EN N
Cette classe comprend toutes les substances inflammables, où les combustibles proprement dits, qui n’ont ni l'aspect métalloïde, ni la grande densité, ni les autres propriétés qui distinguent les substances métalliques. Celles-ci sont bien des combustibles, dans l’acception chimique du mot; mais le genre de combustion qui leur est propre est très-différent : car, excepté deux ou trois substances, placées pour ainsi dire sur la limite . des deux premières classes, les métaux brûlent généralement sans flamme, et en augmentant de poids, au lieu d’en perdre; tandis que les combustibles dont il s’agit ici brûlent généralement avec flamme, et se dissipent tous en tout, ou du moins en très-grande partie, dans l'atmosphère.
On peut partager la classe des combustibles non métalliques en deux principales divisions : les COMBUSTIBLES CHARBONNEUX, et les COMBUSTIBLES SULFUREUX.
IT OrDRe. CHARBONS (PROPREMENT DiTs).
le Tribu. Cusiques.
fre Espèce. DIAMANT.
Syn. : Demant, Werner. Diamond, des Anglais, Caractères essentiels.
Composition chimique : C, ou carbone pur, un des corps shnples non métalliques. |
Forme cristalline fondamentale : le cube, ou l’octaèdre régulier.
Caractères distinctifs.
GÉOMÉTRIQUES. == orme de che: l'octaèdre régulier (fig. 1, pl. 19).
Forme primitive (ou noyau hypothétique) : le cube (fig. 2).
Stries : l’octaèdre et le rhombododécaèdre en offrent quelquefois dans la direction du solide octaédrique.
Paysiques. — Densité : 3,53. — Dureté : ro. — Ténacité : fragile. — Cassure : conchoïdale.
Chaleur spécifique : 0,147. |
Réfraction : simple, lorsque le corps est pur, et sa structure homogène. — Indice de réfraction : 2,439. — Angle limite de la réfraction : 23°,50. — Pouvoir réfringent : 1,456. — Coëfficient de dispersion : 0,056. — Pouvoir dispersif : 0,0388. — Angle de polarisation maximum : 69°.30.
Transparence : Limpide au plus haut degré, lorsqu'il est sans couleur, et qu'il a été taillé et poli. Translucide, à l’état brut, très-rarement opaque.
Eclat : Adamantin, très-vif; sous certains aspects, ses faces réfléchissent la lumière comme les miroirs méAAques les mieux polis. |
Coloration : sans couleur, lorsqu'il est pur, présentant accidentellement des nuances de j jaune, de vert, de rose, de bleuître, et quelquefois des teintes enfumées, ou une couleur brune tirant sur le noir. ;
Phosphorescence : assez vive, par insolation.
Electricité : ne conduisant pas le fluide électrique. Electricité positive par frottement, même dans les diamants bruts à surface terne, Faculté conservatrice très-faible.
Cmimiques. — [nfusible, ne se dissolvant dans aueun liquide, se dépolissant facilement à la flamme d’oxydation du chalumeau ; fusant et détonhant au feu, lorsqu'il est réduit en poudre et mêlé avec du salpêtre, Brûlant très-difficilement à l’air libre, et seulement lorsqu'il est souris à une chaleur des plus intenses.
Le diamant se consume lentement et sans résidu, au foyer d’un miroir ardent ; M. Petzhold est parvenu à le brûler, en un temps assez court, en le chauffant sur la lame de platine, au moyen de la He de l'alcool, dirigée sous la lame à laide du chalumeau. Il brûle dans l'oxygène pur, sans donner dé l’eau, et en changeant une partie de ce gaz en At carbonique, sans
CHAREONS CRISTALLISÉS. 159
en altérer le volume ; c’est donc du charbon-pur, ne contenant ‘aucunes traces d'oxygène ni d'ange.
VARIÉTÉS
Formes cristallines.
Modifications sur les arêtes : b*, 5/2, bts. | = sur les angles : a’, atl, atls; et 200}.
‘Les formes simples et combinaisons, que lon à observées plus souvent dans la nature, sont les suivantes : : L'Octaèdre régulier, af, fig. 1, pl. 19. Incidence de 070 — 109°28?.
2. Le Cube, p, fig. ». Cette variété est beaucoup plus rare que la précédente.
3. Le Rhombododécaëdre, ba, fig. 4, pl. 4. did == 1202. C’est le dodécaèdre rhomboïdal, dont les faces sont le plus souvent déformées par des stries, ou des arrondissements. En général, les cristaux de diamant sont remarquables par la tendance qu’ils ont à subir des arrondissements, ce qui fait que les cristaux à faces bombées, et à apparence sphéroïdale, sont beaucoup plus communs dans l'espèce, que les cristaux à faces planes. Le dodécaèdre à faces courbes, représenté fig. 4, pl. 10, est la variété Fe par Haüy sous le nom de sphéroïdal conjoint.
. L’Ociatrièdre (variété binaire de Haüy), a fa, fig. 12, pl. 4, MR des faces qui se coupent dans une arête de l’octaèdre, est de 153°28°. — I] existe certainement plusieurs espèces différentes d’octatrièdre dans le diamant, mais l’état des faces ne permet pas d’en mesurer les angles, pour pouvoir les déterminer avec précision. On cite entre autres la modification af}, dans laquelle l'angle des faces qui se rencontrent en Fest 141°3’. | L’Hexatétraèdre, bis, fig. 6, pl. 4. La loi de modification
est donnée d’après Levy; les cristaux se prêtent rarement à une détermination rigoureuse. Incidence de b'/s-sur 0], = 163°44, pour les arêtes correspondantes à celles du colles et 129°49 pour les arêtes des pyramides. On a observé encore la modification b°/2, avec les angles 155°23” et :33°497.
… 6. Le Dodécatétraèdre (fig. 14, pl. 4), dont les faces ont pour signe b'b'hb'}s, Ce solide à 48 faces est le type auquel on ramène tous les diamants à faces bombées (fig. 3, pl. r9), auxquels Romé de l'Isle et Haüy donnaient le nom de sphéroïdal sextuplé.
Ce scalénoèdre, qui dérive du cube, par une loi de décroissement intermédiaire fort simple, serait produit par une modification ordinaire sur les arêtes, si on le faisait dériver du rhombododécaëdre.
Haüy rend raison de la courbure à peu près régulière de ses faces, en supposant que la loi de ce décroissement, au lieu d’être uniforme comme à l'ordinaire, varie d’une lame à l’autre, en suivant une progression déterminée. Il ne considérait donc point ces formes arrondies comme des cristaux roulés, malgré leur présence habituelle au milieu de galets et de graviers quarzeux, ne pouvant admettre, à cause de leur excessive dureté, qu'ils aient pu être usés par le frottement de ces matières comparativement plus tendres, et les diamants étant beaucoup trop rares dans ces terrains d’alluvion, pour qu’on puisse attribuer leur usure au frottement particulier qu'ils auraient exercé les uns sur les autres. Aussi, plusieurs savants ont-ils, comme lui, cherché une autre explication de ces formes arrondies du diamant, en les regardant comme le résultat d’une cristallisation précipitée et par conséquent imparfaite, où bien d’une altération
superficielle, qui aurait eu lieu sur place et par des causes chimiques, postérieurement à leur formation régulière.
Cependant, quand on considère toutes les circonstances dans lesquelles se trouvent ces cristaux à faces et arêtes arrondies, dans un sol de transport où domine le quarz, sous forme de galets ou de sables à gros grains, il devient très-probable que ces cristaux étaient primitivement réguliers, et que leurs arêtes auront été plus ou moins complètement effacées par l’action incessante des frottements et des chocs qu’elles auront éprouvés, pendant la durée du charriage de ce gravier quarzeux. Le diamant, malgré sa dureté supérieure, a bien pu céder à la longue à cette action continuellement répétée des galets et des sables. En effet, l’action des matériaux les uns sur les autres ne dépend pas seulement de leur dureté relative, comme le prouvent les expériences de M. Daubrée, mais encore de la vitesse et de la pression des agents frotteurs. On sait que des roches ont souvent été striées par d’autres moins dures; que le granite, par
exemple, peut l'avoir été par de simples galets calcaires. Des cristaux ou fragments anguleux de minéraux, d’une dureté considérable, peuvent donc s’arrondir sous l’action longtemps répétée des choës et des frottements. Il ne faut pas perdre de vue que le diamant, qui est très-dur, est en même temps trés-fra-
pile.
DIAMANT. : oo)