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MYRTE

comestible que les singes disputent aux perroquets. Ces fruits sont désignés daus le pays sous le nom de murmites-de-singe.

Les Myrtacées renferment une huile volatile, aromatique, unie & du tannin ; d'où il résulte que ces plantes, selon la prédominance de l’un ou de l'autre principe, sont douées, les unes de propriétés stimulantes, les autres de propriétés astringentes, ou encore, et daus diverses proportions, de ces deux propriétés 11 la fois. — On prépare : une essence, une eau distillée, un vin, une teinture alcoolique, une poudre de girofle ; le girofle fait partie de l'eau de Botot et du laudanum de Sydenham.

l.es caractères généraux de la famille des Myrtacées sont les suivants : Arbres ou arbrisseaux il feuilles opposées verticillées, alternes ou en spirale, simples, ord. entières, penninervées, souvent coriaces, ponctuées de glandes pellucidcs, dépourvues de stipules. — Fleurs hermaphrodites régulières ou sub-irrégulières par l’inflexion des étamines, axillaires, tantôt en cyrnes, en corymbes, eu panicules, en épis ou en glomérules ; ord. munies de bractées; blanches, roses, pourpres ou jaunes, jamais bleues. Calice à tube soudé avec l’ovaire dans toute ou partie de sa longueur, à limbe fi-5-fide ou multilidc, quelquefois entier, en forme d’opercule caduc. Corolle il pétales en môme nombre que les dit isious du calice, insérés à la base de ces divisions ou à ta circonférence d’un disque mince qui entoure la partie libre de l’ovaire, rareineut nulle. — Étamines ord. en nombre indéfini, rar. en nombre égal au nombre des pétales, ou en nombre double ou multiple; à filets libres ou plus ou moins cohérents à la base, en faisceaux opposés aux pétales, quelquefois faisant corps avec une lame discoïde. — Ovaire adhérent ou semi-adhérent, bi-multi-loculaire, à ovules insérés à l'angle interne des loges; rarement uniloculaire, uni-ovulé; ovules pendants, réfléchis. Style et stigmate indivis. Fruit ord. couronné par le limbe du calice, quelquefois charnu-bacciformc ; ou capsulaire, uniloculaire, monosperme; ou 2-pluriloculaire, à déhiscence loculicidc ou septicide; ou s'ouvraift par un opercule (fruit en pyxidcj; ord. polysperme. Graine droite ou courbée, dépourvue de périsperme, à embryon droit ou courbé, à cotylédons souvent agglutinés en une masse indivise.

La famille des Myrtacées a été divisée (UC., Prodr.) en plusieurs grandes tribus ou sous-familles, savoir : MYRTÉES (étamines libres en nombre indéfini; fruit charnu en forme de baie, couronné par le limbe du calice, à loges polyspermes ou monospermes) : ex. Myrtus (Myrte), Psidium (Goyavier), L'ugcnia, Jumboaa (Jam-rose), Caryophyllus (Giroflier), etc. — LeptosI’ERMÉes (étamines en nombre indéfini; fruit capsulaire, loculicide ou septicide) : ex. Eucalyptus, Melaleuca, Metrosideros, Lcptuspermum , etc. — Lêcïthidées (étamines insérées sur un disque oblique; fruit capsulaire s’ouvrant par un opercule): ex. Lecythis, Couralari, etc. — CHAMËLAUCIÊES (étamines en nombre défini, capsule monosperme).

MYltTK ( Myrtus communia, faiu, des Myrtacées). Le Myrte décore les lieux incultes de la région méditerranéenne do ses buissons parfumés; il couvre lis collines pierreuses de la Provence (notamment à Uyères) d’une luxuriante végétation sous-arborescente, mêlé au Leutisque ( Pistaciu Lent iscus) , k l' A rbousier

MYRT1FL0RBES. — NAGEANT. 931

(Arbutus Unedo), à la Bruyère en arbre ( Erica urborea), au Phillyrea, au Romarin, etc., etc. Toutes les parties de ce joli arbuste exhalent une odeur suave, présentent une saveur amère et aromatique, et sont douées de propriétés stimulantes et astringentes. Le Myrte a donné lieu à de poétiques allégories; son antique renommée s’est conservée jusqu’à nos jours. La couronne de feuilles de Myrte (feuilles membraneuses -résistantes, odorantes) était consacrée à I Hymen (wprjv, membrane).

MYRTIFLORÉES. Classe comprenant les familles suivantes : MÊlastoma- GÊES, Myrtacées, Ghanatées. Plantes dicotylées dialectales. Calice soudé avec l’ovaire ou libre. Corolle à pétales insérés à la gorge du calice, en même nombre que ses divisions. Ovaire pluriloculaire, rarement uniloculaire. Graine dépourvue de périsperme.

NACELLE (en forme de), canna, scaphium, carinatus = navicularis Voy. Caréné.

NAGEANT, nalans. On appelle nageantes, les plantes qui vivent dans les eaux dormautes ou stagnantes, et dont les feuilles s’étalent à la surface de l’eau, leur face inférieure étant en contact avec le liquide, et leur face supérieure en

rapport avec l’air. Lorsque le niveau de l’eau vient à baisser, la tige ou les pétioles s’inclinent obliquement et les limbes des feuilles nageantes restent à la surface de l’eau. Lorsque l'eau s’élève brusquement au-dessus du niveau qu’elle avait conservé pendant le développement de la plante, les feuilles se trouvent submergées; si ce niveau se maintient, ces feuilles se détruisent, et la lige, continuant à s'allonger, produit, lorsqu’elle a atteint le niveau actuel de l’eau, de nouvelles feuilles nageantes. Les Potamogetan nalans, et nblongus, le ISympbœa alba, le /Y u far luteum, ont les feuilles nageantes. Certaines plantes sont susceptibles de présenter, dans leur partie inférieure, des feuilles submergées, et dans leur partie supérieure des feuilles

Fie. 1093. — Plante à fouilles nageantes, le Nénufar [Symp/nru alba).

nageantes : par exemple les Hanuneulus arjnatilis et tripartitus (dans le genre Ilanunrulus, les feuilles submergées sont à limbe multifidc à lobes linéaires, et les feuilles nageautes sont à limbe suborbiculairc-lobé ou crénelé), le PotamogeUm hetemphyllus, etc. Ces feuilles, qui vivent dans des milieux divers, sont

NAIADÊES. — NAIN.

ordinairement de Cormes différentes; la consistance des feuilles nageantes est plus solide que celle des feuilles submergées. Enfin, certaines plantes sont susceptibles de vivre dans l’eau, et d'avoir alors toutes les feuilles nageantes, ou de vivre seulement au bord des eaux, et d’avoir par conséquent alors les feuilles aériennes. Les feuilles nageantes présentent, chez une même espèce, des formes plus ou moins différentes des formes des feuilles aériennes : par exemple chez le Potygonum amphibium.

WÏADEES. Famille de plantes monocolj lées, vivant ordinairement submergées dans les eaux courantes ou stagnantes, douces ou salées, des diverses contrées du globe. Quelques-unes habitent les eaux douces de l'Europe : le Nains major (seule espèce d’un genre très-caractérisé), le Caulinia (Naias) minor, le Zanniehellia palus fris, et les espèces assez nombreuses du genre Potamogeton, habitent les eaux dormantes ou les eaux lentement courantes. Le Cymodocea æquorea, le Posidonia Caulini (vulg. Paille-de-mcr), YAlthenia filiformis, plantes submergées, forment des prairies sous-marines sur les côtes de la Méditerranée. Le Huppia maritima et le Zostera marina (Zostère) habitent les côtes de l’Océan et envahissent les lagunes d'eau saumâtre. Plusieurs genres de la famille des Naïadées sont à la fois représentés dans l’ancien et le nouveau monde. — Contemporaines probables d'époques géologiques reculées, ces plantes délicates ont traversé, sans périr, les révolutions du globe, à la faveur des eaux qui transportaient leurs graines, précipitées d'un lac ou d'un océan ancien dans un lac ou un océan nouveau. — Ce groupe, auquel Endlicher réunit celui des Lemnacées, Lent illes-d' eau (que uous traitons connue famille distincte), renferme des types d'organisation très-curieux et très-variés; il présente les caractères généraux suivants :

Plantes aquatiques submergées. Souches ord. vivaces, émettant des tiges florifères grêles et rameuses. Feuilles sessilcs ou pétiolées, quelquefois engainantes, à dispositions variées dans les divers genres. Fleurs solitaires, axillaires, ou groupées eu épis ou en cymes, petites, verdâtres, peu apparentes, unisexuées, ord. très-incomplètes, mouoïques ou dioîques; rarement les fleurs mâles et les fleurs femelles combinées en fleurs hermaphrodites. Périanthe nul ou constitué par une écaille ou une cupule membraneuse (dans le genre Potamogeton, périanthe régulier, â U sépales). Étamines à anthères uniloculaires, biloculaires ou quadriloculaircs. Ovaires solitaires ou rapprochés, constitués chacun par un seul carjtelle contenant un seul ovule. Fruit sec, rarement charnu, uniloculaire monosperme (akène ou groupe d'akènes). Graine â embryon droit, courbé, plié ou enroulé, dépourv u de périsperme.

NAIN, nantis, pygmams, pumiius, pusillus, perpusillus. Une espèce est dite naine lorsqu'elle est beaucoup plus petite que toutes les autres du même genre; un individu est nain lorsqu'il est beaucoup plus petit que 11e le sont habituellement les individus de son espèce. Dans le premier cas, il s'agit d'un fait normal; dans le second, d’un fait accidentel. — Les plantes vigoureuses qui aiment les terrains humides produisent des individus nains dans un terrain sec et aride : c’est ce qui arrive fréquemment pour certaines espèces croissant au bord des eaux, lorsque l'eau se retire après la dissémination des fruits ou des graines.

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