‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 99 sur 120 · SULFURES ET SÉLÉNIURES SIMPLES · texte numérisé non relu

SULFURES ET SÉLÉNIURES SIMPLES

pyrites aurifères : celles qui sont jaunes et métalliques (Goldkies), pyrites aurifères du Piémont, du Valais^ et des environs de Freiberg, et celles qui sont d'un brun hépatique (Leberkies) : pyrites changées en limonite, de la mine de Bérésof, près de Katherinebourg, en Sibérie; pyrites hépatiques du Brésil. Ces dernières variétés paraissent contenir des parcelles d'or, qui semblent y être engagées plutôt que combinées, et qui deviennent visibles à la surface, ou qui se détachent de la masse par l'effet de faltération qu'elle éprouve. Ces pyrites aurifères sont exploitées comme mines d'or, de même que les galènes argentifères le sont comme minerais d'argent.

Pyrite argentifère (Silberkies). Cette variété renferme soit da sulfure d'argent, soit même de petites parcelles d'argent natif i l'état de simple mélange, comme la précédente contient des particules d'or. On la trouve dans les filons argentiferes de h Saxe et du Mexique; De Humboldt prétend que celle de la mine de Real del Monte contient jusqu'à trois marcs d'argent par quintal, qu'on peut en extraire par l'amalgamation.

Pyrite cuprifère. Certaines pyrites contiennent quelques centièmes de sulfure de cuivre; et on les a utilisées quelquefois pour en extraire ce métal.

Gisements et usages. — La pyrite est une des substances métalliques les plus répandues à la surfoce du globe, car il tftA point de terrains dans lesquels on n'en trouve à l'état de dissémination : mais on peut dire que nulle part elle n'existe en masses bien considérables. On la trouve dans les filons, et aa milieu des roches, soit de cristallisation, soit sédimentaires, de toutes les époques de formation. Cette manière d'être est sans doute la conséquence toute naturelle de son mode de formation: elle parait être un produit de sources minérales» d'eaux ther^ maies sulfureuses, contenant à la fois de l'acide sulfhydrique€lt des sels de fer. Il existe encore de pareilles sources, comme ceibs de Chaudes-Aiguës, dans le Cantal, et de Bourbon-Lancyi daqs le département de Saône-et-Loire, qui déposent de la pyrite; et, suivant Kbclmen, des pyrites se forment journellement piT voie humide, quand des matic^res organiques en décomposition réagissent sur les sulfates des eaux minérales ou des eaux maiinés, on présence de limons ferrugineux.

On n'exploite point la pyrite comme minerai de fer, pan^ que l'extraction de ce métal occasionnerait des dépenses trop considérables, et que d'ailleurs le fer serait toujours de mm-

* CUBIQUES. 36 i

qualité, à raison de la présence du soufre. Quand elle est en masses suffisamment grandes» en amas ou en filons, on la reeherche pour le soufre qu'elle contient, et quelquefois pour For qu'elle renferme accidentellement. On l'emploie aussi^ concorremment avec Tespèce suivante, pour la fabrication du sulfate du fer, en aidant à sa décomposition par un grillage.

Cest dans les filons métallifères qu'on a trouvé les plus beaux groupes de cristaux de cette espèce : la mine de Brosso, daus le Piémont, a fourni des cristaux d'un volume remarquable et de l^plus grande perfection. La pyrite est disséminée en grains ou en cristaux dans tous les dépôts sédimentaires, depuis les plus anciens jusqu'aux plus modernes. C'est à elle que l'on doit en partie rapporter les prétendues découvertes d'or, dont le peuple ^entretient dans un. grand nombre de lieux, et dont on berce si •oavent la crédulité des voyageurs.

Anciennement, on employait la pyrite en nature, pour en faire des boutons de métal et autres ouvra{;.es de peu de valeur. Dans les premiers temps de l'invention des armes à feu, on s'en est servi» à cause de sa grande dureté et de la propriété qu'elle a dPëtinceler par le choc du briquet, au lieu du silex ou de la pierre à fusil qu'on lui a substituée plus tard ; et c'est pour cette raison que les anciens ouvrages la désignent quelquefois sous le nom de pierre cfarquebuse ou de carabine. On a trouvé dans les loml)eaux des anciens Péruviens des plaques polies de cette substance, que l'on présume leur avoir servi de miroirs: de là encore la dénomination de miroir des Incas, qu'on a donnée à cette pyrite. Quant au nom de pyrite lui-même, dérivé d'un mot grec qui signifie /èti, il lui est venu de la propriété qu'elle a de ^Eiire feu par le choc du briquet; et comme ici l'étincelle est accompagnée d'une odeur sulfureuse, et que la pyrite se rencontre souvent^ à la surface de la terre ou à peu de profondeur dans le sol, en masses globuliformes rayonoées, le vulgaire l'appelle souvent pierre de foudre ou pierre de tonnerre y parce qu'il s'imagine que c'est la foudre elle-même qui est tombée sous cette forme.

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n* Tribu. tlHOMBIQtES.

16« ESPÈGS. llfAWOJtmTB.

Syn. : Fer sulfuré bUine, Haûy; Pyrite blanoke ou prismaHqiue; Sperkm, Beudaot; MarcassUe, Haidinger^ Naumann et Dana^ SpêerkkSj Wenier; H^asserkies, Hausmann.

Cette espèce a la même composition chimique que la précédente, mais elle cristallise dans un système tout diîFféi^nt, et par conséquent les deux espèces nous of&ent, à Tégard du bi-sulfure de fer des chimistes, un exemple du phénomène qu'ils ont dédgné par le nom de dimorphisme^ et pareil à celui que le calcaire spathique et Tarragonite nous présenteront à l'égard du carbonate de chaux.

Caractères essentiels.

Composition chimique : La même que celle de la pyrite, représentée en atomes par la formule FeS', et en poids, par fer 45»74 et soufre 54926.

Système cristallin : L'orthorhombique.

Forme fondamentale ; Prisme droit à base rhombe (fig. m% pi. 23)» dans lequel m sur m = io6^5', et où le rapport de l'axe vertical aux deux diagonales de la base est celui des nombres

Caractères distinctifs,

GÉOMÉTRIQUES. — Formcs dominantes : le prisme droit rhombique, terminé par une base rhombe^ ou par. un dôme hortiontal; ou bien, l'octaèdre droit à base rectangle. Clivage prismatique, parallèlement aux pans m, m. Des traces de clivage s'observent aussi parallèlement aux faces e^ de l'un des dômes horizontaux. La marcassite a beaucoup d'analogie par sa forme avec la pyrite arsenicale ou mispickel ; mais, ce qui distingue sa cristallisation, c'est la tendance à former des groupemenfs réguliers en rosaces^ par la réunion de plusieurs cristaux autour d'un axe commun.

Physiques. — Densité : 4,6. . .4,8. — Dureté : 6 à 6,5. La pyrite blanche étincelle, comme la pyrite jaune, par le choc du briquet ; elle est cassante ; sa cassure est grenue ou inégale.

Aspect : elle est opaque, d'un jaune de bronze pâle, ou d'an

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jaune livide, tirant sur le verdâtre ou le blanc métallique. Sa surface devient quelquefois brune ou irisée, par un commencement d'altération. La couleur de sa poussière est le gris verdâtre foncé.

' Chimiques. — Au cbalumeau, et en présence des acides, elle se comporte exactement comme la pyrite. Mais elle a une grande tendance à se décomposer à Tair humide, et à se transformer en vitriol ou sulfate de fer. L'espèce précédente résiste davantage à ce genre d'altération, qu'elle n'éprouve guère qu'après avoir subi un commencement de grillage; et nous avons vu que, quand celle-ci est altérée, c'est presque toujours en hydrate brun de fer qu'elle se change. La pyrite blanche, exposée à la flamme d'une bougie^ donne une fumée légère^ accompagnée d'une odeur de soufre. Bien que l'on regarde sa composition essentielle comme étant la même que celle de la pyrite, elle paraît cependant être mêlée assez souvent d'une petite quantité de FeO^ et c'est à cela qu'on attribue sa tendance à se décomposer et à se transformer en sulfate.

Analyses de la marcassite :

A ParBenélins. FirHtftchett.

Soufre 53>35 53,60

Fer 4^)07 45>66

Manganèse 0,70 » n

YARIBTis DE FORSfES.

Formes délerminables.

Modifications principales : sur les arêtes : 6^''.

— sur les angles : a*, e*, e*, e*, €*'*.

Les principales formes simples et combinaisons observées parmi les formes cristallines de la marcassite, sont les $uiv9ntes :

1. La marcassite rhombique, pm (fig. 11 a, pL 23). C'est la forme primitive. Elle est rarement en cristaux simples, mais presque toujours dentelée à sa surface, par suite du groupement d'un grand nombre de prismes, qui semblent se pénétrer. De là le nom de pyrùe en crête-de-coq (Kammkîes, Wernei^ qu'on lui donne ordinairement.

2. La marcassite tjf^icUemaire^ Haiiy^me^ (fig. ij3). C'esi le prisme précédent, doiu ies bases sent reniplacées pi|r ée^ som-

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mets dièdres très-surbaissés. La variété quadnhexagonale (fig. 1 14) Q^cst que le passage de la première variété à la seconde.

3. La marcassite quadrioctogonale^ Haiiy, ma*^ c '* (fig. ii5). a^ sur a^ = i i4°2o'. En octaèdre droit rectangulaire, légèrement modifié sur les angles latéraux par les faces primitives m, m. Ilaiiy a rapporté à cette variété, et d'autres minéralogistes avaieot, comme lui, réuni à la marcassite^ les pyrites d'Almérodc, en liesse, dont la forme se rapproche beaucoup de celle qui est représentée fig. ii5. 11 avoue qu'on est tenté de prendrci aa premier coup-d^œil, les cristaux de cette variété pour des octaèdres réguliers, modifiés par des facettes dissymétriques; mais la position particulière et constante de ces modifications, et la dit férence d'environ deux degrés qu'il dit avoir constatée entre lei * angles de ces octaèdres et ceux du régulier, s'opposent à ce que Ton opère la réunion de ces cristaux avec la pyrite cubique. Cependant^ Kobler a montré que ces pyrites d'Almérode étaient des cristaux de pyrite cubo-octaèdre, allongés dans un sensi déformés par suite de cet allongement, et de leur groupement entre eux, et n'offrant de facettes cubiques que sur les angles latéraux de la pyramide terminale. Ces facettes, en nombre incomplet, sont marquées, suivant lui, des stries, ordinaires, qui caractérisent la pyrite cubique, et remplacées quelquefois par des biseaux appartenant au dodécaèdre pentagonal.

La variété bisunitaire de Haiiy (fig. 1 1 6) n'est que la combinaison de celle-ci avec les bases/; de la forme primitive.

4. La marcassite équivalente^ Haiiy, pma^éb'^ (fig. 1 1 7, pi. a4). En octaèdre rbombique, tronqué sur toutes ses arêtes, et sur les

deux sommets de Taxe vertical. 6^'' sur 6 '• = i i5°5a*.

Les cristaux de marcassite sont fréquemment groupés par hémitropie, parallèlement à une face m, ou à une face de la modification a^. Plusieurs cristaux, groupés successivement entre eux d'après la première loi, se réunissent circulairement autour d'un axe commun, comme on le voit fig. 119, qui représente une rosace composée de cinq éléments semblables à celui qu'on[ voit isolément fig. 1 1 8. A cause des angles rentrants qu'elle offre sur son contour, Haiiy a donné à cette variété le nom de périF tome (coupée à l'entour). Elle a été décrite par nous avec détail (i^** vol., page 209). Les cinq éléments qui la composent sont des prismes droits, à sommets cunéiformes, produits par les faces 0* ou 6^, et quelquefois par les deux sortes de faces à la feis, nais

BH0MBIQUE8. '36S

ompletd ou dëformés par suite du groupement et de Taccnois-

Dt en commun^ ce qui réduit chacun d'eux à la forme dis-

I; trique représentée fig. i j 8. Les beaux groupes de cristaux

»mes viennent des mines de Freiberg, en Saxe, de Littmitz

eC de AUsattel, en Bohême.

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