HOoUILLE
Syn.: : Schwarzkohle; Stleinkohle ou Erdkohle ; charbon de pierre; charbon de terre.
Substance charbonneuse, non cristalline, noire, opaque, d’un noir luisant, brûlant aisément avec flamme, fumée et odeur bitumineuse ; se ramollissant et se gonflant pendant la combustion, au point que les morceaux se collent entre eux; donnant, lorsqu’ elle a cessé de flamber, un charbon poreux, solide et dur, à surface mamelonnée et métalloïde (coke). Elle ne diffère de lanthracite que par la matière bitumineuse qu’elle contient en proportion variable (goudron de houille); celles de ses variétés qui en renferment peu sont appelées maïgres, et celles qui en renferment beaucoup sont des houilles grasses. Nous avons parlé ci-dessus de sa composition élémentaire.
VARIÉTÉS PRINCIPALES
1. Houille pseudocristalline. En fragments prismatiques, qu'on a pris quelquefois à tort pour des cristaux, et qui proviennent du retrait que la masse a subie dans l’intérieur de la terre.
2. Houille lamelleuse (Blätterkohle). Divisible en lames dans un seul sens, tandis que la cassure est inégale dans tous les autres.
3. Houille schisteuse (Schieferkohle). Divisible en plaques ou feuillets plus ou moins épais, et dont la texture rappelle celle . schistes. |
. Houille bacillaire (Stangenkoble). Composée de pièces lé- Lu courbes, que l’on a comparées à des barres ou des bâtons.
5. Houille ligniforme (Holzkohle en partie). Semblable à du charbon de bois.
6. Houille grossière (Grobkohle). Formée en apparence de grains ou de fragments réunis irrégulièrement, et offrant une cassure inégale en tous sens.
7. Houille compacte. À cassure conchoïdale, tantôt vitreuse ou résineuse, et tantôt presque mate (Kannelkohle). Le cannel-coal (charbon chandelle) des Anglais, ainsi nommée, parce qu’elle brûle d’une manière continue, avec une flamme brillante, et que dans quelques endroits elle est employée par le peuple pour se procurer de la lumière. On travaille cette variété pour en faire des vases et autres objets d’ornement. Elle est souvent réniforme, ou en rognons disséminés dans les matières terreuses du terrain houiller.
8. Houille piciforme (Pechkohle). Ayant laspect de la pois ou de la résine.
9. Houille irisée. Présentant à sa surface, par suite d’un commencement d’altération ou d’exfoliation, toutes les couleurs de V’arc-en-ciel. Cet accident se rencontre surtout parmi les En maigres.
Gisements. — La houille appartient aux terrains de sédiment, et principalement à cet étage supérieur des terrains carbonifères, auquel elle a donné son nom. Il y a cependant de véritables houilles jusque dans les parties moyennes du sol secondaire, au milieu des terrains jurassiques par exemple; maïs ce sont alors presque uniquement des variétés de houilles sèches, qui, sous le rapport de la qualité et de l’abondance, ne peuvent rivaliser avec les houilles des terrains carbonifères. On leur donne quelquefois le nom particulier de süpzes, C'est donc dans Pétage de ces terrains, qui porte le nom de houiller, qu’est le PRORens ordinaire des bonnes houiïlles, des houiïlles grasses. La houille sy montre souvent en bancs plus ou moins épais, plus ou moins nombreux et étendus, alternant avec des couches de grès, de schistes et d’argiles, dans lesquelles se rencontrent des empreintes de feuilles de fougère, et où l’on voit aussi, à l’état de disséinination, du fer carbonaté lithoïde au terreux, que lon exploite concurremment avec la houille, quand il est très-abondant, comme dans les houillères d'Angleterre. Nous ne répèterons pas ici ce que nous avons déjà dit sur la composition et la structure du terrain houiller, et sur la nature de la flore dont il récèle les débris. Nous ne parlerons pas non plus des discussions auxquelles a donné lieu la théorie de sa formation. Si l’on n’est pas complètement d'accord sur les circonstances qui ont accompagné Paccumulation et l’enfouissement des végétaux dont la houille tire son origine, on admet généralement que ces végétaux provenaient des continents, et qu'ils se sont déposés, tantôt dans des
190! COMBUSTIBLES CHÂRBONNEUX.
lacs d’eau douce bien circonsérits, comme on le voit dans les
petits bassins houillèrs: dü céntre de là France, tantôt ‘dans des” ‘ie
golfes étroits et allongés, ou sur des plages märines assez étendues, mais toujours voisines des côtes, et où se sont formés alors 4 des dépôts réguliers et d’une continuité remarquable : ce dérnier cas nous ést offert par ces grandes bandes houilléres que ÿ l’on exploite dans lé du en ie en Belgique et en ue terre:
Le précieux combustible dont nous faisons l’histoire est très
inégalement réparti à la surface du globe. En Europe, c’est dans la partie centrale et occidentale qu’il abonde. L’Angleterre est, sous ce rapport, la contrée la plus riche, et c’esten grande partie à la houille etau minerai de fer qui l'accompagne, que cette puissance doit sa prépondérance industrielle et commerciale. Quatre grands bassins houillers y sont en exploitation : l’un dans le midi (celui du pays de Galles, au nord de Bristol), un autre dans le centre (bassin de Dudley et dé Birmingham), un troisième dans le nord (bassin de Durham et de New-Castle), et un quatrième | en Ecosse (bassin de ‘Glascow et d’'Edimbourg). Après l'Angleterre, vient la Belgique, dont la production relative est pareille- : ment considérable (houïllères dé Liège, Namur, Charleroi et | Mons). La: France” est bien moins favorisée : les’ principaux centres d'exploitation houillère sont, dans ce pays; vers le nord : les mines d’Anzin, de Vicoigne ‘et d’Aniche; vers le centre, les: mines du Creusot; de Rive de'Gier'et de Saint-Etienne ; et plus auanidi, celles du Gard et de l'Aveyron. On estime que la superficie du terrain houillerest, en Angléterré, le vingtième du térritoire entier; en Belgique, la proportion est un peu moindre, un vingt-quatrième, tandis qué, en France, elle n’est approximative- ment que d’un deux-centième. Les autres états de l'Europe sont beaucoup plus pauvres encore, et il en est qui sont prèsqué entièrement privés de ce combustible. Nous avons déjà dit qué l'Amérique septentrionale est très-riche en houilles, ‘mais ce sont pour la plupart des houilles anthraciteuses. La production en ce génre est presque décuple de celle de PAngleterre en houilles' proprement dites. On y peut citer quatré grands bassins: celui des monts Alleghanys (Pensylvanie, Connecticut, Virginie, Mas: sachusetts),:celui des Illinois, celui du Michiganyet le bassin‘ du Haut-Canada; dans la Nouvelle-Ecossé.