‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 83 sur 120 · Or rhodifère. -7- Voyez plus haut Bhodium aurifère · texte numérisé non relu

Or rhodifère. -7- Voyez plus haut Bhodium aurifère

15« Espèce. Pultoib.

Métal d'un gris d'acier, tirant sur le blanc d'argent^ et qui idoit son nom à cette ressemblance avec un des métaux les plus eonnus; ce nom est un diminutif du mot Pla ta, qui désigne l'argent en langue espagnole. Les premières découvertes de ce métal ont eu lieu en 1735, dans les provinces de Choco et de Barbacoas, en Colombie. 11 a été apporté en Europe, pour la première fois, en 174 1 9 par don Antonio de Ulloa. 11 se présente tODJours, comme l'or d'ail uvion, sous la forme de pépites ou de graiiM arrondis et comme roulés, plus ou qaoins volumineux,

388 MÉTAUX NATirS

mais en général fort petits^ à surface rugueuse et même caierneuse, et dans les cavités desquels on aperçoit quelquefois dei traces de cristallisation régulière : ce sont des indices de petits cubes, ou, plus rarement, d'octaèdres réguliers.

Le platine est malléable, mais très-peu dilatable. Il est infasible au feu le plus violent de nos fourneaux, et au chalumeau ordinaire ; mais il fond au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène, ou entre les charbons qui terminent les eonducteiin d'une forte pile. Il jouit, comme le fer, de la propriété de se lainer forger et souder à lui-même à la chaleur blanche. Il est inaltérable à Tair, inattaquable par les acides ordinaires, et ne le laissant dissoudre, comme l'or, que par Teau régale; sa dissolution par ce liquide est d*un brun-rougeâtre. 11 est attaqué à la chaleur rouge par les alcalis solides ; il l'est aussi, mais difficilement, parles métalloïdes, tels que le soufre, le phosphore et l'a^ senic; un peu plus facilement par le silicium, lorsqu'on le chauffe avec un mélange de silice et de charbon.

Le platine a été regardé jusqu'à présent comme le plus loard de tous les métaux, et par conséquent de tous les corps conaus: il paraîtrait cependant que l'iridium natif, un des métaux qd accompagnent ordinairement le platine dans ses gisements, aurait une densité plus considérable de 22,8 selon M. G. Rose, et même de 23,5 selon M. Breithaupt; tandis que celle du platine varierait de 16 à 21. Le platine natif étant ordinairement en masses poreuses et comme cariées, et de plus fréquemment mélangé de fer, sa densité doit varier beaucoup, selon les différences de la structure ou de la composition : la densité du platine natif est, en moyenne, de 17,6; celle du platine fondu, de 19,7; et enfin, celle du platine purifié et écroui, de 21, 5. La dureté du platine est de 4* ••5, à peu près égale à celle du fer. lise lamine et se. laisse passer à la filière avec facilité, ce qui permet de le réduire en feuilles très-minces, et de le tirer en fils trèsdéliés. Sa ténacité est considérable et ne le cède guère à celle du fer. Il reçoit un beau poli, et conserve son brillant pendant très-longtemps. Il peut s'allier avec presque tous les métaux.

Le platine natif n'étant jamais parfaitement pur, mais ordinairement mélangé avec différents métaux isomorphes, on peut, sous le rapport de la composition, distinguer plusieurs Tariélés dans l'espèce :

1. Le platine ferrif ère, de couleur foncée, et d'une densité au plus égale à 17. Il contient jusqu'à 12 et i3 pour cent de

COBIQUES. 289

fermée il est souvent mag^néiique; à Niscbnc-Tagilsk, dans les molls Ourals.

s. Le plaiine polyxène^ de Hausmann; ainsi nommé, parce qu'il donne en quelque sorte dans sa niasse Fliospitalité à un pand nombre de métaux rares, tels que le palladium, Fosaium, l'iridium, le rhodium et le rullicnium. La découverte de Ilpl,upart de ces méiaux a clé la conséquence de celle du platioe lui-même. Nous avons déjà eu Toccasion de pailer des quatre premiers, et nous reviendrons bieniCt sur Tiridium, pour le considérer à part. Le ruthénium, découvert par Claus en 1 8^3, dans le platine de TOural, est un mcial gris, analogue à l'iriiBam; mais sa densité est beaucoup plus faible, 9 environ; et ilsoxyde facilement lorsqu'on le chaufFe au contact de Fair. 11 •e trouve en très-petite quantité dans certains grains de platine, dont la dissolution laisse un résidu, qui en contient de 1 à 1 Vt pour cent. L'osmium iridifère en renferme quelquefois de 3 à 6 pour cent. — Le platine polyxéne est très-commun dans les monts Ourals et dans la Colondde. Outre les niétaux que nous avons cités, on y trouve aussi du fer et des traces de cuivre et de man(^anèse.

3. Le platine aurifère. C'est le platine natif presque pur, allié lement à une très-petite quantité dW, ce qui fait qu'il est uble dans Feau rég[ale sans laisser de résidu. Sa densité varie

Je 18 à 20. Il n'est pas maf;néti((ue. Wollaston Fa découvert lans les sables aurifères et platinifères du Brésil.

4. Le platine iridifère (voyez plus loin Iridium platinifèré).

Gisements, préparation et usages du platine. — Pendant longtemps le platine n'a été trouvé qu'en crains ou en pépites disséminés dans les terrains de transport anciens, et dans les mêmes sables, quarzeux et ferru[];ineux, que ceux qui renferment For et le diamant : seulement il y est beaucoup plus rare que For. C'est ainsi qu'on Fa rencontré d'abord avec For en {grains, dans la Nouvelle-Grenade en Colombie, dans les provinces de Choco^ d'Antioquia et de Barbacoas. On Fa retrouvé ensuite au Brésil, dans les provinces de Minas-Geraeset deMatto-Grosso, avec For et le diamant; puis à Haïti (Saint-Domingue), dans le lit de la rivière Jocky ; à File de Bornéo, dans les monts Ra- (00s; et dans la province d'Âva (empire des Birmans), au milieu dessables de FIrawaddi.

Enfin, vers iBsS, on l'a découvert sur les pentes orientales desfflonts Ourals, àKuschwinsk, Newjansk, Bogoslovirsk, Miask,

C<nir$ de Minéralogie. Tome IL 19

aga métaux natifs

et depuis^ sur le versant occidental, à Nischne-Tagilsk, où est actuellement le grand centre d'exploitation du platine en Europe. Ce métal y est en si (jurande abondance, qu^on en a fitit une monnaie ayant un cours légal en Russie. Les grains ordinaires du platine de l'Oural varient depuis la grosseur Je la poudre de chasse jusqu'à celle de la graine de chanvre. Cependant on trouve quelquefois des pépites ayant la grosseur d*«iD œuf de pigeon; et plus rarement encore, on en trouve quelque»» unes d'un volume plus remarquable. Une des plus grosses, provenant de l'exploitation de Nischne-Tagilsk, pesait 9 kilogrammes et demi. Les grains de platine sont le plus souvent isolés, mais quelquefois on les trouve engagés dans des fragments de serpentine; ils sont ordinairement accompagnés de grains d'iridosmine^ de fer chromé , de fer magnétique, de fer titane, de zircon, de corindon et de spinelle. Enfin, comme nons l'avo déjà dit^ ils sont presque toujours intimement alliés à For ou aa fer, et à ces métaux rares qui sont comme les congénères da platine et forment son cortège habituel^ le palladium, Fosmiom, le rhodium, l'iridium et le ruthénium.

On a aussi trouvé, mais en petite quantité, du platine dans l'Amérique septentrionale, en Californie, au Canada, et dans 11 Caroline du Nord. 11 existe, selon Dobereiner, dans le sable aurifère du Rhin; et selon MM. Gueymard et Berthier, on en trouve des traces dans les minerais de plusieurs filons des Alpes françaises, notamment dans la bournonite, les cuivres gris^ le fier oligiste métalloïde, et le fer hydraté brun.

L'origine du platine, qui se rencontre avec For et les diamants dans les terrains de transport anciens, a été longtemps fort problématique, et l'on n'avait pas encore de notions bien arrêtées sur le gisement primitif de ce métal, lorsque M. B008singault annonça l'avoir trouvé en place avec l'or natif dans de» filons de quarz hyalin et de limonite, traversant une roche de syénite ou de diorite. C'est dans les filons aurifères de Santa- Rosa.de Osos, province d'Antioquia en Colombie, qu'il a iaît cette découverte intéressante : la gangue des filons se compose principalement de fer hydraté, qu'il suffit de broyer, pour en obtenir ensuite, par le lavage, l'or et le platine qu'il contient Les grains d'or et de platine, retires de la poudre, étaient semblables, pour la forme et pour l'aspect , à ceux que l'on recueille dans les sables du Choco. On a cité aussi des grains de platine disséminés dans ces roches quarzo-micacées, nooMttées JÊacohh

CUBIQUES. 3g I

mtfllf au Brésil, et au milieu desquelles on a pareillement trouve i For et le diamant ; ce qui explique la présence simultanée de ces trois substances précieuses dans les matières arénacées qui proviennent de la destruction de ces roches. En Sibérie, BfM. G. Rose et Leplay ont vu que les sables aurifères et platinifèresse trouvaient toujours dans les vallées ouvertes au milieu des roches serpentin euses, que quelquefois le platine adhérait encore à des fragments de serpentine, et que la richesse des sables était d'autant plus grande, qu^ils étaient moins éloignés des roches de cette nature, encore en place. U parait donc trèsprobable que le platine tire son origine des serpentines et diorites, et qu'il est ainsi le résultat de phénomènes éruptifs particuliers.

Les sables platinifères sont débarrassés, parle lavage, descôrps les plus légers : on traite ensuite le résidu métallique de cette première opération par le mercure, pour en extraire For par l'amalgamation. Ce qui reste alors, est ce que Ton nomme dans le commerce la mine de platine, dans laquelle ce métal se trouve encore associé par mélange intime, ou par une simple aggrégation mécanique^ avec les substances que nous avons déjà nommées> le. palladium, le rhodium, Firidium, etc. Cette mine^ de platine est alors traitée par la voie humide : on l'attaque d'abord par l'acide azotique pour enlever le palladium, s'il y en a; puis, par Feau régale, qui dissout le platine à Fétat de chlorure. La solution obtenue est traitée ensuite par le chlorhydrate d'ammoniaque (ou chlorure ammonique), qui donne un précipité jaune de chlorure d'ammoniaque et de platine. Ce précipité» calciné au rouge, donne une masse grise et spongieuse de platine, qu'on appelle éponge ou mousse de platine. Le platine peut aussi être obtenu^ par voie humide, sous la forme de précipité chimique trës-divisé^ qu^on nomme noir de platine. Le platine, quand il est ainsi à un grand état de division, jouit de propriétés chimiques très-remarquables : il condense les gaz en trèsgrandes quantités ; par ce genre d'action qu'on a appelé catafy' tique^ il s'échauffe au contact d'un mélange de gaz capables de s'unir entre eux, et détermine leur combinaison. La mousse de platine peut se ramollir à une certaine température et se laisser forger comme le fer; en rapprochant ses parties par le martelage, on la transforme en platine malléable.

La propriété dont jouit le platine de résister au feu le plus violent, d'être inattaquable par la plupart des acides, et par

agi MÉTAUX NATIFS CVBIQDBS.

l'air à toute température, le rend extrêmement précieux dtni les arts. On l'emploie pour faire des creusets, des capsules, des piuces et des cuillers à rusa(];e des cbimistes et des minéralogistes ; on s*en est servi dans la construction des miroirs de télescope; et c'est en platine qu'on exécute les pointes de paratonnen*e, les étalons de mesure, etc. On rapplique sur la porcelaine, en manière de couverte, ce qui donne à cette poterie l'apparence de l'argenterie. EnBn, on en a fait en Russie des pièces de monnaie et des médailles. Le platine serait au nombre des métaux usuels, s'il était plus commun et inoins difficile à puriBer et à mettre en œuvre. 11 est moins cber que l'argent, quand il est brut ; mais lorsqu'il est pur et qu'il a été travaillé, il vaut quatre fois plus. Son prix a beaucoup baissé depuis vingt-cinq ans, et baissera encore à mesure que l'art de' le pr^ parer recevra de nouveaux peifectionnements.

16« Espèce. ImiDiUM (Platinifère).

L'iridium est un métal qui a été découvert en i8o3 pv Smitbson-Tennant dans la mine de platine, où il se rencontre de deux manières : sous la forme d'osmium iridifère ou d'ifh dosmine (voyez plus liaut p. ii^)^ et sous la forme d'iridium pk" dnifèrc^ en grains d'un blanc d'argent, jaunâtres à leur surface, et de teinte grise à Fintérieur, d'une densité qui varie entre 2a et 23,5. Ce métal a reçu le nom qu'il porte, parce qae ses dissolutions présentent toutes les couleurs de Tarc-en-ciel. A l'état brut, et quand il est uni au platine, il est attaqué par l'eau régale : il est insoluble dans cette liqueur quand il a été purifié par les opérations cbimiques. Il ressemble beaucoup au platine, mais il en diffère en ciî qu'il est plus difficile à fondre et à souder, et on n'a pas encore réussi à l'obtenir à l'état malléable. Celui qu'on obtient en masse compacte, après l'avoir comprimé à Taide d'une presse, est encore très-poreux, ce qui est cause que la densité de l'iridium pur est au plus de 16 à 17. Calciné avec de la potasse ou du nitre, il s'oxyde, et il se forme de l'iridiate de potasse.

L'iridium platinifère s'offre quelquefois en petits cristaux cubiques, ou cubo-octaèdres, avec des traces de clivages parallèles aux faces du cube; mais le plus souvent il est en grains arrondis, très-pesants, d'une dureté assez considérable (6 à 7). Une variété, analysée par Svanbcrg, a donné sur 100 parties : iridium 76,85 ; platine 19,64; cuivre 1,78; et palladium 0,89.

MÉTAUX COMBINÉS. SgS

On le trouve avec le platine, à Nischne-Tagilsk, et Nen^jansk, dans les monts Ourals; et au pays cVÂva, dans les Indes orientales.

B. MÉTAUX COMBINÉS ou ALLIAGES DÉFINIS.

IP Ordre. Groupe des ARSÉNIURES, ANTIMONIURES

ET TELLURURES.

Ce g;roupe se compose d'espèces appartenant à trois genres chimiques différents, mais ayant respectivement entre elles les plus grands rapports, à cause do Tisomorpliisme de leurs prin-, cipes éIectro-në{;atifs. Nous avons donnée page 38, les raisons qui justifient cette fusion de plusieurs ordres en un seul. Les espèces qui viennent se réunir dans cet ordre complexe, sont en général 4 des combinaisons rares, dont plusieurs seraient fort utiles, si elles étaient plus abondantes dans la nature, car elles ont ordi« nairement pour bases, des métaux précieux (Por et l'argent). On rencontre aussi parmi elles deux des principaux minerais de nickel et de cobalt.

Toutes les espèces de cet ordre offrent naturellement l'éclat métallique, et donnent par le grillage dans un tube ouvert, des vapeurs ou fumées épaisses qui vont former un dépôt blanc dans le haut du tube. Les^irséniures développent en même temps une * forte odeur d'ail, et le dépôt blanc qu'ils forment, peut se volatiliser sans se fondre. Celui des antimoniures, cbaufFé de nouveau, se condense promptement sous forme pulvérulente et peut être chassé successivement d'un point du tube à l'autre. Celui des tellurures, dans le même cas, se fond en gouttelettes limpides. Toutf.s les espèces du groupe, chauffées sur un charbon avec le chalumeau, sont réductibles en un globule métallique.

pe Xribu. Rhomboedriques.

Ire Espèce. Nickéuiib rouob.

Syn^ : iTup/ijrmcA^i, Werner; Roth-Arsenlknickel; Nickel arsenical, Haûy ;

Arséniure simple de nickel, des chimistes.

Caractères essentiels.

Composition chimiciue :Ni As. En poids : nickel, H^02 ; arsenic, 65,98.

394 ARSÉNIURES, ANTIHONIURES

Système crùtallm : le dirhombocdrique.

Forme fondamentale : dirhomboèdre de 86^5o' à la base y 1 39^4^^ ^ux arêtes culminantes.

Caractères distincUfê,

Géométriques. — Cristaux en prismes bexaëdres, très-rares, et de forme imparfaite, avec traces de clivages obliques à l'axe. Ces cristaux sont groupés en boules ou en dendrites. Le minéral se présente le plus souvent à l'état amorpbe et de dissémination.

Physiques. — Densité^ 7,5. — Dureté = 5,5 : cassure concho!* dale et inégale. — Fragile. Aspect : éclat métallique. — Gonlear d'un jaune rougeâtre ou d^un rouge de cuivre clair. C'est à cette apparence cuivreuse que ce minerai doit le nom de kupferniekel que lui ont donné les Allemands. — Couleur de la poussière : le noir-brunâtre.

Chimiques. -— Au chalumeau, fusible sur le charbon en répandant des vapeurs arsenicales, en un globule métallique blanc et cassant. Le résidu du grillage donne au verre de borax une couleur jaune-rougeâtre à chaud ; mais le verre en se refroidissant devient presque incolore. — Soluble dans l'acide azodqae» en donnant à la liqueur une teinte verte, qu'une addition d'ammoniaque rend bleu-violacée. La substance est composée essentiellement de nickel et d'arsenic : mais le premier élément peut être remplacé en partie par du cobalt, et le second par l'antimoine, quelquefois même par un peu de soufre.

Analyse de la nickéline d'Allemont, en Dauphiné, par Berthier :

Arsenic 4S»3o

Antimoine 8,00

Nickel ^9)94

Cobalt 4 0,16

Soufre 2,00

Fer et manganèse des traces.

9^>90 Gisements et usages. — La nickéline rouge ne se trouve guère qu'en petites masses compactes, fréquemment associée aux minerais de cobalt, dont elle est presque inséparable. C'est le principal des minerais qu'on emploie pour l'extraction du nickel. Il est

RHOMBOéOBlQUXS. !^5

souvent accompagné d'arseniate de nickel, en enduit pulvérulent de couleur verte, provenant sans doute de sa décomposition. Cest une substance qu'on rencontre accidentellement dans certains filons, à la mine d'Âllemont, dans le département de l'Isère, 6JQ France, et aux environs de Barëges, dans les Pyrénées; à Andreasberg au Harz, avec la smaitine ; en Saxe, à Freiberg, Schneeberg, Annaberg et Marienberg; à Saalfeld et Kamsdorf; à Riecbelsdorf et Bieber, dans la Hesse-Gassel; à Wolfeeh et Witticben, dans le pays de Bade.

Le nickel et l'arsenic forment encore une autre combinaison, un bi-arscniure capable de dimorpbisme,etqui sera décrit plus loin sous les noms de nickéline blancbe (ou Rammelsbergite) et de chloantbite. En s'unissant à l'antimoine, le nickel donne naissance à Tantimonickel ou la Breittbauptite, espèce isomor* phe avec celle que nous décrivons en ce moment.

Le nickel métallique purifié est un métal blanc grisâtre, malléable, d'une densité de 8,8. Il est magnétique presque au même degré que le fer; et si, dans ses gisements terrestres, il accompagne habituellement le cobalt, autre métal que l'on regarde aussi comme doué de cette propriété remarquable, nous devons rappeler ici qu'il se trouve constamment associé au fer dans les météorites, ces masses métalliques ou en partie pierreuses qui tombent du ciel. Le nickel métallique est presque sans usages : cependant, comme il peut s'atlier avec le zinc et une forte proportion de cuivre, sans perdre sa couleur blancbe, on a imaginé de tirer parti de cette propriété pour faire des alliages destinés à remplacer l'argenterie. Ils sont connus sous les noms i^argeri' tan^ d'argent allemand, de packfong et de maillechort. On en fabrique divers objets d'ornement, des éperons, des garnitures pour les voitures et les harnais, etc. On a proposé de Tutiliser pour les ustensiles de cuisine, mais cet emploi est dangereux, car l'alliage s'oxyde facilement au contact des liqueurs acides, et donne naissance à des sels très-vénéneux.

2e Espèce. • Bbeithaiiptitb.

SjD. : AntimonkJcel ^ Hausra^n.

Caractères esserUids.

Composition cliimiqîie : Ni Sb. En poids : Ni = 3j,43; Sb = 68,57.

396 ARSéNfURES, ANTfUONirBEt

Forme fondamentale : <rirlion)boèclre de Sg^So' à la base, et 1 38^4^' ^"^ arêtes culiniaanles.

Caractères distinctifs.

Ce minéral se présente, comme Tespèce précédente, en petites tables hcxn{;onalcs, tronquefes sur les arêtes des bases, avec des stries bexa{;onales sur ces dernières faces; et aussi en dendrites, et en petites masses disséminées. Sa densité est de 7,6; sa dureté = 5. 11 est d'un rou[ye de cuivre clair, qui passe au bleaviolâtre; les bases de ses cristaux sont très-brillantes; sa poussière est d*un brun-rouf^eâtre. 11 donne sur le cbarbon des vapeurs antimoniales, mais se laisse réduire difficilement en un bouton métallique. On le trouve dans des filons à Andreasberg, dans le Ilarz, où il est associé à la smaltine et à la galène. Diaprés les analyses de Stromcyer, il est composé essentiellement de nickel et d'antimoine dans le rapport indiqué ci-dessus: seulement une petite partie de nickel est souvent remplacée par du fer; et le minerai est mélan{;éde sulfure de plomb dont il peut contenir de six à douze parties sur 100.

II* Tribu. Quadratiques.

3e Espèce. Elasmose.

Syn. : Naffyaffiie, Haidinger; Nagyagers, Werner; Blœtter teUur ou ielkarê feuiUeté; Tellure ndif auro-plombifére, Haûy ; TeUurure de phnib et d'or, des chimistes, mêlé de sulfure.

Caractères essentiels.

Composition chimique :Pb, Au, Te, S dans des rapports non déterminés, à cause de la variation des analyses. — Peut-être pourrait-on écrire ainsi la formule, avec M. Dana : (Pb, An) (Te, S)'.

Système cristallin : le quadratique.

Forme fondamentale : \e prisme droit à base carrée, fig. aa» pi. 19, dans lequel 6:^ = 4 • ' '•

Caractères distinctifs.

Géométriques. -— Forme primitive ou de clivage : le prisme droit à base carrée, fig. 22. Le clivage est net et facile paraltt-

QUADBATIQUBt. Sgy

leinent à la batJB; les pans n'en ofFrent au contraire que de simples traces. La surface des prismes est fortement striée.

Physiques. — Densité, de 6,8 à 7,1. — Dureté^ de i à i,5. Très-tendre^ et flexible en lames minces. Aspect : éclat métallique très- prononcé; couleur gris de plomb tirant sur le noirâtre. Texture lamelleuse.

Chimiques. — Fusible sur le charbon, en colorant la flamme en bleu, et couvrant le charbon d'oxyde de plomb ; réductible en globule gris, malléable, qui fiuit par laisser un petit bouton d'or. Donnant fodeur d'acide sulfureux par le grillage dans le tube ouvert, et un sublimé blanc d'oxyde tellurique.

Attaquable par l'acide azotique, avec résidu blanc de sulfate de plomb, qui laisse un bouton d'or, quand on le traite au chalumeau sur le charbon; solution précipitant des lamelles de plomb sur un barreau de zinc. — Soluble dans l'eau régale, en abandonnant une certaine quantité de soufre, et déposant du chlorure de plomb.

Analyses de l'élasmose de Nagyag :

Ptr Klxproth.

Ptr Brandes.

FarBerthier.

Tellure. .

Plomb.. .

Or. . . .

Argent. .

trace. . .

Cuivre.. .

Soufre.. .

Antimoine.

ioe,o

La variété antîmonifère, analysée par M. Berthier, ne paraît

point offrir d'autre différence physique, qu'une couleur plus fon-

<^ée; elle est moins riche en tellure^ et cet élément pourrait bien

y être remplacé par le soufre^ dont la proportion est beaucoup

P'us considérable, et peut-être aussi par l'antimoine. Rien ue

pKXiuve encore que cette variété doive constituer une espèce par-

^^ulière, comme l'ont pensé quelques minéralogistes.

VARIETES

I. Elasmose cfistalUsée :pb^ a* (fig. a 3, pi. 19), en tables octogones biselées sur leurs bords. —Incidence de lA surp^ 1 og^Sg^; de 6* sur 6* = 1 4o**2*; de a' sur p a> 1 1 8® 1 g*; de a* sur a* s 1 a3*aa\

398 AR8ÉN1CRES, ANTIMONIURES

2. Elasmose lamellaire, en petites masses fiirmées de lames éclatantes, planes ou courbes, entassées confusément les unes sur les autres.

Cette substance, extrêmement rare, n'a encore été trouvée qu'en Transylvanie, clans les mines de Nagyag et d'OffeQbAnya, et principalement à Nagyag, dans des filons qui traversent le porphyre, où elle est accompagnée d'autres minerais de tellure (sylvanite), et en outre de calcaire brunissant, de manganèse rose (carbonate, et silicate de manganèse), de sulfure de manganèse (alabandine), de bournonite, de blende, d'arsenic natif, de quan hyalin, etc. On la cite aussi à Offenbanya, où elle est associée à la sylvanite, au quarz, à la stibine et à l'or natif.

4» Espèce. Bylvahite.

Syn. : TeUure-graphique ; Schrifters ei Schrift-tellur, des Allemands; Tellure aurù-argentifère, de Haûy; Tellurure d*or et d* argent y des chimistes; Sylvane et MuUérine, de Beudaut.

Caractères essentiels.

Composition chimique : (Au, Ag) Te* ; ou, en poids : Te = 55,8; Au = 28,6 ; et Ag = i5,6.

Forme fondameiUale .-Prisme droitrhombique de i o8®8' (fig. a^i pi. 20), dont les trois axes a, 6 et c sont entre eux :: 9:10: 7.

Caractères distinctifs.

Géométriques. — Cristaux prismatiques aciculaires , trèscourts, clivables parallèlement aux deux sections diagonales, avec beaucoup de netteté dans un sens, moins parfaitement dans l'autre. Ces cristaux se groupent dans un plan parallèlement entre eux, ou en se croisant sous des angles d'environ 1 20^ et 60^ ; et, par la répétition de ces groupements, forment de petites masses cannelées, ou des séries de doubles cristaux rangés à la file, dans lesquelles on voit souvent une apparence de lettres persanes; de là le nom de graphique que Ton a donné à cette espèce. La cristallisation de la sylvanite donne encore lieu à quelques incertitudes. On n'est pas même tout-à-fait d'accord sur la nature de son système cristallin. Mohs le considère comnie étant l'orthorhombique, et il a décrit d'après cette idée un eris- -tal assez compliqué^ composé d'un prisme droit de 94^20', d|i prisme rectangulaire donné par les clivages, d'un prisme borir

lontal parallèle à la petite diagonale, et enfin de quatre octaèdres rhoniboidaux. Selon M. G. Rose et quelques autres miné* ralogistes, le cristal figuré par Mohs et décrit par lui comme

ifie, serait un cristal hémitrope, composé d'éléments apparenant au système klinorhombique. La petitesse et l'état habituel d'aggrégation des cristaux de cette substance, en rendent la détermination difficile et incertaine. Phillips a indiqué comme ferme primitive, un prisme rhombique d'environ 108^.

Physiques. — Densité, 5,7, selon Millier de Reichenstein; 8,28, selon M. Petz. — La première valeur, qui est au-dessous de la dénoté du tellure métallique , est probablement trop faible. Dureté : i,5; très-tendre et un peu ductile. Cassure, inégale. Faciès : éclat métallique, couleur d'un gris d'acier clair.

Chimiques. — Fusible sur le charbon en colorant la flamme en bleu verdâtre,et réductible en bouton métallique d'un jauttte clair. Attaquable par l'acide azotique, avec résidu métallique jaune; solution donnant sur un barreau de zinc un précipité d'argent. Suluble dans l'eau régale, avec précipité de chlorure d'argent.

Analyse de la sylvanite d'OfTenbanya :

Par Klaproth. Far Petz.

Tellure. . 60 ^9,97 . . . 58,8 1

Or. ... 3o 26,97 . . . 26,47

Argent. . 10 'ï»47 • • • ii»3i

— — Plomb. 0,2 5

joo Antim. o,58

Cuivre. 0,76

Pariétés et (gisement. — La sylvanite se présente dans la nature en petits cristaux formant des druses, dendrites ou incrustations à la surface d'une gangue quarzeuse, ou en petites aiguilles disséminées dans le quarz même, dans les porphyres, et au milieu des dépôts aurifères de la Transylvanie; et c'est du mot de Transylvanie que le nom de sylvane ou sylvanite a été tiré. On le trouve principalement à Offenbanya, où il forme dans le porphyre de petits filous, avec l'or natif et les autres minerais de tellure, notamment avec le tellure feuilleté ou élasmose* On en trouve aussi à Nagyag, mais ils ont une composition et des caractères extérieui^s assez différents, pour qu'on ait été tenté

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