COMPOSÉE (FLEUR
Dans celte inflorescence les fleurs ont reçu le nom de fleiu-nnn. Si la corolle constitue un tube non rendu, le fleuron est dit tubuleux (fig. 310, A); si la corolle est fendue latéralement dans sa longueur, le fleuron est dit ligule ou en languette (lig. 3 1 0, B, et 31 1 ) ; ou a aussi donné à ce fleuron le nom de demi-fleuron. Dans
Fig, 310. — A, fleuron tubuleux, Kig. 311. — Fleuron ligule du Catunuiice.
B, fleuron ligule (d'un Anthémis).
la division des Chicoracécs ou Uguliflores, tous les fleuroussont à corolle ligulée (lig. 312 et 313). Dans la division des Tubuliflores (sous-division des Cinarocé- |>balc8 ou Carduacées), les fleurons sont tous tubuleux (üg. 314). Chez un
I IG. 312. — Capitule d'une ('.oniposceliguliflorc (Y Hetminthia echioiùes).
Fig. 313. — Capitule d'une Composéeliguliflore (le Ca/nnancc curu/eu).
grand nombre de plantes (Radiées) de la sous-division des Corymbiféres, les fleurons du centre (disque) sont tubuleux, et les fleurons de la circonférence sont tigulés (fig. 315 et 316). — Cette inflorescence est en général prise pour une fleur unique par les personnes étrangères à l’étude de la botanique : telle est l'inflorescence de la Reine-Marguerite, de la Pâquerette, du Séneçon, de la
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Laitue, de la Chicorée, du Bluet, des Chardons, etc. — Chez les Composées, les fleurs nu fleuivns sont hermaphrodites , mnles, femelles, ou nen 1res. Ces diverses sortes de fleurs occupent, chez les différents genres, des situations relatives diverses. Le style présente chez ces plantes des formes variées et fournit des caractères différentiels importants. Il se termine
fpar deux hrnnrhes courtes ou allongées, dont la face J* interne offre sur chaque bord une ligne stigmalique : la face externe de ces branches, ou la partie du style située au-dessous du point où elles commencent, et quelquefois ces deux parties, sont chargées de papilles qui ont reçu le nom de y dit collecteurs. Dans la division des Cinaroréphales, le style présente un renflement au-dessous de la naissance des deux branches ; ces deux bran-
Fiü.SIJ Capitule d'une fîtes sont quelquefois cohérentes dans toute leur lon-
ComposAe-iubuliflore à gncur et se présentent sous la forme d'un cylindre. Plus Carrhuefij'-nocepltalus) fréquemment, chez les Clncoracees (Ligultllorcs), par exemple, les deux branches sont libres dans toute leur longueur et divergentes; ces deux branches sont les extrémités libres de deux stries dont la réunion dans une certaine étendue produit un ensemble désigné
I n;, a 15. — Capitule d’une Composée- Fie. SIC. — Coupe verticale du même cacorvmbifère à capitules radiés (un An- pilule pour muulrer l'insertion de* bracihrui i p. léea et des fleurs sur b’ réceptacle.
sous le nom de style indivis. L'ovaire des Composées résulte par conséquent ‘de deux carpelles soudés dont l'ensemble donne lieu à un ovaire imilorulaire et tiuiovulé (par avortement), et plus tard il un fruit sec, inonosperme (akène).
COMPOSITES [t'omposihe, Synantheretr). Famille de plantes dicotylées gamopétales, de la classe des Agrégées {Aggreynhr), l’une des plus importantes île la série naturelle, par la place considérable qu'elle occupe dans le momie végétal. Les espèces qu'elle renferme, et qui sont réparties en Imit à neuf cents genres, constituent presque le dixième des plantes phanérogames actuelles. Le type végétal, très-complexe, et dans lequel l'inflorescence (groupe de fleurs) revet i’as|>ecl d’une fleur unique, semble être une des dernières manifestations organiques des périodes géologiques.
COMPOSÉES
Les espèces de la famille des Composées sont répandues, presque sans exception, dans toutes les régions du globe. Elles sont très-abondanics (la plupart herbacées) dans les contrées 5 climat tempéré de notre hémisphère boréal* un assez grand nombre fout partie de la flore d'Europe. Elles sout plus nombreuses encore (souvent frutescentes) dans les régions tropicales de l'Amérique; la proportion en est bien moindre pour l'Asie et l’Afrique sous les mêmes latitudes. Un petit nombre arrivent aux légions glacées, soit dans les contrées polaires, soit vers le sommet des hautes montagnes. Il est, des Composées arborescentes qui déploient le luxe de leur végétation dans certaines iles tropicales perdues dans les solitudes de l'Océan, iles qui, sans doute, sont des débris épargnés d'anciens continents engloutis, soit avant, soit depuis l'émersion actuelle des terres que nous habitons aujourd'hui.
Fig. 317. — Composée-liguliflore. Rameau Fig. 318. — Composée- tubuliflore. Somllorifère rte la Chicorée -amcrc (Cichorimn mité florifère du Cnrthnmui tineto-
tntyhm). — (Dana cette série de figures, rûw.
les proportions août réduites.)
Les caractères généraux de la famille des Composées (pour les espèces européennes) sont les suivants (j'emprunte ici presque textuellement la description donnée dans notre Flore des environs de Paris, 2” édition, par E. Cosson et Germain (de Saint-Pierre) — Fleurs (fleurons) hermaphrodites, uuisexuées ou neutres par avortement, régulières ou irrégulières, sessilcs sur un réceptacle commun entouré d'un invotucre, et rapprochées en capitule (anthode, calathidc). — Involucre composé de plusieurs bractées ou folioles (écailles) libres ou rarement soudées entre elles. — Réceptacle nu ou muni de bractées ou paillettes, à l’aisselle desquelles naissent les fleurons. Paillettes ord. membraneuses ou scai. cuvais (oc st ricane). 20
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rieuses, persistantes, très-rarement caduques, entières ou incisées, souvciitdivisées presque jusqu’à la base en soies plus ou moins longues. — Calice jamais coloré en vert, gamosépale, à tube soudé avec l'ovaire, prolongé ou non en col au-dessus de l'ovaire, à limbe nul ou réduit à des arêtes ou à un rebord circulaire épais ou membraneux entier, denté, incisé ou divisé en soies capillaires (aigrette) libres ou soudées inférieurement, persistantes ou caduques. — Corolle insérée au sommet du tube du calice, gamopétale, tubuleuse, à limbe régulier ou irrégulier, ord. 5-4-denté ou fi-5-fide (à préfloraison valvaire) ou fendu au côté interne de manière ï constituer un limbe plan unilatéral 1 -denté (ligule, corolle ligulée). — Étamines 5 -û, insérées sur le tube de la corolle, nullesou rudimen-
Fic. 310. — Composéc-tubuliflorc-cinarocéphalc. Sommité florifère do 1 ’Aplolaxù Cou lui (A . Lappu).
Etc. 320. — Compusée-lubuliflorc-curymbifère à capitules flosculcux (fleurons tous tubuleux) ( Artcmisia Mule/lina).
t aires dans les fleurons femelles ou neutres; filets libres, rarement soudés entre eux; anthères dressées, soudées par leurs bords en un tube qui engalnc le style, linéaires, ord. prolongées au sommet en appendice, à lobes souvent prolongés chacun à la base en un appendice plus ou moins long en forme de queue. — Ovaire soudé avec le calice, à plusieurs carpelles (probablement deux) intimement soudés entre eux; à une seule loge uni-ovulée. Ovule solitaire, dressé, réfléchi. Style filiforme, quelquefois renflé en noeud dans sa partie supérieure, bifide supérieurement, à branches (vulg. stigmates) libres ou soudées entre elles, présentant ord. en dehors ou au sommet dans les fleurons hermaphrodites des poils courts et roides (poils collecteurs) ; stigmates (lignes sligmatiques, glandules sligmatiques) formant deux lignes distinctes ou confluentes qui occupent les bords de la face interne de chacune des branches du style. — Fruit (akène) soudé avec le calice, sec, uniloculaire, monosperme, indéhiscent, à insertion
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basilaire ou latérale, terminé cil bec par le prolongement du tube du calice, ou dépourvu de l>ec, surmonté d’une aigrette à soies capillaires persistante ou caduque, ou surmonté d’arêtes ou d'écaillcs, d’une couronne ou d’un rebord, ou complètement nu. — Graine dressée ï testa ord. soudé avec le péricarpe; périsperme nul; embryon droit, radicule dirigée vers le hile.
Plantes annuelles ou vivaces, herbacées ou sous-frutescentes (souvent ligueuses et arborescentes sous les latitudes intertropicales), à suc quelquefois laiteux. Feuilles alternes, rarement opposées ou verticillées, péliolées ou sessilcs, souvent décurrentes, de forme trcs-variablc, entières, dentées, lobées, pennatilides,
pennatipartites ou pennatiséquées, à divisions entières ou incisées, quelquefois épineuses par le prolongement des nervures; stipules milles. Capitules multiflores ou paucidores, très-rarement uniflores, disposés en une ryine irrégulière, ou en glomérules subglobuleux, les capitules terminaux s’épanouissant les premiers (inflorescence générale définie ou centrifuge), ou solitaires au sommet de la lige, plus rarement dis|iosés eu panicule (inflorescence générale indéfinie). — Les fleurons d’un même capitule sont tous d'une même sorte quant au sexe, hermaphrodites, mâles ou femelles (capitule homogame) ; ou de deux sortes, les extérieurs neutres ou femelles, les intérieurs hermaphrodites ou mâles (capitule hélérugamc). Les fleurons tantôt sont tous luhulcux lig. 3 19) (capitule dis-
Fie. 321. — llomposée-tubulittorc-corymhifère à capitules line ment radies, le Pasd'âne (TustUago Far fa ru).
Fie* 322. — tainposcc-tubuliflorc-corymbilcrc à capitules radies, à fleurons conculorcs (les tubuleux et les ligules de môme couleur, jaunes) ( Inula lle/enium).
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coïdcou flosculcux), et alors quelquefois les extérieurs soûl plus grands (capitule courouné, ex. le Muet); tantôt ils sont tous ligules (capitule ligule ou semiflosculeux) (fig. 312 et 313 et 317 ; tantôt de deux sortes : ceux de la circonférence ligulés (rayons), ceux du centre tubuleux (disque) (capitule radié) (fig. 315, 323 et 320). I.es fleurons sont de la même couleur (capitule homnehrome ou eoncolore), ou de deux couleurs, ceux du centre ord. jauues (capitule liéléro-
FiC. 323. — Cuinposée-curymbilcre à capi- Fie. 321. — Composée-corymbifère à capitules radiés, la Camomille (Anthémis no- tules radiés , la Matricaire ( Mntrinnrm bilù). Pnrthnium ).
chrome ou discolore). — Lorsque les capitules renferment chacun des fleurons mâles et des fleurons femelles, on les dit monoïques ; lorsqu’ils ne contiennent que des fleurons d’un seul sexe, si les capitules mâles et les capitules femelles sont |iortés sur un même individu, la plante peut être dite hélénieé/jhale ; s’ils sont séparés par sexe sur des individus différents, la plante est dite dioique.
MM. Dccaisnc et Le Maoul ( Traité général de /Monique ) adoptent la dispo sition suivante pour les tribus de l'importante famille des Composées :
Sous-famille I. Ltr.ui.iri.OHKS, comprenant une seule tribu tCHicotucÉEs. (.apitoies à fleurs (ou fleurons) tontes ligulécs. Bandes stigmaliques restant ..éparées et n'atteignant pas le milieu de la longueur des branches du style. Plantes à suc laiteux (fig. 3Iô et 317).