VARIÉTÉS DE FORMES ET DE STRUCTURES ACCIOENTVLLB
Les variétés principales de blende qui rentrent dans oUte catégorie, sont les suivantes :
La blende laminaire : c'est une blende spéculaîre ou miroitante^ à grandes lames brillantes et diversement entrdacées, composant des masses qui sont quelquefois criblées de cavités.
La blende lamellaire : à petites lames mêlées et inclinées dans toutes les directions. Cette variété est souvent mélangée de cuivre pyriteux, de sulfure de fer et de galène : elle est très-commune en Hongrie. On la trouve en petites lames noirâtres^ avec le calcaire spatbique ou la dolomie^dans les roches de la Somaia, au Vésuve.
La blende radiée (Strahlige Blende, Werner). En masse solide, fibreuse et radiée, de couleur brunâtre, avec un éclat tiraoCior le perlé. A Przlbram, en Bohême; à Felsobanya, en Hongrie. Elle contient souvent du cadmium.
La blende concrédonnëe, nommée aussi blende testacée (Sduh lenblende), blende hépatique (Leberblende), blende striée et compacte. En masses mamelonnées ou globuliË>rmes, à structure testacée, et à texture fibreuse ou compacte : l'intérieur des loimelons ou des globules paraît ordinairement comme strié du centre à la circonférence. Cette variété est presque toujours c brun rougeâtre, et son éclat varie du mat au luisant de4ai e. Les fragments sont opaques, ou faiblement translucides sûr les bords. A Geroldseck, pays de Bade, dans un filon de galène; i | Raibel, en Carinthie; aux environs d'Aix-la-Chapelle.
Comme variétés de mélanges, on distingue les blendes cadmifères et les blendes ferrugineuses. Les premières sont brunes ou rougeâtres : on lour a donné quelquefois le nom de Prtibnr mite. Les dernières sont presque toujours de couleur, noire plus ou moins foncée. Les plus ferrugineuses ont reçu le nom de marmatites, que M. Bpussingault leur a donné, parce qu'il eni trouvé surtout aux environs de Marmato, dans la province de Popayan, en Colombie. Ce sont les mélanges qui produisent surtout les grandes variations de couleur que Ton remarque dans cette espèce. Considérée sous le rapport de la coloratîoDi la blende peut se partager en trois variétés principales, que les
CDBIQOII. 337
xaiÉfiMiogistes allemands ont distinguées a^ec beaucoup de
I® La blendeyaun^; Gelbe Blende^ Werner. C'est la plus pure^ la moins mélangée : elle est transparente, très-lamelleuse, et > phosphorescente. Elle offre diverses teintes de *jaunc, qui ent depuis le jaune citrJn ou vert jaunâtre du soufre, jusau jaune miellé ou rougeâtre du succin. Les plus beaux opes de cristaux de blende appartiennent à cette variété. On trouve à Kapnick, en Transylvanie, où ils s'associent au fer liique, au calcaire brunissant, au cuivre gris, au manganèse f'uré, et au manganèse carbonate ou silicate. On trouve aussi la blende jaune à Felsobanya, à Nagy-Banya et Schemnits, iongrie; à Ratieborziz, en Bohême; à Scharfenberg, Schwarberg, et Rittersgriin, en Saxe ; au Rammelsberg, dans le Harz; m France, à Baigorry, dans les Pyrénées. 2® La blende brune; Braune Blende, Werner. Cette variété est s commune que la précédente : elle forme quelquefois des sses trés-volumineuses. Elle est moins transparente que la Uende jaune et se iclive avec moins de facilité. Ses teintes varient du brun jaunâtre nu brun rougeàtre et au rouge du grenat. On trouve en cristaux, en masses laminaires et en masses radiées ou fibreuses. La blende brune de Freiberg, eu Saxe, analysée par Children, a donné du cadmium. Cette variété se trouve à Alston-Moor, dans le Cumber]and,avec la galène et la fluorine, et dans les mines du Derbyshire, du Northumberland et du Leicester, en Angleterre; dans celles de Freiberg, en Saxe; dans la mine de plomb deChatel-Audren, département desCôtes-du- Nord, en France. La blende brune s'associe fréquemment à la barytine, au calcaire spathique, à la fluorine et au quarz hyalin. 3° La blende noire; Schwarze Blende, Werner. Cette variété est plus rare que la précédente : sa couleur est tantôt d'un noir de velours (la marmatite), tantôt d'un noir grisâtre ou rougeàtre. Elle est opaque, ou tout au plus translucide sur les bords. On la trouve soit en cristaux, soit en masses lamellaires. Elle est trèsmélangée et contient, outre le fer, du manganèse et quelques autres substances métalliques. Les minéraux qui l'accompagnent le plus constamment sont: le cuivre pyriteux, le fer sulfuré, le fer hydraté, la galène, l'argent rouge, le quarz hyalin et le calcaire spathique. A Freiberg, AnnabergjBreitenbrunn etSchwarzenberg, en Saxe; dans les mines de la Bohême, de la Hongrie et de la Sibérie.
Cours de Mùiéralogie, Tome IL 22
388 SULFURES ET liLÉITIURES SIMPLES
Gi/œmetUâ et usages. -^ La blende se présente asses tréqum^ ment dans la nature: elle est répandue dans presque toutes kl formations, depuis les terrains primordiaux les plus anciens jusqu'aux terrains de sédiment moyens; mais elle est rarem asse« al)ondante dami un même lieu pour constituer à elle un véritable gîte de minerai. On ne la trouve guère que les filons de galène, de fer sulfuré, de cuivre pyriteux, de < m gris, etc., et c'est surtout dans les filons plumbifères qu^elli montre le plus communément : elle est presque inséparable la galène; et comme elle lui ressemble beaucoup par !'< brillant de ses lames, on Ta quelquefois confondue avec elle: là les noms de blende (trompeur) et de pseudo-galène qui oni donnés à cette substance par les anciens minéralogistes, i quelques auteurs, le nom de blende, qui veut dire aussi b lui aurait été donné à raison du vif éclat dont elle est douiez Les substances pierreuses qui l'accompagnent le plus ordinairemeut, sont : la fluorine, le calcaire spathique, le quarz «t 11 barytine.
Les gisements de la blende étant presque les mèmesqueoQis de la galène, nous pourrions nous contenter de renvoyer à ^l^ ticle de cette espèce. Cependant nous croyons devoir indiqMT ici les principaux terrains où elle s'est montrée d'une manièn remarquable :
1^ Dans les terrains de cristallisation. La blende est asseï dans les roches granitiques; mais elle se montre dans les qui traversent le gneiss, le micaschiste, les stéaschistes et lû argileux, et dans les couches subordonnées à ces roches pr pales. Sa variété lamellaire forme quelquefois de petits an o des veines irrégulières au milieu du micaschiste ; elle est i uiinée en grains jaunâtres dans les.dolomies du mont Saint-Gothard et de la vallée de Binne en Valais, où elle s'associe au sol* fure ronge d'arsenic.
a^ Dans les terrains de transition : c'est surtout dans ces tfl^ rains que la blende est plus abondante. On la trouve raréfient dans la syénite et autres roches massives dépendantes d^ oef terrains, mais assez fréquemment dans les grauwackes, l« schistes argileux et les roches calcaires qui terminent la sérii de ces terrains.
3^ Dans les terrains de sédiment inférieurs : la blende ne^ montre plus là, que disséminée en petites parties dans les grti du terrain houiller, et dans la houille elle-même î au miiiiBii àm
ai)(Ote$ et dan$ le calcaire pénëea (ou zecbstein). La blende iemble s'arrêter au Muschelkalk ou calcaire conchylien, ainsi que la galène ; cependant on en retrouve encore des traces dans les calcaires à çry plûtes, et jusque dans les lits pyriteuz de Fargîle plastique, situés à la base des terrains tertiaires. On a aussi observé la même substance disséminée en petites lames noirifres dans les roches de dolomie cristalline de la Somna, au Vésuve.
Nous avons dit que, pendant longtemps, la blende avait été jrèjetée des travaux métallurgiques, à cause de la dif&culté que présente son grillage; mais aujourd'hui que son traitement a été perfectionné, on la recherche et on l'exploite à part avec avantage, pour en retirer, soit le métal lui-même, soit seulement son oxyde^qui sert à la fabrication du laiton ou cuivre jaune, alliage de zinc et de cuivre, dans les proportions de 35 du premier métal et de 65 du second. Cet alliage se préparait, autrefois» uniquement avec la calamine (ou le carbonate de zinc), qui alors était le seul minerai employé, et qui passe encore aujourd'hui pour le principal des minerais de zinc. Par la calcînation, cette calamine perd son acide carbonique et se ramène à l'état d'oxyde de zinc. La calamine est souvent associée à du silicate de zinc, avec lequel le carbonate se mélange intimement dans les masses compactes et terreuses qui, seules, constituent de grands dépôts : ce sont ces variétés mélangées, qui sont désignées par les mineurs sous le nom de calamines^ de pierres calami" noires; mais le silicate ne peut donner que très-peu de zinc dans le traitement qu'on fait subir aux calamines, de sorte qu'on ne doit pas le considérer ici comme un véritable minerai.
Le traitement métallurgique des minerais de zinc (blendes et calamines) consiste dans la réduction en poudre de ces minerais^ leur grillage dans des fours à réverbère convenablement appropriés^ et le traitement subséquent du minerai grillé, qui est de l'oxyde de zinc pur ou un mélange d'oxyde et de suliate, par le charbon, dans des cornues de terre ou des. creusets d'argile, auxquels on donne la forme qui convient, pour obtenir le métal par distillation. Ces cornues ou creusets sont munis de longues allonges, qui descendent en traversant la grille du foui^ neau, vers une terrine placée au-dessous, et qui est remplie en partie d'eau pour recevoir le métal fondu. Celui-ci se trouve donc soumis à cette espèce de distillation qu'on nomme perdes»
34o SCLFUBES ET SÉLiNIURES SIMPLES
censum.Lti vapeur du zinc descend par les tuyaux, s'y condense, et le mëtal en fusion coule dans la terrine. La Silësîe, dans U Prusse proprement dite, et les environs d'Aix-la-Chapelle, dans la Belgique et la Prusse rhénane, présentent les gîtes les plas célèbres et les plus importants de calamine; et plusieurs contrées de l'Angleterre fournissent de la blende en abondance.
Quacnd on veut avoir du laiton , on ajoute préalablement aa mélange de minerai et de charbon, une quantité de cuivre convenable, et on obtient immédiatement Talliage que Ton désire.
Autrefois le zinc n'était employé que pour former des alliages, et principalement du laiton ; mais^ depuis un certain nombre d'années, les usages de ce métal ont pris parmi nous un développement considérable, surtout depuis qu'on est parvenu à le laminer en feuilles minces ; car, sous cette forme, il remplace avec avantage, dans un grand nombre de cas, les lames de plomb, de cuivre et de fer-blanc. On s'en sert pour couvrir des édifices, et pour confectionner des baignoires et autres vases oo ustensiles domestiques de grandes dimensions; mais ces vases ne peuvent servir pour conserver des aliments, parce que le zinc s'oxyde facilement au contact de l'air, en présence des acides, et donne des sels vénéneux. Aujourd'hui, on recouvre de zinc une foule d'objets en fer, pour les préserver de la rouille. Nous avons déjà dit que la poussière de zinc avait la propri(M de brûler vivement avec une flamme éblouissante, et que cette propriété était mise à profit par les artificiers.
Le zinc est encore employé dans la' médecine et dans llodustrie à l'état d'oxyde et do sulfate, sous les noms vulgaires de fleur de zinc et de vitriol blanc. Sous le nom de blanc de zmCj on substitue maintenant l'oxyde de ce métal à celui du plooib» dans toutes les couleurs dont la céruse formait ancîennemeat la base, ("blette substitution est avantageuse; car le blanc de âne ne parait pas exercer, comme la céruse, une action délétère sar la santé des ouvriers, et surtout des peintres en bâtiments, sm, sujets à de violentes coliques.
8e Espèce. Alabandihe.
Syn. : Manganblende ; Schwarzetz, Hausmano ; Manganèse sulfuré^ Hafiy.
Substance d'un éclat métallique très-imparfait, et d'uu noir brunâtre, à poussière verte, se présentant le plus souvent en masses irr^ulières, mais à structure cristalline, ou bien ^
'élues et en enduits. Quand elle est lamelleuse, elle se prête issez facilement à un triple clivage^ qui parait cubique; et, de dus, on observe des traces de clivages parallèles aux faces d'un hombododécaèdre, ce qui achève de déterminer le système aristallin de la substance.
Sa densité est de 3,9; sa dureté, de 3,5. Elle est légèrement cassante. Cest un monosulfure de manganèse^ contenant sur roo parties : manganèse 63,^3, et soufre 36,77.
Analyse par Arfwedson de Talabandine de Transylvanie :
Manganèse 63,10
Soufre 37,90
Ce minerai donne dans le tube fermé de l'acide sulfureux» et Hrec le borax, la réaction ordinaire du manganèse. Il est soluble dans l'acide cblorhydrique, avec dégagement d'hydrogèrie sulfuré, 11 se dissout aussi très-bien dans Tacide azotique; et la solution précipite abondamment en blanc par le ferro-cyanure de potassium.
Cette substance se trouve en petites veines avec les manganèses roses, les spaths brunissants et les minerais de tellure, dans les fiions de Kapnick et de Nagyag, en Transylvanie ; à Gersdorf, àrSaxe; à Alabanda, en Carie; au Mexique; et au Brésil, à Rocioha da Gama, dans la province de Minas-Geraes.
9e Espèce. LmiiéiTB (HaidiDger).
Syn. : Koboldine, Beudant; Cobalt sulfuré, Dufrénoy; SiegétUt$; Kohaltkies, HausmaDo; Schwefelkobalt.
Caractères essentiels.
Composition chimique : Sulfure de cobalt, de la formule Co'S*, qu'on peut décomposer ainsi : CoS + Co*S*, ce qui assimilerait sa composition atomique à celle du fer magnétique. En poids: soufre 4^5 ï, et cobalt 57,9.
Forme fondamentale : Le cube, avec des modifications toutes boloédriques.
Caractères distinctifs.
Géométriques. — Ce minéral s'offre communément sous les formes dcFoctaèdre régulier et du cube; ses cristaux sept sou-
34 1 SULFrHES ET séLélflURES SIMPLES
vent hëmitropes, et le plan d'hémitropie est parallèle aune fecé de Toctaèdre; ils ne présentent point de clivages sensibles, et sont dépourvus du caractère hémiëdrique, circonstances qui distinguent cette espèce de la cobaltine (ou cobalt gris), qae nous aurons bientôt à décrire.
Physiques. — Aspect métallique, avec une couleur d'un grii d'acier ou d'un blanc d'argent, nuancée de rouge ou de jaunâtre.
Densité, 499* ~- Dureté, 5,5. ~- Il est cassant^ et sa cassure est inégale.
Chimiques. — Ne donnant aucune odeur arsenicale, au chalumeau, ce qui le distingue à la fois de la smaltine et de la cobaltine; mais répandant des vapeurs sulfureuses. Fusible à h flamme de réduction, en un globule gris,qui^ fondu avec le boraxy le colore en bleu intense.
Analyses :
1. De la Linnéite de Saède» 2. De la Uxméite de Stfgm, par Hisinger.. parWemekink.
Soufre 38,5o ....••• 4i900
Cobalt 43,20 43,36
Fer 3,53 5,3i
Cuivre 14)4^ ^f^o