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S 14. De la disposition en série linéaire des Ordres ou grands genres chimiques, et de la formation des Classes.
Cest en continuant de prendre pour guide l’isomorphisme, que je suis parvenu à établir, entre les ordres chimiques euxmêmes, une disposition en série très-rationnelle, et à l’aide de laquelle on passe successivement et par degrés, des substances les moins composées à celles qui le sont davantage, et des corps les plus inflammables aux combustibles métalliques, pour finir par les corps brûlés ou mon.combustibles. Pour trouver cette série, il suffisait de comparer entre eux les ordres chimiques, et de rapprocher ceux qui avaient des prineipts électro-négatifs analogues, c’est-à-dire isomorphes. Il est aisé de voir, en effet, que quelque part qu’on place dans lasérie le genre Sulfures, il appelle forcément à côté de lui le genre Séléniures, puisque ces deux genres pourraient à la rigueur n'être composés que d’espèces relativement semblables; de même, le genre Sulfates appelle près de lui le genre Séléniates, le genre Phosphates celui des Arséniates, et ainsi de suite. C'est en procédant ainsi que j'ai formé la série suivante : Corps simples non métalliques. — M: taux natifs. — Arséniures. — Antimoniures. — Tellurures. — Séléniures. — Sulfures. — Oxydes. — Chlorures. — Fluorures. — Todures. — Bromures. — Aluminates. — Silicaies. — Borates. — Carbonates. — Azolates. — Phosphates. — Arséniates. — Sulfates. — Chromates. — Vanadates. — Tungstates. — Molybdates. — Titanates. — Tantalates.
Une fois cette série obtenue, il m’a été facile de la partager,
d’après des caractères tirés du genre particulier de combustion ou du facies général, en trois grandes divisions ou Czasses, qui répondent assez bien aux anciennes classes des Combustibles, des Métaux et des Pierres, consacrées en quelque sorte par l’usage dans tous les temps ét chez tous les peuples. Ces trois grandes divisions sont celles des Substances combustibles non métalliques, des Substances combustibles métalliques, et des Substances non combustibles. Ainsi donc, dans la classification que je propose et que je suivrai dans cet ouvrage, les divisions et subdivisions successives seront fondées sur les ressemblances de plusen plus essentielles, sur les rapports plus ou moins généraux de la composition chimique et de la forme cristalline, comme aussi sur les différences dans l'aspect extérieur, la dureté et La pesan-
teur spécifique, quelquefois même sur celles de la fusibilité et de la solubilité. Et le problème qui consistera à déterminer une espèce à l’aide de cette classification, s'y trouvera ramené, comme il l’est dans la méthode zoologique, à une suite de problèmes partiels ayant pour objet de trouver successivement ses différents caractères de classe, d'ordre, de tribu, de genre et enfin d'espèce, ce qui nous apprendra à connaître le corps non-seulement en lui-même, mais de plus dans ses rapports avec une foule d’autres. |
Pour nous résumer, chaque Classe du règne minéral sera partagé en Ordres (ou grands genres chimiques), fondés sur une certaine ressemblance générale de nature ou de composition chimique; chaque ordre se subdivisera en Tribus (ou grands genres cristallographiques), fondées sur une ressemblance générale de forme cristalline, c’est-à-dire sur les principaux systèmes de cristallisation; chaque tribu en Genres proprement dits, c’est-à-dire en genres physico-chimiques ou minéralogiques, fondés sur la double analogie de forme et de composition, et qui seront des groupes d'isomorphes, ou bien, à défaut de pareils groupes dans l’état actuel de la science, en genres provisoires, purement chimiques, ou en groupes d’espèces ayant seulement des formules atomiques semblables (1); enfin, chacun de ces genres se composera d'espèces, dont la distinction portera sur la composition et la forme complètement déterminées.
Voici un exemple de la manière dont nous établissons la subordination entre les divisions successives de la méthode.