‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 245 sur 414 · LABIUM. — LABORATOIRE OU BOTANISTE · texte numérisé non relu

LABIUM. — LABORATOIRE OU BOTANISTE

Lierre-terrestre (Glechoma hederacea) (fi g. 975), la Béloinc {Behmicn officinalis) (lig. 976), l'Hysope ( //i/ssnpi/a officinnlis) (fig. 973), la Lavande ( Lavan dulavern), la Mélisse (Métissa nffirinalis) (fïg. 975).

Labium. Lèvre; division inférieure ou lobe en forme de lèvre |>ciidante des corolles dites labiée».

i.iiioKvroïKi: du botaniste. Il est bien difficile, lorsqu'on est contraint d’babitcr une maison bruyante dans une rue populeuse de Paris ou de toute autre grande ville, de. trouver le calme nécessaire à l'observation et 5 la méditation. On parvient cependant, par une longue habitude, il s'isoler des bruits de la rue plus ou moins couverts par le roulement des voitures; mais comment trouver l'inspiration lorsque la vue ne rencontre, pour se reposer, au dehors qu'un pavé poudreux ou fangeux, une foule bruyante et alTairée, cl des murs élevés qui vous disputent entre leurs angles disgracieux un coin du ciel, un rayon de soleil ?

Et cependant, si vous pouvez choisir, préférez les grandes villes aux petites villes. Dans la grande cité, vos voisins ne trouveront jamais le temps de s'enquérir de vos alTaires; ils vous verront avec indifférence partir chaussé de guêtres, coiffé d'un chapeau 5 grands bords, la boulette à la inain, le cartable ou la boîte sur le dos. Que leur importent votre profession, vos habitudes, votre personne? Eussiez-vous illustre, à peine savent-ils votre nom, et ils ne s'en occupent pas plus que de votre bonne ou de votre mauvaise fortune.

Cette indifférence est-elle le résultat de sentiments égoïstes? Il vaut mieux l’attribuer à une juste réserve et à une prudente discrétion. Quoi qu'il en soit, la plupart des voisins n’ont aucun reproche à se faire à cet égard ; et d'ailleurs celle indifférence est précieuse pour des gens qui, ayant des occupations peu comprises de la multitude, passeraient d’autant plus pour bizarres qu'ils seraient plus connus.

Dans une petite ville, au contraire, où chacun peut désigner chacun par son nom, pensez-vous pouvoir vous soustraire 5 l’examen et aux commentaires de quiconque vous verra passer? N’y comptez pas : les oisifs y sont nombreux, cl ne vous pardonneront pas de savoir trouver du plaisir sans eux. Quant aux hommes occupés et qui visent à l’utile, bien peu sauront comprendre que vos occupations sont sérieuses, puisqu'elles ne sont pas lucratives, 5 moins que vous ne soyez professeur ou directeur d'un musée, auquel cas voLrc position officielle diminuera votre liberté, et vous imposera le sacrifice, non -seulement de vos goûts simples et faciles, et de votre amour de la solitude, mais encore de votre temps le plus précieux.

Aussi, quels que soient votre persévérance, votre zèle et votre ardeur, le peu d'encouragement que vous trouverez autour de vous ne lardera peut-être pas, hélas! à vous faire douter de vous-même, et à vous faire renoncer complètement à vos étndes et à vos travaux.

Si cependant vous arrivez dans la |vetite ville avec une réputation acquise, celle réputation sera acceptée sans contrôle ; tuais vous ferez sagement, dès le premier jour, de sortir et de traverser la ville en équipage de naturaliste, le cartable sous le bras ou la boite sur le dos, cl d’éviter les réunions que vous ne gxmiain (DEsT-rteaas). 52

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