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stance, celle-ci ayant été entraînée à l’état moléculaire par un

rh © . s ; véhicule gazeux, comme dans les lagonis de Toscane on voit l'acide borique être amené de l’intérieur du globe par un cou-

rant de vapeur; quelquefois, ils proviennent de la sublimation

simultanée de leurs parties constituantes, et de la combinaison de ces parties les unes avec les autres, au moment où elles se déposent. L'expérience de Hall prouve aussi que des minéraux décomposables par la chaleur, comme le carbonate de chaux, peuvent néanmoins se former et cristalliser à une haute température, sous l’influence d’une forte pression.

MM. Berthier et Mitscherlich ont fait en 1823 un grand nombre d'expériences intéressantes sur la formation et la cristallisation par voie de fusion ignée des silicates. En mettant dans un

creuset les proportions de silice et de base nécessaires pour for,

mer un silicate fusible, tel que le pyroxène ou le péridot, ils ont vu ces substances se produire et cristalliser par le refroidissement, en présentant tous les caractères des minéraux naturels correspondants.

Parmi les minéraux produits par la fusion, on doit distinguer surtout les beaux résultats obtenus en 1837 par M. Gaudin (td, à l'aide du chalumeau à gaz détonnant. Il est parvenu par ce moyen à fondre l’alumine et le quarz, et il est le premier qui ait obtenu du corindon cristallisé, et qui ait fabriqué du rubis oriental, en ajoutant un peu de chromate jaune de potasse à la matière première. Son procédé consistait alors à fondre l’alun ammoniacal, à la flamme du gaz oxy-hydrogène. Sous l’action de cette flamme puissante, tout se volatilisait, à l'exception de l’alumine ; celle-ci fondait, et cristallisait par le refroidissement. Les petits cristaux obtenus ainsi, avaient la forme «et le clivage rhomboédrique du corindon ; et analysés par M. Malaguti, ils ont offert une composition parfaitement semblable à celle du rubis. Depuis lors, M. Gaudin est parvenu au même résultat, en fondant de l’acide potassique dans un creuset en noir de fumée, au feu des fours à porcelaine, et plus tard encore (en 1897), il a obtenu des cristaux isolés et limpides de saphir blanc, en fon- . dant dans un creuset ordinaire, brasqué avec du noir de fumée, un mélange à parties égales d’alun et de sulfate potassique, préalablement calcinés et réduits en poudre, et en soumettant le creuset, pepdant un quart-d’heure seulement, à un violent feu

(1) Formation artificielle des minéraux, par M. Geudin; ; Comptes-rendus ts PAcadémie des sciences, T. V, p. 803; 1837.

de forge. D’après sa manière de voir, ce serait le sulfure de po-

tassium qui, dans ce cas, servirait de dissolvant à l’alumine, et ce nouveau procédé ne serait alors qu’une imitation de celui qu'Ebelinen avait imaginé en 1848, et qui consiste à fondre lalumine par l’intermédiaire d’un corps fusible et volatil.

Ebelmen a eu l’heureuse idée d'étendre à la voie sèche, c'est-à-dire aux hautes températures, le procédé si'connu et si fréquemment employé pour les températures ordinaires, par lequel on dissout un corps solide dans un liquide, et l’on fait ensuite évaporer lentement le dissolvant. C’est ainsi que cristallisent la plupart des sels qu’on a dissous dans l'eau. Ebelmen a pensé que certains corps, qui sont, à une haute température, des dissolvants énergiques des oxydes métalliques(comme l'acide borique, le borax, Pacide phosphorique et le phosphate double de soude et d’ammoniaque), et qui se volatilisent à une temperature encore plus élevée, pourraient jouer à ces températures un rôle analogue à celui de l’eau, et servir de véhicule à la cristallisation. Les présomptions de ce savant chimiste se sont réalisées. En fondant avec de l'acide borique ou du borax, à la chaleur des fours à porcelaine de Sèvres, de l’alumine mêlée d’un peu de chromate potassique, ou bien un mélange d’alumine et de magnésie, dans les proportions qui constituent l’aluminate magnésien, il a obtenu des cristaux fort nets de corindon et de spinelle. En opérant toujours dans les mêmes conditions, mais en faisant varier la nature des substances mélangées, il a fait cristalliser de cette manière, à des températures de beaucoup inférieures à celle de leur fusion, un bon nombre de substances insolubles et infusibles, parmi lesquelles nous citerons le fer chromé, la franklinite, la cymophane et l’'émeraude (1).

Le même savant à pu reproduire d’autres minéraux, par un phénomène de simple décomposition, et toujours par la voie sèche. En ajoutant de la chaux à du borate de magnésie fonda, il a obtenu la précipitation de la magnésie sous la forme de petits octaèdres réguliers, rappelant parfaitement le minéral du Vésuve, qu'on nomme périclase. |

En se fondant sur la théorie proposée par les chimistes pour expliquer la formation du fer spéculaire dans les volcans,

(1) Sur une nouvelle méthode pour obtenir des combinaisons cristallisées par la vois sèche, et sur ses applications à la reproduction des espèces minérales, par Ebelmen (Annales de chimie et de physique, 3e série, T. XXIE, p. 211 ; * 1848). é

122 HAUT EIVRE IV:

M. Daubrée:! 1) est parvenu à reproduire aussi plusieurs minéraux insolubles et infusibles, tels que les oxydes d’étain et de titane, le quarz hyalin, la topaze et lapatite. Son procédé consiste à faire réagir l’un sur Pautre, à une température peu élevée, deux: courants, de vapeurs, lun de chlorure métallique et l’autre de vapeur d’eau. Une double décomposition s'opère dans les deux vapeurs, et il se dépose des cristaux d'oxyde du imétal amené à l'état de chlorure. L'expérience est facile : elle consiste à faire passer dans un tube de porcelaine chaulfé an rouge, un double: courant de chlorure métallique et de vapeur d’eau; la réaction s'opère entre les deux vapeurs; de lacide chlorhydrique se «dépose à l'extrémité du tube, et de petits cristaux d'oxyde se déposent à l'intérieur, mais dans la partie du tube qui est en dehors du fourneau, et à une température au-dessous de 300°.

M, Daubrée a obtenu aussi des silicates et des aluminates artificiels, en faisant réagir.des chlorures métalliques en vapeur, à une température élevée, sur les bases qui entrent dans la composition des roches cristallines. Le chlorure de silicium, par exemple, réagissant sur.ces bases à la chaleur rouge, se décompose en formant, par échange, de l'acide silicique et des chlorures. Tantôt l'acide silicique reste libre, tantôt il se combine avec la base en excès'et forme des silicates simples ou multiples. Ces produits sont en cristaux petits, mais reconnaissables. C’est ainsi qu'il a obtenu des composés analogues au quarz, au péridot, à la wollastonite, au pyroxène, au feldspath et à la tourinaline. Avec le chlorure d'aluminium, il est parvenu aussi à former du corindon et du spinelle. IL a reproduit la périclase par la réaction du chlorure de magnésium sur la chaux (2).

M. Durocher (en 1849), par un procédé qui rappelle celui de M. Daubrée, est aussi parvenu à reproduire à létat cristallin beaucoup de minéraux naturels insolubles, et notamment ceux que la nature nous offre ordinairement dans les filons métallifères. Comme M. Daubrée, il fait réagir des chlorures métalliques en vapeur et d’autres gaz, susceptibles de se décomposer mutuellement, dans de simples tubes de verre, chauffés à une

(1) Recherches sur la production artificielle de quelques espèces minérales cristallines, par M. Daubrée, T. XVI, 4e série des Annales des Mines, 1845.

(2) Recherches sur la production artificielle des minéraux. de la famille ‘des silicates ou des. aluminates, par la réaction des vapeurs sur les bases, par. M. Daubrée (Comptes-rendus. de .l’Acad. des scienc., T, XXXIX; p. 135, 1854). |

température comprise entre 100? et le rouge. sombre, Le-radicall destiné à fixer les. métaux était ordinairement le soufre, qu’il faisait intervenir à, l’état d'hydrogène. sulfuré. Eu substituant.

ainsi l'hydrogène, sulfuré à la vapeur d’eau, il.a pu reproduire, la plupart des sulfares métalliques, tels que la pyrite, la.blende, Ja ;salène, le cuivre gris et l'argent rouge (1):

D'autres savants, sont parvenus à reproduire. par. la. voie FA mide un grand nombre de minéraux ipsolubles. M. Becquerel, depuis trente ans, na cessé de montrer par. l'expérience, que. Paction lente et copUau d’un courant valsique très-faible, pou-. vait donner naissance à de nombreux composés, cristallins,. que: les hautes températures sont impuissantes à reproduire. L’électro -chimie, qu'il. a créée et. développée par ses beaux travaux, n "employant. que des corps à l'état naissant et des forces excessivement faibles, forme lentement les molécules des composés, et les dispose à prendre un arrangement régulier. Deux corps.de,. propriétés opposées, qui agissent chimiquement l’un sur l’autre, : s'électrisent toujours en sens contraire; et s'ils communiquent avec un troisième corps-bon conducteur, il y a alors production. d’un courant. Dans ce genre d'actions, trois corps, dont un. au, moins à l’état liquide, sont nécessaires : lorsque deux corps ne réagissent que faiblement l’un sur l’autre, la présence du troisième donne écoulement à l'électricité produite, et il en résulte une sorte d'appareil voltaïque, qui accroît l’action des deux pre. miers corps. M. Becquerel a obtenu les effets les plus remarquables et.les plus variés, par des actions lentes, chimiques et électro-chimiques, combinées ensemble, et ayec la double influence de la chaleur. et de la pression.

Citons quelques exemples de la manière dont. se. fait cette combinaison de l’action chimique avec l’action voltaïque. On sait que l'acide chlorhydrique n’agit que. très-faiblement sur l'argent métallique, Que l’on verse dans un tube de verre fermé par un bout, de l'acide chlorhydrique et qu’on y plonge une lame d'argent; si l'on met en contact avec la lame d’argent un morceau de charbon, préalablement calciné, pour le rendre bon: conducteur, ce charbon s’emparera des deux électricités déve loppées par la faible action de l'acide sur l'argent : il en résultera un courant, tel que le pôle positif sera sur la lame métallique, et

(1) Production artificielle, par voie sèche, des principaux minéraux contenus dans les gîtes métallifères, par M. Dur céher (Comptes-rendus de Acad. des scienc., T: XXXII, p.823; 1851):

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