ESS
des couleurs disposées sur une palette; on les laisse un peu sécher, et on les applique, en commençant par les teintes les plus pâles.
Par cet exposé succinct, mais exact, on comprend combien il faut de temps, de soins et de précautions pour produire le plus petit ouvrage. On se demande si cette peinture orientale, qui consiste à découper avec justesse plusieurs morceaux de papier pour avoir des vignettes et pas autre chose, mérite d’occuper eusement l'attention du public, et s’il n’est pas plus avantageux de renoncer à sette opération
presque matérielle pour se consacrer au dessin proprement dit. C’est notre opinion, et nous la disons franchement, bien que nous ayons vu des élèves véritablement doués du sentiment des couleurs, mais sachant un peu dessiner, faire des progrès rapides dans ce genre de peinture. Quant à ceux qui n’avaient jamais tenu de crayon, leurs travaux n’avaient jamais de valeur réelle, et, par cela même nous n'avons pas tardé à reconnaître que, pour les premiers, la méthode n’était qu'une forme nouvelle, que leurs dessins étaient tout simplement de bonnes copies des modèles, tandis que, pour les autres, elle ne servait qu'à produire des ébauches infimes. Notre conclusion nécessaire était donc que, pour la peinture orientale, presque autant que pour l'aquarelle, il faut avoir les premières notions du dessin, et l'entente des couleurs. Or celui qui possède ces avantages n’aura-t-il pas plus de plaisir à copier, à créer un sujet quelconque par les moyens ordinaires, que de se servir d'instruments de précision pour produire, sans art, un dessin géométrique ?
ÉUIQE Ces expériences négatives que nous avons faites auront eu deux résultats : le premier, de détromper les jeunes artistes sur l’art imaginaire de la peinture orientale; le second, de faire ressortir mieux les avantages de notre méthode, avantages, au surplus, si positifs, que déjà neuf éditions de ce petit Manuel se trouvent épuisées, sans avoir eu d’autre
recommandation que la pratique.