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7 Groupe. Terrain permien (ou pénéen), ainsi nommé, parce qu'il est très-développé dans le gouvernement de Perm, en Russie, où il se compose d’une série de couches de grès, de schistes,
de marnes et de calcaires, renfermant des amas de sel gemme
et de gypse, et des mines de cuivre. Dans l'Allemagne septentrionale, il se compose de deux étages principaux, séparés par
une couche peu épaisse de schiste bitumineux cuprifère. L’étage
inférieur est celui du nouveau grès rouge ; l'étage supérieur, celui du calcaire pénéen.Ce dernier étage est complètement dépourvu de matières utiles, aussi bien que l’inférieur : les minerais, que l’on exploite, et qui consistent principalement en minerais de cuivre, ne se rencontrent que dans le schiste intermédiaire, appelé à cause de cela schiste cuivreux (Kupferschiefer). Le grès qui lui sert de base, a été nommé par les mineurs allemands todi-lie-
gende (fond mort); et Le calcaire qui le surmente a reçu le nom de zechstein, qui veut dire roche indicatrice, parce qu’elle annonce
le voisinage de la couche que les mineurs recherchent, pour en faire l'objet d’une exploitation. En Angleterre, le calcaire pénéen est remplacé par de la dolomie, ou calcaire magnésien.
En France, le grès rouge proprement dit est recouvert par un autre dépôt de grès, appelé grès des Vosges, qu’on a considéré comme une formation particulière, Il est traversé par des filons ferrugineux, et contient en outre des minerais de Denbaneses de plomb et de mercure.
8° Groupe. Terrain de trias. Ce groupe se compose de trois dépôts, minéralogiquement distinets, et qui semblent former, au moins en Allemagne, une sorte de triade ou d’association inséparable ; ces dépôts sont ceux du grès bigarré, du muschelkalk, et des marnes trisées. On leur a donné aussi le nom de terrains salifères, parce que c’est là que se montrent le plus habituellement les amas de sel gemme dans la partie centrale de l’Europe. À ce sel sont souvent associés des amas de gypse (sulfate de chaux hydraté) ou d’anhydrite (sulfate de chaux anhvydre). Enfin, dans l'étage supérieur se rencontrent encore des dépôts de lignite (Lorraine et Alsace).
L'étage inférieur ou le grès bigarré est un grès à ciment argi-
leux, de couleur variée, et souvent bigarré de taches ou de bandes rouges, jaunes, bleues, ete. L’étage moyen est un calctire compacte, d’un gris de fumée, contenant une grande quantité de coquilles et autres fossiles, dont les plus caractéristiques sont une espèce d’ammonite (ammoniles nodosus), une espèce d’en-
crine (encrinites moniliformis), plus quelques espèces de térébratules, de peignes, d’huïtres et de trigonies. L’étage supérieur, celui des marnes irisées (ou du keuper), est formé par des marnes bigarrées de rouge, de gris-verdâtre et de bleuâtre. Il est riche en amas de combustibles et de sel gemme (Würtemberg ; mines de Vic et de Dieuze, en France). C’est aussi de cet étage que sortent les sources salées du Jura. La galène en grains se trouve quelquefois disséminée dans les matières arénacées du Trias ; les minerais de cuivre de Chessy, le chrôme oxydé du Creusot, le manganèse oxydé de Romanèche, appartiennent aussi à ce terrain.
9° Groupe. Terrain jurassique. Ce terrain, qui est très-développé en Angleterre et en France, et dont les montagnes du Jura sont composées en très-grande partie, forme à la surface de nos continents de grandes zônes, qui se succèdent les unes aux autres, et se composent de couches alternatives d’argiles ; et de Tate purs ou argileux, quelquefois compactes, mais le plus souvent à stracture oolithique, circonstance qui a valu à ces terrains le nom de terrains oolithiques. Les argiles sont grises ou bleuâtres ; les calcaires ont des teintes foncées dans la partie inférieure ; ils sont généralement blancs ou jaunâtres dans les parties moyenne et supérieure. Ils fournissent de bonnes pierres lithographiques, des pierres à chaux hydraulique ét d’excellentes pierres de construction. On trouve dans ce terrain, des minerais de fer hydraté, dans deux positions très-différentes : dans l’une, le minerai est en couches réglées au milieu du terrain lui-même, et lui est par conséquent contemporain : c’est le fer hydraté oolithique. L'autre, qui est en amas superficiels, et quelquefois pénètre le terrain de haut en bas par des fentes ou des éspèces de puits, appartient à une formation plus récente : on lui a donné le nom de fer pisolithique, ou de mine de fer en grains. On trouve encore dans ce. terrain quelques amas ou filons métallifères, ou bien des couches imprégnées de minerais (oxyde rouge de fer, sulfure de mercure, et galène), des amas de sel gemme, de gypse et de dolomie, et quelques dépôts de combustibles charbonneux.
Ces terrains sont caractérisés, sous le rapport paléontologique, par une grande abondance de reptiles sauriens (ichthyosaures, plésiosaures, ptérodactyles, etc.), d’ammonites à cloisons persillées, de coquilles bivalves des genres huiître, gryphée, trigonie, et par un grand développement d’ échinides (oursins) et
de polypiers. C’est là qu'a lieu la première apparition des bélemnites, et qu’on a observé pour ke Hs fois des Mer de mammifères.
On partage les terrains jurassiques en deux systèmes, dont Motéfieur est Le système du lias, et le supérieur est le système oolithique ; ce dernier se subdivise en trois étages : l’oolithe inférieure, l'oolithe moyenne, et l'oolithe supérieure. Ces deux systèmes différent beaucoup entre eux par leur physionomie et leur composition minérale. Le lias où calcaire à gryphées arquées, est un calcaire arvileux, de couleur foncée et souvent bleuâtre (pierre bleue de la Bourgogne). Il repose sur des grès qui, dans certains endroits, deviennent feldspathiques (arkoses), et renferment alors des minéraux cristallisés, et des minerais en rognons. L’oolithe inférieure est souvent comme pétrie de globules de fer hydraté; elle offre ensuite une couche d'argile, que les Anglais nomment la terre à foulon, parce qu’elle sert à dégraisser les draps qui sortent de leurs fabriques, et, au-dessus de cette argile, le puissant dépôt de la grande oolithe. C'est ce dépôt qui Fu he la pierre de Caen, une des meilleures Pierre de construction.
L’étage de l'oolithe moyenne comprend deux assises ou deux groupes dl istincts de couches : le groupe oxfordien, comprenant des couches d’une argile bleue (argile d'Oxford et de Dives), et le groupe corallien (ou coral-rag), formé de couches qui renferment une grande quantité de coraux. L’oolithe supérieure se subdivise aussi en deux groupes distincts : le groupe kimméridien, comprènant des couches d'argile bleue ou jaunâtre (argile de Kimmeridge et de Honfleur), et le proupe portlandien, formé de couches calcaires, qui fournissent une très-belle Has | de construction (la pierre de Portland). | 10° Groupe. Terrain crétacé inférieur. Ce terrain se PURE en général de calcaires, de marnes et d’ argiles, de grès et de sables ferrugineux. Il se divise en trois étages : l'étage néocomien, ou wealdien ; l'étage du grès vert, et celui Re la craie tufeau. L’étage néocomien consiste généralement en dépôts marins, composés de calcaires, de marnes et d’argiles, avec couches subordonnées de sables ferrugineux. Ces couches contiénnent des échinides; des nautiles d'espèces caractéristiques, et des ammonites de grande taille, à tours de spire séparés. En quelques endroits, ce dépôt marin est remplacé par une formation COrrespondante de dépôts lacustres ou fluviatiles (formation wealdienne
des Anglais). Des minerais de fer se rencontrent én France dans
les parties sableuses de l’état néocomien {minerais de fer de
Wassy et de Saint-Dizier). L’étage du grès vert contient une marne bleue (gault), puis des sables ou grès verts, colorés par
des grains de glauconie ou de silicate de fer. L’étage de la craie
tufeau est caractérisé par des couches de craïe (calcaire friable ou terreux); cette craie est verte inférieurement (craie verte, ou glauconieuse); mais dans les parties supérieures, elle est grise,
grossière, sableuse ou marneuse (craie tufeau, proprement dite).
Elle renferme des silex cornés, de couleur blonde. Les principaux fossiles qu'on y rencontre sont des ammonites, des *prphEes
des huitres, etc.
11® Groupe. Terrain crétacé supérieur. Ce terrain, formé de
dépôts exclusivement marins, se compose, dans le nord de la
France et en Angleterre, de diverses couches d’un calcaire tendre et friable, appelé craie blanche, ou craie proprement dite, . qui présente dans les environs de Paris une puissance de plus
de deux cents mètres. Les premières couches sont sans silex, mais dans sa partie supérieure, la craie blanche renferme des rognons de silex pyromaque, disposés par séries planes, ou formant des espèces de lits interrompus. Sa stratification, généralement peu distincte, est indiquée par ces lignes de silex, qui
sont très-apparentes dans les escarpements. Elle abonde en mol- ; lusques et en zoophytes, parmi lesquels on remarque surtout,
comme caractéristiques, certaines espèces de hélemnite, d’hui-
tre, d’oursin, etc. Dans le midi de la France, la craie change d'aspect : elle devient plus compacte et plus dure, et quelque-
fois elle perd tout-à-fait sa couleur blanche : là elle se distingue
par une grande abondance de coquilles de la famille des rudistes à nat radiolites).