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Dans ses nombreuses expériences sur + cristallisation des, sels, Beudant a fait plusieurs. remarques intéressantes que nous, « croyons devoir rapporter ici. Il a reconnu que pour obtenir. des cristaux réguliers d’un sel en dissolution, il fallait que la solution fût dans un état convenable de concentration. Si celleci n’est pas assez concentrée, les arêtes et les faces des cristaux. s’arrondissent; des cristaux qui ont été régulièrement formés. par la solution, lorsqu elle était à un degré suffisant de concentration, sont attaqués par le liquide à un certain moment, par suite des changements qui se sont opérés en lui. Si la dissolution est trop concentrée , les cristaux se multiplient et se groupent avec irrégularité. Quand elle est très-concentrée, et qu’en même temps le cristaux se forment au milieu de matières pulvérulentes, ceux-ci présentent ordinairement des faces creuses. Quand on fait cristalliser un sel au milieu d’un dépôt pàteux ou gélatineux, les cristaux qu’on obtient sont isolés ou. groupés en boules distinctes. |
Il n’a été question dans.ce qui précède, que des cristallisations qui s’opèrent par un simple changement d'état physique d’une substance LAN toute formée. Cette substance par conséquent appartenait à la catégorie de celles qui sont ou solubles, ou fusibles. Nous allons nous occuper maintenant de la cristallisation, et en même temps de la formation des minéraux en général, surtout de ceux qui sont infusibles et insolubles : car, pour cette classe de composés, c’est presque toujours au moment même où leurs molécules se forment. par des actions chimiques, qu’elles se disposent entre elles selon les lois d’une cristal. lisation régulière.
Depuis un certain nombre d’années, beaucoup de minéralogistes et de physiciens ont entrepris des recherches, dans le but de reconnaître les phénomènes chimiques qui ont déter-. miné la formation des diverses espèces minérales; et Le moyen qui leur a paru le plus efficace pour atteindre ce but, a êté de. chercher à reproduire artificiellement les minéraux. C’est la voie qui leur était indiquée par une ancienne expérience. de Sir James Hall, sur la cristallisation du calcaire à l’aide de la chaleur et d’une forte pression, et par les expériences plus récentes de MM. Berthier et Mitscherlich sur la formation des silicates. En marchant dans cette voie, MM. Becquerel, Gaudin, G. Rose, Haidinger, Ebelmen, Daubrée et de Sénarmont ont saccessivement accru De cerise en ce genre, et aujourd'hui il.est,
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REPRODUCTION DES MINÉRAUX. 119 bien peu de minéraux qu’on ne sache imiter artificiellement. On a mémé reconnu qu'uné même substance minérale pouvait souvent être formée de plusieurs manières différentes.
. Ces faits de reproduction minérale sont d’une grande importance pour les géologues, qui devront dorénavant en tenir compte, lorsqu'ils se proposeront pour objet, en partant de Pétude du gisement d’un minéral, non pas seulement d’entrevoir, mais de reconnaître sûrement la voie par laquelle la’ nature l'a produit. Nous allons passer rapidement en revue les diverses méthodes suivies par les savants que nous venons de citer, depuis la mémorable expérience de Hall, qui a servi conime de point de départ à toutes les recherches de ce genre. On verra par ces détails que, d’après leurs différents modes de formation, les minéraux peuvent rentrer dans l’une des trois catégories suivantes : minéraux PY ropènes, où forinés par la voie seche, c’està-dire à une haute température et sans l'intermédiaire de l’eau; minéraux formés par la voie humide, avec le secours de Peau et à une température peu élevée ; minéraux formés par la chaleur et l’eau tout à la fois, c'est-à-dire à l’aide d’une eau suréchauffée, et sous l'influence d’une pression plus ou moins considérable.
Il existe un grand nombre de minéraux que l'on peut reproduire par ka voie sèche, et qui ‘cristallisent en passant de l'état liquide ou de fusion, ou bien de l’état de vapeur ou de sublimation, à l’état solide. Ceux que l’on a connus les premiers ont été rencontrés parmi les produits cristallins des hauts-fourneaux. Hausmann et Mitscherlich ont publié dé 1820 à 1854 plusieurs mémoires sur ces minéraux artificiels, parmi lesquels se trouvent des métaux natifs, des sulfures, des oxydes, des silicates et des sels métalliques. Tous les produits de la voie sèche, ceux des usines comme ceux des simples laboratoires, ont été décrits avec soin dans un ouvrage récent, publié par le D° Ad. Gurit (1). Le péridot, le pyroxène, l’'amphibole, le feldspath, le mica, Pidocrase, etc., en font partie; et l’on sait que ces suhstances se retrouvent parmi les produits actuels des volcans et des solfa-
tarés. :
Au nombre des produits dé sublimation, soit naturels, soit artificiels, sont des cristaux non volatils par eux-mêmes, mais qui résultent d’une volatilisation médiate de leur propre sub-
(1) Uebersicht des pyrogenneteh Rünstichen Mineralien , par le docteur Adolphe Gurlt, 1897.