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GÉNÉRATION DITE SPONTANÉE, OU PROTORG AN1E

Faisons remarquer immédiatement que l’expression inexacte île génération s/mntanée a beaucoup nui à notre cause et a donné des armes à nos adversaires, qui, s’emparant des mots, ont déclaré, avec raison, qu’il n’y a pas de génération sans parents, et qu’il n’y a rien dans la nature d'absolument spontané. — Nous abandonnons ces mots bien volontiers, car ils ne rendent pas du tout nos idées; mais les mots abandonnés, les faits restent dans leur intégrité.

Nous admettons simplement : production d’étres organiques simples ou primordiaux, ou mieux, groupement des molécules qui composent le germe de cet être élémentaire, sans parents antérieurs. Cette phrase descriptive devant être, pour l'usage, traduite par un mot, on s’est servi du mot hétérogénie, mais ce mot a encore le défaut de présenter l'idée d'une génération qui n'est pas : je préfère première production organique ou protorganie ( protogénie serait moins exact), et je demande la faveur que ce mot nécessaire, et dont le sens est précis, soit, à l'avenir, seul employé dans le langage scientifique.

Chose bizarre ! les naturalistes qui regardent comme une hérésie scientifique insoutenable la production spontanée d'une cellule 5 l'époque actuelle, sont les mêmes qui ont préconisé la création instantanée du monde organique tout entier !

Une si grande contradiction scientifique, chez des esprits d’une grande supériorité, s'explique, nous l'avons dit, par l'interprétation inexacte d'un mot. Ils ont dû voir, sans doute, dans le mot spontané, l'idée absurde d'une création sans l’intervention du Créateur. Mais, que la création primitive ait fait surgir (comme le veillent nos contradicteurs) instantanément les êtres tels qu'ils sont, ou que la création ait commencé par des cellules ; que la production de ces cellules n'ait eu lieu que dans des temps reculés, ou qu'elle continue 5 se produire encore de nus jours, — n'est-ce pas également en vertu de la puissance éternelle, créatrice de tout l’univers, et peut-on supposer qu’on l'ait entendu autrement ? — Nos contradicteurs admettent une phase de la création en opposition manifeste avec les lois que nous admirons dans la constitution de l'univers; et nous, nous admettons V évolution et la manifestation régulière des lois du Créateur, dans la création tout entière et dans tous tes temps.

\ défaut d'arguments solides, la violence du langage et l’ironie n’ont pas été épargnées; puis on a déclaré la cause peu digne d’une attention sérieuse, ou complètement abandonnée par ses derniers défenseurs; — et cependant, la démonstration continue avec une persévérance qui ne se dément pas, et les faits sont de plus en plus démontrés jusqu'il l'évidence.

Un homme de talent et d'esprit, M. Ernest Faivre, combattant la doctrine de la génération spontanée, cite Voltaire qui disait, à propos des expériences de Needham : « Il est bien étrange que les hommes, en niant un Créateur, se » soient attribué le pouvoir de créer des anguilles ! » Nous répondrons à cela, que Voltaire, qui voulait que les coquilles fossiles dont sont formées des montagnes eussent été perdues par des pèlerins en voyage, raillait la philosophie expérimentale, comme il raillait la géologie naissante, et qu’il n'avait eu le temps, ni la volonté d'étudier l une plus que l'autre. Nous dirons surtout qu'il ne s'agissait pas d'anguilles, mais de vibrions, ce qui est bieu différent; et que

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