MORELLE. — MORPHOLOGIE VÉGÉTALE
en grand nombre dans un réceptacle fructifère et charnu, succulent, comestible dans certaines espèces.
MORELLE ( Solanum nigrum, famille des Solanécs). La Morelle (fig. 1072), si commune dans les lieux cultivés, renferme un suc légèrement narcotique dont es propriétés malfaisantes disparaissent par la coction ; on en emploie les feuilles
sans aucun inconvénient en guise d’épinards. (Les plantes de la famille des Solanées sont douées de propriétés narcotiques qui résident dans divers alcaloïdes (daturine, atropine, nicotianine, solanine) auxquels sont unies, chez la plupart, plusieurs substances Acres. En général, les principes narcotiques sont prédominants; chez quelques-unes, il existe une huile aromatique volatile. Les fruits d’nn grand nombre sont vénéneux, quelquefois ils sont simplement Acres; plus rarement ils sont comestibles, les principes Acres et narcotiques y étant alors dominés par un suc mucilagiuenx acidulé. Les graines renferment une huile grasse. Enfin, chez un petit nombre, la souche produit des tubercules farineux dont l’importance est des plus grandes au point de vue alimentaire.)
MORILLE (Morchella esculenta). Champignon charnu (de couleur jaunâtre), pédiculé, A chapeau ovoïde sillonné d'anfractuosités qui lui donnent l’apparence d’une éponge. Toutes les espèces ou variétés du genre Morchella sont comestibles. La Morille n'est pas rare aux environs de Paris ; elle est recherchée presque A l’égal de la Truffe. On lui attribuait autrefois, comme A la Truffe, des propriétés aphrodisiaques. Les Murchella appartiennent au groupe des Champignousthécasporés-ectothèques (s|tores contenues dans des thèques situées A l'extérieur ; spores et thèques qui ne sont visibles qu’au microscope).
■ NIORPHE, morphus. Dans certains mots composés dérivés du grec, signifie en forme de : ex. rhizonwrphe ( rhizomorphus ), en forme de racine. La terminaison grecque -aides a presque le même sens : ex. ranunculoides , qui ressemble A une Renoncule; eyperoide», qui ressemble A un Cyperus. La terminaison forme ou fortuit corres|tond, pour les mots dérivés du latin, A la terminaison morphe, morphus, pour les mots dérivés du grec : ex. radiciforme, en forme de racine ; foliiformis, en forme de feuille, etc.
morphologie vÉgétvle. Une des branches principales de la biologie végétale (science qui comprend la connaissance de tout ce qui est relatif A la vie, les organes et leurs fonctions, chez les végétaux). Morphologie signifie ; interprétation de la signification réelle des formes végétales. — J .a science morphologique n'est autre chose que l’orgauographie philosophique : l’organographic
Fig. t072. — Sommité florifère et fructifère d’un rameau de Morelle {Sotimum nigrum).
MOSCHATDS. — MOUCENNA. 911
comparée d’un organe à un autre et d’un tissu à un autre chez une même espèce, et I organograpiiie comparée chez les orgaues dans toute la série ou le réseau du règne végétal.
L objet de la morphologie végétale est donc : la connaissance de la forme extérieure de chaque organe pour chaque type d'organisation, et la connaissance de sa structure intime ou structure anatomique ; la connaissance des formes diverses que chacun de ces organes est susceptible de revêtir (soit chez un même individu, soit chez les individus des diverses classes, des divers genres, des diverses espèces), selon les fonctions qui peuvent lui être dévolues dans l’économie végétale.
Les principes si philosophiques, si justes, si simples et si pratiques, qui résultent de la connaissance de la morphologie, font leur chemin dans le monde scientifique, mais plus lentement qu’on ne pourrait le croire. L’obstacle à leur diffusion se trouve dans les habitudes des descripteurs, habitudes anciennement prises dans le sens inverse ; l’obstaele est aussi dans des mots divers souvent (et à tort) employés pour désigner un même phénomène ou une même chose.
Les naturalistes de l'école de Cuvier brillent dans l’analyse; aux naturalistes de l’école de Geoffroy Saint-Hilaire et de Goethe est réservée la synthèse. Les premiers sont exposés, soit par une trop prudente réserve, soit par la nature de leur esprit, à s’arrêter trop tôt; les seconds sont exposés b se laisser entraîner (par leur leudauce à la pénétration), à aller de prime saut, soit trop vite, soit trop loin. La vérité se trouve dans l’association de la méthodique circonspection des uns et des philosophiques interprétations des autres.
Nous n’avons (joint à faire ici un article spécial sur la morphologie végétale, nous étant efforcé de donner cet article en détail à chacune des pages de ce livre. ’
Mvschatus. Musqué ; qui exhale une odeur de musc.
MOU, mollis. De consistance molle. — Dans les mots dérivés du grec, amalos.
MOUCENNA, Mussenna, Muçanna, Biscnna, Rumada ( Besenna anthdmin thica). — Acacia [/I Ibtzzia] Teboeck, Altnzzia anthclminthica, fam. desLégumineuses-Mimosécs (le genre Alhizzia diffère du genre Acacia par des étamines soudées en tube). L'A. anthelminthica est un arbre élégant de l’Abyssinie, b feuilles bipennées, h (leurs en capitules globuleux, à tube staminal ne dépassant pas la corolle, à gousse de 5-10 centimètres, contenant 3 ou U graines comprimées. — L’écorce du Aloucenna passe, en Abyssinie, pour un anthelminthùjue puissant, on l’estime à l’égal du musso (voy. ce mol); la saveur de cette écorce est astringente et nauséeuse. En Europe, on en prépare un extrait qui renferme de la gomme et un alcaloïde. En Abyssinie, l'écorce pulvérisée est administrée contre le ténia, à la dose de 30 grammes ; 8 grammes de l’extrait aqueux seraient l’équivalent de cette dose, ou encore 75 centigrammes de résine. — Notre écorce de racine de Grenadier parait douée de propriétés anthelminthiqucs au moins aussi puissantes que celles du Moucenna.
Indépendamment du Moucenna et du Cousso, M. E. Fournier mentionne comme anthelminthiqucs, dans son mémoire sur les ténifuges employés en Abvssinie, les espèces suivantes, qui appartiennent à la même contrée : le Soaria (Mœsa lanceolata, M. picta, fam. des Primulacées); IcTalzé ( Mgrsine africana,