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V. TERRAINS DE TRANSPORT

Tous les dépôts postérieurs aux terrains précédents, et qui forment les parties les plus superficielles de lPécorce terrestre, ont cela de particulier, qu'ils n’offrent plus les caractères de sédiments qui se seraient produits tranquillement au sein des eaux, mais plutôt ceux de dépôts irréguliers, résultant d’un transport rapide et plus ou moins violent. De là les noms particuliers de terrains diluviens, ou de terrains d'alluvion qu'on leur donne, parce qu'on les à attribués ou à d'immenses courants, à de grandes inondations, subites et passagères, comme le déluge historique, ou bien à des causes moins extraordinaires, comme celles qui produisent encore de nos jours des transports de blocs et de galets, ou de simples alluvions. Ces dépôts, généralement meubles, caillouteux ou limoneux, se composent de couches, et plus ordinairement, d’amas irréguliers de sables et de limons, renfermant des cailloux roulés avec des débris organiques, et quelquefois des blocs de roche épars (blocs erratiques). Hs se partagent en deux systèmes distincts : les alluvions anciennes (ou le diluvium), et les alluvions modernes.

15° Groupe. Terrain diluvien. Les alluvions anciennes sont dues à des causes qui ont cessé d’agir, ou qui n’agissent plus avec la même énergie qu’à l’époque de leur formation. On les rencontre non-seulenient dans les plaines, mais encore sur les plateaux et sur les pentes des montagnes; ils remplissent les vallées, comblent les cavernes et obstruent les fentes des rochers. Un de leurs caractères les plus constants, est d’être accompagné d’énormes fragments de: roches, à angles vifs où émoussés, nommés blocs erratiques ; ils renferment aussi presque toujours des dépouilles d'animaux ayant appartenu à des espèces perdues, ou bien à des espèces analogues à celles qui vivent encore, mais dans des lieux très-éloignés. Mais ce n’est pas seulement dans les couches meubles et superficielles que lon rencontre ces débris organiques, is sont surtout accumulés dans des brèches à ciment ferrugineux (brèches osseuses) qui obstruent les fentes desrochers,

et dans les cavernes à ossements, qui jadis ont été en communication avec la surface du sol par des ouvertures, du genre des fentes dont nous venons de parler. des 1

On a rapporté au terrain diluvien, mais avec quelque incertitude, les minerais de fer en grains ou pisolithiques du Berry et de la Franche-Comté, sous le nom de Fers d’alluvion; et les dépôts qu'on a appelés plusiaques, sortes de graviers ou de sables à ciment ferrugineux au milieu desquels se trouvent en abondance des minéraux précieux, tels que de l'or et du platine en grains, ou des cristaux de diamant et autres pierres gemmes. Ces dépôts remplissent tantôt le fond de vailées larges et presque horizontales, tantôt s'étendent sur des plaines ou des plateaux assez élevés, ou sur des pentes peu inclinées de collines basses.

16° Groupe. Terrain d’alluvion moderne. Les dépôis de cette époque ont beaucoup de ressemblance avec ceux de l’époque diluvienne : ce qui les en distingue, c’est qu'ils ont été formés postérieurement à la dernière grande révolution que la surface du globe a éprouvée, et par des causes encore agissantes. C’est dans ces dépôts, les plus superficiels et les plus modernes, que l’on trouve des fossiles ayant appartenu à des espèces analogues à celles qui existent encore dans la contrée, tels que des os d’animaux domestiques, et des débris de l'espèce humaine associés aux objets de son industrie. Ces terrains comprennent les pro- * duits des volcans modernes, les glaciers et leurs moraines, les dépôts de sels des lacs, ceux des sources incrustantes, les formations modernes de calcaires, de sables et de limons, enfin les tourbes et la terre végétale. Celle-ci, qui est le résultat de la décomposition et de la désaggrégation par l’air atmosphérique des roches solides superficielles, se compose des matières minérales les plus répandues à la surface du globe, de sable, d'argile et de calcaire, et contient en outre une légère quantité d’humus, provenant de la décomposition des matières organiques.

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