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HUMBLE

HYBRIDATION

l’usago externe, connues sous le nom d 'emplâtres. Leur poids spécifique, trèsléger, les empèclianl de se mêler à l'eau, on les mêle aux liquides aqueux à l’aide de l'albumine (blancs ou jaunes d'œufs), qui les tient en suspension comme dans un réseau. L'huile d’olive et l’huile d’amandes douces sont des huiles grasses non siccatives; on les emploie pour la préparation des potions huileuses nommées laochs et pour les linimcnts destinés aux embrocations (applications externes). — Les huiles les plus employées pour l’usage alimentaire sont l’huile d'olive, l’huile d'œillette, l'huile de navette ou colza, et l’huile de noix. — Ces mêmes huiles servent également à l'éclairage. Les huiles médicinales, nommées souvent baumes , sont celles dans lesquelles on a introduit une substance médicamenteuse. — Certaines huiles naturelles contiennent des principes médicamenteux on toxiques à certaines doses. Celles qui contiennent un principe ilcre sont quelquefois employées comme purgatif : telles sont l’huile de ricin (extraite de la graine du R icinus communia, belle plante de la famille des F.uphorhiacées; c’est un purgatif, à la dose de 30 grammes, d’un usage vulgaire) , l’huile de croton-tiglium, autre Euphorbiacée, etc. — Les huiles dites de millepertuis, de camomille, de mélilot, et autres substances non huileuses par elles-mêmes, se préparent en faisant infuser dans l’huile d’olive, 4 une chaleur douce, pendant vingt-quatre heures, les fleurs de Millepertuis, de Camomille, etc. (on exprime, on passe et l’on filtre). Voy. Essences.

HUMBLE, humilia. Se dit d’une plante grêle qui s’élève peu au-dessus de la surface du sol.

Humifuaua. Couché, étalé sur le sol. Voy. Couché.

lirMIRIACKKS. Famille de plantes dicotylécs dialvpétales, à ovaire libre, renfermant quelques arbres ou arbrisseaux de l’Amérique tropicale. Il suc balsamique. Cette petite famille est assez voisine des Méliacées et se rapproche également des Aurantiacées. Les fleurs, régulières, sont disposées en corvmbes. Le calice est à 5 divisions; la corolle à 5 pétales charnus; les étamines nombreuses, soudées en tube à la base, le connectif pourvu d’un appendice charnu. Le fruit est une drupe il noyau osseux à 4-5 loges. Les graines, solitaires dans chaque loge, sont pourvues d’un périsperme charnu. Ces arbustes sont à feuilles entières, coriaces et dépourvues de stipules.

Humov — /.ympha = Alimonia. Suc aqueux, lymphe; sève non élaborée. — Succus s'entend des sucs en général, élaborés ou non. — Cambium, est la sève élaborée qui doit servir il la nutrition et s'organise en tissus.

HYALIN, hyalinus. Se dit des organes membraneux qui sont blanchâtres et transparents comme du verre : les glumellules (verticille interne du périanthe des Graminées) sont hyalines.

lll'BRIiiATiox, hybridatio. Phénomène accidentel qui consiste dans la fécondation d'une femelle par un mâle appartenant à une autre espèce, mais du même genre ou d’un genre très-voisin. — Dans le règne végétal : fécondation (chez les Phanérogames) des ovules d’une fleur par le pollen d'une autre fleur appartenant à une autre espèce du même genre.

Le phénomène de l’hybridation est un des plus dignes de l’intérêt des observateurs : les recherches dont il a été et sera longtemps encore l'objet sont de

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nature à éclairer quelques-unes des questions les plus obscures, et par conséquent les plus curieuses de la biologie végétale; notamment la question, aujourd'hui si controversée, de la fixité ou de la variabilité de l’espèce, mais surtout la question de la fécondation normale, acte mystérieux plus ou moins complètement étudié dans les diverses classes du règne végétal au point de vue de la forme, de la nature et du mécanisme des organes ou appareils, mais dont l'essence intime, le dernier mot, nous échappe encore. Voy. Espèce, Évolution, Fécondation.

Il y a peu de temps encore, la possibilité du phénomène de l'hybridation était contestée par divers physiologistes, qui considéraient tous les produits réputés hybrides comme n'étant en réalité que des variétés dont chacune aurait dérivé d’une seule et même espèce. — Les expériences précises auxquelles se sont livrés pendant ces dernières années d'habiles observateurs, en France et à l'étranger, ont généralement dissipé ces doutes et démontré d’une manière irréfutable la possibilité du phénomène de l'hybridation dans le règne végétal. Je citerai particulièrement les expériences de M. Naudin sur diverses Cucorbilacées, de M. Lecoq sur les Belles-de-nuit ( Mirabilis ), de M. Bornet sur les Cistes, expériences dont j'ai pu apprécier la précision et étudier les résultats. Je m'appuie en outre sur mes propres expériences pratiquées chez les diverses espèces du genre /jigenaria (Courge, Gourde).

Les fécondations hybrides se produisent rarement entre les plantes livrées aux seuls agents naturels, et cependant ces agents sont actifs et nombreux. I.es abeilles, qui transportent sans choix, d’une fleur à une autre, le pollen dont elles sont chargées, donneraient lieu journellement à des fécondations croisées, sices fécondations étaient de nature a s'opérer aisément. Mais il est loin d'en être ainsi : cette inaptitude du stigmate et du style à transmettre aux ovules le tube d’un graiu de pollen étranger, ou cette inaptitude des ovules à recevoir utilement le produit du pollen étranger, est-elle le résultat d'obstacles physiques, tels que des différences de diamètre ou de volume? faut-il en chercher la cause dans le manque de convenance entre les liquides nourriciers des espèces mises en rapport? C’est un point qui n’est pas résolu. Toujours est-il qu'entre espèces du même genre, ces difficultés ne constituent pas des obstacles absolus, car on a rencontré dans la nature (parmi les plantes sauvages ou spontanées) des individus végétaux qui présentaient tous les caractères de l'hybridité, c'està-dire des formes parfaitement intermédiaires entre deux espèces bien tranchées, croissant ensemble dans la même localité. Lorsqu'il s'agit d'une plante appartenant à un genre très-polymorphe, c'est-à-dire dont les espèces ne diffèrent que par des caractères peu tranchés, ou sont sujettes à varier, il est prudent de laisser dans le doute si la forme intermédiaire est le résultat d'une fécondation hybride ou n'est qu'une simple variété. Le doute n'est plus permis, nous l'avons dit, dans le cas où la fécundation hybride a été effectuée par les soins d'un physiologiste, d'un expérimentateur exercé, avec toutes les précautions nécessaires et toutes les garanties désirables.

Pour procéder à ces expériences de manière à en rendre le résultat incontestable, ou doit : i° Choisir, autant que possible, pour les mettre eu rapport, des

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espèces à grandes Heurs, à flenrs isolées, ou mieux encore des espèces franchement dioïques, et dont la floraison se succède assez longtemps pour qu’on puisse faire chaque jour de nouvelles tentatives. 2" Choisir des plantes à ovules nombreux et à pollen abondant. 3° Si la fleur est hermaphrodite, procéder à la castration, c’est-à-dire enlever toutes ses étamines, avant l’ouverture d’une seule anthère, et pratiquer celte opération délicate avec les précautions nécessaires pour ne pas blesser l'organe femelle, ni même, autant que possible, les envelopper de la fleur. U° Avant l’épanouissement de la fleur à féconder, l'avoir hermétiquement enfermée dans un petit sac de mousseline, de manière à l’isoler et à empêcher tout contact étranger, surtout la visite des insectes. 5' Déposer le pollen étranger sur le stigmate de la fleur à féconder au moment de l’épanouissement, soit directement avec les étamines de la fleur mâle, ce qui est facile si le |X)llen est abondant, comme chez les Cucurbitacées , soit au moyen d'un pinceau préalablement bien lavé, qu'on charge de pollen pour le déposer sur le stigmate. 6° L'opération faite, la fleur doit être de nouveau enveloppée dans le petit sac de mousseline, dont une petite coulisse permet d’embrasser le pédicelle de la fleur.

Si l'opération n'a pas réussi, ce qui est le cas le plus fréquent, l’ovaire se flétrit et la fleur tombe. Si l’opération -a réussi, l'ovaire grossit comme s'il eût été fécondé normalement par le pollen de la fleur, et il passe à l’état de fruit. Ce fruit ne diffère généralement pas, en apparence, du fruit normal de la plante fécondée. Tous les ovules de l'ovaire, ou quelques-uns d'entre eux seulement, peuvent avoir été fécondés; toutes les graines, ou quelques-unes seulement, mûrissent donc et sont fertiles, c’est-à-dire, étant semées, germent et produisent une plante. C’est cette plante qui présente les caractères de l’hybridilé.

Les faits que j'ai observés par moi-même sont les suivants : Dans ma propriété de la Nièvre (le Bessay, canton de Dômes), une collection des principales variétés de la Primevère-des- jardins était plantée en bordure au voisinage d’une prairie naturelle où le Primula oflicinulis croit en grande abondance. Il y a quelques années, j’ai remarqué dans la prairie de jeunes pieds de Primula dont les fleurs, au lieu de la couleur jaune, présentaient les nuances les plus variées du pourpre au rose et à l’orangé ; le limbe de la fleur était en même temps plus large et plus étalé; en un mot, la fleur était parfaitement intermédiaire par scs divers caractères entre le Primula u/ficinalis et le P. variabilis. J’avais sous les yeux des hybrides et non des variétés: les abeilles avaient transporté le pollen du P. variabilis sur des stigmates du P. offirinalis ; les graines provenant de cette fécondation accidentelle s’étaient semées naturellement et avaient produit ces piaules. (M. Nnudin a publié des faits analogues. )

.Mes expériences sur les espèces du genre /.ageuuria m’ont donné les résultats suivants : Fleur femelle de Lagenaria sphœrica Ndn, fécondée par fleur mâle du L. vulgaris L. (une seule opération réussie au milieu d’un grand nombre infructueuses; des deux espèces, l’une est originaire de l’Inde, l'autre de l'Afrique; elles sont très-éloignées l'une de l’autre par leurs divers caractères; le L. vulgaris est annuel et monoïque, etc.; le L. sphœrica est vivace, dioïque, etc.). — Le fruit de la fleur fécondée mûrit, il ne diffère pas en appa-

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rence de celui du !.. sphterica normal ; toutes ses graines sont fécondes : étant semées, elles produisent toutes des plantes hybrides, monoïques, semblables entre elles. Ces piaules hybrides présentent dans toutes leurs parties (feuilles, fleurs cl fruits) des formes parfaitement intermédiaires entre les deux espèces L. sphœriea et L. vuhjaris. Les fleurs mâles de ces plantes sont stériles (à |tollen incomplet et nul). — Je féconde les fleurs femelles de ces hybrides par le |K)llen des trois espèces connues (cultivées dans mon jardin de Saint-Pierredes-Iloris, près d'flyères, Var) : L. vulgcrris, !.. sphœriea, L. angoleusis. Ces fécondations réussissent sans exception : les fruits des fleurs fécondées mûrissent; les graines contenues dans ces fruits ne mûrissent cependant pas toutes; la plupart sont abortives, mais quelques-unes mùrisseut parfaitement. Elles sont semées et germent. Les plantes produites sont très- diverses, selon que la fécondation a eu lieu )>ar telle ou telle autre espèce : l’une est exactement le Layenaria vuiyarit type; d’autres, plusieurs individus, sont un hybride de seconde génération intermédiaire entre l’hybride de première génération et le L. sphtvrica; d’autres individus sont intermédiaires entre l'hybride de première génération et le L. angolensà. — Les fleurs femelles de ces hybrides de deuxième génération étant fécondées par le pollen du L. sphœriea, leurs fruits mûrissent; leurs graines fécondes, étant semées, fournissent des piaules de troisième génération, presque complètement retournées au L. sphœriea type — Do celle série d’expériences, on peut déduire les conséquences suivantes :

1° La fécondation petit avoir lieu, sinon fréquemment, du moins accidentellement, entre des plantes d'espèces très-différentes, mais appartenant cependant, soit au même genre, soit du moins a deux genres très-voisins.

2° Le fruit provenant de la fleur fécondée artificiellement ne diffère ordinairement en rien, en apparence, du fruit normal de la plante fécondée.

S' line même fleur femelle (du moins chez les Cucnrbitacées, dont les espèces sont à graines nombreuses, telles que les Logenaria ) peut être fécondée <i la fois par les pollens de plusieurs espèces appartenant au même genre ; de sorte que diverses graines sorties du même fruit peuvent produire des plantes différentes, soit ayant des caractères d hybridité, soit retournant à l’un des types spécifiques normaux.

U° Les graines de la fleur normale fécondée par le pollen d’une autre espèce normale peuvent toutes se développer et être également fécondées, comme si le fruit était normal. Le fruit fécondé d'une plante hybride ne donne généralement, au contraire, qu’un petit nombre de graines fertiles.

5° Très-généralement les étamines des fleurs des plantes hybrides sont dé pourvues de pollen, ou sont à pollen incomplètement développé et abortif. Les fleurs femelles des plantes hybrides, bien (pie possédant des oyuIcs bien conformés, resteraient donc stériles, si la fécondation n'était pas opérée par le pollen d’espèces normales.

6° la; sexe femelle est donc, dans ce cas, protégé et maintenu par la nature, tandis que le sexe mâle est abandonné. Cette prépondérance du sexe femelle est très digne d’être remarquée, cl aurait pu autoriser, selon moi, lesystème de nomenclature qui consiste (dans la fabrication du nom composé de l'hybride) à écrire

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le nom de l’espèce mère avant le nom de l’espèce père (le procédé inverse a élé maintenu, tout en admettant la théorie de prépondérance du sexe femelle; le nom de la femelle au nominatif, bien qu'inscrit le dernier, étant regardé comme dominant le nom modificateur du nulle inscrit le premier).

7° Une plante hybride peut présenter dans toutes ses parties, dans tous scs organes, des caractères parfaitement intermédiaires entre les formes de la mère et les formes du père. Ce mélange intime de deux types quelquefois très -éloignés l’un de l’autre (bien qu'appartenant à un même genre) est un bien digne sujet de méditations : la plante femelle semble ne fournir que les téguments de l'embryon, et plus tard les matériaux de la nutrition; la plante mile semble fournir les premiers matériaux constitutifs de l’embryon. L’ovule (du moins selon l’opinion que j’ai cherché à faire prévaloir) est un bourgeon, un petit axe (tortam des feuilles modifiées, produit par la feuille carpellaire. Le grain de pollen n’est qu’une simple cellule modifiée, appartenant au parenchyme de la feuille staminalc ; — et cependant ces organes de nature si diverse, le bourgeon ovulaire et la cellule pollinique, imposent en quantité égale les caractères de leur espèce au produit qui résulte de leur union (faisons remarquer, à ce sujet, qu’un rameau greffé n’emprunte cependant aucun caractère, dans son évolution, à l’arbre dont la sève le nourrit).

8" Les fleurs femelles hybrides fécondées par le pollen d’une espèce normale peuvent donner des fruits et des graines fertiles; ces graines produisent une deuxième génération dont les individus peuvent retourner exactement à l’un des types normaux, ou constituer des hybrides de second degré, ayant une partie des caractères de l’hybride mère et une partie des caractères de l’espèce normale |)èrc.

9° Les plantes hybrides de deuxième génération ou second degré |>euvent, à leur tour, être fécondées par une espèce type, et produire des fruits mûrs et des graines bien conformées et fertiles, revenant ou non à l’un des types normaux.

10° I.es plantes vivaces hybrides se conservent naturellement comme individus, et peuvent être multipliées par dédoublement, par boutures ou par greffe. Il n'en est pas ainsi des plantes annuelles ; ne pouvant très-généralement être fécondées par elles-mcmes, et exigeant, pour mûrir leurs fruits, la fécondation par une espèce normale, la génération suivante tend Use rapprocher de ce type normal paterne! (lequel ajoute moitié des éléments mâles à la quantité déjà fournie par la plante hybride), et souvent même elle reproduit tout à fait le type paternel. A la troisième génération, le type paternel est presque toujours reproduit dans son intégrité.

11° Le maintien d'une forme hybride par génération ne peut donc être espéré que dans le cas fort rare (s'il existe) où la plante hybride mère produit un pollen fertile pouvant féconder les fleurs femelles.

12° Dans la nature, les fécondations croisées ont lieu (par l’intermédiaire des insectes) rarement entre espèces typiques; elles sont au contraire assez fréquentes entre fleurs femelles de plantes hybrides (à fleurs mâles ou à étamines stériles), et fleurs mâles ou étamines d'espèces typiques.

On a proposé (Vilmorin) le nom de métis pour les variétés intermédiaires

768 HYBRIDE. — HYDROPELTIDÊES.

qui peuvent résuiler du semis des graines d'une variété fécondée par une autre variélé de la même espèce.

■ïbridi;, hybridas. Plante qui provient d’une graine résultant de la fécondation d'une espèce par une autre espèce dn même genre.

HYBBIDITJÊ, hybriditas. État d'une plante provenue d’une fécondation liybridc.

HYRROCil.VRIDÉES. Plantes monocotylées des terrains marécageux, et dont plusieurs vivent plus ou moins submergées. Cette famille, qui comprend plusieurs genres dont les espèces habitent l’Inde, l’Amérique, l’Australie, etc., est représentée dans la flore indigène par trois jolies plantes : le Vallisneria spiralis, le Straliotes alnides et Y Hydrocharis Morsus-ranœ. — La famille des ilydrocharidécs est divisée en trois petites tribus : les Amciiamdëes, plantes caulescentcs à feuilles opposées ou verticillécs, à ovaire uniloculaire à 3 stigmates; les VallisisèriéES, à ovaire semblable, mais à feuilles toutes radicales et linéaires, à liges scapiformes; et les SratiotidêES, à ovaire piuriloculaire, à feuilles radicales, à tiges scapiformes. Les caractères généraux sont : Fleurs ord. unisexuées, dioïques ou monoïques, renfermées d'abord dans une spatlie membraneuse. Périantlic à 6 folioles, les 3 extérieures calicinales, les 3 intérieures pétaloïdes, plus grandes que les extérieures, chiffonnées dans le bouton. Étamines en nombre égal aux divisions externes du périautheou en nombre double ou multiple, à filets quelquefois comprimés, claviformes, bifurqués. Fleurs femelles à ovaire soudé avec le tube du périanthe, souvent pourvues d'étamines à filets stériles. Ovules ascendants réfléchis. Fruit composé de 3 à 6 carpelles, submergé, de forme ovoïde ou linéaire, roriace-charnu, indéhiscent, se déchirant par macération dans l’eau ; 3-6-locuhire, à placentas gélatineux couvrant les parois des loges. — Tout le inonde connaît l'histoire des amours de la Vallisiicrie ( Vallisneria spiralis), plante submergée dont les fleurs mâles, brièvement pédicellécs, ne se désarticulent (vas, comme on le croyait (pour venir à la surface de l'eau féconder les fleurs femelles nageantes à l’extrémité de leurs longs pédoncules filiformes), mais dont le pollen monte à la surface de l’eau, où il rencontre les fleurs femelles ; les hampes fertiles s'enroulent alors en spirale (à la manière des pédicclles du Cyclamen) et entraînent au fond de l'eau les fleurs fécondées, qui vont mûrir en sécurité, dans leur palais liquide, leur nombreuse lignée.

IIYDROCYTIÉES. Famille de la classe des Algues cl de la sous-classe des Chlorosporécs. Voy. ce mot.

HYDRODICTYÉES. Famille de la classe des Algues et de ta sous-classe des Chlorosporécs. Voy. ce mot.

HYDROPELTIDEES (Cabombeit, Endl.). Famille de plantes dicoljïécs à ovaire libre. Cette famille ne renferme que le genre Cabomba (plantes aqua tiques de l'Amérique tropicale), plus le genre Uydro/iellis, dont l’espèce unique appartient à la fois à l'Amérique et à l'Australie. Les llydropcllidées sont des plantes voisiues des Nymphéacées ; mais elles en sont distinctes par la structure de l'ovaire, non entouré j»ar un disque charnu et composé de 2 ou plusieurs carpelles indéfiendants l'un de l’autre, verticillés, comprimés, à styles filiformes.

HYDROPHYLLÉES. — HYGROMÉTRICITt. 7fl9

renfermant chacun 2-3 ovules réfléchis. Le fruit est ordinairement composé d'un seul carpelle folliculaire (par avortement des autres), renfermant ordinairement 1-2 graines pourvues d’un périsperine charnu contenant un très-petit embryon. — Ces plantes sont à feuilles nageantes, à limbe pelté. Les feuilles submergées des Cabomba sont à limbe mullilidc, à divisions capillaires (comme celles de nos Hennucules aquatiques) ; les fleurs, jaunes ou rougeâtres, sont pédicellées, solitaires, à 3-4 sépales, 3-4 pétales, 6-8 étamines.

IIYKltOI‘11 YI.LliCS. Famille de plantes dicotylécs gamopétales, à ovaire libre. La petite famille des llydrophyllées a pour type un genre dont plusieurs jolies espèces sont actuellement cultivées dans les parterres : les Nemophila insignis et X. punetata, qui forment, par leur réunion, des tapis de fleurs bleu d’azur ou semés de fleurs blanches ponctuées. — Les llydrophyllées, plantes herbacées de l'Amérique du Nord, sont voisines des Polémouiacées, dont elles diffèrent par le fruit bicarpellé uniloculaire, à déhiscence loculicide. Cette structure du fruit éloigne complètement les llydrophyllées des Borraginécs, parmi lesquelles elles avaient d'abord été placées.

IIYimOPTKRlItKS, Endl. (Classe des). Mot signifiant Fougères ui/untiques. Celte classe a été bien limitée par Payer {/lot. crypt.), qui eu relire avec raison le genre .1 zolla, et la désigne sous le nom de Ilhizocarpées (ne pas confondre avec llhizanthées, classe d’Endlicher qui comprend les Balanophurées cl Rafflésiacécs). Le nom admis pour cette classe par A. -P. de Caudoilc était /Ihizosperméet. — Les caractères généraux de la classe des Hydroptérides (le genre Azolln étant retiré) sont les suivants : — Plantes aeolylées (Cryptogames) acmgèues, vivant submergées (dans les eaux douces), à rhizomes radicants, à feuilles pourvues ou non d'un limbe; supports des organes de la fructification portés par les rhizomes. Appareil femelle : sporoear/ies différant de celui «les Fougères (sporanges ) eu ce (pic les spores y sont attachées sur des placentas (comme les graines dans les fruits des Phanérogames). La reproduction s’y ojièrc (comme chez les Fougères) par l’intermédiaire d’un prothalle né de la séminulc de la plante adulte, et qui produit la spore fécondée donnant naissance à la plante nouvelle. — Celte classe ainsi limitée comprend deux familles : les Sai.yiniacêes, renfermant le seul genre Salvinia ; et les Marsiliac.ées ou Pilui.ahiêes, renfermant les deux genres Marsilia et Pilularia. Voy. Salvini âgées et Marsiliac.ées.

Hgtmalis, plus correctement hiemnlis. Qui végète et fleurit pendant l’hiver,

inCHluiÉlHlinf:, hggrometrieitas = Hygroscopicilé. Phénomène qui consiste dans l'action diverse de l’air sec ou de l’air humide sur les tissus. Certains organes, qui ont la propriété d’absorher facilement l'humidité de l'air, se déroulent ou s’épanouissent sous celle influence, et s’enroulent ou se contractent lorsqu’ils sont placés dans un air sec et chaud. C’est ainsi (pie les fruits à péricarpe coriace de certaines Papüionaeécs, Fuphorbiacécs, etc., s’ouvrent avec élasticité lorsqu'ils sont parvenus au maximum de la siccité. Les quatre appendices, en forme de lassos, des spores (ou sctninulos) des Prèles ( Equisetum ), s’enroulent sur la spore, sous l'influence de l'air sec, et se déroulent sous l'influence (le l’humidité.

IIYMKN. — IIYPÊRICINÉES.

Hymen. Dans les composés dérivés du grec, signifie membrane (membrnna).

Hyménium (Pers., Fries, etc.). Nom donné à la membrane fructifère des Champignons, particulièrement chez les Agaricus , les Boletus, et les genres voisins. M. Léveillé attribue à cette expression un sens plus général; il définit Y hyménium : couche membraneuse et superficielle sur laquelle reposent immédiatement les organes de la fructification chez les diverses espèces de la famille des Champignons. — L 'hyménium tapisse les lames chez les Agarics, les tubes chez les Bolets, la face inférieure du chapeau chez les Helvelles, la périphérie des ramifications chez les Clavaires, etc. — Divers auteurs ont donné différents noms à Y hyménium chez certains groupes : Y hyménium des Trémelles a été appelé callus (Fries); celui des Pézizes, disais (Pcrsoon et Fries); celui des Clathrus, pulpa (Corda), hyménium (Persoon). Il a été aussi désigné sous les noms de : membrana gonyylifera , membrnna sporulifera, placenta, stratum thecarum, stratum sporophorum, superficies placentaris, thalumium, etc.

Hymcnodes=Membranaceus. Membraneux. — Membrani férus. Muni d'une membrane.

Hyperboreus. Qui croit dans les régions arctiques ou hyperboréennes.

IIYPHHICI.VEES. Famille de plantes dicotylées dialypétalcs, à ovaire libre. Les Ilypéricinécs sont assez voisines des Clusiacées. Files comprennent des

Fie. 920. — Hyperiatm perforatum du bord des marais. Plusieurs Hypc (Millepertuis), sommité Horifère. ;lfum snn[ cuUiïés comme (JJDles

d'ornement : I’//. hircin um (à odeur de bouc), Y H. calycinum (vulg. Éclair), plante traçante â grandes fleurs jaunes. — I/huile de Millepertuis, employée pour la cicatrisation des blessures, s'obtient par la macération des sommités fleuries du Millepertuis (//. perforatum) dans l'huile d'olive.

la» caractères généraux de la famille des llypéricinées sont les suivants : Plantes contenant souvent, dans des glandes, un suc résineux coloré. Tiges présentant quelquefois des lignes saillantes (décurrcnces des feuilles). Feuilles

plantes vivaces, sous - frutescentes ou frutescentes, des arbrisseaux et même des arbres. Files sont répandues dans les régions chaudes et tem|>érées des diverses contrées du globe; elles sont surtout abondantes dans l'hémisphère boréal du nouveau comme de l'ancien inonde. — Nos Hypericum (Millepertuis) (tig. 920) de la flore d'Europe sont de jolies plantes herbacées livaces, li fleurs en corymbcs, d'un jaune pur ou rougeâtre, qui contribuent à embellir les clairières rocailleuses des liois et la lisière des forêts. I,' Androsternum officinale se reconnaît à son fruit, qui est une baie noire. L ’Heludes palus tris est une petite plante rampan(<'

HYPERTROPHIE. — HYPOBLASTE.

opposées, plus rarement verlicillécs, sessilcs ou pétiolées, entières, crénelées ou dentées, souvent criblées de glandes transparentes occupant l'épaisseur du parenchyme, et ciliées de poils glanduleux à glandes noirâtres. Stipules nullcs. Fleurs hermaphrodites régulières, disposées en panicules ou en corymbes. Calice libre, persistant, à 5 ou b sépales inégaux, quelquefois soudés à leur base, à préfloraison imbriquée. Corolle & h- 5 pétales hypogynes, à préfloraison imbriquée-contournée. Étamines hypogynes ordinairement nombreuses, à filets libres ou disposés en 3-5 faisceaux opposés aux pétales. Ovaire libre, pluriloculairc, composé de 3 carpelles, ou de 5, rarement plus ; quelquefois ovaire uniloculaire, les cloisons étant incomplètes. Ovules nombreux dans chaque loge, rarement en nombre défini, ou solitaires; réfléchis ou courbés-réflécbis ; styles 3-5, libres. Capsule 3-5- loculaire, à valves se détachant de la colonne placenlifére, ou capsules uniloculaires ( Helodes ), à déhiscence seplicide ; rarement fruit indéhiscent bacciforme. Graines très-petites, ordinairement nombreuses, dépourvues de périsperme, à embryon droit ou courbé. — La famille des Hypéricinécs sc divise en 2 tribus : 1“ HypÊricÉes (pas de glandes entre les étamines); le genre Hypericum, type de cette tribu, a été subdivisé par M. Spach en 22 sous-genres ; 2° Décodées (glandes ou écailles alternant avec les faisceaux d'étamines).

Ml PERTROPHIE, hypertrophies. Phénomène en vertu duquel uu organe subit un excès de développement et acquiert un volume considérable et anormal. Les travaux horticoles ont fréquemment pour but de déterminer des hypertrophies chez les divers organes des plantes alimentaires, fruits, racines, etc. Le Chou-fleur est le résultat d’une hypertrophie des axes de l’inflorescence chez le Chou commun. L'hypertrophie sc fait d’ordinaire par le développement exagéré du tissu cellulaire seulement ; il en résulte que les organes hypertrophiés sont en général d’une consistance pulpeuse et succulente.

Hypo, dans les mots dérivés du grec, signifie dessous, sous; en latin, sub.

hipoblasie, hypoblastus — Hlaslophorus. Nom donné par Cl. Richard, chez l’embryon des Graminées, à l’organe nommé vitellus par Gærtner.

Deux opinions principales |>artagcnt les botanistes relativement à la structure de l’embryon chez les Graminées. Les uns veulent que l’organe charnu qui constitue un volumineux appendice latéral, et qui est désigné sous le nom A'hypoblaste, soit le cotylédon de l’embryon : cette opinion, qui est la plus ancienne, est celle de A.-L. de Jussieu, Mirbel, Kuntli, Endlichcr et Auguste de Saint-Hilaire. — D’autres observateurs, au contraire, regardent ce corps comme appartenant à l’axe de l’embryon ; pour Cl. Richard, il constitue la radicule même (ce que les autres appellent radicule étant pour lui une radicule secondaire ou radicelle, et la coléorrhize de cette radicule secondaire étant un appendice de la tigclle); pour Adr. de Jussieu, la radicule secondaire de Cl. Richard est la véritable radicule primaire (ainsi que pour ceux qui considèrent l’hypoblaste comme un cotylédon). Mais l’hypoblastc n’est pas le cotylédon ; et comme il n’est pas non plus la radicule et qu’il est situé dans l'intervalle qui sépare ces deux organes, intervalle appartenant à la tigellc, c’est une protubérance ou expansion latérale de la tigelle.

En présence des opinions divergentes professées simultanément par des obser-

IIYPOBLASTE.

valeurs d’uil si liant mérite, je me suis livré à des recherches assidues sur l'embryon des Monocotyiédones, ei particulièrement des Graminées, et je suis parvenu à reconnaître «pie l'hypoblaste est un corps composé d'une partie qui correspond à une feuille ou cotylédon, et d'une partie que l'ensemble des faits que j’ai été à même d'observer me porte à considérer comme une, tigelle et une radicule. Ce résultat explique comment les partisans de l’une et de l’autre opinion qui divisaient les physiologistes pouvaient de part et d'autre appuyer leur sentiment sur de Itonues observations, sans |>our cela parvenir A porter la conviction dans l'esprit de leurs contradicteurs.

Établissons d'abord que la partie libre étalée ou engainante de l'hypoblaste constitue la première feuille de l'embryon (première feuille dite cotylédon). Une des premières objections faites A cette opinion est que la forme en écusson ou disque étalé de l'hypoblaste, chez la plupart des Graminées (le l'roincnt, par exemple), s'éloigne de la forme du cotylédon engainant de la plupart des Monocotylédones. Il me suffira, à ce sujet, de faire remarquer que la plupart des organes végétaux sont susceptibles de revêtir les formes les plus bizarres, sans que, pour cela, leur nature doive être méconnue, et, en second lieu, que chez le Maïs, par exemple, l'hypohlasle embrasse le bourgeon (dit gemmule) aussi complètement que cela a lieu chez les l.iliacées, par exemple.

Une seconde objection, au premier abord plus sérieuse, est que, chez le Maïs, la feuille qui paraît la seconde dans l'ordre de supcrjxisition et de développement des feuilles de l'embryon, a ses bords dirigés du même côté que les bords du cotylédon lui-même; or, chez des plantes à feuilles distiques, on ne peut admettre deux feuilles successives situées immédiatement l'une au-dessus de l’autre, et par conséquent A bords dirigés du même côté. Cette difficulté serait peut-être insoluble si les embryons de toutes les Graminées étaient semblables A celui du Maïs; mais il est loin d’en être ainsi : en effet, chez l'Orge, le Froment, l'Avoine, le Seigle, et autres genres de la famille des Graminées, il existe un organe ( l'épiùltute de Cl. Itichard) qui alterne avec le cotylédon, et u'esl autre chose qu'une véritable feuille (comme l'admet l.indley); l'alternance de cette feuille avec le cotylédon et la feuille foliacée située plus haut fait tomber l'objection précédente, ou du moins la réduit au .Maïs cl aux genres où l'embryon est analogue A celui du Maïs. Or, celte feuille intermédiaire (ou épiblastc) est si rudimentaire chez quelques genres, que souvent on a assez de peine A la bien voir ; pourquoi n'admcllrait-ou pas que chez le Maïs elle avorte complètement, sans que |Kiur cela la feuille située au-dessous et la feuille située au-dessus doè veut être modifiées dans leur situation ? — Si l’on m’objecte qu'il est singulier que cette deuxième feuille soit moins développée que celle qui la précède et celle qui la suit, je rappellerai que, chez l'embryon du Trapu , l’un des deux cotylédons est énorme, tandis que l'autre est d’une petitesse relativement extrême ; dans le genre Albrandia (famille tics Murées) et dans les genres Infturi* et Conocep/ialus (famille tles Arlocarpées), les deux premières feuilles tic l'embryon ou cotylédons sont aussi d'une gratifie inégalité de volume.

Ij troisième objection est plus facile encore A résoudre que les précédentes. Le cotylédon des Monocotyiédones, lorsqu'il est embrassant, présente A sa partie

Diaijized by Goosle - - -

HYPOCR AT élit FORME.

antérieure une petite fente qui a été particulièrement démontrée par Adr. de Jussieu, et qui indique les deux Iwrds rapprochés de celte feuille; il en résulte que dans les Graminées chez lesquelles le cotylédon est étalé (le Froment, par exemple), ce cotylédon ne peut présenter de fente, puisque ses bords sont complètement écartés. Or, on a trouvé une fente sur la feuille qui suit l’épiblaste et qui est la première dont le limbe soit enroulé, et l'on eu a conclu que celte feuille enroulée est le cotylédon. Je ne saurais admettre cette conclusion; puisque chacune des jeunes feuilles roulées a sa fente, cette fente ne saurait servir de caractère distinctif |»ur la feuille cotylédonaire.

Ayant démontré que l'hypoblastc des Graminées constitue, au moins dans sa partie libre, une véritable feuille cotylédonaire, il me reste à établir qu’une partie de cet hypoblastc constitue la première tigelle, y compris la radicule. Pour cela je placerai dans la même position un embryon de Graminée (celui du Mats), et celui d'une Liliacéc, d'un Ail, I ’Allium Ce/m par exemple (ces deux embryons sont de formes très-différentes, le premier étant irrégulièrement hémisphérique, et le second étant longuement cylindrique). Si je dirige en haut la gaine des deux embryons, il en résulte que l'embryon du Maïs a sa convexité dirigée en bas, et celui de VAllium celle de ses extrémités qui s’échappe la première de la graine pendant la germination : or, si cette extrémité dirigée en lias est regardée chez VAllium comme la radicule primordiale, pourquoi, chez le Maïs, la partie située au même point ne serait-elle pas considérée comme le même organe et ne prendrait-elle pas le même nom ? — Ce qui fait que chez le Maïs celte partie inférieure du cotylédon n'a pas été considérée comme la première radicule (excepté cependant par Cl. Richard, qui voyait une radicule dans dans l’hypoblastc tout entier), c'est que cette radicule n’est pas destinée à s’accroître; la nature en fait seulement un magasin de substance nutritive, ainsi xjue de la partie limhairc du cotylédon. On a été d'autant plus éloigné de voir dans cet organe une radicule, qu'on a vu, à côté de cette masse inerte, sortir une radicule entourée d'une coléorrhize, et qu’on admettait par erreur, ainsi que je l’ai démontré ailleurs, que le caractère essentiel de la radicule chez les Monocotylédoncs est d'être eutourée d’une coléorrhize. Cette radicule coléorrhizée existe à côté de ce tubercule que j’appelle la radicule primitive, parce que la première feuille de l’embryon étant, chez les Graminées, détournée de la forme et des fonctions qu'elle présente chez d’autres Monocotyiédones, c’est la seconde nu la troisième feuille qui emprunte la forme et les fonctions de la première.

Fit raison de ce changement de fonctions et de formes du cotylédon, la gemmule ne pouvait se comporter chez les Graminées comme chez la plupart des autres Monocotyiédones; eu effet, elle prend une direction oblique et presque transversale, et la racine coléorrhizée glisse à la surface du cotylédon (comme chez le Froment), nu en traverse le limbe (comme chez le Maïs, qui présente par conséquent une double coléorrhize). Voy. Coi.éorrhize et Embryon.

HYPOCRATÉRI FORME, hypocratcriformis = Hypocratérimorphe, hypoci'aterimor/ilius (DG). En forme de coupe large, |ieu profonde et portée sur un pied. Se dit d'une corolle à mbc étroit brusquement dilatée en un limbe large et peu concave.

774 HYPOGÉ. — ICONOGRAPHIE VÉGÉTAI. F..

HYPOGÉ, hypogæus. Qui est situé au-dessous de la surface du sol ; sc dit de certaines tiges souterraines ou rhizomes. Les feuilles des tiges hypogées peuvent elles-mêmes être hypogées, ou s’élever au-dessus du sol ; dans ce dernier cas, elles sont dites épigén. La Truffe est un Champignon hypogé.

HYPOGYNE, hypogynus. L'insertion des divers verlicilles de la fleur qui entourent l’ovaire est dite hypogyne lorsqu'elle a lieu sur le réceptacle de la fleur au même niveau que l’inserlion de l'ovaire lui-même. Quand la corolle et le calice (ou même les étamines, la corolle et le calice) paraissent soudés entre eux dans une certaine étendue et constituent un tube au centre duquel l’ovaire reste libre, l’insertion est dite périgyne; si l’ovaire est lui-même compris dans la soudure, l'insertion est dite épigyne. Voy. Calice, Corolle, Insertion, etc.

Il ypumemis (Neck.). Qui est situé au-dessous. Synonyme d 'in férus.

/ly/iop/iyttiion (Link). Nom (inusité) donné aux feuilles squamifonnes riiez les genres Riisrus, Asparagus, etc. A l'aisselle de ces feuilles naissent des rameaux qui ont quelquefois l'aspect de véritables feuilles, et sont désignés sous le nom de eladodes (voy. ce inol).

Hypophyllus. Qui est situé ou inséré sous la feuille.

HYPOX IDÉES. Famille de plantes monocolylées, comprenant les deux seuls genres Curruligo et Hy polis. Les plantes de celte famille appartiennent auv régions tempérées de l’Afrique, de l’Amérique, de l’Inde et de l’Australie. Ce petit groupe, voisin des Asphodélées, s'en éloigne par un ovaire adhérent. Il diffère des lridées par : Étamines 0; fruit indéhiscent 1-2-loculaire; graines à testa crustacé; embryon droit, entouré d’un périsperme charnu.

IIYSOPE ( Hyssopus ufftrinalis, famille des Labiées). L’Ilysope est douée de propriétés excitantes et toniques analogues à celles du Lierre-terrestre; on en prépare une infusion stimulante en usage dans les affections aiguës des bronches. — On plante l'Hysope en bordure dans les jardins rustiques.

Hyiterantkew. On a désigné par ce mot les plantes dont les feuilles se développent après les fleurs.

Icônes. Figures dessinées, planches gravées.

■CONiOARAPHIE VÉLÉTAI.K. Art de représenter les végétaux et les détails de leur organisation par le dessin et la gravure. Voy. Dessin appliqué aux travaux botaniques.

Une collection formée d'une série de gravures empruntées aux divers ouvrages ou aux collections de figures qui ont été publiés, et classée dans l'ordre naturel des familles et des genres, constitue un herbier artificiel des plus intéressants, des plus utiles à consulter, et qui complète l'herbier naturel parla reproduction d’un grand nombre de types végétaux difficiles à se procurer ou à conserver dans l’herbier, et par les analyses d'organes qui accompagnent souvent ces figures.

Quelques botanistes n’ont pas craint, pour sc procurer une collection de ce genre, de mettre en pièces tous les ouvragcsAle leur bibliothèque renfermant un

ICONOGHAPHIK VÊGÊTAI.E.

certain nombre de planches. Je pense (|u’il n’est avantageux d’enlever. (Mûries classer dans la collection, les planches des ouvrages importants, que lorsque ces planches ont été publiées sans ordre par rameur, et qu'elles sont en très-grand nombre, de nature à devoir être consultées fréquemment et à fournir d'utiles éléments d’étude : telle est, par exemple, la collection des Champignons de Rulliard. Mais il serait regrettable d'annuler la valeur d'ouvrages importants et souvent rares, en en retranchant les planches qui peuvent les accompagner, pour ajouter ces planches à une collection générale destinée peut-être plus tard à être dispersée sans profit pour personne, ou du moins à ne pas passer dans les mêmes mains que le texte des volumes dans lesquels on a puisé pour la créer.

Un procédé plus long, mais bien utile pour se procurer une collection de dessins de types de genres, consisterait à calquer soigneusement un grand nombre de ces types dans les divers ouvrages où ils se trouvent figurés: ce travail, fait avec intelligence, serait d'ailleurs un excellent moyen d’étude. — Afin d’éviter d'altérer les gravures précieuses qu’on calque ainsi, on doit se servir d’un crayon de mine de plomb assez tendre pour ne jamais rayer le papier. Du reste, ces calques, pour être utiles et ne point donner de résultats erronés, doivent être faits par une main habile h manier le crayon, et habituée aux soins qu'exige un tel travail. I.cs dessins au trait obtenus au crayon sur le papier végétal peuvent, selon le temps qu’on peut y consacrer, être repassés h la plume ou seulement terminés au crayon, le modèle sous les yeux. On fixe le carré de papier végétal sur une feuille de papier blanc à dessin d’une force convenable, et on le met à la place que la figure doit occuper dans la collection.

L’iconographie végétale a déjà rendu et est appelée à rendre d’immenses services b la science. A mérite égal, un travail accompagné de planches est d’une utilité bien plus grande que celui qui en est dépourvu. Il est évident que le dessin doit être aussi exact que possible, et que plus les figures sont claires, complètes et détaillées, plus grande est leur utilité. — Mais on doit éviter, vu les frais considérables qu’entraîne la gravure, de figurer les objets ou même les parties d'objets dont la vue n’est d'aucune utilité pour l’étude du sujet. Il vaut mieux consacrer le temps et les frais qui seraient accordés à cette partie du dessin à figurer un autre objet plus utile.

On doit, par la même raison, simplifier le plus possible l'exécution du travail, et sc contenter, par exemple, d’un dessin au trait toutes les fois que l'ombre n’est point indispensable ; les gravures au trait sont même, en général, les plus avantageuses, en ce que toutes les lignes en sont distinctes, et que rien ne s'y trouve sacrifié aux effets de l’ombre. — S’il s’agit, par exemple, d’un objet composé de plusieurs parties analogues ou semblables, on peut ne figurer avec détail que l’une de ces parties, et n’indiquer les autres qu'accessoiremcnt et pour signaler la situation qu'elles occupent.

De même il est bon de ne colorier que les dessins qui peuvent gagner 5 l’être au point de vue de l'élude; et s’il s'agit, par exemple, de dessins d’ensemble de plantes entières, de n’en colorier qu'un rameau en fleur et un rameau en fruit, au lieu de colorier les échantillons en entier. On doit éviter aussi la

icosANnnrs.

IGNAMKS.

perle inulile du papier, et se priver ilu luxe des grandes marges; les planches doivent être remplies, cl non présenter au centre d’un grand format nn dessin de quelques centimètres de hauteur.

Mais s’il est avantageux pour soi-même et pour le lecteur de donner des planches bien remplies, il faut surtout se garder d’entasser en désordre de nombreux dessins dans un étroit espace. I.a réunion des objets dans l’espace dont le dessinateur dispose doit s’arrêter au point où commencerait la confusion. Les objets ne doivent être rapprochés les uns des autres qu'à la condition d'être classés dans l'ordre où ils sont décrits dans l'ouvrage. Sans cela, non-seulement l'efTel en est disgracieux à l'oeil, mais ils peuvent devenir presque inutiles parla difficulté qu'on éprouve à découvrir celui dont on fait la recherche.

/cusandrns. Se dit d’une fleur à vingt étamines.

/cusi ou /eus-, dans les mots composés tirés du grec, signifie vingt ( viginti ).

feosimerus. Sc dit d’une fleur qui

Fig. «21. — Rameau fructifère, fleur» mile» en harmonie avec la grâce naturelle et femelle», et fruit» de l'If (Taxai baccntn). plantes.

ItiWtlKS. Espèces du genre Dioteorta, E. des Dioscorinées (Asparaginées à ovaire adhérent). Les Ignames sont, la plupart, des plantes de l'Inde, à tubercules et bulbilles charnus, à liges herbacées volubiles, à feuilles pétiolées, cordifortnes (ressemblant à celles du Tanins communi»)} les Heurs sont |>elites et verdâtres, et disposées en épis axillaires. Les tubercules des Ignames sont ali-

présente vingt pièces dans son ensemble. (Inusité.) Sc dit aussi d’organes de même nature au nombre de vingt (ex. stamina icosimera).

Idingi/nus. Qui ne présente point d'organe femelle : les Heurs stériles et les Heurs mâles sont (laits ce cas. (Inusité.)

IF ( Taxas haecata, famille des Taxinées) (fig. 921). Le suc résineux de l'If renferme des substances astringentes et amères. La cupule charnue-mncilagincuse du fruit est d'une saveur douce et légèreineut résineuse (j'en ai souvent mangé plusieurs), elle ne me paraît pas douée de qualités malfaisantes; mais le- noyau est amer, et passe pour renfermer une substance vénéneuse narcolico-âcrr.

Cet arbre, spontané dans le nord de l'Europe, est cultivé dans les parc»; la dis|>osilion touffue de ses ratneaot |>ennet de lui donner artificiellement les formes géométriques le moins

ir.NKUS.

ÎI.IIIINÉES.

menlaires et jouent un rôle iiiiportant dans l’alimentation des Indiens. On a fait des essais de naturalisation en Europe (et notamment en France, il y a environ quinze ans) de diverses espèces d'ignames (du I). alata, et particulièrement de l'Igname de Chine, Diotcorea Hatatai), regardant ces plantes (qui se multiplient aisément, soit par des bulbilles, soit par des fragments du tubercule) comme alimentaires et pouvant servir de succédanés nu au moins d'adjuvants à la 4 Poinme-de-lerre et h la Patate IJ ’onvolnilns Bat a la s). Mais le tubercule de l’Igname, terminé en racine pivotante ordinairement en forme de massue, s’enfonce profondément dans le sol et est assez diOicile à récolter dans les terrains compactes; en outre, les Ignames ont l'inconvénient grave d’exiger deux à trois ans pour atteindre ,’t un volume suflisant : ce n'est pas le même tubercule qui grossit d’une année il l'autre, les tubercules produits en automne s'épuisent au printenqis (comme ceux de la Pomme-dc-terrc) pour la production d’un tubercule nouveau et plus volumineux que le précédent. On doit rechercher les variétés à tubercules b la fois volumineux et courts.

Igneu*=Flummeu$ (dans les mots composés tirés du grec, iruppo;). Couleur de feu, d'un rouge orangé vif et éclatant : par exemple, les fniits du Crahügut Py rarautha (Buisson-ardent), la corolle des Adonis autumnalis (Goulle-de* sang) et flammea, etc.

II.ICI.VÉES ( AquifoliacêES). Famille de plantes dicotylées, ordinairement gamopétales, classée, en raison de ses affinités, parmi les dialypétales à ovaire libre. I-i famille des tlicinées comprend sept ou huit genres de plantes arborescentes, dont les espèces appartiennent surtout aux régions chaudes et tempérées de l'hémisphère boréal ; elle n’est représentée en Europe que par une seule espèce (le Houx, //ex Aqui folium ), assez commune dans les forêts du nord de la France, de l’Allemagne et de l'Angleterre. Le Houx forme des buissons compactes It feuilles sinuées épineuses, de consistance cartilagineuse, persistantes, d’un beau vert lustré sur lequel se détachent, pendant l'hiver, des baies d’un rouge de corail. Io Houx, planté en haies et taillé en murailles, comme le Buis et l’If, forme autour des cottuges de l’Angleterre des clôtures impénétrables, mais dont les lignes régulières cl la couleur sombre ont quelque chose de triste. Les massifs plantureux et les fourrés de Houx, dans les furêls ruontueusos, sont au contraire d’un charmant aspect

Les caractères généraux de la famille des llicinées sont les suivants : Arbres on arbrisseaux toujours-verts. Feuilles alternes ou opposées, pétiolécs, simples, coriaces, glabres, luisantes, entières, ou sinuécs-denlées, dépourvues de stipules. Fleurs hermaphrodites ou unisexuées par avortement , régulières , solitaires ou verticillécs, quelquefois en forme de cymes dicliotomes, verdâtres. Galice petit, ’i-6-lide, persistant. Corolle hypogvnc, subgamopétale, h h- 6 divisions. Étamines 4-6, insérées avec les pétales ou sur leur base. Ovaire à 2-C-8 loges uni-ovulées. Ovules solitaires, suspendus, réfléchis; stigmate lobé. F'ruil baccifortnc, il 2-8 loges, à noyaux osseux tnonos|ierines. Graine munie d’un périsperme, à embryon droit, très-petit. — Les llicinées, détachées des Célastrinées, en different par l'ovule suspendu et non dressé, l’absence de disque hypogyuc et la corolle ordinairement gamojiélale.

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