‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 82 sur 120 · L'or natif ctibiqiieyp, A Vorospatak, en Transylvanie · texte numérisé non relu

L'or natif ctibiqiieyp, A Vorospatak, en Transylvanie

2. L'oc^a^(fre, a*. Tantôt cunéiforme, ou segmini forme ; tançât transposé. Mine de Sméof, en Sibérie.

3. Le cub(hoctaèdre,pq}. En cristaux réguliers, d'un volume sensible, à Matto-Grosso, au Brésil.

4* 1^6 dodécaèdre ^ 6^

5. Le trapézoèdre^ a*. Les faces du trapézoëd're se combinent souvent avec celles de l'octaèdre régulier, sur les angles duquel elles forment des pointements à quatre faces (pi. 4^ fig> 18). En Transylvanie.

6. Le informe, p b^ a^. Cette combinaison offre souvent une apparence tabulaire, par suite de Textension démesurée qu'ont '^rise deux des faces du cube. A Matto-Grosso, au Brésil.

7. Vhexatétraèdre, 6'. De la province de Goyaz, au Brésil, et de.Yorospatak, en Transylvanie. On voit aussi la même variété, avec des troncatures sur les arêtes des pyramides. — Ses crist^iux, quand ils sont bémitropes, sont quelquefois raccourcis, au point de ressembler à une double pyramide bexagonale, le plan

"aliémitropie étant toujours parallèle à une face de l'octaèdre régulier.

Les cristaux qui viennent des monts Ourals, sont très-compliqués; c'est l'octaèdre qui est leur forme dominante, et il est souvent modifié par des facettes appartenant au scalénoèdre ou

' solide à 48 faces b'b'H'l'^ (G. Rose).

Formes indéterminables.

Si Tor se montre quelquefois rëgulièrement cristallisé, il est plus ordinaire de le rencontrer à Fëtat de lames^ planes ou contournées; de dendrites ou de ramifications, provenant de petits cristaux, implantes les uns sur les autres, ou sous la forme de réseaux ou d'enduits à la surface de diverses gangues pierreuses, dont la plus commune est le quarz, ou bien encore sous celle de filaments pénétrant ces mêmes gangues. Enfin, et c'est sa manière d'être la plus habituelle, on le trouve en grains ou petites paillettes, engagés dans des pyrites ferrugineuses ou cuivrei i, que, pour cette raison, on nomme aurifères, ou bien dissémi dans des argiles ou des roches arénacées. Ces grains en génd sont fort petits : quelquefois cependant ils forment des m: arrondies, plus ou moins volumineuses, qu'on nomme pépitet»

Le Muséum d'histoire naturelle de Paris en possède une di le poids est de plus d'un demi-kilogramme. On a trouvé < les sables des monts Ourals, des pépites pesant lo, i5 et jusqO'i 36 kilogrammes; dans les nouveaux gites de l'Australie , < pépites non moins remarquables, dont une pesait 43 kil< et on en cite une, trouvée en Californie, dans l'Amérique du rd, dont le poids était d'environ 6o kilogrammes. Ces masses d'or contiennent des pores et des cavités qui rendent leur dei apparente inférieure à la densité normale de l'or écroui : c densité de l'or en pépites varie de i5 à 19.

L'or natif en grains disséminés est presque toujo^rs pur, quand il s'offre avec la couleur jaune qui lui est propre : on n'a betoia que de rassembler ces grains et de les fondre, pour pouvoir verser l'or dans le commerce avec une valeur de 3200 fir. le kilogramme. Dans ses divers gisements, l'or se montre en générll dans un état de division et de dissémination fort remarquable: pour en donner une idée, il nous suffira de dire que l'on exploite des filons de pyrites aurifères qui n'en contiennent qu'un deaxcent-millième : c'est-à-dire qu'il faut extraire de la mine deoz cent mille kilogrammes de minerai, pour avoir un seul kilogramme d'or. On comprend d'après cela comment il se faitqœ l'or soit un métal si cher, et qu'une mine d'or soit souvent Qoe propriété fort peu avantageuse. A cause de l'état extrême de division dans lequel l'or se rencontre habituellemeut, il est un dei métaux les plus rares, mais en même temps un des plasrépandof

CI7BIQ17SS. 277

dans la nature : car, il n'y a guère de terres arables ou de sables de rivière qui n'en contiennent quelques parcelles, et on en a trouvé jusque dans les cendres des végétaux (i).

Gisements et usages de Cor. — L'or naiif, considéré au point dé vue géologique, peut présenter trois sortes de gisements :

t^ Il forme des gîtes spéciaux, appelés gites de contact^ et consisiant en lits ou petites veines, disséminés dans des terrains schisteux cristallins ou des roches métamorphiques, surtout dans les parties de ces terrains qui sont voisines de certaines roches éruptives, telles que porphyres, diorites et serpentines (mines de Gongo-Socco, au Brésil).

21® Il se rencontre dans les filons pierreux ou métallifères qui traversent ces mêmes terrains, en même temps que le sol intermédiaire; ces filons ne sont le plus souvent que des filons quarteux, dans lesquels se trouvent disséminés de loin en loin des •veinules ou des filets d'or (filons de la Californie et de l'Australie ; filons du Salzbourg; filon de la Gardette, dans le département de l'Isère, en France). Ce mode de gisement est moins riche que le précédent : les filons aurifères sont plus communs qu'on ne pourrait le supposer, d'après le haut prix de ce métal, mais l'or M tellement dispersé dans sa gangue de quarz^ il y est disséminé en si petite quantité, que les frais d'exploitation dépassent presque toujours le produit que l'on en retire.

3® Enfin, et c'est le cas le plus ordinaire et le gisisment le plus avantageux, l'or natif est disséminé en grains ou en paillettes dans des terrains d'alluvion superficiels, qui consistent principalement en sables quarzeux et ferrugineux^ pouvant être en même temps gemmiferes et platinifères, et que l'on rapporte au sol diluvien, ou tout au plus à la partie supérieure du sol tertiaire. On ne connaît point encore ce métal dans les terrains secondaires proprement dits. Ces alluvions aurifères se rencontrent le plus souvent dans des vallées ouvertes au milieu de montagnes anciennes, dans lesquelles l'or existe encore ou a existé anciennement sous la l'orme de filons ou de veines, et c'est à la destruction de tout ou partie de ces gites primitifs que Ton

. (1) Cet état de digsémîDation n'est pas particulier à l'or^ on le rstrouTO aussi dans d'autres métaux.^ et notamment dans l'argent. MM. Duroclier et Malaguti ont découvert des traces d'argent dans un grand nombre de minerais métalliques^ et reconnu la présence de ce métal dans les eaux de la mer. On pense qoll y est à l'état de chlorure d*argent dissous par le clilorure de sodium. Un •avant Américain a calculé que l'Océan contenait deux millions de tonnes, ou deux billions de kilogrammes d'argent.

attribue la dispersion de For dans les dépôts que les eaux ont formés do leurs détritus. Dans ces gîtes, l'or se trouvait associé au quarz-liyalin et à des minerais de fer (fer oligiste, pyrite, fer hydroxydé). Les paillettes d'or, à raison de leur grande densité» ont été rarement entraînées fort loin : elles se sont déposées wir* tout dans la partie la plus rapprochée des montagnes, c'est-à-dire vers le haut des vallées; charriées par l'eau, en même temps que les débris quarzeux, elles ont du se précipiter les premières, en sorte qu'on les trouve concentrées, principalement à la base des alluvions. Il suffit de laver ces sables aurifères, pour en séparer l'or qu'ils contiennent : de là le nom de lavages d'or, par lequel on désigne ordinairement ce troisième genre de gisements, le plus pro(kictif de tous, car il fournit plus des quatre-vingt-dix centièmes de l'or versé annuellement dans le commerce.

La plus grande partie de Tor de lavage est en grains fins, ou en petites paillettes, formant après le triage ce que l'on appelle communément la poudre dHor. Mais quelquefois il se trouve, aa milieu de l'alluvion, des masses d'or d'un certain volume: ce sont les pépites dont nous avons déjà parlé, dont la rencontre est toujours accidentelle, et qui, lorsqu'elles sont voluminçuses, peuvent faire tout-à-fait la fortune de ceux qui les trouvent. Quelques-unes, parmi les plus grosses, sont encore adhérentes au quarz qui leur servait de gangue; circonstance qui démontre l'identité d'origine entre l'or de filon et celui d'alluvion.

D'après ce qui précède, on voit que toutes les mines d'or exploitées de nos jours peuvent se partager en deux classes, en mines souterraines proprement dites, établies sur des couchei ou des filons du sol ancien ou primordial, et en simples lavages de sables aurifères, qui sont des dépôts beaucoup plus modernes et toujours superficiels; et nous avons dit que c'est surtout dans la seconde classe de dépôts que l'or est le plus abondant.

C'est au Brésil que l'on trouve l'or en place et disséminé dans des couches solides^ où il est répandu en assez grande quantité» Ces couches sont composées de quarz et de fer oligiste métallc^de; en petites lames ou en feuillets semblables à ceux du mica, et composant des quarzites schisteux ferrifères ou»manganésiftres (itabirites, iacotingas), et quelquefois des schistes presque opiquement composés de feuillets ou lamelles d'oligiste (fer micacé ou schistoïde; eisenglimmerschiefer). Elles paraissent se lier par leur partie inférieure aux roches métamorphiques ordinaires» à des schistes argileux ou talqueux^ à des quarzites entremélÀ de

CUBIQUES. 7jg

ide mica ou de talc (itacolumites), et à de véritables micaet supérieurement^ elles sont recouvertes par une brèche icuse et en même temps aurifère. Ce terrain en couches nrées est pénétré çà et là par des masses de roches éruptives» « que des granités à grains fins, des diorites et des serpen- \f et par des filons de quarz. Toutes les roches schisteuses t métallifères : mais l'or est concentré surtout dans celles qui lODt chargées de fer oligiste, ou de manganèse à l'état d'oxyde ce de carbonate. C'est dans les itacolumites qu'on a trouvé pour kp îère fois des diamants en place^ au Brésil. Ces roches auss sont exploitées à Congo- Socco, à Villarica, à Taquary. e voisinage de ces roches en place sont les dépôts de transdeMatto-Crosso, et de Minas-Geraes, si riches en or, en pla- I et en diamants, et que l'on attribue à la destruction de is souterraines, en couches ou en filons. Les mines en filons sont plus comiiiunes que les mines en toacBes; mais bien peu sont en exploitation, parce que l'or y est ftOp peu abondant : il ne s'y montre jamais que comme une partie tout-à-iait accessoire des minerais pierreux ou métalliques fsilès forment. Ces filons aurifères ne sont, à proprement parler, ifùt des filons de quarz, pénétrés de quelques filets ou veinules #alr;des filons de pyrites ferrugineuses ou cuivreuses, ou de Binerais d'argent, dans lesquels For est disséminé en parties iovisîbles. Nous citerons comme exemples de ce mode de gise- Bént, le filon cle quarz aurifère de la Gardette, près du bourg dXNttins, dans le département de l'Isère. Ce filon, situé dans les Alpes du Dauphiné, traverse le terrain de gneiss. Pendant quelque temps, il avait donné de belles espérances aux mineurs: mais il s'est appauvri à une faible profondeur, et à cause de la difficulté de l'extraction, on a été forcé de l'abandonner. Nous eitercns encore la mine du Rammelsherg, dans le Harz, qui Ma proprement parler une mine de pyrite cuivreuse, contenant Vtùé très-petite quantité d'or (quelques millionièmes seulement dÉ poids total); les mines de Bérésof, dans les monts Ourals, et ti îfacugnaga dans le Piémont, composées essentiellement de pyrites ferrugineuses. L'or n'est pas visible dans les pyrites intetet : mais il peut le devenir par la décomposition du minerai qti Penveloppe. C'est ce qui arrive dans la mine de Kérésof, où k pyrite passe souvent à l'état de fer hydraté brun^ et laisse voir TcUr uàtif en petits grains au milieu d'une ^âte terne de couleur

IVUVCVf

aSo MÉTAUX NATIFS

De toutes les parties du Nouveau-Monde et même de Funiven entier, c'était le Brésil qui, antérieurement à i83o, et avant h découverte de trois grandes régions aurifères jusque-là inconnues, produisait annuellement le plus d'or, et presque tout cet or provenait de terrains d'ail uvion. Après le Brésil, c'était la Nouvelle-Grenade (aujourd'hui République de Colombie) qui en fournissait le plus : venait ensuite le Mexique, puis le Chili, et enfin, en cinquième ligne^ le Pérou, qui depuis longtemps ne donne que très-peu d'or, et dont la véritable richesse métallique est en argent. On a beaucoup exagéré l'importance de ce paji sous le rapport du métal qui nous occupe, ce qui vient sans doute de ce qu'à l'époque de la découverte du Pérou, on trouvait fréquemment, à la partie supérieure des filons ou à la surface da sol, des pépites d'or de la grosseur d'une amande; mais cet or superGciel ayant été recueilli avec soin, on n'en trouve plus aujourd'hui, et l'on ne peut plus extraire le métal que des mines, qui se sont considérablement appauvries. Avant 1 83o, le Péroa produisait à peine looo kilogrammes d'or annuellement : il cédait donc le pas au Chili, qui en produisait plus du double. Le Brésil fournissait à lui seul près du quart de la quantité totale d'or recueillie alors dans les deux Amériques, c'est-à-dire 55oo kilog. représentant une valeur de 18 millions de francs. La Colombie fournissait 45oo kilog. d'or, valant à peu près i4 miUioiif de francs, dont les deux tiers provenaient de filons. C'est dans les provinces du Choco, d'Antioquia et de Popayan, principalement dans les vallées du Rio-Cauca, et de Osos, que sont situées les principales exploitations. Le Mexique possède des filons et lavages d'or dont le produit annuel est de 4ooo kilog.. L'or dans ce pays est en grande partie renfermé dans les filons argent!» fères, dont nous avons fait connaître la position, en traitant de l'argent natif.

Depuis i83o, l'extraction de l'or a suivi une progression rapide par la découverte successive de trois nouvelles régions aurifères, qui subitement ont donné des produits tout-à-fait inattendus. Ces nouvelles régions, très-distantes les unes des autres, et réparties entre trois des cinq parties du monde, sont :1a Sibëriep la Californie, et l'Australie. C'est par la Sibérie, et vers i83o, que cette révolution dans la production de l'or a commencé. Des sables aurifères d'une grande richesse ont été découverts sur les pentes des monts Ourals, notamment sur le versant asiatique*^ et aussi dans les vallées qui descendent des monts Altaï; et, tan*

CUBIQUES. a8l

dis que la production des anciens pays aurifères est restée à peu près la même de i83o à i848, celle de la Sibérie a toujours été en augmentant, et d'une manière si rapide, qu elle s'est élevée jusqu'à 28000 kiloç. (ou 90 millions de fr.), c'est-à-dire à un chlffire cinq fois plus considérable que celui du Brésil, et comparable ail chiffre que donnait le monde entier au commencement du siècle, et qu'on a évalué à 30000 kilog. d'or (un peu plus d'un mètre cube).

Ensuite est venue, eu 1848, la découverte des gîtes aurifères de la Californie, situés dans les grandes vallées du Sacramento et du San-Joaquim, comprises entre la chaîne des -montagnes Neigeuses (la Sierra Nevada) et les monts qui bordent la côte, vers la baie de San-Francisco. Plusieurs des petites vallées qui aboutissent à ces deux bassins principaux, sont très-aurifères: ilacers ou exploitations les plus riches sont ceux de la Rivière ricaine, et des vallées de l'Ours et de la Mariposa. La rich inouïe de ces nouveaux gites n'a point tardé à surpasser les merveilles de la région sibérienne : on estime que, dans la seule campagne de i85i, l'extraction de l'or en Californie a atteint 1 00,000 kilog. (ou 320 millions de francs). C'est le trenliiffle de ce que l'Amérique entière a fourni en trois siècles et demi, depuis sa découverte, et plus que le triple de ce que donne présentement la Sibérie. On a calculé que, dans l'espace de quatre années seulement, cette nouvelle région aurifère a fourni delorpour 274 millions de dollars (1 milliard 424 millions de fr.). Plus récemment, vers la fin de j85i, on a découvert et commencé à exploiter d'autres gisements d'or d'une grande richesse, en Australie, dans la partie orientale et méridionale de la Nouvelle-Hollande, connue sous le nom de Nouvelle -Galles du Sud, au milieu des grandes vallées qui descendent des Montagnes Heues, entre Sydney et Port Philipp. On prétend même que le^ gîtes s'étendent au-delà du détroit de Bass, sur la terre de Die- Jûen. S'il n'y a pas d'exagération dans les rapports qu'on a faits en Europe sur la richesse de ces nouveaux gîtes, ils s'annonceraient comme devant être plus productifs encore que ceux de la ^lifornie : les produits qu'ils ont donnés en une seule année, <*m été évalués à près de 4oo millions. Mais il n'est pas démontré î^e l'Amérique, dont les mines d'or avaient perdu beaucoup de *fiur importance relative en 1 83o, pour reprendre peu après une grande prépondérance en 18^8, ait cessé d'être en ce moment le pays de l'or par excellence, la véritable patrie des métaux

l8i Bf^TAUS NATIV8

précieux. Seulement^ le maximum de la production s'est dépit dans ce vaste pays, il est aujourd'hui dans TAmérique duNor et le Brésil, qui, il y a vingt ans, était en première li^e, n'oe plus maintenant que le quatrième rang parmi toutes les r aurifères.

On estime que le produit total annuel des mines â*OT c deux Amériques est de 1 8,000 kilog;r. ayant une vaîeur de pi de 58 millions de francs. Le Nouveau-Monde livre au comma dix ibis plus d'or que TEurope entière, et neuf fois plus d'argéi il est donc bien, comme nous le disions tout-à-l'heure, la pal des métaux précieux : mais le prestige de l'or et de l'argent d parait, et la prépondérance de TËurope dans l'industrie miner se manifeste ouvertement, lorsque Ton compare ce produi ceux que donnent, chez nous, les minerais de fer et les comi tibles fossiles. Le fer, à lui seul, donne un produit annuel près de 5oo millions.

L'Afrique possède aussi des mines et des lavages d'or imp tants, mais on a peu de données précises sur ses richesses en genre. On sait que l'Afrique était, avec l'Espagne, la contrée < fournissait aux anciens la plus grande partie de l'or qu'ils sédaient. Celui que l'Afrique répand encore avec abondance presque toujours en poudre, ce qui prouve que ce métal y recueilli surtout dans les terrains d'alluvion. On sait que poudre d'or forme une branche importante de commerce p< les nègres ; ils savent aussi le fondre et le travailler sous la for: de plaques, d'anneaux ou de cylindres à jour, et ces objets t vent de monnaie courante entre les diverses peuplades. On é lue à plus de 1 2 millions le produit total des sables aurifères cette partie du monde.

Trois ou quatre points de ce vaste continent sont surti remarquables par la quantité d'or qu'ils produisent, ce soi 1^ les minés du Rordofan, entre le Darfour et l'Abyssin 2^ celles du grand désert de Sahara, dans la partie occide de l'Afrique, au pied des montagnes élevées, où le Séni , Gambie et le Niger prennent leur source ; 3^ celles du pays Bambouk, dans la Nigritie, et des côtes de la Guinée eC Congo ; 4** enPn, celles des côtes méridionales et orientales, 1 à- vis de Madagascar, dlans la contrée de Sofada, que qnelqi savants pensent être le pays d*Ophir, où les flottes de Salom allaient chercher de l'or.

Eb Edrope, il y a fort peu de mines d'or en exploitàtioti'; 1

pins importantes sont celles de Hongrie et de Transylvanie, dont le prodait est de 700 kilogrammes d'or par an. L'or s'y montre comme partie accidentelle des mines d^argent, et il est rare qu'il jâoit en cristaux et en lamelles visibles. Les principales mines lont, en Hongrie : celles de Kœnigsberg, de Schemnitz, de FelloiMDya et de Telkobanya; en Transylvanie, celles de Kapnik, i^ôrospatak, d'Offenbanya, de Zalathna et de Nagyag. Dans cet dernières, l'or est associé au tellure, et forme des filons qui Inversent des roches syénitiques dans le voisinage du terrain detrachy te. On exploite encore des mines d'or en Autriche^ dans le pays de Salzbourg, au milieu des montagnes qui traversent ce s de Test à l'ouest, et qui le séparent du Tyrol et de la itbie. Il existe aussi de l'or, mais en petite quantité, dans les B d'argent de Freyberg en Saxe. Nous avons déjà cité le filon ]uarz aurifère de la Gardette, dans les Alpes françaises, et les \ùt8 de pyrite ferrugineuse^ que l'on exploite en plusieurs endroits^ où elles forment des amas ou des filons dans les roches ennes, et qui contiennent de l'or en quantité suffisante pour poavoir être exploitées avec avantage.

L'or d'alluvion, c'est-à-dire celui qu'on trouve disséminé dans les terrains de transport anciens, est répardu partout à la surface de la terre ; mais comme il y est très-éparpiilé^ et presque toujours en grains excessivement petits, il est généralement peu abondant, à l'exception de quelques régions privilégiées, comme lei trois dont nous avons parlé, et qui présentent l'or dans un plut grand état de concentration ou en grains beaucoup plus gnu. L'or doit donc exister aussi dans le sol d'alluvion de l'Euippe : on exploite en effet des sables aurifères, non-seulement CD Russie, sur le versant occidental de FOural, mais encore en Hongrie, en L!spagne,etc.On sait qu'on trouve de l'or en France <lao8 le sable de plusieurs rivières, dont les eaux passent pour avoir la propriété de charrier des paillettes d'or : telles sont entr*autre8 le Rhio, entre Hàle et Strasbourg^ rAricge, la Garonne près de Toulouse, l'Hérault près de Montpellier, le Gardon dans les Ce venu es.

I^ Rhin tient un des premiers rangs parmi les rivières auri- Are« de Œurope : entre Bâle et Manheim, on extrait annuellement en moyenoe pour /|,5oo Fr. d'or.

Cet or est en très-petites paillettes, que l'on recueille par le lavage du gravier. Cette opération se fait sur une table inclinée, recouverte d'iin drap de laine à longs poils : les paillettes d'or

a84 MÉTAUX NATIFS

restent fixées dans la laine. On donme le nom d^orpaitleurs aux hommes qui sont chargés de ce lavag;e (i). Tout le lit da Rhin est aurifère : For a ëié exploité anciennement dans quelques parties du cours supérieur du Rhin, au-dessus du lac de Constance, notamment aux environs de Coire : mais c'est surtout depuis Bâle jusqu'à Mannheim, que le Rhin est régulièrement aurifère. 1/or que Teau cliarrie en même temps que les cailloui au milieu desquels il est disséminé, va se concentrer dans certaines positions, que les orpailleurs s'étudient à bien reconnaître ; cependant la teneur du gravier du Rhin est toujours asses faible : sa richesse maxima reste au-dessous de 7 dîz-mlllioDièmes. C'est des Alpes que cet or a été charrié primitivement, non par les cours d'eaux existants, mais par d'énormes courants, qai ont préexisté à Téiat de choses actuel; aussi, ne se trouT^ t-il pas seulement dans le lit du fleuve, mais dans tout le sol ancien d'alluvion que ses eaux traversent et dont elles ne f que séparer Tor par une sorte de lavage naturel. Quoique la teneur du gravier du Rhin soit très-faible, la quantité totale d'or enfouie dans son lit, ne laisse pas d'être considérable: M. Daubrée a calculé que la quantité comprise entre Rhi; et Philippsbourg peut être évaluée à 36^ooo kilogprammes, représentent une valeur de 1 15 millions de francs (2).

(1) C'est anssi par un procédé analogue que les Brésiliens recueillent les triipetites parcelles d'or qui^ à raison de leur grande ténuité^ peuvent ôtre entiilnées par l'eau. Â cet cflet, ils disposent, dans la partie inférieure du laTOir^dei peaux de bœnî, dont le poil est tourné k rencontre du courant. Ces pcanx^ li«éei de temps en temps, rendent toujours une certaine quantité de paillettes miancoi)iqucs. Cette pratique, en usage de nos jours en Europe^ comme en Âmérii|BB| parait ôtre fort ancienne. On sait que les Grecs et les Romains tiraient IM grande partie de leur or des rivières aurifères de la Colchide, de la Lydie, ^ la Macédoine et de la Thrace rie Phase et le Pactole jouissaient à cet égard d'ut grande célébrité; quelques-unes roulaient dos paillettes d'or en si grande aboidance,viue les habitants du pays se bornaient^ pour les recueillir9& plongerdus les eau\ du neuve des peaux de brebis recouvertes de leur laine; et an boit d'un certain temps^ils les retiraient toutes chargées d'une mniUUide de petits paillettes d'or. La fable de la Toison-d'Or n'est peut-être qu'une allégorie qe^ a trait à la conquête d'un pays où de riches mines de ce métal précieux étaisB^ exploitées de èetto manière. L'or que possédait Crésus^ ce roi de Lydie sifr" meux par sou opulence, était de l'or d'alluvion, et ses trésors n'étaient eoi*' posés que de très-petites paillettes d'or^ amoncelées dans ses palais^ comme Ile* dique un passage d'Hérodote. Ce prince , dit l'historien grec^ fiUsant voir ■> jour à Aicméon ses immenses richesses, et lui ayant permis de prendre t^ i'or qu'il pourrait emporter avec lui, celui-ci se jeta sur un monceau de pell' lottes d'or, et en remplit ses bottines, ses vêtements, ses mains et sa boocbe*

(2) Mémoire sur la distribution de l'or dans la plaine du Rhin^ par M. V^ brée^ ingénieur des mincs^ professeur à la Faculté des sciences de StradMtfï (Annales des Mines, tom. X ; 1846).

An commencement du siècle, les quantités d'or et d'argent qui étaient versées annuellement dans le commerce^ étaient à peu près entre elles dans le rapport de 1 à 45 ; et cependant on iiapposé que les valeurs commerciales des deux métaux étaient leolement entre elles comme 1 : i5,5. Cette différence vient de ce que Tor étant beaucoup moins employé que l'argent, les demandes qu'en faisait le commerce étaient moins nombreuses, et lOD prix réel est resté au-dessuj» de celui qu'il aurait dû avoir fû eût suivi le rapport des quantités. Notre système monétaire eiC encore basé sur rbypotlièse que l'or a une valeur commerciale i5 fois et demie aussi grande que celle de l'argent : d'a- |irès le dernier tarif de 18 54, le kilogramme dor pur vaut 3,444 fA^>6t celui d'argent pur 222 fr.; mais cette bypotlièse est Inexacte aujourd'bui. Déjà, vers 1846, avant la découverte des fîtes californiens et australiens, le rapport. entre la production de For et celle de l'argent se trouvait sensiblement modifié; cette découverte a altéré le rapport d'une manière plus profonde CDCore, la production du premier métal ayant augmenté dans une proportion considérable. Depuis i843, l'or tend à baisser de valeur, tant à cause de Fabondance des nouveaux gites, que de la facilité plus grande de leur exploitation.

Le traitement métallurgique des minerais d'or, dans lesquels le métal est disséminé en parties visibles ou invisibles, consiste dans l'amalgamation avec le mercure, aprcs avoir fait subir aux minerais quelques préparations mécaniques. On enlève ensuite le mercure par la distillation, et Ton obtient Tor à l'état de pureté, ou bien allié avec quelques autres métaux, dont on le sépare par l'acide azotique, qui dissout tous les métaux étrangers. Quant à l'or contenu dans les minerais d'argent, on l'obtient combiné avec l'argent qu'on en extrait par la coupellation, et l'on opère ensuite le départ des deux niétaux, en traitant par Facide azotique, qui enlève l'argent et met l'or en liberté. Le sel d'argent, ainsi forme, est fondu ensuite pour avoir le métal. Quant à l'or d'alluvion, on n'a besoin que de le fondre pour le mettre en liugots.

L'or est fort recbercbé à cause de son éclat et de son inaltérabilité; mais son prix élevé nous ayant obligés h l'économiser, on a chercbé les njoyens dera|>|)Iiquer en courbes extrêmement minces sur presque tous les corps, ce qui constitue l'art de la dorure. L'or s'applique sur le bois et .sur tous les corps qui ne peuvent éprouver l'action du feu, au moyeu d'un mordant, qui

,a86 Bf^TAUX NATIFS

est un vernis pu un mucilage. On emploie dans ce cas de Tor réduit par le battage en feuilles extrêmement minces. Cet or battu se débite par livrets, qui en contiennent une feûiDé à chaque page. La dorure sur porcelaine, faïence, émail, et autres corps semblables pouvant aller au feu, se fait avec de l'or réduit en poudre extrêmement fine, que Ton applique au pinceàu/îet l'on ajoute ensuite un fondant.

Quant à la dorure sur métaux, et particulièrement sur firgent et sur le cuivre, le procédé qu'on a pratiqué exclusivement jusqu'à ces dernières années, reposait sur là propriété dont jddit ' le mercure de s'amalgamer avec l'or, et de se volatiliser au fea, en abandonnant le métal, qui adhère fortement à celui sur lequel on a étendu Tamalgame. C'est ainsi que l'on peut dorer' i chaud l'argent, qui, dans cet état, prend le nom de vermeil^ le cuivre, le bronze et le fer. Lorsque les pièces' sortent du feu, elles sont recouvertes d'une couche d'or terne, qui porte le nom d^or moulu. On polit sa surface avec un brunissoir, où bieu on la conserve à l'état mat dans certaines parties de TouVrage, ce qui produit un contraste dont l'effet est très-avantageux. Hais ce procédé de dorure des métaux par le mercure ayant de graves inconvénients pour la santé des ouvriers, on Ta remplacé dans ces derniers temps par un autre procédé, qui est celui de la dorure par la pile ou dorure galvanique, lequel a donné naissance à un art nouveau, la Galvanoplastie,

APPENOICE.

t. Or argentifère, — Electrum; or argon tal. L'or est souvent allié à l'argent dans des proportions extrêmement variables; et lorsque la quantité d'argent est assez considérable, le minerai perd sa belle couleur jaune, pour prendre une teinte beaucoup plus pâle, et tirant sur le blanchâtre; de plus sa densité diminue et peut s'abaisser jusqu'à i4 ou i5. Cette combinaison était connue des anciens^ qui la désignaient par les noms d^Ekctrumf ou d'or blanc. Quelques minéralogistes ont voulu faire de ces alliages d'or, plusieurs espèces particulières, d'après les nombres différents d'atomes des deux métaux, accusés par les analyses: mais les proportions de ces alliages varient tellement^ qu'il est impossible d'y voir autre chose qu'un mélange indéfini de deux métaux, de cristallisation semblable. Dans ces mélanges, c'est For qui l'emporte toujours par sa proportion atomique, et par

coMéqoeot, c'est à l'espèce de l'or qu'on doit Les r9pporter.

simples variétés. Celles dans lesquelles l'argent est en

qniptité plus forte^ et qui sont >de couleur plus pâle, viennept

je Sehlangenberg en Sibérie, et de Vorosp^uik en Transylv^-

: leur composition peut être représentée par la for^pule

tfj . La variété de Sibérie, analysée par Klaproth, .a fourni

proportions suivantes : Or 64» et argent 26. De nombreuses

t^ d'or argentifère, venant les unes de la Colombie, les

^ de l'Oural ou du Brésil, et étudiées avec soin par

1 ngftult, :Rose et D'Arcet, ont présenté pour un atome

I depuis 3 jusqu'à i8 atomes d'or. Celte dernière pro-

<n, trouvée parD'Arcet dans un or qatif provenant du Bré-

)ond à Tanalyse suivante : 94)0 d'or; 5,85 d'arjg^ent; et

%i5 de platine.

^. Or amalgflmé, ou Uydrargyrifère, — Qn trouve en Cplom-

i.au milieu du platine granuliforme, de petits globulesblancs,

îles à écraser par la pression du doigt, et qui sont formés par

coi9al>inaison de l'or et du mercure. D'après Schneider, ils

it composés, sur loo parties, de 38,4 ^'ot, 5 d'argent, et 57,4

4le mercure. Il parait que des amalgames d'or se rencontrent

M9SÎ .en plusieurs points de la Californie. Une variété, trouvée

4|tfi8 la vallée de.Mariposa, et ayant une densité de i5,47, ^^^'

lient, diaprés l'analyse de Sonnenschein, 39 pour cent d'or^ et

161 .de mercure : composition qui répopd à la formule Au Hg'.

3. Or paUadifère.^^ Porpezite ; Auropoudre. Nous avons déjà mentionné, à l'article Palladium, page 372, cette variété d'or, jqaî renferme une proportion notable de palladium^ avec une cerUine quantité d'argent.

Page 1