‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 78 sur 120 · I. La présence de Facide succiuique le distingue du mellite · texte numérisé non relu

I. La présence de Facide succiuique le distingue du mellite

nous allons bientôt parler, et de toutes les résines, fossiles

étales^ qui lui ressemblent. Sa pesanteur spécifique est de

: par conséquent, il est presque aussi pesant que Teau de

sur laquelle on le voit flotter quelquefois. Il est cassant,

le dureté médiocre, et cependant il reçoit un assez beau

II est composé, à la manière des substances végétales, de >one 79, hydrogène io,5, et oxygène io,5 : composition qui

PBTient à la formule C^^Il^O.

Le succin est éminemment électrique par le frottement, et il leqaiert ainsi Télectricité résineuse. Cette propriété, qui lui donne le pouvoir d'attirer les corps légers, était connue des mciens, comme l'atteste un autre passage de Pline (2). C'est de wn nom grec, ou du mot electrum que les latins en avaient dréy qu'est venu le nom moderne d* Electricité j que Ton a donné k Ift science qui a pour objet les phénomènes électriques.

Le succin se présente presque constamment en masses mamelonnées ou en rognons, disséminés dans des matières terreuses : ces masses sont ordinairement compactes, à cassure conchoïde; Boavent transparentes, et quelquefois' translucides ou même complètement opaques. Sa couleur varie du jaune miellé au jaune pur et au blanc jaunâtre. Parfois il devient d'un gris-brunâtre, à raison des matières étrangères qui le souillent. On le trouve au milieu des sables, des argiles et des liguites qui appartiennent aux terrains tertiaires inférieurs, dans beaucoup de pays, mais notamment dans l'Allemagne septentrionale, la

(1) SoccîDum. . . . Nascitur defluecte medullà pinci generU orboribus^ ut aBBmi In cerasis, résina piuis.

PUnins : Hitt, nat. Lib. 37. 11.

m Ceterum atlritu di(;itonim accepta caloris animÀ trabuot in se paleas as ftillA arida, qu» IsTia sunt.

ao6 COMBUMmiLBS GHARBeilNEUZ.

Prusse, la OourlaDde, la Livonie, et sHitout smr les horis de f ^ Baltique, depuis Dantzick jusqu'à Memet. U provient i s i(mé des anciennes forêts de conifères, qui, pendant la j iode ^ tiaire inférieure^ couvraient la grande eeintuiie de i i qui s'étendent de l'ouest à l'est, depuis la Hollande ji i Sibérie et au-ddà. Il se furésente constamment en nodules à mÎQjés dont la ^osseur varie depuis celle d'une noisette ji l celle d'une tête d'homme. Le plus gros échantillon connu •( celui du musée de Berlin, qui pèse i3 livres, et a i4 pouces < sa plus grande longueur. Quelquefois le suoctn est »nte4rp< petites plaques dans les couches minces des iignites. Il ren différents corps organiques, qui démontrent bien son ^1 mitiv^ment fluide, et une origine semblable à celle des go el des résines : ce sont des insectes, des feuilles, des tiges ou fl très parties de plantes.

Les lie^z où l'on trouve le sucoin en quantité suffisante p qu'il sort exploité, et en morceaux d'un voturae assez grand p( être travaillés, sont peu nombreux : ceux, au contraire^ où îl montre en petites parties éparses, sont extrêmement nniltipliéB C'est surtout dans la Prusse orientale qu'il abonde, sur les eôl de la Baltique, et principalement aux environs de Kœni{ On l'y extrait pour le compte du gouvernement : mais^ le k des falaises, il s'en détache des portions qui sont entraînées les vagues, et les habitants du pays profitent de la marée mon tante, pour le pécher avec de petits lilets. On trouve aussi i succin en France, à Saint-Poilet (dans le département du Gard à Noyer, près Gisors, à Villers-en-Prayer, près Soissons, et e d'autres points du département de l'Aisne; et à Auteuil^ pr Paris.

Le succin était trës-prisé des anciens, et placé par eux dac leur estime à côté des célèbres vases Murrhins. Il est aussi tri recherché de nos jours, comme objet d'ornement. On le tu vaille, soit en le taillant à la manière des pierres, soit en le tant sur le tour, et l'on en fait des pipes, des pommes de canm des vases et de petits meubles d'agrément. On le reehercli encore pour les propriétés chimiques et médicinales de son acUh ou des produits qui en dérivent.

in« Ordre. SELS ORGANIQUES.

Ira ESFICE. BI^XITB.

Syn. : HorUgsiein, ou Pierre de miel; MeUate ou MeUitate ^alumine,

&d ce jaunâtre oju rpugeâtre, d*un aspect résineux qui

Iç ^térieurement au sx^ccjn, et parait avoir upe origine

lable : car elle se trouve comme lui dans les dëpôjt^ de U*-

pi is elle en diffère^ en ce qu'elle est un sel organi(|ue,

Sxf^^ cpmppsiûon parj^itement définie, et se présente toujoui'^

\ïi\^ pristallin. ËUe est caractérisée par la présence dW acide

tî^ulier (l'acide rpelli tique 7=00^); et d'après les ^nalysps de Vobler, pn peut la considérer comme up mieilitate d'alumine

raté, repfermant un équivalent d'alumine, trpi^ équiv;4qn^ \ de, et dix-buit équivalents d'eau. En poids, eiie e^t comppsée

io,5 d'acide mellitique; i4,3 d'alumine; et 45,9 d'eau* E^l^ cristallise en octaèdre à base carrée de 90^6' à la base, et i i8°i4^

arêtes terminales. Le demi-axe est à la demi-diagonale hori-

tale = 1,34 : I. Elle est tendre, translucide, d'une densité «: 1,6. Elle donne de l'eau dans le tube de verre ; se cbarbonne et brûle au chalumeau, en sorte qu'elle peut prendre place, à côté du succin, dans la classe des combustibles proprement dits. Elle laisse sur le charbon un résidu blanc (d'alumine) qui de- 'vient bleu, lorsqu'on le calcine après l'avoir humecté d'azotate de cobalt. Elle est aisément et complètement soluble dans l'acide azotique, ainsi que dans la solution de potasse. On la trouve à <ÂrterD,en Thuringe, et à Luscbitz, près Bilin, en Bohême, dans le lignite; et aussi, àWalcbow, en Moravie, au milieu d'un grès (le quadersandstein) contenant du charbon.

2« Espèce. GomsTomTE.

Substance blanche, vitreuse, très-fragile, cristallisée en prisme <)roit rhombique de 97^6', et qui parait être un oxalate de chaux

tydratée, de la formule Ca4 -f 7H; elle contient en poids, ^'après une analyse de Heddle : 28,017 ^'^c*^® oxalique; 2i,o55 de chaux; 0,822 de mas;nésie et de soude; 49^^55 d'eau. Chauffée, elle dégage de l'eau, et de l'oxyde de carbone, se convertit 6n carbonate, et fait alors effervescence avec les acides. Auparavant, elle est soluble, mais sans effervescence. On l'a trouvée

ao8 COMBUSTIBLES CSABBONNXUZ.

dans une mine de cuivre des environs de Goniston, en Ontt^ berland.

3« ESPÈCK.

Syn. : Oxalate de chatix,

M. Brooke a décrit (i) une substance particulière, qui parait

être un oxalate de cbaux bydraté, représenté par la formak

Ga-G -f- H, si Ton eu juge d'après une analyse de Sandall^ en a retiré /|9,3 d'acide oxalique; 38,4 ^^ chaux; et I3,3 d Getie substance est en petits cristaux blancs^ très-brillants, ay une dureté comprise entre i et 3, et pour densité i,8. Ges c taux reposent sur la cbalcite, c'est-à-dire sur une chaux ça natée épigène, provenant d'iyae altération de la Gay-Li , l'on croit qu'ils viennent de la Hongrie. Ils sont hémitropes dérivent, suivant M. Miller, d'un prisme klinorhombique dl 100^36'^ dont la base est inclinée à Taxe de 72^4^'- 1^^^* des axes a: 6:cs3 1^67 : i : 1,1 5.

4« Espèce. OXALin.

Syn. : Oxalate de fer; HuniboldUne,

Gomposition atomique : 2Fe€^+ 3H; ou, en poids, d'ap analyses de Rammelslierg :

Acide oxalique 4^9?

Protoxyde de fer 4'j4

Eau i5,9

Substance d'un jaune d'ocre ou d'un jaune de paille, en c taux capillaires, formant des enduits ou des plaques, à la su ou dans l'intérieur des lignites de Gross-Almerode, en Hi < de Koloseruk, près de Bilin, en Bohême. On s'est d'abord mépi sur sa nature, et c'est Rivero qui a reconnu le premier que c*é^ tait un oxalate de fer; il proposa de l'appeler Humboldtine^ nom qui n'a pu être adopté, parce qu'il avait été assigné déjà à uft autre minéral (2).

(1) PhUosophical Magazin^ cahier de juin 1840.

(2) Annales de Chimie et de Physique, 1821, tome XVIII, p. 207.

AppBia)iCB. ^ SELS AMORPHES (d'origine animale).

Lb OnàMO (ou Huano dies Incas).

tte substance sBgulière, dont on doit la connaissance à De >ldt, est d'un jaune sale, d^une odeur forte et ambrée; elle au feu et exhale une odeur ammoniacale. Elle est soiuble

efEeryescence dans^ l'acide azotique à chaud. Après Tévapode la solution, le résidu^ séché avec précaution^ prend une

couleur rouge, caractère qui dénote la présence de Tacide

!. On y a reconnu en effet la présence de l'acide urique,

ide oxalique, et de Tacide phosphorique, avec de 1-ammo-

j de la chaux et de Foxyde de fer, composition analogue

5 de la fiente des oiseaux. C'est en effet un produit orga-

9 qu'on trouve en masses considérables, et qui provient de

imulation des excréments des oiseaux de mer. Il fournit un

fus très-énergique, auquel les côtes du Pérou doivent en leur fertilité. On le trouve en grandes masses, qu'on ex-

e à ciel ouvert, sur une épaisseur qui va quelquefois jusqu'à et vingt mètres, dans un grand nombre d'ilôts et de ro-

) voisins des côtes du Chili et du Pérou (Iles Chincas, prés

>)• Elle est l'objet d'un grand commerce pour les habitants lette ville, et pour ceux de Chancay. On trouve aussi des

^ts de guano dans des iles ou des baies appartenant aux occidentales de l'Afrique. Importé en Europe depuis un

BÎn nombre d'années, ce précieux engrais a donné de bons

Itats, et chaque année il sort des ports d'Angleterre et de

tce un certain nombre de navires, qui vont le chercher fort

au-delà des mers.

Court de Minéralogie. Tome II. 14

211 COBfBCSTIBLKS 8ULFUBEUX.

I. Le Soufre octaèdre^ a* (soufre primînf, Baiiy), 7, pi. 19. C'est l'octaèdre de clivage, dont nous avond donn^ angles ci-dessus. On trouve cette variété à Conilla, en Espt à Césèoe, en Italie; en Sicile, etc. ; et dans un grand nombftdft volcans. Elle se retrouve comme forme domitiante dans part des autres variétés.

a.' Le Soufre basé, Haiiy, a^ p (fig. 9). La variété précède dont les sommets sont rerhplacés chacun par une iace rho parallèle et semblable à la base, p sur a*» 108^21'. A la Q tholica, en Sicile.

3. Le Soufre unitaire (ù t (fig. 10). La variété octaèdre, tée à deux des angles solides latéraux. En Sicile.

4. he Soufre prisme a^ g*^ (fig. 11). Le mèitie octaèdre que latéralement sur les arêtes de la base, en sçrte que I pyramides sont séparées 'par un prisme. ^ sur g*^ioi^5t[ a* sur g^ = i6i**38'. A Conilla, en Espagne.

5. Le Soufre émoussé a*c' (fig. 12). Le irnême, ^mârgiae les arêtes culminantes aiguës, c* sur c* = 'i24*'ai'; 'a*'surc'5 i32*»29*. A Conilla, en Espagne. ; '

6. Le Soufre dioctaèdre a^ a* (fig. 1 3). Le même octaèdre, monté de part et d*autre d'une pyramide quadrangulaire | surbaissée, a' sur a* = 90° i 5' ; 1 1 3** 1 1 ; et 1 27" I *.

7. Le Soufre oclodécimal^ a^à^p. La variété précédedte, i tée aux sommets. A Saint-Boës, département des Land^. AUh nilla, en Espagne. A la Catholica, en Sicile. Datià la Calîlbi

8. Le Soufre équivalent^ Haiiy, cû^c^c^p, La variété précédente, émarginée à l'endroit des arêtes obliques àigaês. A & nilla, Espagne. A la Catliolica, Sicile. ,

On cite encore des cristaux où Ton a observé leâ mod itions b^ eta^. Ces modifications, combinées avec les précède: et avec les faces/?, m, t de la forme fondamentale, donnent! à un grand nombre de formes composées, parmi lesquelles À nous sommes borné à décrire les plus ordinaires. ^

vigna, professeur à TUniversité de Catane, a publié une moiKH graphie i\es cristaux de soufre, observés seulement dans les environs de cette ville, et le nombre f\e& formes différentes qall indique dans ce travail, s'élève à quarante-six.

Variétés de couleur.

Le» principales variétés: de couleur sont: le jauBvpsv ^

801IFBB HATIF. III

GHiMiQoii. — Très-facilement fusible : il entre en fiidon à It température de+ 1 1 1®, et constitue alors un liquide transparent, d'un jaune citrin. Ce liquide conserve sa couleur et sa fluidité jusqu'à + i6o^, où il commence à s'épaissir et à prendre une tebte brune (soufre mou). Il est tellement épais vers+ 220®, que l'on peut renverser le vase qui le contient, sans qu'il s'écoule : dans cet état, il est d'un noir brunâtre. CbaufFé jusqu'à +4oo%en vaisseaqz clos, il redevient fluide, entre en ébullition» et se volatilise : sa vapeur est d'un rouge-orangé. Les différents degrés de consistance, de couleur, et même de densité que présente le soufre, en passant par les températures que nous venons d'indiquer, tiennent sans doute aux cbangements que nbit alors sa constitution moléculaire. En partant de la température de III®, à laquelle il commence à se fondre, si on le laisse refroidir lentement, il cristallise en prismes obliques, à bases rbombes, et par conséquent sous une forme incompatible avec celle qui se rapporte à tous les cristaux naturels : nous reviendrons bientôt sur cette circonstance remarquable de dimorpbisme.

Le soufre exhale une odeur particulière par le frottement. Il se brise en éclats lorsqu'on le chauffe d'une manière brusque, ee qui fait qu^on entend une sorte de petit craquement, quand on le serre dans la main.

Le soufre est très-combustible : il s'enflamme aisément, brûle avec une flamme-bleue, sans laisser de résidu, et en répandant des vapeurs acres et suffocantes, qui sont de l'acide sulfureux. U est soluble dans le sulfure de carbone, le chlorure ^de soufre, la benzine, le naphte, les huiles grasses, etc.

Le soufre naturel est généralement composé de soufre pur, et par conséquent dans Tëtat actuel de nos connaissances chimiques, c'est un corps simple; mais il est quelquefois mélangé de bitume, qui le colore en brun, de sélénium, qui lui donne une teinte rouge, et quelquefois de matières terreuses.

YARIETÉS DE FORMES.

Formes détermènables.

Modifications principales : sur les arêtes : 61, ci, ^1. — sur les angles : a^ os, a».

Les principales formes simples ou combinaisons observées P^mi les formes cristallines du soufre, sont les suivantes :

213 COBfBUSTIBLKS SULFUBEUX.

I. Le Soufre octaèdre^ a* (soufre primitif, Haiîy), fig. 7 pi. 19. C'est Foctaèdre de clivage, dont nous avons donné le^ angles ci-dessus. On trouve cette variété à Coniliâ, en Espagne à Césèoe, en Italie; en Sicile, etc. ; et dans un grand nombre âi volcans. Elle se retrouve comme forme dominante dans la plupart des autres variétés.

a.* Le Soufre basé, Haiiyi a^ p (fig. 9). La variété précédente dont les sommets sont rerhplacés chacun par une face rhombe parallèle et semblable à la base, p sur a^» 108^21'. A la Cà tholica, en Sicile.

3. Le Soufre unitaire a} t (fig. 10). La variété octaèdre, époib tée à deux des angles solides latéraux. En Sicile.

4. Lie Soufre prisme a} g*^ (fig. 11). Le mèilne octaèdre trou que latéralement sur les arêtes de la base^ en sçrte que les deiu pyramides sont séparées 'par un prisme. ^ sur g^= 101^59' a* sur g^ = i6i**38'. A Conilla, en Espagne.

5. Le Soufre émoussé a^ c^ (fig. 12). Le même, ^mârgîné les arêtes culminantes aiguës, c* sur c* = 124^21'; 'a*'sur c*s i32*»29\ A Conilla, en Espagne.

6. Le Soufre dioctaèdre a* a* (fig. 1 3). Le même octaèdre, monté de part et d*autre d'une pyramide quadrangutairé'pln surbaissée, a' sur a* = 90P 1 5' ; 1 1 3° 1 1 ; et 1 27® I \

7. he Soufre octodécimal, a^a^p, La variété précédedCe, ëjpou tée aux sommets. A Saint-Boës, département des Landes. À fj nilla, en Espagne. A la Catholica, en Sicile. Dati^ la CafîfbAiii

8. Le Soufre équivalent^ Haiiy, a^câc^p. La variété pr&t dente, émarginée à l'endroit des arêtes obliques aigués. A C nilla, Espagne. A la Catholica^ Sicile.

On cite encore des cristaux où Ton a observé les modiâc tions b^ eia^. Ces modifications, combinées avec les prëcédeiili et avec les faces/?, m, t de la forme fondamentale, donnent'lti à un grand nombre de formes composées, parmi lesquelles noi nous sommes borné à décrire les plus ordinaires. M. Mav vigna, professeur à TUniversité de Catane, a publié une mon graphie des cristaux de soufre, observés seulement dans les e virons de cette ville, et le nombre des formes différentes qu indique dans ce travail, s'élève à quarante-six.

Fariëtés de couleur.

Les principales variétés de couleur sont: le jaune pw^

SOUFBE NATIF. ai3

\me de citron ou, jaune d'huile (cristaux de Conilla); le jauus oQJeQé ou jaune rougeâtre (cristaux de Sicile); le jaune verdâtre (cristaux de Cësène) ; le brunâtre , le grisâtre et le blanchâtre. Ces dernières couleurs, jointes à Topacité^ paraissent dnet à un mélange du soufre avec une matière argileuse ou bitumineuse. Quant à la teinte rouge, assez ordinaire dans les cristaux de la Sicile et dans ceux des terrains volcaniques, quelques minéralogistes l'ont attribuée à la présence d'une certaine quan- ^ de réalgar, d'autres à celle du fer combiné avec le soufre. IL Stromeyer, ayant recherché la nature du principe qui co- Ipre en rouge-orangé le soufre sublimé de Vulcano, une des ijesliipari, a reconnu que c'était une combinaison naturelle o« <tn mélange de soufre et de sélénium (i)« Nous reviendrons plus Ipin sur le soufre sélénifère.

Fariétéê de texture et d'aspect.

Soufre vitreux. — Texture, cassure et éclat vitreux, passant <}aelqaefois à l'éclat de résine; transparence presque parfaite. Ou demi-transparence. Cassure ordinairement* conchoïde.

Soufre fibreux ou acicidaire. — En masses «tratiformes, composées d'aiguilles cristallines (la Guadeloupe), ou en concrétions ^uo jaune blanchâtre, à texture fibreuse et presque compacte, formant des lits de plusieurs pouces d'épaisseur. A Saint-Philippe, ^n Toscane, et dans la grollc de San-Fedele, près de Sienne.

Soufre dendritique, — En petits octaèdres groupés à la file les uns des autres, et composant des faisceaux de fibres, striées transversalement. Soufre strié des volcans, ^

Soufre concréiionné en stalactites cylindroïdes , d'un jauneorangé, ou en croûtes mamelonnées. Cratère de Vulcano.

Soufre compacte. — En masses amorphes, d'un blanc ou d'un gris-jaunâtre, associées au soufre cristallisé des terrains de sédiment, en Sicile (Mazzarino); en Italie (Césène); en France (Malvesi, près Narbonne). En nodules d'un brun hépatique, à Radaboy, en Croatie.

Soufre pulvéruletU ; ûeurs de soufre. —En petites masses terreuses, composées de particules faiblement aggrégées (Mazzarino); ou sous la forme d'un enduit jaunâtre, ou d'une poudre blanchâtre, à la surface des laves; dans Tintérieur des silex géo-

\1) ArchiTOfl de Kestner, 1. 1^ p. 326; et Journal phUosopf^* d^EdinibOîirff^

ai/j COMBUSTIBLES SULFUREUX,

diques (La Charité, près Besançon, département du Doabi-;et dans le département de la Haute-Saône); dans les lignites d*Artem, en Thurînçe; dans les marnes arf;ileuges de Montmartre, près Paris; et dans tous les lieux où il y a des eaux sulfureuies* et des matières organiques en décomposition.

Soufre pseudomorphique. — Sous des formes empruntées i des graines de chara, ou à des coquilles du genre planorbe (en Aragon).

Gisements et localités. — Le soufre affecte différentes manière* d'être dans la nature. Il ne forme pas à lui seul de roche, ni de gîte proprement dit, mais il se rencontre dans des terrains de diverses natures, et de diverses époques, tantôt implanté en eriitaux sur les roches qui les composent, tantôt disséminé dans lent masse en petits lits, en nids, nodules ou amas plus ou rooîni volumineux, quelquefois en particules presque imperceptibles, et comme ciment de la roche, tantôt enfin en enduit pulvérulent à sa surface. On le trouve aussi au milieu des filons qui traversent les roches de différents âges.

Dans les terrains primordiaux de cristallisation (terrains primitifs, ou métamorphiques), il n'est pas très-abondant, et c'est presque uniquement dans le Nouveau-Monde que se trouvent les seuls exemples que Ton connaisse de ce gisement. De Bôm a cité du soufre granulaire, disséminé dans un micaschiste, ï Glashutte, près de Schemnilz en Hongrie. De Humboldt a observé cette substance dans un quarzite subordonné au micti schiste, à Ticsan, dans les Andes de Quito; dans le porphyre, M volcan de TAntisana, et à l'Azufiraly près la ville d'Ibarra. M. d'E» chwege a trouvé du soufre disséminé dans un calcaire subor donné à un phyllade du même âge que celui auquel est super posée l'itacolumite, à Serro-do-Frio, près San-Antonio Pereira au Brésil. L'itacolumite, cette roche si abondamment répandui dans cette partie du Brésil, est pénétrée elle-même de particuli de soufre; car, réduite en plaques minces et fortement chauffiSe elle brûle avec une flamme bleue. Enfin, on a cité du soufre dnro le calcaire saccharoïde de Carrare, sur la côte de la Méditerranée entre Gênes et Lucques.

Dans les terrains de sédiment primaires (ou anciens terraini intermédiaires), le soufre se rencontre aussi, mais assez rarement On le trouve en masse au milieu des gypses des glaciers de Gebrulaz, près de Pesey, dans la Tarentaise, et dans eeax de rOîsans eu Dauphiné; on l'a trouvé aussi dans des ealcairea <

80UFRS HATIF. 11 5

même âge, à SublÎD, non loin de Bévîeux, au canton de Berne en Mme. De Humboldt Ta observe avec l'or aa Pérou, dans les Andes de Caxamarca, entre Curimayo et Alto del Tuai, sur la limite des porphyres intermédiaires et du calcaire pénéen, dans des masses puissantes de quarz, qui sont parallèles au grès rouge. Enfin, Beudant Ta trouvé à Kalinka, en Hongrie^ sur la pente •qHentrionale de fOsztroszky, dans une roche qu'il a signalée tm le terrain de diorite porphyroïde.

Dans ie^ terrains de sédiment proprement dits, inférieurs et moyens, le soufre est beaucoup plus abondant. Son principal (isement est au milieu des gypses, des calcaires et des marnes •rgileuses des dépôts salifères ; mais il se montre aussi au milieu de^ roches analogues des terrains de sédiment supérieurs. On le trouve dans ces roches en nids plus ou moins étendus, qui vont quelquefois jusqu'à plusieurs pieds d'épaisseur, en veines ou en amas, postérieurs aux couches qui les renferment. U y est associé presque constamment au gypse, au sel marin et à la célestine (en Sicile); plus rarement au bitume (Saint-Boês, près de Dax, dans les Landes). C'est de ces terrains que proviennent les plus beaux groupes de cristaux connus, savoir : ceu^ de Gonilla, près de Gibraltar, à huit lieues de Cadix ; ceux de Césène, à six lieues de Ravennes , sur l'Adriatique ; et ceux de Girgenti , du Val di Noto, et du Val de Mazzara, en Sicile. Le soUfre de Conilla, d'un jaune citron, est dans une marne argileuse grise, endurcie^ contenant du calcaire spathique en petits cristaux, du quarz, et de la célestine bleuâtre; celui de Saint-Boês, près de Dax, est dans an calcaire appartenant à l'époque crétacée. Le soufre de Sicile, de couleur jaune ou miellée, et quelquefois verdâtre, est en bancs horizontaux très-puissants, qui reposent sur un schiste sablonneux. Le soufre dans ces bancs est mêlé de marne grise endurcie, de calcaire gris avec de beaux cristaux de gypse, de calcaire apathique souvent concrétionné, et de célestine blanche en cristaux très-nets et parfois trés-volumineux (la Catholica, près de Girgenti). Ces dépôts paraissent être de l'époque tertiaire, ainsi que ceux des bords de l'Adriatique. Le soufre de Césène est, comme ceux de Sicile et d'Espagne, dans une marne argileuse grise, endurcie ; il est accompagné de célestine blanche, et quelquefois de cristaux d'aragonite semblables à ceux de l'Espagne. En plusieurs points de la Sicile et de l'Italie, à Occhio, et dans le Val de Noto, à Pefetta, près de Sienne, le soufre est disséminé dans un grès quarzeux. Ou a trouvé aussi du soufre daai les

ai6 COBfBUCTIBLES SUmBEUX.

gypses ou les argiles des salines de la LorraÎDe, do pays et Hanovre , de la Thuringe et de la Hongrie ; dans les mines de sel de Wicliczka, en Galicie; au milieu des ligpaites.d'Artem, Tburinge, et des sables qui accompagnent le lignite'à près Bonn ; dans la pierre à plâtre, eu Provence, et aux envi de Meaux, et dans la marne argileuse, à Montmartre, près! Enfin, on le rencontre quelquefois, sous forme pulvérulente, d l'intérieur des nodules aplatis de silex, que Ton trouve àla< rite, département du Doubs, et dans plusieurs partie|des tements du Jura et de la Haute-Saône.

Le soufre se rencontre fréquemment dans le voisinage < eaux tbermales, dans lesquelles il est tenu en dissolution à Vi d'acide sulfliydrique, ou à l'état de sulfate soluble. Ces «aux é^ posent journellement du soufre en poudre autour des lieux d'aà elles sourdent:ce soufre pulvérulent provient, soit de la décom» position de Tliydrogène sulfuré, par Faction de la chaleur et de Toxygène dissous dans l'eau; soit de la décomposition des sot fates par des agents réducteurs, tels que des matières organiques C'est ce que l'on observe aux eaux thermales d'Aix-la-Chapelk^ d'Aix en Savoie , de Tivoli , de Balaruc , de Saint-Boés , près de Dax, etc. Les eaux minérales d'Enghien-Montmorency» près de Paris, qui paraissent sourdre à travers le gypse grossier, produisent également du soufre en pellicules minces et blanchâtres. Enfin, ce combustible se forme journellement dans nos m*arai% dans nos étangs, et dans tous les lieux où se trouvent des matièrei animales et végétales en putréfaction , tels que les ëgoûls , kl fosses d'aisance, etc.

Dans les filons, et particulièrement dans ceux tie cuivre pyrir teux et de galène. Le soufre a été trouvé dans l'intérieur des filons de cuivre pyrileux qui traversent le granité, à Riepoldsao, en Souabe ; dans les filons de galène du calcaire interuiédiaire du pays de Siegen ; dans les filons aurifères d'Ekaterinebourg, et dans les monts Altaï, en Sibérie. On le cite égalemept dam les filons métallifères de la montagne de Cbalanches , en Daiaphiné; de Truskawice, dans le cercle de Sambor, en Gallicie; de Bries, Herrengrund et Bresno-Banya, en Hongrie, etc.

Dans les terrains volcaniques. Lo soufre est extrêmement r^re dans ;les terrains pyrogènes anciens. On n'en cite qu'un seid exemple dans le basalte, à l'île Bourbon. Le trachyte en a ofFert dans quelques points, comme au Mont-Dore en France, à Budoar Hegy, en Transylvanie, à Monserrat dans les petite3 Aotill^Si il

l'imigaDa dans les Andes de Quito, etc. Mais les volcans en ao tivitj, et surtout les volcans à demi-éteints, le fournissent en tii»^ande quantité (le Vésuve, i'Ëtna, les volcans d'Islande, ^es îles de Ténérife et de Lanccrote , de la Guadeloupe, de Sainte* Lucie, de Saint-Domingue, de Java, et d'Owaibit Tune des Iles Sandwich). Le soufre, sublimé par l'action des feux volcaniques, te dépose à la surface des laves, où il forme des croûtes et des concrétions , et on le retrouve , à la profondeur de quelques fieds^ dans le sol encore fumant qui avoisine les vieux cratères. C^st surtout dans les solfatares ou soufrières naturelles, qui sont volcans à demi-éteints, des cratères encore fumants d'anvolcans affaissés, que le soufre est le plus répandu. U de à Yulcano, une des îles Lipari; en Islande, dans les cts de Husevick et de Krysevick, situés aux extrémités opposées de nie; le soufre y est en si grande quantité, qu'on U asse à la pelle jusqu'à la profondeur de trois à quatre pieds; àP( le, près de Naples, dont le vieux cratère, qui porte le 0 le solfatare par excellence, a été exploité de toute antité, et où le soufre se renouvelle perpétuellement.

Annotations, — Emploi et préparation du soufre.

Le soufre, que Ton fait cristalliser par des moyens artificiels^ s des circonstances différentes de température, présente un exemple remarquable de dimorphisme : on peut l'obtenir en effet soi|s des formes régulières appartenant à deux systèmes différents de cristallisation, et par conséquent tout-à-fait incompatibles. On savait, depuis Rouelle, qu'en faisant fondre du soufre dans un creuset, le laissant refroidir lentement jusqu'au point d'être figé seulement à la surface, puis brisant cette croûte superficielle, pour décanter les parties encore fluides à Tintérieur, on avait ainsi une sorte de géode tapissée de cristaux de soufi*e en aiguilles prismatiques qui se croisent dans différentes directions. Mais, quoique leur forme ne fût pas très-difBcile à déterminer, on n'avait pas encore prouvé son incompatibilité avec celle des cristaux naturels. M. Mitscberlicb (1) a fait voir le premier que ces cristaux en aiguilles étaient des prismes obliques à bases rbombes (fig. i4> pl- '9)> susceptibles de clivage parallèlement à leurs faces, et dans lesquels les pans m, m, font entre eux l'angle de 90^32', tandis que la base/; est inclinée sur

(1) àmêks â$ XJMmfe et 4$ Physiqm, t. XXIY^ p. 964.

31 8 COMBUSTIBLES SCLPUREUZ.

eux de 94^5'. La fig. 1 5 représente une des formes secondaires Aa soufre fondu : le caractère de symétrie qui résulte de la dîspoiition des facettes t^neidk l'égard de la forme dominante, montn bien évidemment que celle-ci est un prisme rhomboldal oblique^ et que par conséquent le système cristallin est le klino-rhombt que. D'après les mesures de M. Mitscherlicli , FincidencedeP sur Taxe, ou sur la face d, est égale à yS^^6\ et celle de nsurijf àgo'^iS'.

Les cristaux prismatiques de soufre fondu sont, aa m< de leur formation, d'une transparence parfaite ; mais en se n* firoidissant, ils la perdent, deviennent opaques et friables, et présentent alors une cassure mate. Ce passage rapide de la uamparcnce à l'opacité provient de ce que la structure -molécalaîn du soufre fondu ne peut subsister qu'à une .température d'ei^ virou 11 i°;et que par suite du refroidissement, ellesetransfemie brusquement en celle qui est propre aux cristaux du soufre naturel, qui se sont produits à une température beaucoup f basse. La forme extérieure est conservée, mais la constitalioi moléculaire est changée, et aussi la densité, qui est plus failih dans le soufre fondu. C'est une modification épigënique , qni nous fournit une nouvelle preuve de ce fait, que, même à l'eut solide, les atomes chimiques d'un corps peuvent se grouper attrement, quand la température vient à varier, et qu'ils prennent toujours le mode d'arrangement qui convient à leur tempAnture.

Le soufre, qui a cristallisé par voie humide, c'est-à-dire pir voie de dissolution préalable dans un liquide, que Ton fait ensuite évaporer lentement, présente toujours les formes du aji^ tème rhombique, qui sont celles des cristaux de soufre natarcL Si, comme il résulte des expériences de M. Mitscheriicfa, en laisse évaporer du sulfure de carbone, tenant du soufre pur en solution, ou si, comme l'a fait anciennement Pelletier^ oo lains refî^oidirde l'huile de térébenthine, dans laquelle on a diasoiM du soufre à l'aide de la chaleur, on obtient constamment des cristaux en octaèdres à bases rhombes, dont la forme est absolument identique avec celle des cristaux de la nature tant ceux des terrains volcaniques que ceux des terrains de sëdiment D'un autre côté, la vapeur de soufre, quand elle a été refroidie au-dessous de 1 1 1®, sans passer par l'état solide, se dépose de même sous la forme de petits cristaux octaèdres^ semblables aaz précédents. C^est ainsi que cristallise dans les volcans le aoiyfve

«OUFRE NATfP SIC

qui se dégage des assures du sol ; on observe la même forme àuM ceux qui se produisent sur les amas de minerai soumis au grillage.

Le soufre, considéré d'une manière générale comme substance chimique, offre donc un nouvel exemple de dimorphisme,qui,au moment où il a été signalé pour la première fois par M. Mitseheriich, a paru d'autant plus remarquable, qu'il avait lieu ici dans un corps réputé simple. Mais ce fait, si intéressant pour b chimie minérale et pour l'histoire de la cristallisation, importe peu à la méthode minéralogique, puisque le soufre na* torel ne se rencontre que sous les formes d'un seul système orislaliin, savoir : le système orthorhombique.

Usages, — La propriété qu'a le soufre de brûler à une température peu élevée^ le fait employer avec succès pour se procurer facilement du feu, en déterminant par son moyen la combustion dans d'autres corps moins inflammables. A Paris, la fabrication des allumettes forme une branche d'industrie d'une assez grande importance. L'acide sulfureux, que l'on produit par la combustion du soufre, peut servir utilement à blanchir les tissus, et principalement les soies; à désinfecter l'air dans les endroits où il est vicié; à faire périr les mites et autres insectes destructeurs^ dans les collections de zoologie. Ce même acide,ayaut la propriété d'éteindre subitement les corps enflammésj sert à étouffer le feu quand il se manifeste dans une cheminée,* il suffit pour cela de jeter une poignée de soufre en poudre dans le foyer.

On emploie encore le soufre pour sceller le fer dans la pierre; pour former des moules, et pour prendre des empreintes de pierres gravées. Mais ses principaux usages sont de servir à la préparation de la poudre à canon, et à celle de Tacide sulfurique, l'un des produits chimiques les plus importants. Le soufre entre pour uu dixième, et quelquefois pour un cinquième, dans la compo- «tion de la poudre, où il est mêlé au nitre et au cbarbon. C'est encore par le concours du nitre et du soufre que Ton se procure en grand l'acide sulfurique, et dans cette opération le soufre est pour les neuf-dixièmes, et le nitre pour un dixième seulement. On pdut juger par là de l'énorme quantité de ce combustible que consomment les arts chimiques. La médecine s'en sert à l'extérieur contre les maladies de la peau^ et à l'intérieur contre les maladies chroniques du poumon et des viscères abdominaux. Extérieurement^ on l'applique sous forme d'onguent,

2aO COMBUSTIBLES SDLFDBZUZ.

en le mêlant aux corps gras, tels que le cérat ou la grCîsse da porc; iatérieurement, ou le donne sous forme de pantillea, quck quefois à la dose d'un gros par jour. Enfin, il est la hase des eaux dites sulfureuses ou hépatiques.

Préparation. — On se procure le soufre de deux maiiiirei-: en le recueillant immédiatement dans les solfatares et autres terrains où la nature nous l'offre à l'état isolée et le saparant^ensuite des matières terreuses avec lesquelles il est mélangé ; on bien , en l'extrayant des pyrites, c'est-à-dire des composés qu'il forme avec le fer et le cuivre, et qui sont abondamment répandus dans l'intérieur de la terre. Pour purifier le soufre des terrains volcaniques ou autres qui le contiennent à l'état de mélange avec des matières terreuses, on place le minerai dans des pots de terre, que l'on chauffe tous^ensemble dans un long fourneau nommé galère. Ces pots communiquent avec d'autres qui sont percés à leur fond, par des tuyaux de terre. Le soufre, -déjà débarrassé de la plus grande partie des matières dont il étak mêlé, se sublime, s'écoule par les tuyaux dans les récipients, ti va tomber dans des seaux de bois pleins d'eau, où il se flge. Dans cet état, il porte le nom de soufre brut, et n'est pas encore parfaitement pur. Pour achever de le purifier, on le soamet dans une chambre de plomb à une nouvelle distillation , que l'on conduit de manière à ce que l'on puisse obtenir le soufre à volonté sous forme liquide, ou sous forme pulvérulente. -Dansle premier cas, le soufre va se mouler dans des cylindres de bois, et produit ce que Fon connaît dans le commerce sous le nom de soufre en canon. Dans le second cas, on obtient cette poudre impalpable d'un beau jaune, qu'on nomme^tir de soufre à cause de sa pureté.

Quant au soufire que l'on extrait des pyrites, c'est encore par une distillation qu'on parvient à Tobtenir, en chauffant le minerai dans des cylindres de terre inclinés .. qui traversent im fourneau , et qui communiquent avec des récipients rempl» d'eau. Une partie seulement du soufre se volatilise dans cette opération.

C'est de Sicile et de la Solfatare, près de Naples, que provient la plus grande partie du soufre qu'on emploie en France et daae le midi de l'Europe : aussi l'extraction de ce combustible a-t-eOe lieu sur ces points d'une maniî^re très-active.

Le soufre n'existe pas seidement dans la nature à l'état >de pureté ou de simple mélange; on le trouve ausfi àFdtat 4eoanh

binaisoB intime avec Toxygène et avec difFcrents mëcaux, et itoittàot Ainsi des oxydes (acides sulfureux et sulfurique), des strifbres et des sulfates métalliques. L'ordre des sulfures est l'un deif plus importauts de toute la minéralo{];ie, par le grand nombre éeê espèces qu'il comprend, et parmi lesquelles se rencontrent les ninerais dont on retire la plupart des métaux usuels.

2« Espèce.

1^. ; SMÂfre sélénié; Sulfiire de sélénium; Selensckvœfpl; Stromêytr,

Composition chimique : Se, S.

Substaiirce d'un jaune orangé, qui forme de petites croûtes

torées, mêlées de sel ammoniac, dans le cratère de Vulcano, pstiilE volcan âeê Iles Lipari^ non loin de la Sicile. Elle est comfttsiée de* sélénium et de soufre; Stromeyer l'a considérée comme msulfure de sélénium, mêlé d'une petite quantité de sulfure #aMenic. 'Mais, h raison de l'isomorphisme très-probable dû sélénium et du soufre, on pourrait aussi l'envisager comme un simple mélange en proportions indéfinies de ces deux substances élémentaires. Pour se prononcer d'une manière définitive entre l'une ou l'autre de ces opinions, il faut attendre que sa composition chimique soit mieux connue. Suivant Mitscherlich, ses cristaux, rouges par transparence, appartiendraient au système klinorhombique. Dana cite la même substance dans le volcan Rilauea, aux ilcs Sandwich. Del Rio prétend avoir trouvé le sélénium natif, à Culebras, au Mexique. Il se rencontre aussi en petite quantité dans le soufre qui provient du grillage des pyrites de Fahlun, en Suède, et c'est là que Berzëlius a reconnu le séléniivn pour la première fois, en 1817.

Le sélénium est un corps simple, métalloïde, solide à la température ordinaire, et qui, par ses propriétés physiques et chi-' miques, vient se placer entre le soufre et le tellure : son aspect et sa couleur peuvent éprouver des modifications, comme dans le premier de ces deux corps : co&ime le second, il offre quelquefois l'éclat métallique, mais dans quelque état qu'il se présente^ sa poudre est d'un rouge foncé. Le sélénium, fondu et refroidi subitement, se prend en une masse noire brillante, qui^ vue en lames minces par transparence, paraît rouge. Sa densité = 4*28, Chauffé de nouveau et refroidi lentement, il est d'un gris foncé, d'un aspect cristallin, et d'une densité de 498. Le sélénium fond à 217% bout à 700°, et se transforme en un gaz

333 GOMBUtTIBUES SULFITBXUZ.

jaune, qui, en se refroidissant et se condensant, donne lien k un sublime de couleur rouge. Chauffé à l'air, le sélénium hvûk avec une flamme d'un bleu-rougeàtre, eu répandant une forte odeur de rave, qui tient un peu de celle du chou pourri*. Dans ses combinaisons, le sélénium a la plus grande analogie avec le soufre. Comme ce dernier, il joue le rôle de principe ëleetfonégatif à l'égard des radicaux métalliques, et constitue des séléniures, isomorphes avec les sulfures correspondants. Tous les minerais sélénifbres se reconnaissent aisément au sublimé rouge, ou à Todeur de rave qu'ils donnent, lorsqu'on les chauffe dans le tube fermé ou dans le tube ouvert.

M. Mitscherlich a obtenu des cristaux de sélénium, par diasi^ lution dans le sulfure de carbone. Suivant cet habile chimisli et cristallographe, ces cristaux, rouges par transparence, appav* tiendraient au système klinorhombique, et dériveraient cFwf prisme oblique rhomboïdal de 76^30', dont la base serait indfr née à Taxe de io4°6'. Cette forme est très-rapprochée de celki di réalgar ou sulfure rouge d'arsenic.

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