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le pôle négatif sur le charbon. L'action du courant augmentera |

donc celle de l’acide sur le métal, et le chlore attiré par l'argent se combinera avec lui. Vu la lenteur avec laquelle a lieu la décomposition de l'acide, les molécules ont le temps de s'arranger pour cristalliser. ‘

M. Becquerel a obtenu loxydule de cuivre cristallisé en octaèdres transparents de couleur rouge, en mettant dans la partie

inférieure d’un tube de verre, du deutoxyde de cuivre, versant

dessus une dissolution de nitrate de cuivre, et y plongeant une lame de cuivre qui allait jusqu’au fond du tube. Au bout de quinze jours, la partie de la lame qui dépassait le deutoxyde, était recouverte de petits cristaux. L'important, dans ces sortes

d'expériences, est d’avoir des appareils qui puissent fonction-

ner d’une manière constante pendant un temps très-long. Les

cristaux que M. Becquerel a obtenus par ses procédés, ont

exigé quelquefois plusieurs mois, ou même plusieurs années, pour acquérir des dimensions appréciables. Le temps est done un élément essentiel de ce genre d'opérations, et, par là même, il est probable que les procédés dont il s’agit se rapprochent de ceux que suit le plus ordinairement la nature.

Une des dispositions les plus avantageuses, est celle que nous allons décrire, et qui a permis à M. Becquerel d’obtenir, nonseulement des sulfures simples, mais encore des combinaisons doubles, analogues aux sulfo-sels, des doubles sulfures, des doubles chlorures, etc.

Dans un tube de verre recourhé en U, on introduit de l’ar-

gile humectée d’eau salée, de manière qu’elle occupe la partie

courbe ; dans les deux branches, on verse des dissolutions, de natures différentes, qui puissent réagir lentement l’une sur l'autre sans se mêler: et c’est pour cela qu’on les sépare par une sorte de diaphragme en argile qui leur soit perméable. On plonge

ensuite des lames de platine dans les deux dissolutions, en fai

sant communiquer les lames ensemble par un fil conducteur ; on ferme ainsi le circuit, et l’on a un courant d’une faible tension. Pour décomposer l’eau ou l’une des dissolutions, il faut remplacer l’une des lames de platine par un métal qui soit attaquable.

Pour obtenir le sulfure d’argent, on met dans l’une des branches une solution de Droté-HHIPUSEE potassium, et dans l’autre une solution de nitrate de cuivre; puis on plonge une lame d'argent dans la première, et une lame de cuivre dans la seconde, On réunit quelquefois plusieurs tubes semblables pour

à REPRODUCTION DES. MINÉRAUX., 125

en former une pile. Mais on peut obtenir les mêmes effets avec un seul élément : seulement il faut plus de temps. Ces effets sont faciles à reconnaître: il y a action des deux liquides lun sur Fautre, et action du sulfure de potassium sur l'argent. Ces deux actions chimiques donnent naissance à deux courants, dirigés dans un sens tel, que le cuivre est le pôle négatif. Le nitrate est décomposé, ainsi que le sulfure de potassium ; il se forme du nitrate de potasse, le cuivre provenant du sel décomposé se précipite sur la lame de cuivre, et le soufre se porte sur la lame d'argent, où il forme des cristaux octaèdres de sulfure.

Pour obtenir une combinaison double, du genre de celles dont nous avons parlé, on peut prendre un tube en U, rempli dans sa partie inférieure d’argile humectée d’eau salée; dans une des branches, on mettra une solution de nitrate de cuivre, dans l’autre une solution de chlorure de sodium ; et l’on plongera dans chacune d'elles le bout d'une lame de cuivre. Il se formera du proto-chlorure de cuivre qui se combinéra avec le chlorure de sodium, et cette combinaison cristallisera en:tétraëdres sur la lame positive.

Par des actions chimiques très-lentes, comme celles dont, il vient d’être question , avec ou sans le concours des forces électriques, M. Becquerel est parvenu à reproduire un grand nombre de substances minérales, en mettant en contact avec diverses dissolutions, pendant des mois ou même des années, des minéraux insolubles. Il a obfénu ainsi des sulfures, des.chlorures, des oxydes, des carbonates, des sulfates, phosphates et arséniates (1).

M. Haidinger, se fondant sur la rencontre habituelle du gypse et de la dolomie dans la nature, et cherchant à expliquer, comme le célèbre de Buch, la formation du double sel par une action métamorphique, mais sans recourir à des phénomènes extraordinaires, avait pensé que la magnésie pouvait avoir été appbrtée au milieu du calcaire par des eaux minérales, sous forme de sulfate de magnésie, et qu’alors de la décomposition mutuelle des deux sels simples (carbonate de chaux, et sulfate de magnésie), opérée sous l'influence d’une certaine chaleur et d’une

(1) Mémoire sur les sulfures, chlorures , iodures métalliques, par M. Becquerel (Annales de chim. et phys., T. XLII, p. 229, 1829). — Mémoire sur la reproduction des substances minérales, par le même (Mém. de l'Acad. des sc., T. XXII, 1852). Voyez aussi les Comptes-rendus de l’Acad., T, XLIV, 11 mai 1857,

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forte pression, il était résulté du gypse ét dela dolomie (ou carbonate double de magnésie et de chaux (à). L'expérience : a confirmé sa dE De Morlot à constaté par une éxpérience | de laboratoire, qu'un mélange de sulfate de magnésie et de carbonate de chaux pulvérisé, dans la proportion d’un atome du premier sel et de deux atomes du Sécond, se décompose à la température de 200°, et à la pression de 15 atmosphères, èn dolomie et en gypse, de manière qu'il ne reste plus rien du sulfate de magnésie employé (2). ; :

En prenant pour point de départ cette belle expérience de M. Haidinger, et l'idée assez généralement répandue aujourd’'hui parmi les géologues, que les dépôts métallifères des filons doivent être attribués à dés sources thiermo-minérales, M. de Sénarmont s’est proposé de reproduire artificiellement toutes lés substances des filons, soit pierreuses, soit métalliques, par la. voie humide, mais sous linfluence de la chaleur ét d’une forte pression. Pour sé rapprocher le plus possible des conditions ordinaires des sources minérales actuelles, il a pris pour dissolvants leurs principes les plus actifs, tels que Pacide carbonique, l'acide sulfhydrique, ou des bicarbonates et Sulfhydrates alcalins, isolés où mélangés en proportions variables; et sans doute il à ainsi réalisé les circonstances dans lesquelles se sont pro- * duits les dépôts des filons, cal est parvenu à reproduire presque toutes les substances qu’on ni. des métaux natifs; des oxydes (quarz, peroxyde de fêr, oxydule de cuivre); dés sulfüres simples, tels que la blende, la pyrite, le cuivre pyriteux et Je cuivre sulfuré ; des sulfo-arséuiures et sulfo-antimoniures, tels que les argents rouges; le sulfate de barvyte, et les carbonates neutres de chaux, de magnésie, dé zinc, de fer et de matgañèse. Dans ces expériences, les aka bé dissoutes étaient mises en présence dans des tubes de verre, scellés à la lampe, et ren-

(1) Jahrbuch für Mineralogie ; se p. 862; et Annalen von Mbps ff T. LXXIV, p. 591, 1848.

(2) Des expériences semblables ont été faites par M. Do e qui a obtenu aussi de la dolomie, dans les mêmes conditions de pression et de température, par double décomposition du carbonate de chaux et du chlérurc de magnésium.

Depuis, M. Manross est parvenu aussi à produire des minéraux insolubles, qu'on n’avait point encore obtenus avant lui, par la voie dés doubles décome : positions ; mais son procédé rentre dans ceux de la voie sèche. En faisant fondre différents sels avec des chlorures convenablement choisis, ila reproduit des suliates insolubles, des chromates (le plomb rouge par exemple}, des Mo lybüates (le plomb jaune), la schéclite, etc,

REPRODUCTION DÉS MINÉRAUX. 1 où:

fermés eux-mêmes dans un canon de fusil, hermétiquément los et à demi-rempli d’eau, de manière à équilibrer autant que possible les pressions intérieure et extérieure des tubes en verre. Ces tubes étaient soumis ensuite à des températures comprises entre 100 et 350°.

Par double décomposition du carbonate de soude et du éulfate de magnésie, ou de zinc ou de fer, il a obtenu lés carbonates de ces diverses bases. Pour avoir du carbonate de chaux cristallisé, il a fait réagir le chlorure de calcium et le carbonate de soude. Il a produit les sulfures par des procédés analogues, en soumettant à une haute température un sulfure alcalin, ét un sel soluble du métal EL il voulait obtenir à Pétat sulfuré. Dans le cours de ces expériences, M. de Sénarmont a constaté que l'acide carbonique était, sous une forte pression, un dissol: vant énergique, non-seulement pour les carbonates neutres, mais encore pour la silice elle-même, I à reconnu aussi que l’eau, à une haute température, ne s’oppose pas à la déshydratation. Ainsi, la silice gélatineuse, devenue presque indifférente aux affinités chimiques, se sépare de sa dissolution, en donnant du quarz eristallisé.

Il existe dans une certaine classe de filons, d’autres minéraux, tels que les oxydes d’étain et de titane, qui, d’après les observations et les expériences de M. Daubrée (voir ci-dessus page 122), paraitraient dus aux doubles décompositions qui $’opèrent, non plus au sein d’une masse liquide, maïs entre des agents gazeux, parmi lesquels l'eau joue le principäl rôle. Selon M. de Sénarmont, il n’y aurait pas de ligne de détnarcation bien tranchée entre ces deux genres de formation : car, il a obtenu aussi loxyde d’étain, le corindon et le diaspore par la voie humide proprement dite (1).

Les divers procédés que nous venons d'indiquer, ont sans doute participé plus où moins à la formation des minéraux qui Composent l'écorce de notre globe; et, en général, les espèces que chacun d'eux peut reproduire sont différentes. Cependant on doit remarquer que les sulfures et les oxydes sont indifféremment obtenus, pour la plupart, par la fusion, par lesactions électro-chimiques, et par les doubles décompositions me ont

(1) Expériences sur la formation artificielle de quelques minéraux par voie humide, par M. de Sénarmont (Annales de chimie et de physique, T. XXXIL, D. 129; Fe aussi, Comptes-rendus de l'Acad, des sc., T. XXVIIE, P 693, 1 et ibié., T, XXXIL, p. 409 et 762. 1851).

lieu entre des vapeurs chaudes, ou par celles qui s’opèrent au sein d’une eau suréchauffée, sous l'influence d’une haute pression. Cette formation multiple de certains minéraux très-communs, nous explique leur rencontre dans des gisements de nature tout opposée.

Il y a, comme nous l'avons dit, un grand intérêt à déterminer avec précision Îles circonstances nécessaires à la reproduction artificielle de tous les ‘minéraux; c’est le seul moyen que nous ayons pour arriver à reconnaître sûrement les phénomènes qui ont présidé à la formation des diverses parties de notre globe. Mais il faut que ces essais de synthèse minéralogique aient pour point de départ, comme ceux de MM. Daubrée et. de Sénarmont, des données fournies antérieurement par la géologie sur le mode probable de formation des gites, qui renferment les minéraux reproduits. C’est parce que les savants que nous venons de citer, ont cherché à remplir cette condition, dans les essais qu'ils ont tentés, que leurs expériences sont venues à l'appui de l'hypothèse, qui attribue l’origine des filons métallifères à des sources minérales, parfois gazeuses, mais le plus souvent liquides, et agissant sous la double influence de la chaleur et de la pression.

Il nous reste maintenant à faire connaître de curieuses expériences faites par M. Despretz, pour tenter de résoudre le problème si intéressant de ia reproduction artificieile du diamant. Cette espèce si remarquable ne figure pas parmi les résultats, si nombreux d’ailleurs, qu’on a obtenus par les méthodes précédernment décrites. On avait essayé plusieurs fois en vain de faire cristalliser le carbone, et l’on ignorait encore si l’on devait considérer le diamant comme un produit de la voie sèche, ou comme un produit de la voie humide.

En 1849, M. Despretz avait fondu par le feu de la pile Ha. coup de corps, jusque-là dé se infusibles, et par ce . en avait obtenu plusieurs à l’état cristallin. Les nombreuse expériences faites par cet habile physicien sur la fusion et la volatilisation des corps les plus réfractaires, et en particulier du charbon (1), avaient montré que ce n’est ni par la fusion, ni par la volapihsation brusque du carbone, qu’on peut espérer d’obtenir ce corps à l’état cristallin. Il eut alors l’idée de recourir à une volatilisation lente du carbone pur, produite par un faible

| (i Comptes-rendus de l’Acad. des sciences, T, XXVIIL p. 755, et T. XXIX, p. 48, 545 et 709. |

courant voltaïque dans l'arc lumineux de l'appareil d'induction de Rubmkorff. On sait que cet appareil donne lieu à à des effets lumineux et calorifiques des plus Hess.

M. Despretz a pris un ballon de verre à deux tubulures, dis- posé comme dans l'expérience de l'œuf électrique. A la tige inférieure du ballon, et au pôle positif, il a placé un cylindre de charbon très-pur, et il a fixé à la tige supérieure des fils fins de

platine, à une distance de 5 à 6 centimètres du charbon; puis,

le vide étant fait dans le ballon, il a fait passer un courant d'induction fourni par l'appareil de Ruhmkorff. Une légère couche noire de charbon s'est déposée sur les fils de platine avec beaucoup de lenteur, l'expérience ayant duré plus d’un mois sans interruption. En examinant cette couche au microscope composé, M. Despretz a vu qu'elle était composée de petites pyramides quadrangulaires, serrées les unes contre les autres, et présentant la forme d’octaèdres à faces lésèrement arrondies. Ces octaèdres étaient généralement de couleur noire, mais parmi eux on distinguait quelques cristaux blancs, translucides ou opalins, à reflet semblable à celui des diamants bruts ordinaires. Ce produit artificiel avait la dureté du diamant : par son moyen, M. Gaudin est parvenu à polir des rubis aussi bien et aussi vite qu'avec la poudre de diamant naturel. De nouvelles expériences, faites selon la méthode de M. Despretz, permettront sans doute un jour d'obtenir des produits de cette espèce, ou plus nets, ou d’un volume plus considérable, |

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