‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux artsChapitre 35 sur 69 · ACTIONS DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

ACTIONS DE LA CHALEUR

latent toujours également dans toutes les directions des axes ou lignes qui sont cristallographiquement identiques, et, en général, inégalement dans les directions des axes de valeur différente. Il suit de là que, dans le système cubique, où tous les axes principaux ont la même valeur, la dilatation doit être uniferme, et par conséquent tous les cristaux qui se rapportent à ce système doivent seulement augmenter de volume par Faction de la chaleur, sans changer de forme, puisque les dimension* relatives des axes principaux restent les mêmes. Il n'en est (Mus ainsi dans les cristaux, qui se rapportent aux autres systèmes cristallins, et où il y a lieu de distinguer des axes de valeur différente : on y observe des directions dans lesquelles la dilatation linéaire est inégale, des directions de plus grande, comme àh plus petite dilatation. Dans ces cristaux, les files qui composent le réseau cristallin intérieur, n'éprouvent pas seulement des changements dans les grandeurs relatives de leurs intervatles moléculaires, elles peuvent en même temps changer de position les unes par rapport aux autres, en sorte que certains angles de la forme extérieure deviennent plus grands , tandis que d'autres diminuent. Toutefois, parmi le grand nombre des files moléculaires qui se croisent dans le cristal, il en est toujours quelques-unes qui n'éprouvent pas Ce changement de direction, et dont la position demeure invariable pendant tous les changements de température : on a proposé de donner à ces ligues privilégiées le nom d'axes thermiques. Ils sont les mêmes que les axes cristallographiques, dans tous les cristaux des quatre premiers systèmes, où les axes sont rectangulaires ( i ),

M. Mitscherlich a étudié la dilatation des cristaux dans deux espèces du système cubique (le spinelte et la blende), dans plusieurs espèces du système rhomboédrique (le calcaire, la dolo* mie, le fer spathique), dans une espèce du système orihorhombique (larragonite), et dans une autre du système klinorhombique (le gypse, ou sulfate de chaux hydraté). Il a reconnu que les erfetâux du système cubique se comportent à l'égard de la.ofc»* tè'ur, comme le font les corps amorphes: ils éprouvent en tWfi sens la même dilatation.

Dan» 4e calcaire spathique (Uu spath d'Islande), où l'angle di*»

(1) Selon M. Ntiifftnlfftij têt ans thcrni(|ucY je feofifoodstit tonjeufft âtéc*ftn «Bfe* d'élfestfelté «ptique, dont fi sera question un peu plus loin. Voyez 4*nt *ts tfitftdfef >d» P*09*n*ùrtff, tome 3fXvll, p. 240, 1933, un Mémoire d*«t» vint sur les axes thermiques, optiques et crfcUUogftpb^tje» des cristaux.

344 LIVRR I. CHAPITRE X.

• dre, vers les sommets, est de io5° 5' à la température ordinaire, il a trouvé que cet angle diminue de valeur par un accroissement de température, tandis que l'angle latéral augmente. Pour un accroissement de chaleur de ioo°, le premier angle n'est plus que de io4° 56' 25"; il a baissé de 8' 35". L'excès d'allongement de Taxe vertical, sur les trois axes horizontaux, déduit de ces mesures goniométriques, est de o,oo34?* Or, pour la même augmentation de température, la dilatation cubique du cristal n'est que de 0,00196, comme il résulte d'une expérience particulière, faite en commun par MM. Mitscherlich et Dulong. Il faut donc que la valeur relative de l'axe secondaire ait diminué, pendant que celle de l'axe vertical augmentait. M. Mitscherlich a tiré de là cette conséquence, que, tandis qu'il y avait dilatation réelle dans un sens, il devait se produire une contraction absolue dans l'autre (1).

Dans la dolomie (double carbonate de chaux et de magnésie), l'angle dièdre des arêtes culminantes diminue, dans les mêmes circonstances de température, de 4' 6"; dans le fer spathique rhomboédrique, la diminution n'est que de 2' 22". Dans d'autres substances du même système, dans le quarz par exemple, les résultats sont inverses: l'angle dièdre des faces culminantes devient plus obtus, et la direction de plus grande dilatation est celle qui est perpendiculaire à Taxe.

Dans l'arragonite, qui cristallise en prisme droit à base rhombe, les trois axes rectangulaires éprouvent tous ensemble une dila- ' tation réelle, mais de valeur différente pour chacun d'eux. Dans le gypse, substance du système klinorhombique, la valeur relative de l'axe qui est perpendiculaire au clivage le plus facile diminue, par un accroissement de température. Il y a donc encore là contraction dans un sens, tandis qu'il y a dilatation réelle dans le sens des autres axes (2).

(1) Et en effet, la mesure directe, an moyen du sphéromètre, de la dilatation linéaire de deux plaques de spath, l'une parallèle à l'axé et l'autre perpendiculaire, a donné pour 100° la dilatation relative de la première égale à 0,00321. En comparant ces plaques avec des lames de verre, d'une épaisseur égale et d'une dilatation connue, M. Mitscherlich a reconnu que dans le spath il y avait dans le sens de l'axe une dilatation absolue de 0,00286, et perpendiculairement à Taxe, uue contraction absolue de 0,00056, ce qui donne pour la dilatation cubique 0,00174, nombre presque égal à celui que Dulong avait trouvé.

(2) Voyez le Mémoire de Mitscherlich sur la dilatation des cristaux, parmi ceux de l'Académie royale de Berlin, pour 1825, et dans les Annales de Chimie et de Physique, tome XXXII, p. 111.

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