Le Triforme, pat b!, fig. 5, pl
10. Le Plan-convexe, Haüy, combinaison du sphéroïdal, avec les faces de l’octaèdre, Celles-ci, qui sont DAAeIes aux directions de clivage, sont planes et brillantes.
| Groupements réguliers. — Les groupements, réguliers de cristaux, qui s’observent dans l’espèce du diamant, sont généralement des transpositions, qui ont lieu de manière que le plan de jonction est parallèle, et l'axe de révoiution perpendiculaire, à une face de l’octaèdre. De plus, les deux individus qui forment les éléments du groupe, sont tellement réduits, raccourcis, ou comprimés par l'effet du groupement, que le plus souvent il ne subsiste plus de chacun d’eux qu'une pyramide, représentant l’un des sommets de la forme simple. Les variétés offrant ce mode de groupement, sont : l’octaèdre, le dodécaèdre, le binaire, et le dodécatétraèdre ou sphéroïdal sextuplé. Le dodécaèdre est tellement raccourci, qu’il présente l’aspect d’un ditrièdre ou double pyramide triangulaire. Il en est de même du binaire transposé, avec ou sans angles rentrants. Quant au dodécatétraèdre, il présente encore une apparence trigonale, surtout à raison de l’arrondissement de ses faces et de ses arêtes; mais il est réellement composé de deux pyramides à six faces, comme on le voit fig. 6, pl. 19.
Ce sont ces diamants que Haüy plaçait parmi ses variétés comprimées, et que Romé de Fsle appelait triangulaires. On les a pris quelquefois à tort pour des diamants de forme tétraèdre.
Suivant Mohs, le diamant présenterait une loi toute différente de groupement, fort remarquable, en ce que les individus auraient dans ce cas le caractère hémiédrique, et qu'ils se réuniraient en se croisant, et se continuant l’un et l’autre des deux côtés de chaque plan de jonction, l’un d'eux ayant tourné de 90° par rapport à l’autre, autour d’un des axes de loctaèdre. Mohs a décrit des cristaux qui ont fait partie des collections Von der Null et R. Allan, et qui, selon lui, provenaient du croisement de deux tétra-hexaèdres, réunis dans la position même que leur donne le procédé de dérivation, lorsqu'on les déduit par hémiédrie du solide à 48 faces. La figure 10, pl. 12, représente ce groupe, tel que Mohs dit lavoir observé. dans la première de ces collections : il offre l’aspect d’un octaèdre dont les arêtes seraient remplacées par des assemblages de facettes formant
Cours de Minéralogie. Tome II. 41
entre elles des angles rentrants. On a aussi cité parmi les formes du diamant, des tétra-hexaèdres simples ou scalénoëdres tétraédriques (fig. 38, pl. 5). C’est en se fondant sur ces observations, que Mobs a cru devoir considérer le système cristallin de cette espèce comme étant le semi- tessulaire ou tétraédrique, c'est-àdire le système cubique à modifications hémiédriques et à faces inclinées, et non pas le système cubique ordinaire. Mais sans vouloir contester l'exactitude de ces observations, il nous paraît convenable d’attendre que de nouvelles recherches soient venues les confirmer, avant d'adopter le point de vue du cristallographe allemand sur la nature du système cristallin du diamant. En effet, rien dans l'étude des propriétés optiques ou électriques ne vient déposer en sa faveur ; et la rareté des cas où l'on a signalé de véritables formes hémiédriques, le grand nombre de ceux où l'on rencontre des formes complètes, ou bien des formes réduites par l'effet d’un groupement particulier à une simple apparence hémiédrique, comme les diamants triangulaires de Romé de l'Isle, peuvent faire craindre que le caractère, assigné par Mohs et quelques autres minéralogistes, à certaines formes du diamant, ne soit qe un accident, ou peut-être même une illusion.
… Formes indéterminables. — Diamant granuliforme. En cristaux arrondis ou déformés par une cristallisation imparfaite, ou une usure superficielle. Ces diamants ont leur surface terne, mais au moyen de la taille, ceux qui sont incolores reprennent | souvent une belle transparence.
Couleurs. — Les diamants sont le plus souvent sans couleur; on en connaît cependant de colorés, ét, parmi ceux-ci, la teinte que l’on rencontre le plus ordinairement, est le Jaune, passant quelquefois au jaunâtre enfumé, et même au noirâtre, circonstance plus rare. Cette dernière teinte a valu aux pre qui la présentent, le nom de diamants savoyards. On a trouvé, il y a quelques années, dans les sables de la province de Bahia, au * Brésil, de véritables diamants noirs, en masses compactes et D boce. Îls se rencontrent sous forme de galets plus ou moins arrondis par le frottement, dans lesquels on reconnait par places une structure grenue ou lamellaire, et de petites géodes tapissées de diamants réguliers et incolores. Des pailiettes d’or sont quelquefois implantées dans les cavités de ces diamants. Souvent ils se présentent en sphéroïdes hérissés en tous sens de pointes cristallines; ces diamants, assemblages confus de petits
cristaux, sont três-réfractaires à la taille : on les regarde comme plus durs que les autres, et on lés distingue dans la joaillerie sous le nom de diamants de nature. Les diamants verts sont, après les jaunes, les plus communs; les bleus sont rarement d’une teinte bien vive ; enfin, il en est de roses : ce sont les plus recherchés parmi les Au colorés. Mais, à part le mérite : de la rareté, on préfère en général les diamants limpides, iorsqu'ils sont d’une belle eau, et qu'aucune glace ou gerçure ne les dépare. Les diamants taillés se reconnaissent aisément à leur extrême dureté, à leur éclat particulier, et à leur réfraction simple : ces caractères sont suffisants pour empêcher qu’on ne les confonde avec aucune autre pierre blanche, telle que le saphir blanc, la topaze sue d’eau , le cristal de roche, etc.
Gisements. — Presque tous les diamants répandus dans Île commerce viennent de l'Inde ou du Brésil. On' connaît encore ce minéral dans quelques autres pays, mais il y est beaucoup plus rare. Partout il a offert une manière d’être qui lui est commune avec l'or et le platine granuliformes, et qui est pour ces espèces le gisement, non pas unique, mais le plus général : si l’on excepte en effet un seul point du Brésil où il vient tout récemment d’être trouve en place, au milieu des roches mêmes où sans doute il a pris naissance, il ne s’est encore rencontré que dans les alluvions anciennes, dans ces terrains détritiques, caillouteux ou arénacés, qu'on nomme terrains plusiaques, et qui ont été formés en grande partie par la destruction des roches dites métamorphiques.
Dans l'Inde, c’est dans le royaume de Nizam, au centre de Vancien kan que sont les principales exploitations de diamants : à Pannah, dans l’Allahabad, au nord de Golconde, mais à une grande distance de cette ville; au nord, et nord-ouest de la même ville, dans le Nagpoor; à l’est, dans la province d’Orizza; enfin, au sud de Golconde, dans l’ancien royaume de ce nom, sur les rives de la Kistnah et du Pennar, mais non pas à Golconde même, comme on l'a dit, cette ville n’étant que le marché principal des diamants de l'Inde, et le lieu où on les taille. Les diamants se rencontrent dans un conglomérat ou poudingue, formé de fragments arrondis de quarz, de silex, de jaspe, réunis par un ciment ferrugineux. Ce dépôt occupe le fond des vallées; il n’est épais que de quelques pieds, et se trouve généralement à peu de profondeur au-dessous du sol; en quel-
ques points, il est recouvert par ne couehes de grès ou de sables. | - |
Les plus gros et les plus beaux diamants connus viennent des localités précédemment indiquées, On en a trouvé aussi dans l'ile de Bornéo, au pied occidental du mont Ratoos, dans un conglomérat composé de fragments de quarz, de syénite et de diorite, et contenant, outre les diamants, de l'or et du platine en grains. Enfin, on cite également un terrain aurifère et adamantifère à Sumatra, dans le district de Doladoulo, ATOS sement du Kolta.
Dans l'Inde, l'exploitation des terres à didmant se réduit en général à les laver, pour entraîner le gros sable et l'argile, puis à porter le résidu, formé principalement de cailloux et de mimerai de fer, sur uàe aire bien battue. On laisse sécher ces matières, puis on fait chercher les diamants qui peuvent s’y trouver, par des hommes nus, que des inspecteurs surveillent avec le plus grand soin. Cette opération se fait au soleil, les diamants se distinguant mieux alors par leur éclat au milieu des matières auxquelles ils sont mêles.
Ce n’est que vers le commencement du dix-huitième siècle que lon a découvert au Brésil, ris les provinces de Saint-Paul et de Minas Geraes, des terrains à diamant, tout-à-fait semblables à ceux de l'Inde, et qui s’exploitent à peu près de la même manière : ces terrains sont répandus le long d’une chaîne de montagnes qui s'étend depuis la ville do Principe jusqu’à la Serra do Grammagoa, sur une longueur de plus de cinquante lieues. La terre à diamant porte dans ce pays le nom de Cascalho : elle contient, outre le diamant, de l'or et du platine en grains ; des cristaux Wd’anatase, de rutile, de brookite, de topaze, de tourmaline, de zircon, d’étain oxydé; du fer titané, du fer magnétique, de l’oligiste, de la limonite, et des fragments de diorite, de micaschite et de grès itacolumite. On la tire principalement du lit des rivières à l'époque des basses eaux.
Cest sous un hangar de forme oblongue qu’a lieu le lavage, au moyen d’un courant d’eau que l’on fait arriver dans de grands baquets inclinés, à chacun desquels est attaché un nègre laveur. Des inspecteurs, placés sur de hautes banquettes, surveillent l'opération. Lorsqu'un nègre a trouvé un diamant, il frappe des mains pour avertir l'inspecteur le plus voisin, qui recoit le diamant, et le dépose dans un petit tuyau de bambou, ou dans une gamelle placée près de lui. On a établi des primes
en faveur de ces nègres, d’après la grosseur des diamants qu'ils découvrent. Pour un diamant de seize carats (80 grains), ils obtiennent leur liberté. Malgré ces mesures, il se fait une contrebande, qu'on évalue au tiers du produit, et qui porte sur les diamants les plus gros et les plus volumineux. C’est le long des deux principales rivières du district des diamants, le Rio Pardo et le Rio Jequetinhona, et surtout à Mandanga, et près de Tejuco, au nord de Villarica, que cette exploitation est plus active. On trouve aussi des diamants dans les arrondissements du Rio de S. Francisco, Rio de $, Antonio, Rio de Abaïthe, Rio de Praia, et Rio Indaia. Dans la province de Saint-Paul, le Rio Tibagi des Campos de Guarapuava en fournit aussi une certaine quantité, Enfin, on en a découvert un nouveau gisement, qu’on dit très-abondant, à Sincura, dans la province de Bahia.
En 1839, on a fait au Brésil, pour la première fois, la découverte importante du diamant dans sa position originaire, au milieu des grès itacolumites, et des psammites ou grès proprement dits qui les recouvrent, dans la Serra do Grammagoa. On a prétendu que tous les diamants qui se trouvent dans les grès supérieurs sont des cristaux parfaits à faces planes; tandis que ceux qui sont dans litacolumite ont leurs faces et leurs arêtes arrondies. Cette observation a besoin d’être confirmée : elle tendrait à faire croire que la même cause qui, selon les partisans du métamorphisme, aurait changé les grès inférieurs en itacolumites, aurait agi en même temps sur les diamants, pour en altérer la forme. Jamais les diamants trouvés en place dans les roches solides ne sont enveloppés d’une croûte terreuse, comme ceux que contient le Cascalho. On a aussi observé l'or et le platine en place dans des schistes cristallins auxquels se rattachent les grès itacolumites des provinces de Saint-Paul et de Minas-Geraes, en sorte qu'il paraît bien démontré aujourd’hui, que les terrains aurifères et à diamant du Brésil doivent leur origine à la destruction des roches de inicaschistes, de schiste quarzeux et ferrugineux (Eisenglimmerschiefer), d’itacolumite et de grès, qui constituent les montagnes environnantes, et qui sont traversées par des masses de diorite.
En 183r, on a découvert des diamants en Europe, sur les pentes occidentales de l’Oural, dans les sables aurifères des gouvernements de Perm et d'Orenbourg, à peu de distance de Bissersk, d'Iékatherinebourg, et de Kuschwinsk, dans les possessions de la comtesse Pollier. Le terrain arénacé y repose sur
des calcaires ou dolomies, ou sur des diorites et syénites porphyroïdes. Les diamants qu'on y a trouvés, dans l’espace de quatre à cinq ans, ne vont pas au-delà d’une quarantaine, en sorte que cette découverte, fort intéressante sous le rapport géo- à logique, n’a jusqu'ici qu'une trèe-faible importance au point de vue industriel.
, Enfin, on cite encore, comme ayant présenté accidentellement des diamants, le sable d’une rivière de la Caroline du nord, en Amérique; et celui du Rummel dans la province de Constantine, en Algérie; mais ce dernier fait mérite confirmation.
Annotations.
Les anciens connaissaient le diamant; mais comme ils ignoraient l’art de le tailler, ils ne recherchaïent que les diamants naturels, doués d’un éclat et d’une transparence remarquables : dans cet état, ils avaient plutôt le mérite de la rareté que celui de l'agrément. Pline a décrit assez bien la forme ordinaire du diamant, qu'il a comparée à deux toupies réunies en sens contraires. Il était fort loin de soupconner la combustibilité de ce corps, qu'il regardait comme complètement inattaquable par la chaleur. C'était cette prétendue résistance du diamant à l’action du feu et de l’air, jointe à sa dureté, dont les anciens se faisaient une idée très-fausse, qui lui avait fait donner le nom d’Adamas, dont la signification est ëndomptable (1). |
Le diamant est certainement la substance qui jouit au plus haut degré de toutes les qualités qui font les pierres précieuses ; par ses caractères extérieurs, il vient se placer à côté des gemmes les plus limpides, les plus brillantes et les plus dures, tandis que sa composition le classe parmi les charbons, qui sont des corps opaques, noirs et friables. Cest bien le cas de redire, après Haüy, que le proverbe : les extrémes se touchent, wa jamais été plus vrai.
Newton avait émis l’opinion que ce minéral devait être une substance inflammable, avant que les académiciens de Florence eussent vérifié cette conjecture, en exposant des diamants au foyer d’une grande lentille. II avait remarqué que les corps les
(1) Suivant Pline, le diamant résistait au feu et à l'acier, à un tel point que le premier ne parvenait même pas à l’échauffer (nunquam incalescens), et que frappé sur une enclume avec un marteau d’acier, il repoussait le coup (respuens ictum) et faisait voler celui-ci en éclats ou pénétrait dans l’enclume, plutôt que de se briser sous le choc. |
DIAMANT. 167 plus combustibles étaient au nombre de ceux qui réfractent le plus fortement la lumière, et que la grande réfringence du diamant le plaçait sous ce rapport à côté de l'huile de térébenthine et du soufre. Mais Haüy nous semble avoir un peu trop vanté la sagacité dont. Newton fait preuve en cette occasion. La vérité est que la conjecture de lillustre savant était des plus hasardées, et que de nos jours elle eût paru fort peu vraisemblable. Il existe en effet des substances naturelles qui ont presque le même pouvoir réfringent que le diamant, et qui ne sont nullement de nature combustible : tel est lanatase, par exemple.
Boetius de Boot, qui publia en 1609 son Traité des pierres gemmes, eut le premier l’idée que ce minéral pouvait bien ne pas être une pierre, mais un corps inflammable. Boyle, au rapport de Henckel, soumit en 1673 un diamant à l'action d’une haute température, et crut Tuer dans cette opération qu il se dissipait en partie en une vapeur âcre. C'est aussi vers le même temps que Newton émit la conjecture dont nous avons déjà parlé. Mais il ne paraît pas qu'aucune de ces indications ait fait soupçonner aux minéralogistes du temps la véritable nature du diamant. Macquer et Bergmann furent les premiers qui prouvèrent que le diamant était réellement combustible, inais sans pouvoir faire connaître ni la cause ni le résultat de cette combustion : ; ils remarquerent qu'il brûle, en s'entourant d’une flamme légère. C’est aux travaux successifs de Lavoisier, de Smitson Teunant, de Guvton de Morveau, d’Allen et de Pepys, et enfin de sir Henry Davy, qu’on doit la connaïssance réelle de la nature du diamant : avant Lavoisier, on n’avait pas eu l’idée de le brûler en vases clos, et de recueillir le produit de la combustion ; les expériences de Lavoisier nous apprirent que ce DrOtu était de l'acide PF ER Les Mais depuis ces premières expériences de combustion, jusqu’à celles qui furent faites en dernier lieu par Davy, il était resté quelques incertitudes dans les opinions qu’on s'était faites sur la véritable composition du diamant. Tantôt on l’a considéré comme du charbon pur, tantôt comme du charbon oxygéné, tantôt enfin comme du charbon hydrogéné. Tous les doutes ont été levés par les recherches de Davy, qui a montré qu’en brûlant dans un excès d'oxygène, le diamant ne fournissait point d’eau, et qu’il transformait une partie de l'oxygène en acide PA Ets sans en altérer le volume. I n’est donc bien récllement que du charbon parfaite. ment pur.
Diverses opinions ont été émises sur la nature et le mode de formation du diamant. Les uns lui ont attribué une origine organique (Brewster, Liebig, Petzhold), s'appuyant pour soutenir cette opinion, soit sur la supposition qu'il existe dans quelques diamants, comme dans le succin, des cellules ou cavités remplies d'un gaz, a au moment de la consolidation du diamant, aurait comprimé et inégalement condensé les couches environnantes ;
soit sur le fait bien avéré de la formation de cristaux ou de concrétions inorganiques dans les plantes, comme celle du tabasheer dans les tiges du bambou. Cette opinion ne s'accorde guère avec les particularités du gisement de cette espèce, et la présence de certaines matières inorganiques dans l’intérieur de sa masse, matières que l’on retrouve dans ses cendres, lorsqu'on vient à le brûler pour en faire lanalyse : tel est, entre autres, l'acide titanique, reconnu par M. Dumas. D’autres savants assignent au diamant une origine minérale, mais sans oser se prononcer sur la question de savoir s’il est un produit de la voie sèche ou de la voie humide. D’un côté, il paraît peu probable qu'il ait pu cristalliser par fusion, puisque, d’après les belles expériences de M. Despretz, le diamant exposé à une très-forte chaleur éprouve un commencement de fusion et se transforme bientôt en graphite. C’est donc ce dernier corps qui paraît seul capable de se produire aux hautes températures. D'une autre part, on ne connaît pas encore de liquide qui puisse dissoudre le charbon, ce qui ne permet pas de faire des dissolutions de cette matière pour les évaporer ensuite.
Les seules chances de réussir dans la reproduction artificielle du diamant, nous semblent donc pouvoir être offertes, soit par Pemploi de la chaleur électrique, comme dans les curieux essais tentés par M. Despretz (voyez page 129), soit par celui de forces électriques très-faibles et agissant très-lentement, comme dans les expériences de M. Becquerel, soit enfin par des réactions chimiques entre certains composés liquides et volatils de carbone, et des corps capables de leur enlever leurs autres principes, comme dans les expériences de M. Daubrée, qui, ont amené la reproduction de la plupart des minéraux des filons stannifères et titanifères. On se rappelle que ces mêmes minéraux se rencontrent parmi les substances que l’on trouve le plus ordinairement associées au diamant, et qui le sont même quelquefois d’une manière fort intime.
Le vif éclat que l’on admire à la surface d'un diamant tôle,
et ces feux étincelants qui A de son intérieur, tiennent à plusieurs causes, dont les principales sont: sa grande réfringence, et sa transparence parfaite. C’est à tort que la plupart des auteurs attribuent ces effets à l'intensité de sa force dispersive : son pouvoir dispersif a une valeur fort ordinaire, et inférieure à celle de beaucoup d’autres substances, telles que le spinelle, le zircon, les sulfate et carbonate de plomb, et même le flintglass. Les substances qui réfractent le plus fortement la lumière sont aussi celles qui la réfléchissent le plus abondamment à leur surface; or, la réfraction moyenne du diamant est plus forte que celle de tous les autres corps de transparence égale. D’un autre côté, son indice de réfraction est considérable, quoique moindre cependant que celui de l'anatase, et de plusieurs autres espèces ; par conséquent, dans le diamant, l’angle limite de la réfraction est très-petit, ce qui revient à dire que le champ dans lequel s'opère le changement de la réfraction en réflexion totale est fort étendu. C’est cette réflexion totale de la lumière transmise à la surface inférieure du diamant, qui donre à ce corps tant d'éclat; car cette espèce de réflexion, lorsqu'elle a lieu à la seconde surface be morceau de verre, est déjà si intense qu’on l'a comparée à celle des miroirs métalliques les plus polis. La grande transparence du diamant, en rendant son pouvoir d’absorption excessivement faible, est aussi une des causes qui influent le plus sur la vivacité de son éclat; l’anatase, largent rouge, et le chromate de plomb, qui ne le cèdent point au diamant sous le rapport de la réfraction, produisent infiniment moins d’effet à la lumière, parce que cé sont des corps colorés, trés-absorbants, et par conséquent d’une faible transparence. On sait que si l’angle réfringent, formé par deux faces opposées d’un corps transparent, a une valeur au moins double de langle limite, aucun des rayons entrés par la première face, ne peut émerger par la seconde, et ious sont renvoyés, sans rien perdre de leur intensité : or, la disposition des facettes que fait naître le lapidaire sur le diamant, est telle qu’elle tend à réaliser le plus complètement possible cette condition du phénomène, en sorte que le diamant doit en partie ses plus beaux éffets à la forme artificielle qu’on a su lui approprier convenablement, Les anciens, comme nous l'avons dit, ne connaissaient point l'opération de la taille; ils ’employaient jamais que des diamants bruts, montrant leur poli naturel, et souvent les angles de leur forme cristalline, ce qui les faisait appeler des diamants
à pointes : naïves. La taille du diamant est une invention moderne, qui ne remonte qu à l’année 1476. Un jeune hoînme de Bruges, Louis de Berquen, imagina d'employer pour cetie opération la poussière même du diamant, obtenue par le frottement naturel de deux corps de cette espèce. Cette poudre est connue sous le nom d’égrisée. Le premier diamant taillé par ce moyen a été acheté par Charles-le-Téméraire, due de Bourgogne, qui donna à l'inventeur du procédé une récompense considérable. Dans cette opération, le lapidaire profite souvent de la propriété qu’a la pierre de se laisser cliver. Il est certains diamants qui résistent au lapidaire et qu’il est impossible de tailler; ce sont ceux qu’on appelle diamants de nature. Ils sont réservés pour les vitriers, ou. bien broyés et pulvérisés dans un mortier d’acier, de même que tous les diamants de rebut. Ces diamants de nature sont généralement des macles, formées de plusieurs cristaux enchevètres les uns dans les autres. On a cru remarquer que quelques-uns de ces diamants, impropres à la taille et au clivage, offraient une sorte d’écorce extérieure, plus dure que le diamant ordinaire.
Parmi les différentes manières de tailler le diamant, il en est deux principales que l’on appelle la taille en brillant, et la taille . en rose. Dans la première, qui convient aux pierres épaisses, on fait naître du côté supérieur une large face, que l’on nomme la table, et que l’on entoure de facettes très-obliques ; le dessous, qui est la culasse, se com pose de facettes symétriques, allongées, qui tendent à se réunir en une arête commune, ou en un point commun. Dans la taille en rose, le dessous du diamant est plat, le dessus s'élève en dôme taillé à facettes.
Les diamants sont fort rares dans la nature : le Brésil, qui depuis un siècle fournit presque tous ceux que réclament les besoins du comwmerce, n’en produit annuellement qu’une quantité du poids de six à sept kilogrammes, qui ont coûté plus d’un million de frais d'exploitation ; aussi cette matière, même à létat brut, est-elle toujours fort chère. Sa haute valeur dans la bijouterie dépend sans doute en partie de som extrème rareté ; mais l'estime que lon a par cette belle pierre est fondée aussi sur des qualités réelles, qu'aucune autre substance ne présente au même degré. Le diamant est à la fois le plus dur et le plus brillant de tous les corps doués de transparence; certains corps naturels pourraient peut-être rivaliser avec lui, sous le rapport de l'éclat, s'ils étaient incolores, maïs ils lui seraient bien inférieurs du côté de la dureté. On fait avec du strass, sorte de verre