‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 73 sur 120 · Asphalte · texte numérisé non relu

Asphalte

SjD. : Poix minérale; Goudron minéral; Baume de momie; Bitume

de Judée; Karaté de Sodome,

uùie solide ou glutincux, d'un noir de poix, à cassure bril-

e et couchoïdale , très-fragile , ayant une densité qui varie

i,o5 à i,i6; 'entrant en fusion à la température de Feau

liante; s'enflammant aisément, et biûlant avec une flamme

i et une fumée épaisse , eu laissant peu de cendres. Il s'é-

nëg;ativement par le frottement. Il est presque insoluble

Talcool ; mais il se dissout en très-grande partie dans Fé-

et aussi dansThuile de naphte. Il est composé de carbone,

drogène et d'oxygène, dans des proportions qui sont encore

i aues. Suivant John, il peut être décomposé en trois sub-

u distinctes par différents dissolvants, Talcool, Féther, et

\e de térébenthine ou de naphte.

On peut en distinguer deux variétés principales :

1^ L'Asphalte visqueux. L'asphalte du commerce, appelé i Malthe et Pissasphalte. Il est mou et glutineux , et res- ■emble à de la poix ou du goudron. Il se durcit par le froid et te ramollit par la chaleur. 11 est plus aisément fusible, et plus toloble dans l'alcool que Fasphalte solide ou asphalte proprement dit. On a dit qu'il est mêlé d'un peu d'huile de pétrole, et c'est i la présence de cette huile qu'on a attribué le ramollissement de ce bitume. On Fa donc considéré comme formant une sorte de passage entre le pétrole et Fasphalte, et pouvant se rapprocher d'autant plus de Fun des deux, que l'autre est en plus faible proportion. Quoi qu'il en soit, il parait iuipossible d'établir une ligne nette de démarcation entre cette variété et la suivante.

2^ L'Asphalte solide. Asphalte proprement dit; bitume de Jndëe. Il est solide, d'un noir foncé, et ressemble extérieurement à de la houille compacte ; mais il s'en distingue par sa catture, son odeur plus forte, et sa grande fragilité. Il a été connu de temps immémorial, et il provient principalement, comme Findique son nom, du lac Asphaltite ou de la Mer morte,

Judée.

GùetnerU et usages. — Les asphaltes visqueux, ou bitumes

m!È COMBUSTAstiÊè GâARBràrNEUX.

malthé?^ forment quelquefois des amdë iktég;uliéÀ ou dés c pèces de couches, et présentent un gisement analogue à edh des lignites; d'autres fois, ils imprègnent des couches de schûta de marnes ou de grès, appartenant aux divers étages de la sent géologique. Le malthc se trouve dans une grande partie des lieux où se rencontre le pétrole ,- il s'écoule par les fissurei des roches, et couvre souvent la surface du sol environnant, d'an enduit visqueux et mamelonné. Il imprègne beaucoup deio ches^ particulièrement dans le sol tertiaire, et constitue ainsi ce qu'on appelle les grès, les sables, les calcaires bitumineux; lef argiles, marnes et molasses bitumineuses, etc. Il forme des gîte assez considérables à Orthez et Caupenne, près de Dax, dans le Landes ; à Seissel, près de la Perte du Rhône ; à Lobsann, dan le Bas-Rhin; à Pont-du-Château, en Auvergne, et au Puj la Pège, où il imprègne des wackes et tufs basaltiques» etc. Li plupart de ces bitumes sont employés aujourd'hui à Paris p le dallage des ponts et des trottoirs. On s'en sert encore pourif couverture des édifices et des terrasses, et on a c}ierché aussi 2 les appliquer à la confection d'une nouvelle espèce dé chaussa peur les voitures. En les mêlant à des fragments de pierref meulières, on en fait des pavés très-solides auxquels on doAoc une forme rectangulaire ; on les pose ensuite les uns à côté des autres sur une couche de sable et de ciment bien dressée, paiii on les réunit en un tout imperméable en faisant couler entre leurs joints du bitume fondu.

L'asphalte proprement dit abonde particulièrement en Jud& les anciens Elgyptiens en faisaient usage dans la préparation dé momies, et les murs de Babylone étaient construits en brique cimentées par ce bitume. Il s^élève continuellement du fond di lac Asphaltite, à la surface des eaux, où il arrive dans un certaii état de mollesse; il y flotte, et le vent le pousse dans les akisc et les golfes où on va le recueillir. Par l'exposition à l'ait', il a£ quiert plus de consistance. On voit par un passage de Strabcno que les anciens le regardaient comme un véritable produit vol canique^ opinion qui s'accorde avec celîe de la plupart des'gëà logues modernes. On trouve aussi de l'asphalte en d'autres lieu) où il se produit également à la surface des eaux : tel est eùtt autres un lac de trois milles de tour, qui existe dans iltè d la Trinité, et qui est presque entièrement rempli de bitume; 1 combustible est solide et froid près des bords du lac; n&ail^ ti s'éloignant de ceux-ci^ ocr le voit croître en tempëràtoEf i6^ et

îtifl^'an centre, où il est liquide et bouîllaat^ Il eiiiéte » de andes masse» de bitume au Mexique, &t en Colombie i indo^ piVIvince du Cbooo. Enfin ^ on rencontre , mais en f quantité, des substances bitumineuses analogue» à Faâe, noires, brunes ou rougeâtres, dans les fiions métallifères^ et dans les terrains 'de criêtalii^ation qui les avoisineni : elles y 80Dt associées aux diverses substances que Ton rencontre habitnellemeut dans les gites, telles que la galène, le quarz hyalin, Ubarytine, \é calcaire spatbique, la flaorinoy eto.

AittNttCB. — RÉSINES FOSSILES.

Il existe un certain nombre de substances, d'origine végétale, ^ ne sont ({ue des résines fossiles, c'est-à-dire des snbstanees »U4ifiées, qtn ont découlé de certaine arbres, comme la résind du pin, mais dans les anciens temps géologiques, et que Ton retrouve enfouies dans les couclves du globe» avec les débris des végétaux qui leur ont donné naissance. Ces matières ont un aspect résineux ; elles sont insolubles dans Peau, et plus ou moins solubles dans Falcool et dans les huiles essentielles : telles sont les suivantes.

Page 1