MALE
fumure trop substantielle; — le système de culture intensive porté à son plus liant degré, système qui ne laisse jamais le sol livré à ses productions naturelles, et en fait exclusivement un support artificiel de quelques espèces de grande culture (ramenées à lourde rôle par un système de rotation), — sont des causes générales qui peuvent être pour beaucoup dans ces maladies générales.
Il est d’autres causes analogues, plus graves encore, et dont les effets sont plus difficiles à détourner : je veux parler des modifications ap|iorlées dans l'état de sécheresse ou d'humidité de l’air; dans sa constitution même, relativement aux émanations végétales qu'il transporte ; enfin, dans la situation électromagnétique, modifications, perturbations qui peuvent être le résultat de la rapide diminution de ce qui reste de nos anciennes forêts, de l'assainissement (dessèchement du sol) de celles qui sont conservées et de la suppression des tourbières et des marais dans presque toutes les contrées du monde il la fois : ici, destruction par une culture raisonnée; ailleurs, destruction par de vastes incendies, les uns accidentels, d'autres résultant d'une coupable indifférence.
Ces perturbations dans le moude végétal ont-elles une inlluence directe sur les maladies générales et épidémiques des végétaux ? Cela n’est pas démontré, je ne parle de cette possibilité que par induction; mon raisonnement, le voici : — Toutes les espèces créées à la surface du globe terrestre paraissent, dans certaines limites, être solidaires les unes des autres; l'harmonie générale, la santé, résulte de la proportion dans laquelle (pendant chaque période géologique , dans l’époque présente comme dans les précédentes) elles contribuent chacune à la perfection de ce vaste et merveilleux ensemble.
L’intérêt personnel de l'homme lui fait désirer de supprimer tout ce qui ne lui parait pas être directement utile à son espèce, et ses moyens d’action lui permettent d’effectuer des modifications radicales dans l'ordre et les proportions relatives des êtres mis en possession du sol par la création ; par contre, il détermine la multiplication indéfinie d'un nombre Irés-rcstreint d'espèces qui lui sont utiles. — De là la destruction des arbres des forêts, remplacés presque uniquement par quelques céréales ; de là le dessèchement des marais, quelquefois insalubres il est vrai, mais qui étaient, comme les bois, utiles au maintien des sources et de l’humidité atmosphérique, dont ils étaient les réservoirs. — L'homme gagne ainsi du terrain comme surface, mais il est à craindre qu'il ne finisse par altérer, par épuiser, par rendre improductif ce terrain gagné.
En supposant que ces conjectures soient fondées, oii serait le remède? peut-on revenir en arrière, rendre à la nature une partie de ce qui a été laborieusement conquis par l’industrie sur la végétation spontanée? — C'est difficile! — Empêcher le mal de s’étendre présente déjà d'immenses, peut-être d'insurmontables difficultés; l'impulsion est donnée, toute digue serait impuissante et serait emportée... — Espérons que le mal n'est pas si grand... Mais, où en serions-nous si, après avoir tremblé pour l'avenir de la pomme-de-terre, nous avions à redouter une invasion analogue chez les céréales? — Il n’en est pas question ! je ne veux pas effrayer, je voudrais seulement rendre prudent, et donner ù penser.
MALE, masculin, line fleur nulle est celle qui présente des étamines, et n'a point d’ovaire. — I ne plante mâle est celle qui ne présente que des lleur-
WAIKSHERRIACÉES. — MAI.VACÉKS. 8j7
mâles. Une piaille mâle appartient nécessairement à une espèce dioïqite. lue fleur mile peut appartenir à une espèce tlit>ï<|ne ou monoïque. Voy. ces mots.
MAI.ES1IEHUIACÉES. Petite famille composée tic (leux genres, Malesherbia et Hynopleura, renfermant des plantes sous-frutescentes du Pérou et tlu Chili, qui paraissent très-voisines, par leurs caractères, de la première section (Paropsiées) de la famille des Passiflorécs. Ce sont des plantes à tiges non grimpantes. La fleur présente, comme celle des Passiflorées, un périanthe tubuleux ; ce périanthe est à à divisions externes et 5 divisions internes, plus un troisième rang constituant un tube frangé soudé au précédent. Les ."> étamines sont hypogyncs, et l’ovaire, brièvement stipité, est uniloculaire, à fl placentas pariétaux, à fl styles, l.e fruit est une capsule s'ouvrant dans sa partie supérieure en fl valves, à déhiscence scptifrage. Les 3 styles libres se trouvent situés entre ces 3 valves; ils correspondent à la nervure moyenne des carpelles (dans les Passiflorées, la déhiscence est locnliride [dorsale] et non septifragc [latérale], c’est-à-dire cpie la déhiscence a lieu |)ar la rupture longitudinale de la nervure dorsale même, et non par les deux côtés de cette nervure).
.Unlleolus. Crossetle. Nom donné par les liorticulteurs à une Ivoutnre portant à la hase un talon ou un tronçon de vieux bois.
AIACPIC.IIIACÉES. Famille de plantes dicolylécs dialvpétales, à ovaire libre. Voisines des Acérinées, elles en diffèrent par leur calice glanduleux, leurs pétales onguiculés, leurs étamines monadelphes ; leur fruit ord. à fl car|ieiles, à loges renfermant chacune un ovule solitaire suspendu. — Ces Malpighiacées sont des arbres de l'Amérique tropicale; un très-petit nombre d’espèces sont disséminées en Asie et en Afrique. Cette famille, assez nombreuse, n’offre aucun représentant en Europe.
I.es caractères essentiels sont les suivants : Arbres ou arbrisseaux à rameaux quelqnefm's volubiles, à feuilles ord. opposées, souvent entières, munies de 2 stipules, couvertes d’une pubescence brune ou à reflet métallique, quelquefois à poils nrtirants. Fleurs bisexuées ou unisexnées ; quelquefois de deux formes sur le même arbre ; les supérieures normales, les inférieures solitaires, à périanthe rudimentaire, mais mûrissant leurs fruits. Calice à 5 divisions. Corolle à 5 pétales onguiculés, à limbe concave, quelquefois denté ou frangé. Étamines ord. en nombre double de celui des pétales, toutes fertiles, ou en partie abortives; à filets ord. soudés entre eux. Ovaire libre, ord. 3-loculairc, à fl carpelles libres au sommet, à loges uni-ovulécs; à ovules suspendus, semi-réfléchis. Styles 3, indépendants ou soudés en un style indivis. Fruit ord. à 3 carpelles souvent prolongés en ailes, rarement drupacé-indéhiscent, souvent monosperme par avortement. Graine à périsperne nul ; embryon droit, souvent condupliqué.
MALPIGHIACÉS (Poils), piti malpitfktacei. Poils en forme de navette insérés par leur partie moyenne sur une base glanduleuse, (les poils peuvent être considérés comme bifnrqués, à branches de la bifurcation coniques et Irèsdivariquées.
VI Al.V AGEES. Famille de plantes dic.olylées snb-gamopétales (mais classées, d’après leurs illimités, parmi les Dialvpétales), à ovaire libre, à étamines soudées par leurs filets en colonne creuse, à antlières unüobées.
MAt.VAOÊES.
Les Mal lacées sont abondantes dans les zones intertropicales; le nombre des espèces va en diiiiinnanl en avançant dans les contrées tempérées; elles cessent à l'approche des régions glaciales. i,a tribu des Maltécs est presque seule représentée en Kurope. Plusieurs Mauves ; .1 fuira sil vis/ ris (fig. 1022), M. rolundi folia, etc., sont communes dans nos terres incultes, et sont récoltées, avec
Fig. 1022. — Sommité florifère de la Mauve-ofllcinale(.t/o/e« sitvestri*) (proportions réduites).
Fig. 1 023. — Sommité florifère et partie de lu racine de la Guimauve (Altlia-a iil/i' uin/is) (proportion; réduites).
la Guimauve (Althœa offlcinnlis, fig. 1023), par les herboristes, pour leurs fleurs, dont on prépare des infusions pectorales, cl leurs feuilles et leurs racines, dont la décoction est émolliente. Quelques La ratera [L. arbore a, L. maritime», !.. < tibia ) sont de belles plantes frutescentes de la Provence. Le /.avalera trimes- Iris (la Mauve royale) et le Ma lape trifida , plantes annuelles, sont cultivées dans les parterres |mur leurs belles fleurs roses. On cultive également dans les jardins ou dans les serres, des Siila, des Abulilan, des Hibisrus : Y H. Trionum (la ketmie) a fleurs jaunes à gorge d’un pourpre noir, à calice vésiculeux; VII. palustri*. il très-grandes fleurs ; 17/. syriaeux, vulg. l'Althéa, arbuste b fleurs roses ou blauclies, à onglet pourpre. Mais, de toutes les Malvacécs, la plus importante (au point de vue industriel) est le Cotonnier, spontané dans l'Inde {Go fsypium lierbaceum), cultivé en grand en Amérique et dans les colonies.
MAMELON. — MAMM/EEORMIS. 859
pour les houppes de longs poils soyeux (le coton) qui entourent les graines et remplissent la capsule. On connaît assez l'importance du coton comme produit textile. Une préparation fulminante convertit aujourd’hui les éléments jusque-là innocents du bonnet de coton en un engin de destruction (le fulmi-coton). Cette mèche, jadis si placide, se donne actuellement des airs de foudre de guerre.
Les caractères généraux de la famille des Malvacées sont les suivants : Plantes herltacées, sous-frutescentes ou frutescentes, rarement arborescentes, souvent mollement pubesccntes, à poils étoilés. Feuilles alternes, ord. pétiolées, ord. palinatiiobécs, munies de stipules latérales. Fleurs bisexuées, régulières, solitaires, axillaires, ou groupées en paniculcs feuillées. Calice souvent précédé d'un caliculc ou involucclle, à 5 sépales quelquefois plus ou moins cohérents à leur base frarem. S-fi sépales), ord. persistant. Corolle à 5 pétales hypogynes soudés seulement à leur base, à préfloraison enroulée. Étamines en nombre indéfini, à filets soudés entre eux en une colonne creuse qui recouvre l’ovaire et donne passage au strie, les filets devenant libres vers leur sommet et portant chacun un seul lobe d’anthère ; cette anthère, unilobée-réniforme, s'ouvre par une fente longitudinale en deux petites valves. Ovaire libre, sessile, composé de 5 (rarement S) carpelles ou un plus grand nombre. Carpelles souvent disposés en cercle autour de la colonne centrale formée par la réunion des styles eu un style indivis; ces carpelles sont libres ou soudés entre eux, nionospermes ou polyspcrtnes ; quelquefois ils sont disposés en spirale, et constituent un groupe en tête allongée. Ovules courbés ou semi-réfléchis. Styles soudés en colonne libre supérieurement et dépassant la colonne des étamines. Fruit tantôt se dégageant en carpelles indépendants monospermes, ou à plusieurs graines s’ouvrant par la suture ventrale ou par le dos; tantôt fruit capsulaire à 5 ou plusieurs loges résultant de la soudure des carpelles, à déhiscence loculicide, à loges ord. polyspermes ; quelquefois fruit hacciforme indéhiscent. Graines solitaires dans chaque carpelle ou plus ou moins nombreuses, réniformes, à testa ord. crustacé, couvertes, dans certains genres, de longs poils soyeux. Embryon courbé, entouré d’un mince périsperme. — La famille des Malvacées se div ise en quatre tribus : les SidEes (pas d’involucelle), ex. genres Sida, Al/ulilon, etc. ; les MalopéES (carpelles monospermes en capitules), ex. genres Malope, Kitnihelia, etc. ; les Malvêes (carpelles verticillés ord. monospermes), ex. genres Lavaiera, AUhtvn, Aletea, Malva , Patvmia, etc.; les IlintscÊES (carpelles 3-5-10, soudés en capsule à loges ord. polys|>ermes}, ex. genres Hibiscus, Gossy/jium, etc.
mamki.ok, umbo . Protubérance conique ou hémisphérique au centre d'une surface.
MAMILLAIRE, mamillaris. En forme de petites mamelles ou de mamelons. — Certaines surfaces sont chargées de protuliérances mamillaires. — LJn genre de la famille des Cactées, dont les espèces sont à tiges charnues présentant une spirale de protubérances coniques (rainuscules rudimentaires), a reçu le nom de Mamitlaria,
Mammœformii. En forme de mamelles. — Mamilh'fnrmis. En forme de petites mamelles.
MANCKNI1.1.IBR. — MANliRACORC.
HA\CENILLICR, Manranilla (Hi/i/iomn ne Muncinella , Euphorbiaeées). Arbre de l'Amérique du Sud et des Antilles (lig. 1024), sur lequel l'ignorance el la peur ont fait répandre bien des contes absurdes. U suc lactescent de celte
Enphorbiaçéc est en réalité très-âcre et doué de propriétés vénéneuses; mais son ombrage est parfaitement inoflensif. Son fruit pu!|>cux ne ressemble à une ponnne-d'api que pour des yeux bien peu expérimentés, car c’est une capsule charnue à côtes régulières, libre, non surmontée (connue chez la Pomme, qui provient d'un ovaire adhérent) des dents du calice.
I.a saveur fade et nauséeuse de ce fruit, sa consistance subéreuse, n’ont rien, à part la couleur d'un rouge vif, de bien séduisant; et le sentiment de hrôlurc à la langue et aux lèvres, qui suit la première tentative de dégustation, doit empêcher les accidents. En cas d'empoisonnement , on recommande de boire de l'eau de mer (qui est à la fois un vomitif et un purgatif) ; on recommande aussi les corps gras (qui sont émollients et s’opposent un peu à l'absorption). — Les feuilles ovales-acuminées dentées de cet arbre peuvent ressembler il celles du Poi lier; mais les fleurs, apétales et unisexuées, en petits capitules eux-mêmes disposés en épis, ne rappellent en rien une Pomacée. — On prétend qne les sauvages empoisonnent leurs flèches dans le suc du Manceuillier ; ils se servent en général de poisons plus actifs, provenant de végétaux de la famille des A|iocynées et contenant de la strychnine.
HWmt VC.OnE [Mandragora officinarum). Cette espèce a été subdivisée en I/. au/umnnlis( fig. 1025) (Mandragore femelle des anciennes pharmacopées) cl M. verna/iit (Mandragore mâle), famille des Solanécs. Ces plantes, d'aspect bizarre (les baies volumineuses sont groupées, comme dans un nid, au centre de la rosette des feuilles), dont la racine pivotante, charnue, souvent fourchue, était taillée en ligure humaine par les charlatans), sont originaires de la Grèce et de l’Europe orientale. Elles ont joué un grand rôle dans les pratiques superstitieuses de l'antiquité et du moyen âge (I) ; leur racine passait pour avoir une
Fig. 1021. — Rameau florifère el fructifère <tu Manceuillier ( Hippomanr Mancitielln) ([importions réduites).
(1) Ceux qui cueillent la Mandragore, dit Pline, se gardent d'avoir le vent en face, et, préliminairement, ils décrivent trois cercles autour de la plante avec une épée, puis ils l'arrachent en se tournant vers le couchant. Théophraste ajoute qu'il faut, en outre, qu'il y ait quelqu'un qui aille dansant à l'entour, u Les charlatans et ahuseurs de monde », dit un de nos vieux ailleurs, « qui vont montrons au peuple ignorant des racines contrefaites en
MANGLIEli.
forme humaine, el on leur attribuait des propriétés merveilleuses. Elles entraient dans la composition des philtres, et servaient à des opérations magiques.
Fin. 1025. — Mandragore officinale (Mandragora officitutrum), proportions réduites.
\l Wt.l.il.l; ( flhizopltora Afanrjle). Est connu vulgairement aussi (ou du moins une espèce voisine, le Jt. yi/mnorrhiza) sous le nom de Palétuvier (le genre Rhizumorpha a reçu les noms d e Bruguiera, Paletuveria, handelia, Aznp/mrn, Manglrs). Ce genre est le type de la famille des Uhizophorées (voisine des Combrétacées, voisine elle-même des Onagrariées). Le genre Rhiznphora contient 15 à 20 espèces, toutes des régions intertropicalcs, et habitant le Itord de la tuer. — La plupart sont des arbustes ratneux, dont les branches pendantes s’enracinent dans la vase eu formant des lacis impénétrables qui servent de retraites aux poissons. Les huîtres viennent y répandre leur frai, et les jeunes se trouvent attachées par grappes aux rameaux submergés, puis émergés à la marée basse, qui permet de les cueillir.
Les Mangliers ou Palétuviers, dont les fruits sont insignifiants (les nègres en mangent cependant la pulpe cuite dans le vin de Palmier), ont de tout temps été remarqués en raison du singulier phénomène que présente leur germination : l'embryon germe dans le fruit, qui reste attaché à l’arbre; sa radicule (su père) s’allonge en forme de massue grêle, se recourbe et descend vers le sol, altei-
«» ligures d'hommes, pour celle de lu Mandragore, ei qu'ils nomment des Mnndrg luira , » prcnenl les racines fraisches de la Couleuvrée (la Bryone), des Guimauves, des Roseaux » (Iris Pseudo-Acorus), et autres racines qui retirent à la forme humaine, et enfoncent dc> » grains d’Orge ou de Millet sur la partie qui représente la tête ; ils les ensevelissent et » i ouvrent de sable jusqu'à ce que les grains aient produit racine, après ils les déterrent, p» el acuutrent les racines qui représentent les cheveux, puis font croire qu’elles ont crues » dessous les gibets de ceux qui oui été exécutés par justice, leur accordant des propriétés » monstrueuses. » — Le même auteur attribue à cette plante ce que dit l'historien iosèphe d'une racine « que l'on faisoit tirer de terre par un chien, ceux qui l’arrachent étant en » grand danger de leur vie, à raison de quoi ceux qui ont fouy à l'entour, s'esloupenl les » oreilles avec de la poix, do peur d’ouïr te en/ tic ta racine, car s'ils l'avoicnt ouy, il fau- » droit nécessairement qu’ils ■ n mourussent... On se melloit en tels dangers pour arracher » celle racine, à cause de la vertu qu’elle a de chasser les esprits mauvais, qui sont les âmes » des méchante.' personnes décédées. »