‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 246 sur 414 · I.AHÜHATOIKE DU ROTANISTE · texte numérisé non relu

I.AHÜHATOIKE DU ROTANISTE

pourriez assidûment fréquenter ; vous serez taxé de bizarrerie, mais ou ne tardera pas à faire trêve aux commentaires, et vous pourrez vaquer à vos travaux en toute sécurité.

Où donc un botaniste est-il réellement bien pour travailler? A la campagne. Si vous avez un château, tant mieux, vous pourrez, si c'est un vieux manoir, établir votre cabinet d’étude au dernier étage de la plus haute tour : là, entouré de rryous chargés de livres et d'instruments de travail, et non loin de votre herbier, assis devant une large table, près d'uue haute croisée gothique, vous dominerez les campagnes voisines, et vous planerez sur vos jardins; vous y verrez quelquefois le lever et souvent le coucher du soleil ; aucun bruit importun ne viendra y troubler votre recueillement et vos méditations. Au loin seulement vous entendrez le chant agreste des pâtres et des laboureurs, le gazouillement des hirondelles nichées dans l’angle des fenêtres, et le ramage des oiseaux perchés sur la tour et cachés dans les arbres du voisinage; et l'hiver, le mugissement et les chants plaintifs du vent déchaîné dans les combles, mais qui ne |)éuètre pas jusqu'à Pâtre de votre chaud réduit.

Si votre château est un château moderne, une maison confortable en un mot, pour être moins poétique, votre demeure n'en sera pas moins commode, et le travail n’y sera pas moins facile; il vous sera luisible, sans doute, d'organiser des serres où vous transporterez la végétation des tropiques et où vous réunirez des merveilles de tous les points du monde ; et vous |vnurrez classer dans de longues galeries vos collections, vos herbiers et vos bibliothèques.

Mais n'eussiez-vous au soleil ou dans les bois «pie la plus modeste des maisonnettes, remerciez encore la Providence d’un si grand bienfait : vous posséderez moins de livres peut-être, mais vous aurez choisi les plus utiles ; moins île plantes, mais vous aurez eu le plaisir de les récolter vous-même. Kt quant à la beauté de la nature qui vous entoure, elle appartient à tous, et est seulement plus grande aux yeux de ceux qui l’aiment le plus et qui savent le mieux l'apprécier. Vous n’aurez pas, il est vrai, le silence de la haute tour ou des vastes galeries, vous vous installerez dans la mansarde, et vous y serez sans doute non moins bien inspiré.

Quelles douées et fructueuses promenades que celles d'un fervent botaniste, lorsqu'au printemps il parcourt une campagne moutueusc et boisée ! Avec quel charme, à mesure que la saison avance, il voit se succéder dans les buissons l’Aubépine, les Hoses sauvages, les larges corj tubes du Sureau, et plus tard les fruits d'un rouge de corail remplacer les fleurs, et les arbres des forêts revêtir les teintes pourprées de l'automne! Comme au retour de ces promenades, où l'àiue s'est épanouie comme une fleur au soleil, on est bien dis|iosé pour l'étude, et comme le travail se ressent de celte bienfaisante influence des champs dont ou est pénétré !

N’allez pas croire cependant que je veuille dire que le botaniste doive se séparer du inonde comme un chartreux, ou s’isoler comme un ermite; la vie de famille, dans laquelle on ajoute aux plaisirs de l’esprit les jouissances du cceur, est au contraire nou-sculemeul la plus heureuse, mais aussi la plus propre à l'étude, par la douce sécurité qui en est le résultat. Je regarde comme

LARYRINTHIFORME. — LAC1STÉMÊES. 819

nuisibles les exigences qui sont la suite inévitable de relations trop multipliées, mais comme précieuse et nécessaire la fréquentation d’un certain nombre d’amis choisis autant que possible parmi ceux dont les goûts sc rapprochent des vôtres.

De ce que le séjour des champs est si favorable à l’élude, il s’en faut cependant qu’il suffise ; le séjour de Paris est presque indispensable pendant quelques mois au moins de chaque année pour y entretenir des relations non moins agréables qu’utiles avec les représentants de la science, consulter les bibliothèques, visiter les collections, et sc mettre au courant des publications nouvelles. Plusieurs années consécutives, passées loin des grands centres du mouvenient scientifique et de toutes les connaissances humaines, risquent fort de vous laisser en arrière, et vous ôtes tout surpris au retour, en voyant le chemin qu'on a fait sans vous.

Kn résumé, six à huit mois de séjour à la campagne et le reste de l’année à Paris, telle est la cotnbiuaison qui me semble le plus profitable. Il n’ap|>artienl pas à tous, il est vrai, de disposer ainsi du temps et de choisir sa résidence ; mais on voudra bien se rappeler que je ne puis qu’indiquer ce qui convient, en laissant à chacun le soin de s'en rapprocher, non pas seulement s’il lui plait, mais surtout s'il lui est possible, cl que d’ailleurs je ne convie à me suivre que ceux qui ne sauraient faire un meilleur emploi de leurs loisirs.

LABYRINTHIFORME, labyrinthiformis. Se dit d'u/i corps sillonné d'anfractuosités étroites, llexueuses et anastomosées.

Lac — Latex , lait. Suc lactescent de certains végétaux (ex. : Euphorbes et Figuiers). Ce suc (contenu dans les canaux laticifères) est souvent de nature gommo-résiaeuse ; il constitue l’opium chez le Pavot, le caoutchouc chez certains Figuiers, certaines Euphorbiacées, etc.

Laceratiuus. Sc dit d'une feuille découpée plus profondément vers le sommet ou vers la base que dans le reste de son étendue. (Inusité.)

LACÉRÉ, laceratus. Se dit d’une feuille irrégulièrement découpée et comme déchirée eu lobes eux-mêmes irrégulièrement incisés. (Inusité.)

LACHE, laxus. Se dit d’une inflorescence peu fournie en fleurs ou en rameaux florifères : épi lâche, panicule lâche. S'oppose à resserré ( coarctatus ). — Se dit d'une enveloppe membraneuse plus grande que l'organe qu’elle renferme (ex. : lesta d’une graine débordant l'amande en un cercle membraneux). Imjus s’oppose, dans ce cas, A ad pressas ou appressus, appriiné.

/Mcinia. Lanière. — Ixicinula. Petite lanière.

LACINIÉ, laciniatus. Se dit d’une feuille, d'un pétale, etc., irrégulièrement déchiré en lanières étroites. Cette expression est vague; quand il s'agit d'une feuille, il vaut mieux, selon le degré de profondeur des découpures, employer les expressions pennatifide ou penniiti/tarlie.

LACISTÉMÉES. Famille de plantes dicotylées a|sHales, de la classe des Ameutacées, présentant une certaine affinité avec les Salicinées, et établie pour le genre Lacistema, qui renferme des arbres propres aux forèLs marécageuses de l'Amérique tropicale. Les feuilles, ordinairement entières, sont coriaces, persistantes. Les fleurs, ordinairement bisexuées, sont disposées en chatons; elles

LACTESCENT. — LA1TOE-V1REUSE.

naissent il l'aisselle de bractéoles : les fleurs mâles sont |>ourvucs d'un |)érianllic quadriparti et d'un disque circulaire qui entoure l'étamine (une seule étamine à anthère unilohée); les fleurs femelles sont à ovaire 2-3- loculaire(à 2-3 carpelles) multi-ovulé. Les ovules sont pendants et réfléchis. Fruits capsulaires; le nombre en est souvent réduit à un seul, pour chaque chaton, par avortement.

LACTESCENT, lactescent. Qui a l’aspect et la couleur du lait.

Lacteus = (iolactites. D’un blanc de lait.

lACtM;, Limita. Espace entre des groupes de cellules, sans parois autres que celles des cellules (fig. 980 et 98 1 ). Los lacunes (chambres h air) se renrouireul fréquemment dans le tissu des planlcsaquatiques submergées ou nageantes.

fis. 980. — Coupe (fortement grossie) d’une moitié de feuille du ilostera marina 'plante submergée), pour montrer ses /naines.

Fie. 981. — Coupe (fortement grossie) d'une moitié de feuille du Cymottacca œquorea (plante submergée), pour montrer ses lacunes.

LACUNEUX, larunosus. Se dit d’un tissu qui présente des lacunes.

Larustris. Qui sc plait dans les lacs ou au bord des lacs cl des étangs.

Leste (adv.). — Lœte viridis. D’un vert gai.

Ltrvis — Lœvigatus. Lisse. S'oppose i as/ier, rude.

LAGENIFORME, lageniformis. En forme de gourde ou de courge rétrécie au-dessous du sommet.

laine, tout, lanugn (dans les mois composés tirés du grec, trio). Poils longs, flexueux, assez mous, plus ou moins entrecroisés et feutres.

lait, lac. Suc propre de certains végétaux, blanc dans le Figuier, les Euphorbes, V Asclépios Cornait, etc. ; coloré en jaune dans laChélidoine ( Chelido niitm majus) , et, dans tous les cas, d'une consistance onctueuse comme celle du lait.

LAITUE-VIREUSE (Lactuca virosa, famille des Composécs-Liguliflores). Plaute dont le suc, connu sous le nom de thrithirr, est du nombre des médicaments narcotiques les plus usités, (jette substance, qui est loin d'avoir les qualités actives de l’opium, entre dans la composition de plusieurs potions calmantes.

LAME. — LANfiAt'.E BOTANIQUE. 821

LAME , hmiimi. Dans le genre Agaricus el les genres voisins, on nomme lames, les feuillets rayonnants ou disposés en éventail qui occupent la face inférieure du chapeau et sont tapissés par Yhymenium ou membrane qui porte les spores. — Les lames ont été nommées : lamellœ (Fries) ; feuillets (Dulliard, Paulet); hyménium Inmellosum (Fries, Montagne, etc.); lamelluhe (Fries) ; sistatrema (Corda), genre Cyclomyces ; membrana (Dodonæus); membrane fructifère (Brongniart) ; nervures (Vaillant), genre Cunlhareltus ; plica (Nees, Beikelcy, etc.), genre Cnnlharellus ; receptacnlum (Pcrsoon), genre .1 yaricus; subi (Battara), genre Aqnricus. (Synonymie puisée dans un travail dcM. Léveillé. ) — Le mot lame a été employé par quelques ailleurs comme synonyme du mot limbe ( limbrn ).

LAMELLE, lamellatus. Qui présente des lames.

lamelles, loiuelbe. Appendices pélaloïdes qui existent à la gorge de certaines corolles dialvpétales, comme chez les Lychnis, ou gamopétales, comme chez le Laurier-rose cl un grand nombre de Borraginées. Ces appendices, qui sont op|K>sés aux pétales, sont considérés comme en étant des dédoublements. — Nom donné par Fries aux lames des Agarics.

LAMELLIFORME, lamellifanuis. En forme de lame.

Lanatus — Lanuginnsus. laineux, lanugineux, couvert de longs poils flexueux entremêlés ( lana , lanugo, laine, pubescence laineuse).

LANCÉOLÉ, lanceolatus. On appelle feuille lancéolée, une feuille oblongueétroile, insensiblement terminée en |ioinlc : ex. la feuille du Saule (Sa/i.c atba).

langage botanique, (.a botanique n’est point, comme quelques personnes l’ont entendu dire, une science de mots, mais elle est essentiellement une science d'observations et de faits.

I.cs noms ne sont destinés qu’à rendre possible la classification des objets connus, à faciliter les recherches dans les collections et dans les livres, et, par conséquent, à mettre à même les nouveaux venus de profiter des travaux de leurs devanciers. On pourrait connaître la structure des végétaux, et avoir une idée três-nelte de leur classification, en ne sachant la signification que d’un petit nombre de termes techniques et en ne se rappelant qu'uu petit nombre de noms. Il est d'ailleurs toujours facile de retrouver le nom des plantes dans les ouvrages descriptifs, et l'on peut, sans inconvénient, se dispenser d’en charger sa mémoire.

Les personnes étrangères à la botanique, et qui ont entendu donner à cette science l’épithète A' aimable {scientia amahitis ), concluent souvent que la connaissance des plantes ne saurait constituer une science sérieuse, et qu’on doit éviter, dans celle étude, l’emploi d'uu langage technique, dans la crainte d'ciraroucher ceux qui ne veulent la voir que dans les églogues et dans les pastorales : le langage des fleurs, disent-ils, ne doit pas être un langage barbare, il doit être harmonieux et intelligible pour tout le monde. Les mêmes personnes cependant trouvent tout naturel que la zoologie, l'anatomie animale, la chimie, la minéralogie, les mathématiques, la philosophie, etc. , aient une langue non moins barbare, et, si elles appartiennent au barreau, elles oublient que le langage du palais n’est guère plus intelligible pour ceux qui n'y sont point initiés.

Page 1