ANÉMONES. — ANGÉLIQUE
ANÉMONES. Espèces du genre Anémone (F. des Renonculacées). I.«> suc de la plupart des Anémones est âcre et irritant, comme celui des Renoncules. La plante fraîche, pilée et appliquée sur la peau, est vésicante; à l’intérieur, le suc agit comme poison âcre.
ANKTH [Anethum graveolens) (fig. AO), F. des Ombelliféres). Cette plante a
l’odeur et un peu l’aspect du Feuotiil ( Foeniculnm officinale)', elle s’en distingue par son fruit à rebord aplati, et par sa racine annuelle.
iVFBiiTi osirt, anfradus. Nom donné à des crevasses sinueuses qui sont le résultat de plis irréguliers : les cotylédons de la noix présentent des anfractuosités.
ANcÉLiyn:, Angel ira Arckangelira (fig. 41). Belle Ombellifère cultivée dans les jardins rustiques, et en grand pour l’usage qui en est fait par les confiseurs (on prépare, avec les jeunes tiges, des conserves sucrées uni gardent le parjura de la plante fraîche et sont dépouillées de son amertume). Les distillateurs en font surtout grand usage : l’Angélique fait la hase de la liqueur de table
fabriquée à la Grande - Chartreuse (et Fie. 40. Anetb [Anethum graveolens). jmitée ^ p|Dltjellrs noms). r cs, IIn
cordial , c’est-à-dire, un stimulant agréable pour l’estomac, soit après le repas, soit même à jeun. (En petite quantité), ce cordial est toucerain (comme on disait autrefois) dans les dérangements d’entrailles; sous l'inOtience de la cholérine, on peut ajouter à la prise matinale cinq à six gouttes de laudanum (toujours avec la permission du médecin). — L’Angélique est spontanée dans les montagnes du nord de l’Europe. Toute la plante renferme en abondance iiii suc aromatique et stimulaiiL
Endlicher décrit à |ieu prés en ces termes (mais dans son latin élégant) l’usage que font les Lapons de cette plante commune dans leur pays, si pauvre en fruits et en plantes comestibles :
Les pauvres Lapons (qui ne sont gâtés ni par la variété ni par l’alKMidance des produits de leursvergers) ont en haute estime la racine de l’Angélique, à sa première année, alors que la tige ne s’est pas encore élevée au-dessus de la rosette dits feuilles printanières; ils regardent son usage habituel comme souverain pour maintenir la santé : leurs bonbonnières de peau de renne, au lieu de pastilles, sont garnies de tranches sèches de racine d’Angélique.
Quant aux jeunes tiges de cette plante providentielle, c’est, pour les naïfs enfants des contrées boréales, ce que la nature a produit de plus exquis. Ou dit là-bas : la saison de C Angélique, comme mus disons ici : la saison tics cerises.
ANGIO. — ANGIOCARPE. 59
— Avant que l'ombelle ait Étalé ses rayons (car si on laisse à la plante le temps de fleurir, la tige devient dure), les Lapons tranchent la jeune lige (fraîche, appétissante, toute gonflée de son suc parfumé) au niveau du sol ; ils en détachent les feuilles, et ils en enlèvent l'écorce avec leur couteau (quand ils en ont), ou tout simplement avec les ongles ou les dents ; mettant à découvert la partie
Fie. 41. — Angélique {Angelica Archangclica). Sommité florifère.
intérieure blanche comme neige, pulpeuse, creuse au centre, légèrement amère et délicieusement aromatique; — puis ils la croquent, et, je vous jure, de grand appétit !
Les petits pâtres et les petites bergères, qui conduisent, vers le mois de juillet, les troupeaux de rennes à travers les pâturages montagneux, en ramenant leurs bfites, malin et soir, à la cabane, pour les débarrasser de leur lait, ne manquent pas de rapporter leurs tabliers pleins de jeunes liges d’Angélique. — Chacun tend la main, chacun a sa part, — et toute la famille dévore â qui mieux mieux, et â belles dents !
V Angelica silveslri», plante commune au bord des eaux et dans les lieux marécageux, a des propriétés analogues, mais inférieures h celles de VArehanyelica.
Angiu... (iyytiv», vase), mot grec qui fait partie de certains mots composés.
ANGIOCARPE, angiocarpus (Mirb.). Se dit d’un fruit couvert par les parties environnantes qui se développent avec lui, et auxquelles il adhère; ex. : le fruit du Mûrier. Les fruits de cette nature ont été nommés pseudocatgiiens (Desv. ). Ces expressions sont inusitées.
ANGIOLOGIE. — ANISO.
AKdtoi.o«iE. Partie tic l'anatomie qui a pour objet l'étude des vaisseaux. Ce terme est plus employé dans l'anatomie animale que dans l’anatomie végétale.
Angiolum — Peridiiun — Peridiolum. Membrane qui enveloppe les parties de la fructification chez les Champignons il spores internes : par ex. chez les Lycoperdrm.
ANGIOSPERME, angiospenmis. — Piaules angiospermes, celles dont la graine est renfermée dans un péricar|>e : c’est le cas le plus général citez les végétaux phanérogames. — Les Champignons i spores enfermées dans un jteridium sont dits Angiospermes. — Le mot Angiospermes s'emploie par opposition au mol Gipnnosjtermes (végétaux dont la graine parait nue).
A\GLE, angnlus. — A ngle interne des loges de f ovaire, des loges du fruit. Dans les ovaires ou les fruits composés de plusieurs carpelles fermés et soudés latéralement entre eux eu un ovaire multiloculaire, l'angle interne des loges correspond à la suture des deux hords de chaque carpelle et est situé vers le centre du fruit composé; les cordons placentaires qui portent les ovules ou les graines occupent ordinairement cet angle. — Angle de divergence, celui qui résulte de l'écartement qui existe entre deux feuilles qui se suivent dans une spire ou un verticille de feuilles. Vov. PltYLl.OTAXIE.
Angutus, angle. — Angulosus, anguleux, qui a des angles. — Angularis, angulaire, qui appartient à un angle, qui occupe un angle.
Angustatus. Rétréci, qui présente un rétrécissement, qui est plus étroit que d'ordinaire.
Angusticollis. Qui présente un col très-étroit ou très-mince.
Angustiseptvs. Dont la cloison ou les cloisons sont très-étroites.
AXCUSTL'HK. A\gustere-vraie, (inlipea Cusparia ( Ponplandia tri/oliata) (fig. 42). Arbre (des bords de l'Orénoque) de la famille des Rutacées; son écorce, amère, âcre et nauséeuse, a été employée en infusion dans le traitement de la dyssenteric et de la fièvre jaune. — L’Angüstdre-faüSSE des pharmaciens est l’écorce de l'arbre qui produit la noix vomique (Strychnos Nux-vomica) ; on en extrait de la strychnine cl de la brucine, substances très-dangereuses qui sont employées dans le traitement de certaines paralysies.
Angustus. Étroit, d'une manière absolue. S’oppose à latus.
AMnAlll l,t; animalculus. Mot employé comme synonyme d 'anthérozoïde. Petits corps doués de mouvement cl portant des appendices sétiformes, qui sont renfermés dans les anthéridies de certains végétaux cryptogames. Os corps jouent un rôle important dans l’acte de la reproduction : on les a vus (G.Thurel, l’riugsheim), dans diverses espèces du groupe des Algues, pénétrer jusqu'aux jeunes spores et s’attachera leur surface, oit ils paraissaient être résorbés.
AXIS ( Pimpinella Anisttm [fig. 4.'tj, F. des Ombellifères). Plante aromatique originaire de la Grèce. Les fruits servent à la préparation de la liqueur de table connue sous le nom d'anisetle. VAnis peut être remplacé par le Fenouil, plante indigène, ou par le fruit de la Badiane ou A n is-étnUé ( lüicium anisatum), arbre de la Chine et du .lapon.
Aniso. . . (5vi»ôç), mot grec qui fait partie de plusieurs mots composés ; en latin, inœqualis, inégal. Anisostémones signifie : dont les étamines sont en nombre
ANNEAU. — ANNEXUS.
différent du nombre des pétales ; isostémones signifiant : à étamines en nombre égal à celui des |>étales. — Anisogyne, fleur dont les carpelles sont en nombre
Fie. 42.— Angusture vraie ( Gnlipea Cus/mria). Fig. 43. — Ani» ( Pimpinelta A nutum) . Hameau florifère. Sommité florifère.
différent du nombre des sépales (que les carpelles soient libres ou soient soudés entre eux).
anneau, ohwm/hs. Nom donné aux débris du voile qui, chez certains Agarics, restent autour du pédicule lorsque ce voile, qui est la continuation du bord infléchi du chapeau, s’est déchiré en raison de la croissance rapide de la partie charnue du chapeau.
I.'anneau a reçu les noms suivants : collet, collerette, cortina, indusimn , involucrum proprium, lepiota, voile, vélum unnulatum, etc.
ANNEAU Élastique. Anneau crénelé qui constitue le bord circulaire du sporange des Fougères (fig. h U)-, cet anneau, en se détendant et se redressant avec élasticité, détermine la rupture du sac membraneux sporifère nommé sporange, et la dissémination des spores.
Annexas ou Adnexus — A [fixas. Attaché, fixé.
Fie. 44. — A. Portion de feuille portant deux groupes fructifères ou sores renfermant les capsules ou sporanges qui contiennent les s j tores. — B. Sporange à unnenu élastique (très-grossi) d'une Fougère, le Po/ystichum Fitir-mas.
ANNOSUS. — ANONACÊES.
Annosus. Qui est très-âgé, qui a un très-graud nombre d'années.
Annntinus. Qui est de l'année, qui es( âgé d'un an.
ANNUEL, annuus. Qui ne dure qu’un an. — Plantes annuelles, celles qui meurent après avoir parcouru en une année, ou moins d'une année, toutes les périodes de la végétation ; la germination a lieu en automne ou au printemps, la plante fructifie et incurtdans l'été suivant. Plusieurs générations de plantes annuelles peuvent se succéder dans l'intervalle d'une année. — La tige des plantes annuelles est herbacée; leur racine est chez les unes pivotante, chez les autres elle est constituée par une touffe de fibres radicales. Les plantes annuelles ne peuvent donner lieu â des rhizomes, les rhizomes n'étant autre chose que des tiges ou des rameaux souterrains vivaces et destinés à continuer la plante et à la propager. Uans les descriptions, on représente le mot annuel par le signe T) ou 0. Le Suai fraya tridaetylites, le Draba cerna, le I eron ica arvensis, VEuphorbia Pépins, le Poa annua, etc. , sont des plantes annuelles. — Certaines plantes, vivaces dans les pays chauds, transportées dans des pays dont le climat est froid ou même tempéré, y deviennent annuelles; c'est-à-dire qu’après avoir fleuri et fructifié dans le courant de la première année, elles périssent lorsqu'elles subissent les atteintes des premiers froids de l’hiver. Le Ricinus Palma-Christi , qui devient en Afrique, et même en Provence, une plante arborescente vivace, est annuel dans le Nord. On peut prolonger d'une ou de plusieurs années l’existence de certaines plantes annuelles sous nos climats, du Réséda odoratn par exemple, en retranchant tous les rameaux florifères avant l’épanouissement des (leurs, et en les tenant, pendant l'hiver, à l’abri de la rigueur du froid : ces plantes sont dites alors pérennantes ; la lige des végétaux herbacés placés dans ces conditions peut même devenir ligueuse, les types annuel et bisannuel diffèrent à peine organographiquement (la plante bisannuelle se sème ordinairement en automne, la plante annuelle peut n'êtrc semée qu'au printemps) : aussi a-t-on proposé (UC.) de grouper les plantes annuelles sous le litre de plantes monocarpiennes (ne fleurissant et ne donnant leurs fruits qu'une seule fois) ; et plantes polycarpiennes, vivant et produisant fleurs et fruits pendant un nombre indéfini d’années. Certaines plantes vivaces sont monocarpiennes : l'Agave americana, par exemple, végète pendant vingt à trente ans, plus ou moins, avant que sa rosette de feuilles devienne florifère et s’épuise par cette seule floraison.
ANNULAIRE, unnularis. En forme d'anneau. — Embryons annulaires, les embryons cylindriques courbés en anneau. Ces embryons, en général, entourent circulaircmcnl un périsperrne central.
Annulus, anneau. — Annulalus , muni d'un anneau. — Annularit et annuliformis, en forme d'anneau.
ANOMAL, ammialus, et dans les mots conqxisés tirés du grec aëlhes{aêthe 0-). Irrégulier ou insolite, qui est en dehors de la structure ordinaire ou de la règle normale. Une anomalie est un fait exceptionnel. Les variétés et les déformations ou monstruosités sont des anomalies. — Anomalies végétales. Voy. Tératologie VÉGÉTALE.
A.NO.WCKUS. Famille de plantes dicotyléesdialy|)étalcs, à ovaire libre, voisine |>ar ses caractères essentiels des Magnoliacécs, dont elle diffère par les
ANOPHYTKS. — ANTHËHE.
feuilles dépourvues de stipules, et par la forme anfractueuse du périspermc. Les Anonacées sont des arbres et des arbrisseaux des régions tropicales; plusieurs espèces sont cultivées dans ces chaudes contrées |K>ur leur fruit d'une saveur très-agréable. Les caractères de celte famille sont les suivants : Plantes arborescentes à odeur aromatique, à suc d'uue saveur àcrc. Feuilles alternes, entières, dépourvues de stipules. Fleurs ordinairement hermaphrodites, verdâtres, axillaires ou à pédoncules oppositifoliés, plus courts que les feuilles. Calice à 3 sépales. Corolle à 6 (létales dis|>osés sur deux rangs, libres ou plus ou moins soudés ; rarement corolle nulle. Étamines plus ou moins nombreuses constituant plusieurs cercles, à filets courts libres. Carpelles plus ou moins nombreux, libres ou plus ou moins adhérents entre eux, renfermant chacun un ou plusieurs ovules asccudants. Fruit composé de car|)elles ordinairement libres, quelquefois cohérents, capsulaires ou bacciformes, monos pennes, quelquefois polyspermes, à graines séparées par des expansions de l’endocarpe. Périspcnno charnu pénétré (comme celui des Myristicées) par des prolongements du tégument de la graine, contenant un embryon très petit, à cotylédons courts. — Les AsoN.vcÊEsse divisent en trois tribus : Anonêes proprement dites (ovules solitaires, étamines en nombre indéfini) ; BocacËeS (plusieurs ovules, étamines en nombre défini) ; XYI.OPIÉES (plusieurs ovules, étamines en nombre indéfini).
ANOP11Y TES, .1 iiuphyta . Cohorte établie par Emllicber (comprenant les plantes cryptogames acrogènes qui soûl entièrement composées de tissu cellulaire . Ce groupe correspond à la classe des Miscinkks : Hépatiques et Mousses, qu'Endlicher considère comme deux classes distinctes (l/e/ialicœ et Musci). Sa classe des Hépatiques est divisée en cinq familles : Ricciacées, Authocérotées, Targioniacées, Marchandées et Jongermanniacées. Sa classe des Mousses est divisée en trois familles: Andrcéacées, Sphagnacées, et Bryacées; on admet généralement eu outre, comme familles, les groupes des Phascacées et des Hydroptérygiées. — Les Cryptogames Acrogènes vasculaires (Brongniarl) constituent la cohorte Pmtnphytcs d'Endlichcr, qui divise celte cohorte en cinq classes, savoir : Equiseta (Prèles), Filin». * (Fougères), Hydropterides (Salviniacées), Seltiyinet (Lycopodiacées et Isoétidées) , et Zurniœ (Cycadées). (Cette dernière classe est plus ordinairement placée sur les confins des Phanérogames dicotylées, au voisinage ou dans la division des Gymnospermes, près des Conifères. )
Antematm. En forme d'antenne. Se dit de la forme de divers organes ou appendices qui ressemblent aux antennes de certains insectes.
vxthèlï, aiilhc/a. Inflorescence en cyme anomale ou fuusse-pamcule des Juncus, des Luzula et de certaines Cypéracécs.
Anthemium. Synonyme inusité du mot In/loreseenlia, inflorescence.
ANTHÈRE, nnthera (i»9r,poc, fleuri). Partie de l’étamine qui renferme le pollen. — Le mot anthem a été créé par Linné pour remplacer le mot apex (sommet), employé par Toumcfort. — L'anthère est la partie essentielle de l’étamine : dans certains cas, l’étamine est même réduite à l’anthère; le filet ou support de l'anthère (analogue au pétiole de la feuille) pouvaut ne pas exister, et le nmuectif (analogue à ta nervure moyenne de la feuille) faisant partie de