. 4^ Le diamant de l'empereur de Russie, d'une belle eau, mail d'une taille défectueuse, et qui pèse 196 carats. Il est de forme ovale, et de la grosseur d'un œuf de pigeon. Après avoir orné le trône du Shah Nadir, il a été mis dans le commerce et vendu par un américain à l'impératrice Catherine II, après de longues négociations, moyennant une somme de 2,000,000 comptant, une pension viagère, et des lettres de noblesse. 5^ Celui de l'empereur d'Autriche, qui a appartenu au duc de Toscane, et qui pèse 139 carats; il est évalué à 2,600,000 fr. 6^ Celui de la couronne de France, qui est connu sous le nom du PUi ou du Bé" gerU, parce qu'il fut acheté sous la minorité de Louis XY, d'un anglais nommé Pitt, par le duc d'Orléans, alors régent. U fat payé 2,5oo,ooo fr. ; mais on assure qu'il vaut le double de ce prix, en raison de sa forme heureuse et de sa parfaite limpidité. Il est taillé en brillant, et pèse 1 36 carats. Il en pesait 4 10 avant d'être taillé, et a coûté deux années de travail. 7° Le nouveau Koh'i-noor on V Etoile du Sud^ le plus gros des diamants limpides

OfiAPHITB. ïji

trouvés au ftréril. Il vient de la mine de Bogagem^ dans la province de Minas Geraes. Il pesait a54 carats avant la taille, et se trouve réduit maintenant à ia5.

Les usages du diamant sont assez importants, même quand on ne le considère plus comme objet de parure. Sa poudre est emfrfoyée pour polir les pierres fines; son extrême dureté le rend préférable à toute autre matière^ pour former les pivots des pièces d'horlogerie délicates qui deviennent par là inaltérables. On sait enfin que les vitriers se servent des diamants de nature, pour couper le verre. Wollaston a fait une observation curieuse à ce sujet. Il a remarqué que les corps durs, tels que le corin« don et même le quarz, lorsqu'ils sont taillés en un coin tranchant à faces planes, rayaient mais ne fendaient pas le verre, et qu'ils acquièrent cette dernière propriété, lorsque par la taille ou par la cassure ils oflFrent des fragments cunéiformes à faces et arêtes curvilignes; en sorte qu'il parait que le diamant est ledevahle de la propriété de couper le verre, à la courbure naturelle de sa forme extérieure. Ce coin à faces courbes, passé fur le verre le long d'une règle bien droite, ne se borne pas à y tracer une ligne très-fine : elle rend encore le verre cassant, suivant cette direction, en sorte qu'il suffit d'appuyer sur les parties du carreau que sépare cette ligne, pour que le verre se casse ave^ beaucoup de facilité.

2fi Espèce.

Syn. : Plombagine; mine de plomb; carbure de fer; fer carburé.

Caractères essentiels.

Composition définie : G , carbone pur.

Forme fondamentule :1e prisme hexagonal régulier?

Caractères distinctifs.

GéoMBTAïQUEs. — Le graphite se présente assez rarement sous des formes régulières, qui sont des prismes hexaèdres réguliers très-courts, modifiés par une facette sur chacun des bords de la base, et quelquefois sur les arêtes verticales ; ces formes, qui offrent généralement l'apparence de tables ou de lamelles hexagonales, manquent de la précision qui serait nécessaire pour leur détermination rigoureuse : il se pourrait même qu'elles ne fussent que de simples pseudomorphoses. Ce qui aug-

1^4 COMBUtTlBUN «AaBONinRJZ.

i9fiPlQ eMUre mm dlpuiiet sur la omtilliiaiioi] en

iesiobj^rwAtioni d% MN. Ciai-ke «t Nor<l«Q«kiiUa, ^ul n avoir trouvé que la base est inclinée à Taseï et q plfuit de cet(e b^^^ diffÈrent de i ao^. Ibigré ci la p des çridtali^tfi^rapbei allemands «ont d'accord (M «oorid 4U1 m^As fMrov»oir€iDenty ces criataux cooime d 9%9H prîswe heiaçoaal régulier, et coiniAe appartcaant rédle TiMpice doot il s'agit id. Dans cette hypotbèfla» la division la* mellettse à laquelle se prêtent quelquefoia ces cnstauSv P^u^ tlin prise pour un véritable clivage , qui aurait liett d'uM jeaaniàM aasec nette paralléleiaent à la base.

PmYMQVES. — r Demké. i ,8 à 2,4* *-*- Dunté: entre i et a.TaadiVB, ray^e par presque tous les corps, et taohant les doicts; flexible, lorsqu'il est en lames minces ; doux et gras au tons bar*

Caasure : généralement écailleuse, quelquofoia eonapaete.

Aspect extérieiir : opaque ; ayant un éclat n^toUique , 4t «as couleur d'un noir de fer ou d'un gris à-^qiev foncé. Fouasièic noire.

CiBuiQocs. -r- Fusant avec le aidpétre ; brûlant tréardiiScil^ ment au feu d'oxydation du cbalunieau. Ne dc^onani aucfUit Buatiira volatile à la distillation, et ne contenant aucune Mse d'hydffog<ène dans sa composition.

Gomme il laisse presque toujours apràs sa ccuabuaâion aaa certaine quantité de cendre, qui contient beaucoup de fer, ati peu d'oxyde de titane, de ailtce et d'alumine, on a pensé pendant longtemps que c'était une combinaison de cl^rJjon et de fer, un fer percarburé; mais les rechercbes de M. Karsten oat prouvé que le grapliite n'était que du carbone, dans un certain état d'aggrégation , et mélangé accidentellement de particules étrangères; que le fer entre autres ne pouvait y ôtre chkniqnament combiné, puisque le graphite en poudre qu'on laisse digérer avec de l'acide chlorhydrique ne développe aucune trace d'hydrogène, et que l'acide contient le fer dont il s'est emparé k l'état de ferrate d'oxidule. On connaît d'ailleurs aujounniaî du grapkile naturel, qui donne à peine quelques traces de cendres, <(uand on le brûle : tel est celui de Barreros, au 8réfliLIln* fin, on sait que le fer, dont la quantité a varié beaucoup dans les graphites qui ont été analysés, est tout-à-faitnuldanalesifin' pbites artificiels, qui se forment pendant le traitement des nu* nerais de fers dans les hauts-feurneaux. Ces grapliites ne toutt GQUMnc ou l'a pcoi^vé, qu'une variété de charbon pur, qui aa wé-

Umelies ini<»fl^#, tp^^à•&^ ^^fqaU^U^ «U <K^pMve «9Mr«l

Anl|w,TtrMMip,da gniphlt*

jÇaiboneL ..... 53^4 ..... 7J^6 .... 94|j)

Fer 7,9 5,0 .... »»

Chaux et alumine. 86,0 8,4 .... %Jè

Eau. 2,7 SiMce. . 45^ .... w»

¥ififiTBs. I. G*aphùe cristatlùé, ^p potUe^ laixias bexago- Mle09 SMKlifit^ .sur leuri «jcècesi ^mi âur J^eurs ao^les. à TIcouf 4erag^, Ulewi-York et Rhode-IsIaoJ, dang l'Amérique du iSord» «uficoenJaud ^ à Parfis, «n Fiolande; à Ceyian, «ie*

j. Graphke écaWsuXy en petites lamea ou jécaUies brittantftr, i!im bkac d'étain, entassées cionfusément lee unes £i|r ka aniDes.

3. Graphke schisioïde^ composé de leuilLefls ordînairenieBt «Bprbes, qui se dëtaclient difficileiuent, ^t cejBendant permettent iadftvisîoa de la maase dans le sens paraltèle à leur atratificatîott. à Passau.

4* GrofAUe tgrreux aa compacte. En masses ^îses ou d^tto noir mat, à grains très-fins, prenant de l'éclat par le fcolteaient. £je8t «auKtoai .c^te •variété qiji^ l'i^n emploie dans les aria. A Bor- DORrdaie, eo Cuinberlaad.

5. Graphite incrustant, tt- En enduk, ou en pellkulaf auperficielles à la surface ou dans les fissures des roches quarzeuses. Vallée de Chamouny, en Savoie.

Gi^efnents. -— Le graphite se rencoptre généralement dans les t(srr^ns 4e cristfillisation, granitoïdes et schisteux, surtout dfins ceux qui sont stratifiés, comme les terrains de gneiss^ de miscaschistcs, de calca^ire sa,ccharoïde etd^schisjte argileux; il y est disséminé sous la forme de rognoQS, de lamejles^ de veinules ou dfi petits lits, et semble, dans un gjrand nombre de roches schisteuses, avoir pris la place du mica 011 du talc. 11 recouvre ou pénètre quelquefois certains schistes, auxquels il donne une couleur grise ou noire, un éclat plus ou qdpîns métalloïde, et la propriété de tacher. On le trouve aussi dans do véritables roches de sédiment, telles que despsammites (au Qîebichenstein , près de Halle en Saxe; ^<Gumnock, dans TAyrshire, en Eco^e) ; mais c'est toiijours alors dans ji.e vpisi-

176 G0BIBUSTIBLE8 cdiliBoinniui.

nage des roches éruptives ou métamorphiques, et souvent dans celui des grands dépôts d'anthracite ou de houille.

On a observé le graphite au milieu du granité, dans les Pyrénées, aux monts Labour et Barbarisia, et près d'Ur80via;^n Savoie, au mont de Fouilly, dans la vallée de ChamouDy ; et à Ticonderoga, dans Tétat de New-York, aux Etats-Unis. — Dans la syénite, à Pinheiro, en Portugal; à Friederichswârn, enNorwège; et dans Tétat de New -York. — - Dans les porphyres, ou les traps amygdalairesy au Harz et en Angleterre. — Dans les serpentines ou diorites, aux environs de Barèges, dans les Pyrénées. -— Dans le gneiss, à Hafnerzell et Griesbach, près Passau, en Bavière ; dans les Alpes du Saint-Gothard ; à Geylan ; à Baltimore et dans le Massachusetts, aux Etats-Unis d'Amérique. — - Dans le micaschiste, en Ecosse et aux États-Unis. — Danslei phyllades intermédiaires^ près de Morlaix, en France; à Borrowdale, en Cumberland , dans des filons qui traversent des schistes ardoisiers^ et des masses de porphyres pétrosiliceux : il y est associé au spath brunissant et au quarz. — -Dans les schistes cristallins de Tépoque jurassique, avec les anthracites des Alpes, au Col du Chardonnet. — Dans les calcaires blancs saccharoides, à Wunsiedel en Bavière, à Pargas, eu Finlande, au Vésuve; en Pensylvanie, et dans les états de New-York et de New-Jersey, eo Amérique.

De Bournon a observé un graphite naturel , qui , ayant été chaufFé sur place par une houillère embrasée, etf Ecosse, s'était divisé par le retrait en petites colonnes à plusieurs pans.

Annotations,

Le graphite a, par sa forme, son aspect et sa manière d'être la plus ordinaire, de grandes analogies avec la molybdénite ou le sulfure de molybdène. Indépendamment des caractères chimiques, tels que la coloration de la flamme du chalumeau en vert, et l'odeur sulfureuse, qui feront toujours reconnaître fiicîtement le sulfure de molybdène, on a un moyen bien simple de distinguer ces deux corps d'une ressemblance si parfaite. Patte avec frottement sur le papier ou sur un test de faïence ou de porcelaine blanche, le graphite y laisse des traits plus ou moins nets, qui sont de sa propre couleur, c'est-à-dire d'un gris particulier que tout le monde connaît, puisque c'est celui du crayon ordinaire; la molybdénite produit sur les mêmes substances, des traits d'une teinte verdâtre.

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