SULFURES ET SÉLÉNIURES SIMPLES
Devonshire, en Aogleterre, qui offrent le même gisement, et ceux du Derbyshire et du Cuniberland, qui sont dans le calcaire carbonifère. Un petit nombre de filons traversent les calcaires pënëen^concbylien et jurassique (Tarnowitz, en Silésie;Bleiberg, en Garintbie; comté de Durbani, en Angleterre).
Les gites de contact, beaucoup plus irréguliers que les précédents, sont aussi très-nombreux dans la Saxe et dans le Hara: ils constituent généralement des rameaux qui pénètrent les roches cristallines avoisinantes. En France, ils sont beaucoup plas fréquents que les filons bien réglés; suivant M. Burat, on ne compte dans toute la France que cinq ou six mines de plomb qni puissent rentrer dans cette dernière catégorie, tandis que, sur le pourtour du vaste plateau de granité qui occupe le centre du pays, il existe de nombreuses exploitations de gîtes irréguliers, dont la production totale est plus que décuple de celle des filons réglés. Les mines d'Alloué et de Confolens, dans le départemeot de la Charente, peuvent être citées comme exemples du second, mode de gisement de la galène.
Le troisième mode de gisement, celui qui consiste dans lit dissémination du minerai de plomb en nodules (Knotenerz), oi en grains (Sanderz) au milieu des grès ou des calcaires secoffdaires, s'observe au Bieiberg, près de Burlacb, sur la rive gauche du Rhin, dans la Prusse rhénane ; dans TEifel ; à Leadhilb^ en Ecosse, etc. Le minerai est si abondamment répandu dans k roche, et mélangé avec elle d'une manière si intime, qu'on est porté à le considérer comme étant contemporain, c'est-à-dire^ qu'il aurait été déposé en même temps que le grès ou: le calcaire qui le renferme, par des agents particuliers de sédimentation, tels que les sources minérales. Certains grès blancs sont quelquefois entièrement mouchetés de petites parties de couleur foncée, qui sont des grains ou petits noyaux de galène. Nous n'avons pis besoin d'ajouter qu'une grande partie des différents dépôts de. galène que nous venons de mentionner, sont argentifères, et> que cela est toujours vrai de ceux qui sont en filons dans ks^ roches anciennes, et dans celles qui sont le mieux cristalliséei.
Les principales mines de plomb, sont : i^ en France, leS:iiiine8de PouUaouen et Huelgoat, près de Carhaix, dans le départe» ment du Finistère ; ce sont des filons de galène, traversant deeschistes argileux du sol intermédiaire, qui reposent sur le granité. C'est dans ces filons plumbifères, mais principalement van: les parties les plus voisines de la sur&ce, qu'on a trouve avec b.
galèoe d'autres minéraux plumbiferes, tels que le plomb carbonate, le plomb pbospliaté, le plomb (jomaie, etc. Ces mines de Bretagne sont les plus importantes que possède la France : elles occupent neuf cents ouvriers, et produisent par ari 5ooo quintaux métriques de plomb et i5oo kilogrammes d'argent.-— 11 exist^aussi des mines de plomb à Cbâtelaudren, près de Saint- Brieuc; à Pontpean, près de Rennes; à Yillefort et Yiallas dans la Lozère^ où la galène est argentifère; à Saint-Sauveur, dans le Languedoc; à Vienne, en Daupbiné, et aux environs de Pont- Gibaud, dans le département du Puy-de-Dôme.
Plusieurs autres exploitations importantes de galène argentifere> qui étaient autrefois florissantes, sont aujourd'liui abandonnées pour la plupart, bien qu'elles puissent être reprises: telles sont les mines du massif des Vosges, et particulièrement celles de Giromagny, de Lacroix-aux-Mines et de Sainte-Mario-aux- Mines. Les environs de Sainte-Marie renferment un grand nombre de filons, dont le principal, celui de Lacroix, est célèbre par 8a puissanc(3 qui est de 20 mètres, et par une exploitation de plusieurs siècles poussée sur une étendue de plus d'une lieue. Ce filon a eu des périodes extrêmement productives : on a trouvé beaucoup d'argent natif dans sa partie supérieure, quelquefois en blocs de plus de 3o kilogrammes. En 1756, il Fournissait encore 12000 quintaux de plomb et près de i5oo kilog. d'argent; Les filons plumbifères des environs de Giromagny sont nombreux; ils traversent des porphyres et des schistes argileux; — après avoir élé plusieurs fois abandonnés^ ils viennent d'être repris de nouveau.
a° En Savoie îles mines de Pesey et deMacot, à l'est de Moutiers. La galène y est argentifère : elle a produit par an 2000 quintaux métriques de plomb et environ 600 kilog. d'argent. Elle est en amas au milieu de schistes talqueux.
3*^ En Prusse : les mines du Bleiberg et de Gemund, dans la Prusse rhénane et les environs d'Aix-la-Chapelle. Ce gîte paraît appartenir à la formation du grès bigarré : il est très-faiblement argentifère. — Dans la Silésie, la mine de Tarnowitz, où le minerai est disséminé dans un calcaire de l'époque secondaire ancienne (calcaire pénéen).
4** En Autriche : la mine du Bleiberg en Carinthie, où la galène est au milieu de calcaires compactes fins ou de roches arénacées (arkoses).
5** En Angleterre : la galène y est en filons nombreux et puis«
39^ SOUrORES ET SELAnIURES 8IMPLI8
sants^ au milieu du calcaire carbonifère, qui forme dans ce pays une sorte d'axe montagneux, étendu du sud au nord, depuis le Derbyshire jusqu'en Ecosse. C'est à cause de ces circon" stances que les Anglais ont donné à ce calcaire le double nom de calcaire métallifère et de calcaire de montagne. Les ezploi» tations les plus remarquables sont celles du Derbyshire, dans les cantons nommés Kingsfield etPeak : c'est dans ces filons qoe l'on observe le phénomène que nous avons mentionné ci-dessiu, en parlant de la galène spéculaire; nous citerons encore les mines du Cumberland, dans les environs d'Alstonmoor : là les filons traversent des couches alternatives de calcaire et de grès, et Ton remarque qu'ils sont généralement plus puissants et plus riches dans les couches calcaires que dans celles de grès; le plomb qu'ils fournissent contient peu d'argent. Ces différents gîtes donnent environ 180,000 quintaux métriques de plomb par an. L'Angleterre possède en outre des mines importantes de plomb dans le pays de Galles, le Devonshire, le CornouailleSi ainsi qu'à Leadhills, en Ecosse.
Le principal usage de la galène est de servir à l'extraction da plomb que consomme le commerce. Comme la galène, par le grillage, ne donne pas seulement de l'oxyde de plomb, mais encore du sulfate de plomb, on la fond ordinairement dans un four à réverbère, avec du fer métallique, qui enlève le souire au plomb et met ce métal en liberté. On peut aussi traiter la galène par une autre méthode chimique, appelée méthode par réaction : elle consiste à griller le minerai d'une manière incomplète, de façon à obtenir un mélange de sulfure, d'oxyde et de sulfate. On mêle le tout intimement, et Ton fait réagir les unes sur les autres, à une haute température, les parties de ce mélange, savoir : une portion de la galène sur l'oxyde, et une autre portion sur le sulfate. Dans chacune de ces réactions, il y a production d'acide sulfureux qui se dégage, et le plomb est revivifié. Si le minerai est argentifère, le plomb qu'on obtient est un alliage de plomb et d'argent : on le nomme plomb (fœuvrff. On en sépare le métal précieux par le procédé de la coupeHation, qu'on exécute sur une grande échelle : ce procédé est fondé sur ce que le plomb fondu s'oxyde au contact de l'air» ce qui n'a pas lieu pour l'argent. On opère la fusion du mélange dam une sorte de four à réverbère, dont la sole est formée de briques recouvertes d'une couche de marne, et l'on dirige le vent d soufflet sur la surface du bain métallique. L'oxyde de
qvi est spécifiquement plus léger que le plomb et l'argent fonte^ se rassemble à la surface, descend vers les bords et s'écoule, h mesure quHl se produit, par une rigole qu'on lui a ménagée. (ta eontinue l'opération, jusqu'à ce que le plomb soit entièrenent transformé en litbarge, et que l'argent reste isolé sous la Binne d'un disque. La litbarge provenant de la coupellation. Ml ensuite revivifiée ou réduite en plomb métallique à l'aide du fca et dn cbarbon.
La galène est employée immédiatement par les potiers de tnre^ sous le nom â^Alqmfovx : ils la réduisent en poudre, et nvétent leurs vases d'une couche de cette poudre, qui, par l'action d^un feu violent, forme unenduit vitreux, de couleur jaune, ila surface de ces vases. Si, au lieu d'un vernis jaune, on veut Ifoir des vernis verts ou bruns, on ajoute à l'alquifoux de foisyde de cuivre ou de manganèse. Outre cet emploi de la |dène en nature, pour la couverture des poteries grossières, on fabrique encore avec la galène grenue, des papiers métallifères, h surfaces brillantées, dont on recouvre des petits coffrets : après tfoîr enduit ces papiers de colle, on les saupoudre de grains de galène plus ou moins fins.
6e Espèce. Glaustbalitb.
Syn. : Clatisthaliej Beudant; Clausthalite, Haidinger et Dana; Selenbleij H. Rose. Plomb séléniuré.
Cette substance ressemble beaucoup, par son aspect extérieur, à la galène, avec laquelle elle est isomorpbe, et elle a été confondue avec elle jusqu'au moment où le sélénium a été découvert. ESke a l'éclat métallique, et sa couleur, qui est le gris de
•mb clair, présente souvent des nuances de bleu ou de roure. Sa structure est ordinairement grenue, ou subfibreuse : I a pu reconnaître dans ses grains la forme et surtout le cliv\ ! cubique. Sa dureté est de 2,5 à 3; sa densité, de 8,8.
D'après les analyses de Stronicyer et de II. Rose, elle est com-
ée essentiellement de plomb et de sélénium, selon la ibrmulc 1 Se; en poids, de 72,7 de plomb, et de 27,3 de sélénium. I iquefois une partie du plomb est remplacée par une propor-
n équivalente d'argent : Rammelsberg a trouvé clans une va-
! venant de Tilkerodc, au ilarz, 1 1,67 d'argent. D'autres
contiennent de petites quantités de cobalt (séléniuré de
cobalt, de la mine Lorenz, près Clausthal), ou de
33o SULFURES ET séLÉRniRES SIMPLES
cuivre (sélëaiure de plomb et de cuivre de Tilkerode et de Zorge). Enfin, dans une dernière variété, trouvée à I^erbach, une partie notable du plomb est remplacée par du mercure (séléniure de plomb et de mercure).
Chauffée sur le charbon, la ciausthalite développe une forte odeur de raves putréBées, et couvre le charbon d'oxyde jaune de plomb; dans le tube ouvert, elle dégage du sélénium, qu'on reconnaît à sa couleur rouge. Fondue avec la soude sur le charbon, à la flamme de réduction, elle donne du plomb métallique. Elle est attaquable par l'acide azotique : la solution donne dei lamelles de plomb métallique sur un barreau de zinc.
La ciausthalite se trouve au Harz dans des filons qui traversent les terrains de transition, dans le voisinage de roches dioritiques; elle est accompagnée souvent de spath brunissant, et quelquefois d'or et de palladium. Les principales localités où on la rencontre, sont : la mine Caroline, près de Lerbach; Ja mine Lorenz, près de Clausthal; la mine Brummerjahn, près Zorge et Tilkerode. Ou l'a citée aussi comme se trouvant en Saxe, dans la mine Immanuel, à Reinsberg, non loin de Freiberg.
7« Espèce. Bleude.
Syn. : Zinc sulfuré, Haûy; Zinkhlende, des minéralogistes Allemands; Blende ou fausse Galène, des mioeurs ; Sphalérite, Glocker.
La blende est celui des minerais de zinc qu'on rencontre le plus fréquemment dans la nature, mais il ne constitue que bien rarement des gîtes assez abondants pour qu'on puisse en tirer parti. Pendant longtemps il est resté sans usage pour laprodo^ tion du zinc métallique^ à cause de la difficulté qu'on ëfjrouvah à le griller; il n'en est plus de même aujourd'hui : cette o| tt^ tion s'exécute maintenant avec assez de facilité à l'aide fourneaux à réverbère tout particuliers; et ce minerai doit être mis en ligne de compte parmi ceux qui fournissent des produkl * avantageux.
Le Zinc ne s'est point offert jusqu'à présent à Tétat natif: il est toujours combiné avec d'autres corps dont il faut le séparer par les procédés métallurgiques^ et ses principaux composël sont : la blende ou le sulfure de zinc ; la calamine ou le carbonate de zinc, et une autre combinaison oxydée, moins importante^ dans laquelle la silice remplace l'acide carbonique (le âlscatt de zinc). Ces deux derniers ont été pendant longtemps
CUBIQUX8. 33 1
dos 6Q9einble sous le nom commun de calamine (en allemand Gabnei).
Lorsqu'on est parvenu à obtenir le zinc à Tétat parfaitement par, il est d'un blanc bleuâtre, avec un éclat métallique trèssensible, lorsque sa surface est mise depuis peu à Tair; mais il ne tarde pas à se ternir, parce qu'il est très-oxydable; il a une 1 ture sensiblement lamelleuse : sa forme cristalline n'est pas
:ore complètement déterminée. Il est seulement probable qu'il appartient à la série des métaux rbomboédriques : car on l'a observé quelquefois dans tes fourneaux où Ton traite les minerais de zinc, cristallisé en prismes hexaèdres ré{;uliers, dont la base est mate, et les pans fortement striés. M. G. Rose a reconnu sur ces cristaux des facettes de troncature horizontales, dont l'inclinaison sur la base était d'environ 1 1 i°. Le zinc est ductile^ et peut se réduire en lames assez minces. Il passe à la filière avec plus de difficulté, et on ne peut pas en obtenir de fil d'un trèspetit diamètre. Sa densité varie de 6,9 à 7,2, selon que le métal a été fondu, ou simplement iaminé.
Le zinc est cassant à la température ordinaire; mais il devient malléable à quelques deg[rés au-dessus de 100°. Chauffé jusqu'à 300^9 il redevient cassant, à un tel point qu'on peut alors le broyer aisément dans un mortier. Il entre en fusion vers 5oo° environ^ et en éhullition a la chaleur blanche; on peut le purifier par distillation. Chauffe au contact de l'air à une température supérieure à celle de son point de fusion, il prend feu et brûle en répandant une Hamnie d'une blancheur éblouissante; ce qui fait qu'on l'emploie dans la composition des feux d'artifice.
Le zinc du commerce est presque toujours allié à une faible iroportion de plomb, et quelquefois aussi d'un uietal rare, appelé cadmium^ qui jusqu'à présent ne s'est encore trouvé que dans les minerais de zinc. C(: nouveau métal a été découvert en 1817» dans certaines calamines de la Sihisie, où il existe en petite quantité; on l'r. n>trouvé aussi dans quelques blendes, par exemple celles de Freiberg, en Saxe. Le cadmium est un métal ductile, d*un blanc <rétain, plus Fusible et plus volatil encore que le zinc. Il fond lon|;teinps avant la chaleur rouge, et distille à celte température. Sa densité est de 8,7. Il ne s'oxyde poiut sensiblement à la température ordinaire. On reconnaît .sa
• nce dans un minerai de zinc, en traitant celui-ci sur un
rbon à la flamme de réduction : il se dépose, au premier
le feu, à peu de distance de la matière d'essai, un anneau
33s SULFURES ET SÉLÉNIURES 81MPLB8 '
jaune ou orangé d'oxyde de cadmium, qui se voit d'autant mieux que le charbon est plus refroidi.
Les difFérents minerais de zinc n^mt de commun entre eux que la présence de ce métal^ considéré comme élément caractéristique; ils ne possèdent d'ailleurs aucune propriété extérieure ^ qui puisse aisément les faire reconnaître. Aucun d'eux n'a Faspect métallique proprement dit, et leur densité est toujours audessous de 6. Ils sont tous assez facilement réductibles sur le charbon, au moyen d'un grillage ménagé et avec l'emploi du carbonate de soude. Ils répandent sur le charbon une poussière blanche, dhe fleurs de zinc^ qui entoure le globule sans lui être contiguë, et qui se volatilise facilement sans colorer la flamme. Si l'on plonge dans le minerai revivlBé un fil de cuivre rouge, on le transforme immédiatement en laiton, reconnaissable à sa couleur jaune. Revenons maintenant à la blende, le plus commun de ces minerais, et le seul qui appartienne à l'ordre des sulfures.
Caractères essentiels de la Blende.
Composition chimique, ZnS; sulfure de zinc. En poids : zinc 66,72; soufre 33,28. Le zinc est remplacé souvent, en petite quantité, par du fer ou du cadmium.
Système cristallin : Le cubo-tétraédrique.
Forme fondamentale : Le cube, avec hémiédrie polaire, et clivage rhombododécaédrique.
Caractères distinctifs.
Géométriques. — Les formes dominantes dans cette espèce sont : le tétraèdre, le tétra-trièdre, et le rhombododécaèdre. Des clivages d'une grande perfection ont lieu parallèlement aux faces du dodécaèdre rhomboïdal, et par conséquent avec la même netteté dans six directions différentes. Il résulte de cette multiplicité de clivages, que Ton peut extraire d'une masse de blende cristallisée un grand nombre de formes polyédriques, en faisant diverses combinaisons de ces clivages (voyez i*' vol., pages 237 et 238). C'est ainsi que l'on peut obtenir, outre le dodécaèdre complet, un sphénoèdre ou tétraèdre à faces isoscèles, avec angles dièdres de 60° et de 90°; une pyramide droite, avec une base rhombe de 1 09**28' et des pans inclinés sur cettç base de 60^; un octaèdre droit à base carrée, ou à base rhombe; et un rhomboèdre obtus de 1 20^.
Physiques. — Aspect : la blende est du petit nombre des suls qui sont transparents et dépourvus de Téclat métallique : rface est très-brillante dans les cassures fraicbes, mais ton k:lat est du genre de ceux qu'on nomme gras ou adamantin. Sa couleur, quand le minéral est pur, est le jaune-verdâtre, mais sUe passe fréquemment au rouge, au brun, et au noir, par suite le mélanges avec d'autres sulfures ; les blendes ferrugineuses ont généralement d'un noir foncé. Quelquefois les teintes sont variables dans le même écbantilion. Les degrés de transparence rarient par les mêmes causes, en passant par la translucidité» [K>ur arriver jusqu'à Topacité complète. La blende, à raison de
Dristallisation régulière, n'a que la réfraction simple : cepenit les lames de blende jaune, placées dans la pince aux tourmalines, dépolarisent la lumière qui les traverse et rétablissent la transparence. •*
Dureté : 3,5. La blende est tendre et cassante. Sa cassure lamelleuse, ou concboïdale. — Densité : de 3,9 k ^,2. C'est un des sulfures les plus légers; et sa dureté est inférieure à celle de la jQuorine.
Phosphorescence : certaines variétés de blende, surtout celles de couleur jaune, sont très-pbosphorescentes par frottement dans l'obscurité; et pour développer en elles cette propriété, il sufBt même de les frotter avec une plume.
Chimiques. — La blende décrépite souvent avec force sous Paction du chalumeau; mais elle est presque infusible par ellemèmcj ou du moins elle ne fond que très-difBcilemeut, et seulement sur les bords les plus minces. Elle ne donne par le grilage qu'une faible odeur d'acide sulfureux. Mais si on la chauffe, iprès l'avoir broyée et humectée d'acide sulfurique, elle répand me forte odeur d'hydrogène sulfuré. Chauffée très-fortement mr le charbon, à la flamme d'oxydation, elle donne des fleurs t)lanches de zinc. Elle est soluble, mais avec difficulté, dans l'acide azotique : sa solution donne par les alcalis un précipité blanc qui se redissout par un excès du corps précipitant.
Analyses de la blende lamelleuse :
lo Lamelleuse, 2o D'Angleterre, S» De Fnibram, par Arfwedson. par Berthier. par Lowe.
Soufre. . . . 33,66 .... 33 ... 82,75
Zinc 66,34 .... 61,5 . . . 62,62
Fer n » . . . . ^,0 . . . 2,20
Cadmium . . »».... » . • . I97&
334 8t7LFURE9 ET S^^NItTRES SIMPLES
, Analyses de blendes ferrugineuses, dites marmatites :
1° De Toscane, t9 Ber Hirmato, S» Du dépt. du Tir,
parBechi. par M. BonssixigtBtt. . pur Lama.
Soufre. . . . 32,12 .... 28^60 • . . 30|2
Zinc «^0,90 .... 4^>^^ • • • ^^
Fer ^1)44 • • • • 1^970 . . . 10,8
Cadmium.. . i,23 .... n ... »
YARIETES.
Formes cristallines.
Modifications sur les arêtes : 6^, 6 '*. — sur les angles : a*, a*, a*.
Les fermes simples^ et les principales combinaisons, obserréci dans la nature, donnent les variétés suivantes :
1 . La blende téiraèdre^ forme hémiédrique de l'octaèdre é^ fig. 169, pi. 26. A Sainte-Agnès, en Cornouailles ; au Derbyshire; à Kapnick, en Transylvanie.
2. La blende octaèdre a^. Cette forme est la combinaison da tétraèdre précédent, avec son inverse. C'est une forme composée, qui se présente le plus souvent sous Tapparence d'un tétraèdre épointé, les deux ordres de faces se distinguant l'un. de l'autre par une différence d'étendue bien marquée.
3. La blende dodécaèdre 6^ C'est la forme que Haiiy avait choisie comme forme primitive, par la raison qu'elle est clivable parallèlement à toutes ses faces. Cette variété, ainsi que la précédente, est fréquemment hémitrope (blendes transposées, de ce minéralogiste), et cette circonstance se reproduit dans plusieurs des variétés suivantes. L'hémitropie a toujours lieu suivant la même loi : plan d'hémitropie parallèle à une face de l'octaèdre régulier^ et axe de révolution normal à cette même face.
4. La blende cubo-oclaèdre alternct Haiiy, pa^; fig. 170. Ce solide ne présente point ici la symétrie du cubo-octaèdre dans le système cubique ordinaire; il s'offre sous un aspect tout différent, parfaitement en rapport avec la symétrie propre au système tëtraédrique.
5. La blende bîforme '* (a*) 6* (fig. 171). Combinaison du tétraèdre avec le dodécaèdre rhomboïdal. Cette variété de forme et les suivantes sont éminemment caractéristiques, dans le sys-
CUBIQDES. 335
tèae particulier de la blende. Haiiy a donne le nom de biforme à une variété composée du même dodécaèdre et de l'octaèdre entier. Mais, à proprement parler, cette combinaison est ternaire, pujsque l'octaèdre est ici une forme composée de deux tétraèdres parfaitement indépendants.
%. La blende didodëcaèdre^lAdLWj, '*(a8)6*,fig. 173. Cette autre combinaison binaire se compose du dodécaèdre rhomboïdal et d'un tétratrièdre, moitié du trapézoèdre a'; ce tétratrièdre est an second dodécaèdre à triangles isoscèles, portant l'empreinte du tétraèdre : c'est un tétraèdre pyramide. L'incidence de a^ sur tf est de i29°3r. Cette forme présente un assortiment de douze trapézoldes, qui répondent aux faces du rliombododécacdre, et de douze triangles isoscèles allongés, réunis trois à trois par leurs lonimets, et deux à deux par leurs ba»es : elle est représentée ici dans son état simple, qui n'est pas son état habituel. Ses cristaux subissent Thémitropie ordinaire, parallèlement à une face de l'octaèdre régulier, ce qui amène un changement dans i'assortiflient des deux ordres de faces, et Ton s'aperçoit de ce dérangement lorsqu'on veut cliver le cristal, par les lames qui sont situées comme à contre-sens dans les deux parties transposées. — En Angleterre, au Comouailles, et dans le Derbyshire, à Kapnick, en Transylvanie. "*
7. La blende apopliane, ïlaiiy. '^{a^b^ '* (a*). C'est la variété précédente, augmentée des faces du tétraèdre, qui font mieux ressortir encore la syméU'ie propre au minéral. Cette variété, comme la précédente, est presque toujours à l'état d'hémitrppie.
8. La blende informe (fig. 172). C'est la combinaison du cube, du dodécaèdre, et du tétraèdre régulier. Haiiy a donné ce nom de triforme à une combinaison qui est véritablement quaternaire, puisque l'octaèdre, qu'il comprend au nombre de •es éléments, comme s'il était une forme simple, est déjà luimême une combinaison binaire. A Kapnick» en Transylvanie.
Les cristaux de blende ont une grande tendance h former des hémitropies, d'après la loi que nous avons déjà indiquée, c'est- 4-dire de manière que le plan d'hémitropie soit parallèle, et Taxe de révolution normal à une des faces de l'octaèdre régulier.
Le groupement a lieu par simple juxta-position, ou bien avec croisement partiel, et cela, non-sètilement dans les cristaux proprement dits, mais encore dans les masses cristallines informes;
336 SULFURES ET SÉLÉNIURES SOfPUU
et il se répète souvent, soit avec des faces de jonction parallèlesi soit avec des faces de jonction inclinées.