OVULE
sous le nom de funicule ( podosperme ou cordon ombilical); cc cordon est inséré sur les lignes placentaires. L'ensemble des lignes placentaires est désigné sous le nom de placenta, placentaire ou trophospenne; le poiul où l’ovule est inséré sur le funiculc a reçu le nom de bile (ou ombilic).
Le sommet organique de l'ovule correspond à l’ouverture des tuniques; l'ouverture du testa a reçu le nom d ’eæostome, et l’ouverture du tegmen le nom d endostome. Lorsque l’ovule est devenu graine, I'exoslomc, qui est |teu apparent, est désigné sous le nom de micropylc.
flG. 1155. — taupe longitudinale (fortement grossie) de l’ovule d’un Eschsçholtzia.
— Pr> primine; secondine;*r, exostome; edt endostome ; ne, nucclle ; te, sac embryonnaire; fa, funicul e;/r, faisceau vasculaire; rp, raphé ; c/i, chalaze.
Fig. 1 15C. — Coupe longitudinale de l'ovaire uniloculaire d’une Plomba* ginée (g Anneria)% contenant un ovule solitaire pendant à l’extrémité du long funicule qui part de la base de la loge.
Fig. 1157, — taupe longitudinale de l’ovaire uniloculaire, 3-carpellé, pluri* ovulé, d’un Tamarix. — Les ovules (réfléchis) sont dressés.
L’ovule peut rester droit, et alors le Itile et le micropylc (la base et le sommet organique de l’ovule) restent situés aux deux extrémités opposées.
L’ovule peut éprouver diverses courbures en raison de l’inégalité du développement de ses parois. Quand l’ovule est courbé ou plié, cil raison d’une inégalité de dévclop|>cment, on conçoit que le micropylc tend à se rapprocher du hile, et peut même (si l’ovule est courbé en cercle ou plié en deux moitiés appliquées l’une sur l’autre) se trouver en contact avec le hile.
L’ovule peut éprouver un développement excessif au niveau du hile ; dans ce cas, l’insertion du funiculc peut occuper toute la longueur de l’ovule, et, plus tard, de la graine. Oc développement du bile produit, sur un des côtés de l’ovule ou de la graine, la saillie longitudinale désignée sous le nom de raphé. L’extrémité supérieure du raphé est désignée sous le nom de chalaze (ou hile interne) ; cet ovule est dit réfléchi (lig. H55), parce qu’on suppose qu’il se réfléchit sur son funicule, et se soude avec lui. J’ai démontré qu’il s’agit, non pas d’une réflexion sur le funicule, mais d’une distension de l’ovule au niveau du hile.
L’ovule droit a été dit orthotrope, atrope, et homotrope; l’ovule courbé, campulitrope, ou mieux campylatrope ; l’ovule plié, camptotrope ; l'ovule en partie courbé et en partie réfléchi, amphitrope ; l’ovule réfléchi, onalrope, et s'il était rendu eu apparence à la direction droite, en raison d'une torsion du fuuicule, ditropt - Enfin, l'ovule semi-réfléchi (ne présentant de raphé que dans la moitié de sa longueur) a été dit semi-anatrojie ou hémi-anativpe.
990 OVULÉ. — OXAL1DÊES.
Relativement il sa direction dans la cavité ou loge de l'ovaire, l’ovule est dit /tendant (lig. H5(i), si son sommet regarde le bas de la loge; si les ovules sont nombreux et pendants, ils sont dits suspendu». L’ovule est dit ascendant, si son sommet regarde le sommet de la loge; si les ovules .-.ont nombreux et ascendants, ils sont dits dresses (lig. 1157).
On regarde, encore actuellement en dépit de l'opinion que je lente de faire prévaloir depuis quinze ans, et dont la démonstration est, ce me semble, si évidente), l'ovule connue constitué originairement par le nueelle, et l'on admet que ce nueelle (ou mamelon cellulaire) est revêtu de bas en haut d’un premier bourrelet qui, en s'allongeant, devient la tunique désignée sous le nom de tegmen (ou secondine), puis par un deuxième bourrelet basilaire qui, en s'allongeant, finit par devenir la tunique externe désignée sous le nom de testa (ou priminë). Les observations auxquelles je me suis livré, et l’étude que j'ai été à même de faire de divers cas où l’ovule avait subi des modifications tératologiques, m'ont depuis longtemps éclairé sur la véritable structure de l'ovule végétal. Je pense, avec iVlirbel, à l'opinion duquel on avait cru devoir renoncer, que le testa ou priininc constitue eu réalité la paroi externe de l'ovule dès son apparition, et que, par suite d'une sorte d'épanouissement de l’ovule, la tunique sous-jacente (tegmen ou secondine), puis le nueelle lui-même, deviennent visibles à leurs sommets, jusqu'à ce que ces parties se trouvent cachées par suite de l'accroissement de la tunique externe ou lesta. — Celte manière de voir permet de concevoir comment, dans certains cas tératologiques (anomalies), l’ovule prend la forme d’un bourgeon foliacé ou d'un bourgeon charnu (bulbilfe). Ce changement de forme est au contraire impossible à expliquer dans la théorie (qui est encore en faveur aujourd'hui, théorie que je regarde comme erronée ), selon laquelle les tuniques intérieures de l'ovule (le nueelle et la secoudine) se développeraient avant la tunique extérieure, mode de développement qui ferait de l'ovule un organe sui yeneris, sans aucune analogie avec un bourgeon. — Voyez, pour les notions relatives à la structure de l’ovule, les divers organes énumérés dans cet article, et décrits à leur place alphabétique : Ciialaze, XuceLLE, Testa, etc. Voyez aussi Carpelle, Graine, Fécondation, Pollen, etc.
OVULÉ, ovidalus. Se dit d’un ovaire qui renferme un ou plusieurs ovules (ex. : uni-avulé, bi -ovulé, A-ooulé, etc. : à un, deux, trois ovules, etc.).
OXALIDKKS. Famille de plantes dicolylécs dialvpélates, à ovaire libre. La famille des Oxalidées ne comprend que deux genres, mais deux genres assez grandement représentés : le genre Oxatis, renfermant des plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles trifoliées, plus rarement pennées (divisé en 12 sections), et le genre Aoerrhoa, arbres des Indes à feuilles imparipennées (divisé en 2 sections). La flore d'Europe [mssède quelques Oxalis : une gracieuse espèce vivace, à fleurs blanches (V Alléluia), est commune dans les bois des environs de Paris. Il ii grand nombre de jolies espèces à fleurs pourpres, roses ou jaunes, à souches tubéreuses ou bulbeuses, sont cultivées comme plantes d’ornement; l'une d'elles offre de petits tubercules alimentaires analogues à ceux de la Capucine-tubéreuse et de la Pomme-dc-lerre. I.’O. remua (à fleurs d'un jaune de soufre, à rhizomes filiformes chargés de bulbillcs) pullule dans les jardins et les
OXÏ-. — PAILLETTE.
prairies artificielles; à H y ères, scs touffes délicates disparaissent en clé. — Les caractères do la famille des üxalidées sont les suivants : Plantes herbacées acaules ou caulescenlcs, annuelles ou plus souvent vivaces ; quelquefois arborescentes. feuilles alternes composées, digitées, rarement imparipennées, roulées en crosse dans leur jeunesse, à folioles cniièrcs souvent obcordécsi ordinairement irritables et se pliant (tour sommeiller. Stipules membraneuses, libres ou adhérentes au pétiole, souvent très-petites ou milles. Fleurs régulières, axillaires ou disposées en ombelles simples à l’extrémité d'un pédoncule radical; blanches, jaunes ou rouges. Calice 5-fidc. Corolle liypogvne, à 5 pétales libres ou cohérents entre eux à la base, beaucoup plus grands que les sépales, à préfloraison contournée. Étamines 10, hypogynes, à filets soudés à la base. Ovaire composé de 5 carpelles, 5-loculaire; à loges pluri-ovulées ou uni-ovulées, suspendus, réfléchis. Fruit capsulaire membraneux, subglobuleux, ovoïde ou prismatique, à déhiscence loculicide; quelquefois fruit bacciforinc, à 5 loges, indéhiscent. Graines solitaires ou nombreuses dans chaque loge, renfermées dans une enveloppe succulente qui se dessèche à la maturité, se rétracte et se fend eu lançant la graine; périsperme charnu; embryon droit ou courbé.
O dans les mots tirés du grec, signifie aigu ou aciile.
Pagina. Face, surface plane : pagina superior ou sapera, la face supérieure des feuilles; pagina inferior, inféra ou prôna, la face inférieure.
P/tiixETTi-:, palea. Nom donné aux petites lames scarieuses qui, dans certains genres de la famille des Composées, hérissent le réceptacle et séparent les fleurons entre eux. Ces lames scarieuses ne sunt autre chose que des bractées analogues icelles dont se compose l’involucrc, mais seulement encore plus éloignées de la forme des feuilles. A l’aisselle de chacune de ces bractées ou paillettes existe une fleur (fleuron tubuleux ou fleuron ligulé}, par exemple dans les genres Helianthus, Anthémis, Jfypochœris, etc. Les paillettes peuvent être divisées longitudinalement en soies roides : il en est ainsi chez la plupart des genres de la sous-famille des Tubuliflores (dans les genres Carduus, Cirsium, Carduncellm, Lappa, etc.); quelquefois enfin, les paillettes manquent complètement et les fleurs naissent sans bractées, j>ar exemple dans les genres Dellis, Chrysunthemwn , Tragopogon, Tarnxacum, etc. liais c’est par une sorte d’arrêt de développement que les paillettes ne se développent pas, leur germe existe virtuellement; j’en ai trouvé la preuve chez le Pgrethrum Purthenium (la Matricaire), dont j’ai plusieurs fois rencontré le réceptacle plus ou moins garni de paillettes (dans la variété cultivée), bien qu’à l’état sauvage il n’en présente aucune trace. — L.-C. Hichard a donné le nom de paillettes aux diverses pièces de l’involucrc et du périanthe des Graminées considérées isolément, c’est-à-dire aux glumes (dont il appelle l’ensemble lépicène), et aux glumelles (dont il appelle l’ensemble glume) ; il emploie le diminutif paléoles pour désigner les glumellules (dont il ap|>clle l’ensemble glumellé). Voy. Glime.
992 PAIRE. — PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE
PAIRE ,jugum. Ensemble de deux feuilles ou de deux folioles opposées, c'està-dire placées à la même hauteur, l’une vis-à-vis de l'autre.
Palace tôt. Se dit d’un organe qui adhère à son support par le bord (inusité). S'oppose au mol jieltatus (qui adhère par le centre).
PAL UN, pâlot ton. Nom donné il la partie saillante ou boursouflée delà lèvre inférieure des Linaria, des Antirrhinum, etc., qui ferme l'entrée du tube de la corolle, dite chez ces genres : corolle-en-gueule ou personnée (eu masque, perstma).
PALE, pallidus, pull fis. Qui est peu coloré. Le jaune jtûle est un jaune presque blanc.
PALÉACÉ, paleaeeus. Hérissé de paillettes. Se dit du réceptacle dans certains genres de la famille des Composées. Voy. Paillette (paleà).
PAI.ÉOI.E, paleola. Diminutifs de paillette et de palea. Kichard désigne les glumclles sous le nom de pal eu tes.
PALÉOVIOI.OUIE 1 ÉU ÉTALE = BOTANIQUE PALÉON TOLOG1QUE. I Ile des éludes les plus intéressantes au point de vue de la connaissance de révolution successive des types végétaux, et au |>oiul de vue, plus général, de la genèse des êtres organisés à la surface du globe terrestre, est l’étude des espèces végétales et animales contemporaines des principales périodes géologiques ; c’està-dire l’étude des êtres qui ont peuplé les îles et les continents successivement élevés au-dessus du niveau des mers, puis plongés, avec leurs populations vivantes, dans les abîmes de l’Océan. La Paléontologie végétale est la science qui a pour objet cette étude.
Les créations végétales et animales ayant suivi une marche (varalièlc l’une à l’autre, ayant parcouru simultanément les mêmes périodes, ayant été soumises aux mêmes accidents généraux, aux mêmes causes de perturbation, aux mêmes conditions d'appauvrissement et de suppression, ou d'expansion et de multiplication, il est intéressant, il est indispensable de comparer à ces divers points de vue le règne végétal, qui nous occupe ici particulièrement, avec le règne animal.
Les terrains PLÜTONIENS PRIMITIFS, c’est-à-dire les masses rocheuses qui résultèrent du premier refroidissement de la matière incandescente du globe terrestre, lie peuvent, on le conçoit, recélcr aucune trace de productions organiques. — Les premiers êtres vivants, animaux ou végétaux, se sont manifestés (vendant • la formation des premiers terrains neptuniens. Ces terrains étaient composés des débris des terrains précédents, désagrégés à leur surface par divers agents physiques, puis entraînés par les eaux et stratifiés (disposés par couches au fond des bassins des lacs et de l’Océan). Ces premiers terrains de sédiment (désignés dans leur ensemble sous la dénomination de terrains de transition) ont etc, dès les premiers temps, en raison de leur peu d'épaisseur, brisés par l'action du retrait (qui résultait de leur refroidissement), ou par l’action des marées déterminées dans la masse incandescente souterraine, et envahis par des Ilots de lave ardente épanchée à travers de larges fissures béantes; aussi ces premiers terrains, remaniés par le feu, ont-ils vu s’éleiudre, au moins partiellement, et à diverses reprises, leurs imputations naissantes. Quelques empreintes d’Algues
PALÉONTOLOGIE TÉG ÉTALE.
et de petits amas charbonneux (débris accumulés de matières végétales altérées par le feu) ont été rencontrés dans l'étage inférieur ( teirains rrtmbrieiu) des terrains de transition (étage constitué par des schistes argileux, phyllades, grès, quartzites, jaspe, calcaires phylladifères et magnésiens). Mais les productions animales, dont les débris sont mieux conservés, indiquent, dès cette époque si reculée, un degré d'organisation très-élevé dans le type Rayonné et surtout dans le type Mollusque : on y a rencontré des Encrincs, des Orthoccras, genres dont les antiques espèces n'existent plus dans les mers actuelles, et même des Nautiles et des Térébralules, coquilles élégantes qui offrent encore aujourd'hui des représentants à l’état vivant.
L’étage second des terrains de transition (terrains siluriens) dont les matériaux se soûl dé|x»sés au fond des mers formées dans l'étendue des terrains précédents affaissés, renferment déjà de grands végétaux acolylés : des Calamites (Prèles gigantesques) et des Fougères arborescentes. Dans le règne animal, aux Polypiers et aux Mollusques (dès cette époque fort nombreux) viennent s’ajouter les premiers Articulés (Cruslacés-Trilobites), et les premiers Vertébrés (15 à 2 U espèces de Poissons). — Évidemment, la création, jeune encore relativement à notre époque, avait vu déjà s’accumuler de longues suites de siècles.
Dans l’étage troisième des terrains de transition ( terrains deooniens) déposés dans le bassin des mers, après l'affaissement des terrains siluriens, nous voyons s’ajouter aux végétations cryptogamiques de l'époque précédente plusieurs beaux genres de Fougères et de Lycopodiacées souvent arborescentes (Lyco/todiles et Lrpidodemlrum) ; puis, création toute nouvelle et d’une haute importance, des arbres gymnospermes ( Sigillaria et Stigmaria). Dans le règne animal : Zoophytes, Mollusques, Crustacés, Trilobites et Poissons présentent des genres de plus en plus nombreux (on connaît 7 fi genres de Poissons à cette époque, la plupart de formes bizarres qui ne sont plus représentées dans le monde actuel).
Les terrains de transition se continuent par la grande époque des terrains houillers ou carbonifères. Cette période est caractérisée par une puissante végétation arborescente dont les débris entassés sur le sol même des antiques forêts, ou entraînés par les eaux dans les vallées et les bas-fonds des lacs et des mers, constituent les dépôts de houille qui nous offrent aujourd'hui, et nous conservent pour de longues années, une source précieuse de combustible. La substance bitumineuse renfermée dans la houille n'est autre chose que la résine (modifiée par un long séjour dans le sol, et soumise peut-être, pendant un certain temps, à une température plus ou moins élevée) contenue dans le bois des arbres gymnospermes qui constituaient, en grande partir, les immenses forêts dont la surface émergée du globe était alors couverte. Ces arbres appartenaient aux familles des Conifères, des Cycadées ; aux Sigillaria , dont les nombreux représentants croissaient avec des espèces non moins nombreuses d’Équisétacées, de Fougères, de Lycopodiacées, la plupart également arborescentes. Certains végétaux de cette époque sont rapportés, avec doute, à l'embranchement des Monocolylés, dont le type aurait eu dès lors quelques représentants; quant au type Dicotylé, il est probable qu’il n'existait pas encore, puisque aucune trace n'en a été trouvée parmi les débris si nombreux des familles mentionnées, et qu'au-
GUVXlIt (DK st-fikkre). 63
PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE
cuit lerrain n'a clé plus fréquemment et mieux observé que le terrain bouiller, vu son importance au point de vue économique et industriel. Les productions animales persistent en partie seulement à l'époque carbonifère, dans les ordres des Radiaircs, des Mollusques cl des Poissons, et l’on y rencontre peu de productions nouvelles. Cette grande période carlmnifère représente, du reste, un laps de temps considérable pendant lequel de nombreux accideuts géologiques submergent et font émerger successivement les mêmes poinLs de la surface du globe. Certains bassins se trouvent comblés par des couches alternatives de sédiments terreux et d’amas de débris végétaux : tel bassin bouiller présente ainsi vent ù vent cinquante couches de houille séparées entre elles par des déjn'ils de terrains île transport variés.
A celte longue période carbonifère qui termine la série des terrains de transition, succède la série des terbains secondaires. Hâtons-nous de dire qu’aucun caractère général ne saurait être attribué aux groupes désignés par les noms • de terrains de transition, secondaires, tertiaires et quaternaires ; ces qualifications numériques ont seulement pour objet de désigner, selon leur subordination, les principales assises de l’écorce solide du globe. — L’étage inférieur des terrains secondaires est le terrain pénéen, dont le nom signifie appauvri ; appauvri en effet, au |ioint de vue végétal, relativement â la richesse de l’époque précédente. La plupart des grands arbres de la famille des Cycadées ont alors cessé d’exister; ou y trouve cependant encore quelques Conifères, quelques Astérophyllées, et quelques Fougères ; en revanche, les Palmiers y font leur première apparition. Les Poissons des époques précédentes sont encore nombreux, et les Reptiles (Sauriens) paraissent pour la première fois.
A la période pénéenne succède la période des terrains TRIAS1QUES, comprenant trois étages distincts : grès bigarré, calcaire eoquitlier, marnes irisées.
Ces formations durent être précédées de mouvements géologiques d'une grande intensité ; les nombreuses espèces de Poissons des é|ioques précédentes ont en effet disparu, soit par le brusque déplacement du bassin des mers, soit par l'élévation de la température des eaux produite par les épanchements de matières incandescentes au sein des eaux. — Le grès bigarré offre les débris d’un assez grand nombre d’espèces végétales (Equisétacées, Calamites, Fougères), mais ne présente plus la richesse de l'époque carbonifère. Les espèces animales sont représentées |>ar des Polypiers, des Mollusques, des Crustacés et des Poissons nouveaux, mais peu nombreux. Les Reptiles an contraire augmentent en nombre: aux Sauriens (Lézards) viennent s’ajouter des Chéloniens (Tortues) et des Batraciens (Grenouilles). I.es Oiseaux font leur première apparition (on retrouve l'empreinte des pas de plusieurs espèces). Enfin, paraît aussi le premier Mammifère (petite espèce de Ranguroo) (premier dans la série des découvertes, mais non sans doute le premier). — L'étage du calcaire coquillier (muschelkalk), qui vient ensuite, est d’une richesse prodigieuse en Mollusques et en Polypiers ; on y rencontre aussi des débris de Poissons et de Reptiles. Un fait extrêmement bizarre est l'absence de végétaux dans les terrains de muschelkalk : une grande partie des continents précédents avaient-ils été submergés à la fois, ou les débris de végétaux ne se sout-ils pas conservés ? Les coquilles les plus délicates de celte époque
PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE
nous sont cependant parvenues, et leurs débris forment des couches calcaires dont quelques-unes atteignent jusqu'à cent cinquante mètres d’épaisseur. On rencontre notamment dans ces terrains des Ammonites en grand nombre, puis des Poissons et un certain nombre de Reptiles-sauriens. — Au muschelkalk succède l'étage des marnes irisées, qui renferment des débris de végétaux : Équisétacécs (Calamites) et Fougères. Les Mollusques paraissent moins nombreux qu'à l’époque précédente : cette diminution apparente semble due à une moindre conservation. Enfin, on y trouve également des Poissons et des Reptiles.
A cette |>ériode triasique succède la grande période des terrains jurassiques, subdivisés eu trois étages principaux : lias, uolithe et étage wealdien.
L'étage du lias est fort riche en productions végétales et eu productions animales. Le monde végétal comprenait 50 genres d’Algues environ, des Champignons, des Lichens, 170 genres de Fougères, des Marsiliacées, Lycopodiacées, Équisétacées, 8 genres de Cycadécs, des genres nombreux de Conifères (les Mouocotylécs et les Dicotylées angiospermes ne paraissent pas encore). Le monde animal est aussi fort nombreux. Il est représenté par une multitude de Zoophylcs et de Mollusques (Ilélemnites, Ammonites, Nautiles, Gryphées, etc.); 20 espèces de Poissons, et surtout de grands Reptiles-sauriens, voraces et destructeurs, à formes fantastiques, cl qu’on semble avoir eus en vue (av anl de les avoir retrouvés) dans l'invention des dragons légendaires : les Ichlhyosaures, les Plésiosaures, les Ptérodactyles, tels étaient les tyrans et les dominateurs de ce monde reculé.
Vient ensuite V étage oùlithique , dont les productions végétales et animales soûl analogues à celles de l'étage précédent (Algues, Fougères, Marsiliacées, Équisétacées, Lycopodiacées, 12 genres de Cycadécs, puis quelques Monocotylées douteuses; et comme population animale: Encrinitcs, Annélidcs, 50U Mollusques, Crustacés, Insectes, Poissons, Reptiles, quelques Oiseaux, et un Mammifère [lîaugurou] bien constaté). — Et enfin l 'étage wealdien, dont la végétation semble s'élre appauvrie, mais dont la population animale est fort riche en Polypiers, Mollusques, grands Reptiles-sauriens (Mégalosaurcs et Ptérodactyles), et des oiseaux aquatiques de l’ordre des Échassiers. Tout ce monde animal, ou le voit, est une population de marécages; les continents de cette époque étaient donc à peine émergés.
Nous voici arrivés à la période crétacée, qui commence par l 'étage du gris vert, auquel succède l’important étage de la craie, où nous rencontrons pour la première fois des végétaux de l'embranchement des llicotglés. Ces terrains nous offrent des Algues, des Fougères, 2 genres de Palmiers, U genres de Cycadécs, 2 genres de Cupressinées, 6 genres d’Abiétinées; mais surtout des représenlants arborescents de cinq familles dicotylées : Myricées, Bétulacées, Salicinées, Acérinées et Juglandécs. La population animale se compose de nombreux Mollusques, de Poissons (Squale, Diodon, Murène), de Reptiles (Tortues, Alosasaurc. Crocodile), et de quelques Oiseaux. Les Mammifères étaient encore, sans doute, fort rares (malgré les quelques Marsupiaux des terrains précédents), car la craie n’eu a encore présenté aucune trace.
Vient ensuite la série des terrains tertiaires, qui voit se développer un nombre considérable de végétaux phanérogames mono ■ et dicolylés, eu même
PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE
temps qu'apparaissent les Mammifères dont la production est couronnée par la forme humaine. — La période tertiaire comprend trois grandes épiques désignées par le savant géologue M. Ljell, sons les dénominations de terrains éocènc, miorrne et pliocène. Vêlage inférieur ( formation éucène, appelé aussi terrain paléothérien et éloge parisien inférieur, couches alternatives d'argiles, de sables, de calcaires, etc.) est incomparablement plus riche que les précédents en productions végétales (lig. llâSà 1166) et animales. Les familles végétales représentées sont les suivantes : Algues, 9ü genres; Hépatiques, 2; Mousses, 1; Characécs, Éqnisélacécs ; Fougères, U. Monocolylécs : Naïadées, 3 genres; l’otamées, 2; Nipacées, Palmiers. Dicotylées -Gymnospermes ; Gnétacécs, I genre; Taxinées, 2; Abiélinées, 3 ; Cupressinées, 3. Dicotvlées-Angiospermes : Cupulifères, Jughmdécs, liétulacées, Ubnacées, l’rotéacées, Sapindacées, Trapu, Légumineuses, Cucurbitacécs, Malt accès, Éricinées. Le règne animal est représenté par un nombre considérable de coquilles marines (trèsabondantes dans le calcaire grossier des environs de Paris) et par des coquilles d’eau douce. On y rencontre des Reptiles (Tortues), mais surtout un grand nombre de Mammifères : Écureuil, Civette, Loutre, Lophiodon, l’alreothcrium et Anoplollierium.
Vêlage moyen des terrains tertiaires est la formation miocène; ils se composent surtout de grès analogues h ceux de Fontainebleau (molasse, et mieux moins, de moles ?, m sse). La végétation de cette période est plus riche encore que celle de la précédente ; elle présente, de plus, les familles suivantes : Dans les Jlonorotyléos : des Graminées et des Liliacées; et dans les Dicotylées ; îlyricées, Mutées, Platanies, Salicinées, Laurinées, Calycantltées, Combrélacées, Anacardiéos, Xanlhophyllées, Hltamnées, Acérinées, Nymphéacées, Haloragées, Ombcllifères, Ruhincécs. Le règne animal offre également de nombreux représentants : des Mollusques, des Poissons, des Reptiles, et surtout des genres importants et nombreux de Mammifères, les uns complètement éteints, les autres offrant, dans notre monde actuel, des représentants : des espèces du genre Sanglier et du genre T'elis (Chat), cl de grandes espèces de Pachydermes : Mastodonte, Palæotherium, Dinothérium, Hippopotame et Rhinocéros, et enfin un genre de Singe (Pitbecus Orang-outan), l'un des pins voisins de l'Homme.
Vêlage supérieur des terrains tertiaires est la formation pliocène (terrain parisien supérieur, ten-ain snb-apennin, <rag), qui se compose de sables quart zeux et d'argile. La végétation de cette |>ériode continue les deux précédentes; elle présente, de plus, des genres appartenant aux familles végétales suivantes : Cypéracées, Batsamiduées, Thymélées, Sanlalacées, Cornées, Myrtacé es, Calycantltées, Pomacécs, Rosacées, Amygdalées, Célastrinées, Tiliacées, Magnoliacécs, Capparidées, Sapolées, Stvracées, Oléacées, llicinées. Dans le règne animal, les Éléphants, les Mastodontes, les Hippo|totatncs, continuent les grandes populations de Mammifères herbivores. Et des inductions solidement fondées peuvent faire penser que Y Homme a été contemporain de cette formation. — Le relief des continents était alors à peu près ce qu'il est aujourd'hui.
A la période tertiaire succède la PEItloitE quaternaire, la dernière, beaucoup moins importante que les précédentes, cl qui se compose de la formation post-
PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE
Cette planche représente un certain nombre «le feuilles fossiles Je plantes ou plutôt d'cvupmnfej de feuille*, dont lu pliip.tit sont excessivement abondant»-* dan» hoc courbe orgilo-exleaire l«-uillclé«', de consistance friable, appartenant à la formation iVeènr ( inferieure) du terraiu tertiaire Je» environ* «b- Paria. J’ai représenté dan* ce desMii le ««ile (vue de» bords «le la Seine et «b* Paris) «loue lequel ont été recueilli» ce» intéressant» témoins d’une période géologique jMinbuit la«|iielle la végétation . | n « occupait la place de notre végétation aetm-lle Je» environ* de l'an» était a peu niv» celle «le» contrée» chaude* Je l'Auslrolio (Palmiers, l'roteacee*, My rincée», Miuiu- •ée», et**.). I»e grand» lacs «l'i-uu puiuuAtre paraissent avoir occupe, a cette èpiM]iie recul» lu sulfure, plus lard exhaussée, sur un point de laquelle nwe ;iuj«.urd hui Pari». — Le liru dans lequel j'ai recueilli «ainsi que beaucoup île géologue* parisiens) res fossile», qui enrichissent aujourd'hui le» colin tioua «lu Muséum, «le F Feule «les uiitie*, et divers»* collection* particulière*, est la butte «lile «lu Trocndéro, qui s'élève sur la rive droite «le la Seine, en face du l.buuip de Mar». J'ai dessiné le site pendant l'exécution de» grand* travaux de terrassements qui ont transformé lunri.n et pittorvsijue plateau ou s devait jadis le couvent des Minime» (les lloiis-lhimme.-.) et «tu herborisaient Cornuti et (plus tard . Tournelort, et en ont fuit la place monumentale actuelle.
Je ne prof oserais qu'avec doute me* déterminations spécifique», si je n«- m'appuyai* »ur ropinion «l'un de no» plus savmt» paléontologue», M. le rorute «le Suporta («jui prépare un travail sur ce» fossile*). Le* «lét«*rminatnuis de M, *!«• Suporta, pour plusieurs de ce# objet», m’ont été communiquée* pur iu«ui savant confrère M . h'I, ltiin .ni, et (puur le geure Ùtlehn) par M. J. Poisson, ces messieurs ayaul assisté M. de Saporta dau* ses reclicrelo'4.
l-es ligures partielle* n'ayant pas été numérotées pour ne pa» gâter l’aspect de lu gravure, je les énumère •le gauche a «Imite) en le* indiquant par une courte désignation.
Figures partielles 1158 à 1164.
Fie. 1158 [(extrémité gauche du groupe). — Fruit (ce fruit, étudié vnr plusieurs empreinte», est «Je forme «ihovnidc, a sommet trompié-mueroné) d’une MoDootvIéilone du genre • fossile) Kijmdiles, voisin du genre vivant Nipa, fniuilb* de* piunlanécs. La seule p»p«*re vivante ronnne (A ’ipa rndicam) est une planta fruteaceute raïui-uote de Java et «le» Molinpies. (Pétcriinné par M. de Saporta.)
Fig. 1159 (parti» supérieure du groupe). — Peux feuilles (reotirirrrées ou curviocrvées'l appartenant à «ne espec«* du -•«•lire Ollelin (délerminalion par M. «le Saporta), fam. «le» Aliuo«'éet ou de* lly «Irochai niée». Plusieurs Otlelia ont été transportés dan* le genre P'imiiiimmin (Schn b.). Parmi b* espece* vivante*. on peut citer : O. nvalifutia Australie', O. indien («le l’Inde orientale), O. lawifolia (d«d* Amérique australe), etc. Fiir. 11G0 (partie inférieure ganclic du groure). — Feuilles (ellipliques-laneeolées) de Mrrtacées appartenant a «b * especes du genre Meiromdcrut ', Mrhtlevea ?, nn a de» cenre» voisins.
Fie. 1101 au centre du groupe, partie de feuille pétinléo). — Feuille •!«• I.anruu-r ?, «le pipéracéc?.
Fie lltîi /partie rentrai)' du groupe et à droite, partie de feuilb- luiiguainent elliptique «'t eourltée-falriforne (en fer de faux]) — ? Feuille d’Kvealffpiui I Mrrtaeéc*), arbres J«- l’Australie.
Fie. 11R3 (mui* la feuille précédente, partie «i une feuille ncimim i vc pétiolée,. — Feuille de Chàtaiguier?. K«c- 1104 fn droite « t «u bas du groupe, partie de feuille laruiiée). — Feuille de Protéaei-e?.
Parmi les autre* espèces végétales ilont le* débris *e rencontrent dan* le même terrain, je mentionnerai une d«'s plus iutèressaiilr» qui m’a été communiquée par M. Iltireau, depuis l'exécution de la gravure ci -dessus), (de# ramusculc» d’une] t .uni fère (Cnpresai née), genre ('ali il rit (voisin «!«-•» genres Thuiael Ciijiiviim , «loot le* especes aujourd'hui vivantes appartiennent a l'Australie. Ce» minuscule* (équuétifonues) tout articuleui, hnemeat striés, à feuilles très-petites, squatuilorme», disposées en verticilk».
998 PALEONTOLOGIE VÉGÉTALE.
plinci-ne [é/xique alluviale, divisée on diluvium ancien, éjiaque glaciaire, et diluvium récent). Olte époque est caractérisée par lo rrcnsomont dos grandes vallées d’érosion paraissant résulter do l’action d'énormes courants d’eau qui auraient enlevé sur certains points non-seulement les couches meubles, comme les sables déposés pendant les époques précédentes, mais dos lianes do rochers des anciennes formations, jusqu'à de grandes profondeurs et dans des étendues très-considérables. I.es débris de ces plateaux, si profondément et si largement érodés et sillonnés, ont comblé de profondes vallées, et ont recouvert les plaines de couches alluviales : sables et cailloux roulés et autres dépôts de nature variée, (l’est dans ces dépôts que se sont rencontrés, pour la première fois, des vestiges authentiques de l'Homme, et (ce qui revient au mémo) des traces évidentes et incontestables de l’industrie humaine (ustensiles ou armes de pierres dures taillées et même gravées). Ces couches alluviales renferment de nombreux fragments souvent roulés de liges de végétaux dicotylés pétrifiés (substitution moléculaire de substance pierreuse à la sulistance ligneuse); mais des sables souvent superficiels ne pouvaient conserver, on le conçoit, les parties délicates des plantes.
Ces dépits renferment les ossements de nombreux Mammifères contemporains des premières familles humaines ; Cerfs gigantesques, Megalonyx, Mégathérium, Rhinocéros, Éléphants et Mastodontes. De ce dernier genre quelques individus ont été retrouvés intacts, ensevelis dans des blocs de glace des contrées boréales, aussi bien conservés que s'ils eussent été tués brusquement par le froid et saisis dans l'eau glacée la veille de leur découverte.
Ces cavernes à ossements où l’on trouve pêle-mêle, dans des couches terreuses, des ossements de Carnassiers et les os rongés des Herbivores qu’ils avaient dévorés, riaient aussi du diluvium. — C’est pendant cette même époque que se manifesta le brusque refroidissement atmosphérique qui couvrit de glaciers une grande partie de l’Asie et de l’Europe, période désignée sous le nom d'époque glaciaire, et dont la cause est encore un problème. Il est impossible, même approximativement, d’en calculer la durée. On sait aujourd'hui que le transport des blocs erratiques,, semés en quelque sorte par traînées, selon certaines directions, et qui ont souvent franchi des distances considérables, datent de cette même époque, et sont des débris du sommet des montagnes qui dominaient ces vastes glaciers ; ces blocs détachés ayant glissé à la surface des glaciers et ayant été entraînés ensuite par les torrents nés des glaciers; ou bien, se trouvant enveloppés dans d’immenses glaçons, ils ont pu flotter dans les mers glaciaire, puis, entraînés par les courants, aller se déposer au loin, sur le point où avait lieu la fonte du glaçon. Ces blocs erratiques nous semblent trèsnaturellement expliquer les pierres dites druidiques, blocs granitiques souvent énormes, déposés à de grandes distances des masses rocheuses de même nature auxquelles ils ont été arrachés, et qu'aucune force humaine n’aurait pu déplacer. Ces blocs ont été transportés flottants, enchâssés dans des blocs de glace, sur les eaux, avec les débris des glaciers, et c’est après une longue suite de siècles qu’ils ont été, sur place, mis en œuvre et consacrés par les sectateurs et les prêtres du culte druidique. — Voy. Ages du monde végétal, et Genèse ou Naissance iiu monde végétal.
PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE
Nous donnons ici le tableau de la classification générale des terrains stratifiés, dressé par M. W. Pli. Schimper, dans son beau Traité de paléontologie végétale (1), en abrégeant quelques détails et en énumérant les diverses couches (ou étages de terrains) de l’inférieure ou première à la supérieure ou dernière. Ce tableau présente exactement l’état des connaissances géologiques et la nomenclature actuellement adoptée.
I. TERRAIN PRIMAIRE (Terrais dit anûrganique ou azoïque, Terrais cristallopbyllien ou métamorphique primordial; Urgneiss-For motion ou Grundgebirgc des Allemands, Bottom-rocks dos Anglais, Laurcn tian-rocks des Américains) (2).
« Il est aussi diflicilc, dit M . Schimper, d'établir la démarcation qui sépare la croûte terrestre primitive et les couches sédimentaires formées à ses dépens, que de trouver la limite qui existe entre celles-ci et les dépôts contemporains où apparaissent les premiers corps organiques... Les roches sédimentaires primaires o firent une grande homogénéité de composition chimique et des passages insensibles d'une structure à l'autre... L'immense majorité des roches primitives est composée de silicates, les dépôts calcaires y sont rares...; au contraire, dans les formations de transition, secondaires et tertiaires, le carbonate de chaux et la silice, sous forme de quarlziteou degrés, jouent le rôle principal... Les rentra Organiques y ont disparu à la suite du métamorphisme ( changement de texturo ou de forme sous l’influence des hautes températures produites dans ces terrains par le voisinage de matières incandescentes épanchées à l’état de lave). — L ’Eozoon canadense (calcaire serpentineux à structure spongieuse, trouvé dans le terrain primaire au Canada, en Bavière, etc. ) est regardé par de savants géologues comme à' origine organique , on y a reconnu un réseau du tubes anastomosés... Il serait peut-être permis d’envisager VEozoan comme le premier commencement d ’e la vie organique , le protoplasma primordial, le sarcode élémentaire, une première ébauche de Rhizopodaires, avant que ces êtres fussent arrivés à une individualisation suffisante pour produire des constructions régulières comme celles des Polythalamiens, des Polycyslinées, des Diatomées, etc. UOtdhamia% qui recouvre de grandes surfaces dans les couches cambriennes et longtemps considérées comme azoïques, pourrait bien être un des premiers descendants de YEozoon ! » (W. Ph. Schimper, loc.cit.)
II. TERRAIN DE TRANSITION (Werner) (Systèmes cambro-silurien, devonjen, bouiller et fermier). — Passage des terrains cristallins aux terrains franchement sédimentaires.
Système cambrien. — France : Schiste? satinés de la Bretagne, schistes argileux et cristallins dans les Vosges. — Bohême ï Schistes avec Trilobites. — Suède et Norvège : Schiste alunifère avec Trilobites. — Angleterre : Schistes à Oldhamiu% ardoises du pays de Galles.
S. silurien inférieur. — France : Ardoises d’Angers, grès avec Graptolites, Trilobites ( Cheirurtu , Calymene , lllaenus). — Bohème : Schistes micacés avec Trilobites, Graptolites et Cystidées {Amphiony Amphus, Dalmania, Trinuc/eus , etc.). — Amérique : Schistes, calcaires à Fucoïdes ( Butholepis antigua ta, etc.), — Angleterre : Schistes, grès, calcaires, ardoises, etc.
S. silurien supérieur. — ! France — ? Allemagne — Bohème : Schistes supérieurs à Phacops feeundus et à Tentant lit es Clavulus; calcaire moyen à Dalmania llaussmanni , Bronteus lirongniarti, et autres Trilobites ; calcaire inférieur à Staurocrphalus, Acidaspis,
(1) Tome Ier (Paris, 1869). Grand in-8°, avec 100 planches in-folio.
(2) On voit, dès l’abord, par cette synonymie, que la géologie attend encore son Linné (au point de vue d’une nomenclature régulière et uniforme). Cette régularité serait acquise le jour où la science géologique (ou paléontologique) voudrait bien consentir (comme la science botanique) à parler une seule et meme tangue , la langue latine , dans tous les pays du monde (au moins pour les noms de groupes et d’espèces, et pour les diagnoses). 11 suffirait pour cela de la traduction des mois choisis dans la nomenclature actuelle (les noms de genres et d’espèces étant régularisés selon des lois analogues à celles de la nomenclature linnéenne) et de l’adoption unanime de cette traduction latine par les géologues de toutes les nations. On a déjà pris à la langue latine le mot diluvium ; que les mots qui manqueraient à la langue latine soient fabriqués dans le génie de la langue latine. — Tous les anciens synonymes seraient exclus, mais rappelés pour mémoire, afin que les ouvrages publiés continuent à être intelligibles.
PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE
Cheintnu, etc. — Amérique du Nord : Calcaire à Pentamères, groupe salifére d'Onondaga, etc. — Angleterre : Schistes et calcaires.
S. DEVONIEN (ou vieux Grès bouce) inférieu*. — ? France — Angleterre : Traces de Fucoïdes. — Allemagne : Schistes avec Fucoïdes.
S. DEVONIEN MOYEN. — France : Schistes à Calcéolcs (Normandie). — Angleterre : Traces de Conifères (?), de Lycopodiacées et de Fougères. — Allemagne : Terrains avec Thalassophytes.
S. devûnien supérieur. — France : Nombreux Mollusques et Rayonnés, mais pas de végétaux. — Angleterre : Poissons ganoïdcs cuirassés et placoidcs; premier Reptile ( Trier pedon Elyinen se) ; schistes h Goniatites et Clyinénies. Plantes : Sphœnopteris, Cyclostigma , Knorria. — Allemagne : Plantes : Asterojihyllum coronaturn , Cyclopteris elegans, Sphtenopteris dévonien, Aporoxylon, etc. (restes végétaux mal conservés).
S. carbonifère INFÉRIEUR. — France et Belgique : Calcaire carbonifère, grès métamorphiques, avec Sligmaria, Sngotiarin , Calamite* transitionis, Cyclopteris. — Irlande : Terrain houiller. — Allemagne : Schistes argileux, avec Calamites, Cyclopteris, etc. — Russie, de la mer Blanche à Moscou : Système houiller.
S. carbonifère MOYEN. — France : Grès houiller. — Angleterre : Grès à meules. — Allemagne : FlÔtzleerer-Sandstein .
S. cab rom fer E SUPÉRIEUR. — France : Terrain houiller supérieur, grès, conglomérats, schistes argileux et houille en couches plus ou moins nombreuses. Dépôts de la riche végitalion houillère (Fougères, Équisélacées, Cycadécs, etc.) et de coquilles bivalves d’eau douce. — Allemagne : Même composition. — Angleterre et Amérique du Nord. — Faiblement représenté en Russie.
S. permien (ou Dyas : deux terrains) inférieur. — Russie : Marnes avec végétation : Calamites gigas. — Allemagne : Grès avec Calamites gigas , Walchin piniformis, Calti pteris cou fer ta , Pterophyllum CotUrnnn'n, Xœggcraihia pohnœformis, Psaronius, espèces diverses, etc. — Angleterre : Formations analogues. — France : Rois de Conifères et tiges de Fougères ( Psaronites silicifiés); schistes d’Autun avec Walchia piniformis, Callipteris confertn. Poissons.
S. permien moyen. — Russie : Grès cuivreux avec Vllmannia. — Allemagne : Mômes terrains avec Vllmannia et Fougères. — Angleterre : Schistes marneux et sables.
S. permien supérieur. — Allemagne : Dolomie avec Vllmannia , grès rouge avec bois de Conifères, gypse, etc. — Russie : Marnes, gypse, calcaire.
III. TERRAIN SECONDAIRE (Formations mésozoïques ou mésolithiques). — Ce terrain se compose de trois systèmes : Système tria signe, S. jurass ique, S. crétacé. Les limites de ces trois systèmes sont quelquefois confondues de manière à eu rendre difficile la détermination.
Système triasique (ou Trias) [M. Fr. d’Albcrti, 183.1] inférieur. Grès bigarré). — Couche inférieure : Grès bigarré proprement dit avec Anomoptcris, Calamites, Schisoneura, Voltzia, Albet'lia. — Couche supérieure : Argile schisteuse bigarrée avec gypse et sel gemme, avec ( ’A irotheriu m ,
S. triasique moyen (Calcaire conchylien ou Muschelealk). — Couche dite Wellenkatk : Calcaire ondulé, dalles dolomitiques caverneuses, gypse, argile salifére. — Couche dite anhydrique : Encrinus litiiformis , Lima striata , etc. — Couche conchylienne (Misschelkalk proprement dit) : Calcaire à Kncrinites, Nautiles, Cératites.
S. triasique supérieur (Marnes irisées oii Keuper). — Étage inférieur (Lettenkohle). 1° Couche inférieure : Marnes irisées de l’est de la France, dépôts de houille avec Equisetum colttmnare . 2Ü Couche supérieure : Calcaires et marnes dolomitiques, en Allemagne, avec Unguia tenuissima et Bstheria minuta. — Etage dit de Baibl ( ftaibler-Schichten) : Marnes dolomitiques et calcaire magnésien, couches à Cardita crenata cl Myophoria Haibliann. — Étage moyen {marnes irisées proprement dites) : Schistes à Bissoa alpina , grès à Calamites de Wurtemberg, grès avec Equisetum columnarc , Tœniopteris marantacea , Pterophyllum Jtrgeri. — Etaye supérieur. 4“ Couche inferieure : Couches à Avicula conforta, Gervillia inflatn , avec Poissons et Sauriens. 2“ Couche supérieure : Calcaire avec l.ithodentiron ctavatum (Zoophytc), et il fegatodon triqueter.
S. jurassique (ou oolithique) inférieur (ou Groupe liasique, ou Lias). — Étage inférieur. France : Calcaire à Gryphées (<». arenata), grès à Cardinia eoncinna, et avec débris de végétaux (Mantellia, Zamites, Brachyphyllum , etc.). — Allemagne : Calcaires avec
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plante!. Insectes, Poissons (à la base de ces couches se trouvent çà et là en Angleterre et en Allemagne des couches à végétaux, et à charbon quelquefois exploitable) . — Étaye moyen. France: Marnes et calcaires à Béiemnites, Ammonites, Pentacrinites,Térébratules, Gryphées.
— Angleterre : Terrains analogues. — Etage supérieur . France : Ammonites jurensis . — Allemagne : Diverses Ammonites, Posidonia Bronnii.
S. jurassique moyen (ou grande Oolitbe). — Calcaire renfermant en Angleterre beaucoup de végétaux. — En France, oolithe de Caen. etc. — Oxfordien. France : Couches à Ammonites, argiles de Divcs, etc. — Corallien. France : Calcaire à Diccras , à Normées.
— Supérieur (Portlandien,. France : Calcaire virgulien, à Nérinées, argile de Honfleur, 7 omîtes Feneonis. — Angleterre : Couche à Ostren deltoidea.
S. jurassique supérieur (ou wealdien). — France : Dans le Jura suisse, Chara Jac cardi. — Allemagne : Formation d’eau douce (de la Westphalie au Harz); nombreuses coquilles d'eau douce ; nombreuses couches houillères renfermant : Prèles, Fougères, Cycadées (■ Sphenopteris , Pterophyl/um, un Palmier?) ( Temtkya Sch imper i ). Terrains à Serpules. — Angleterre : Formation d’eau douce avec Vnio% C'y c/as, Cyrene , Cypris ; nombreux Insectes, Poissons, Iguanodon. Végétaux : Fougères, Gycadées; Reptiles terrestres gigantesques, nombreux Didelphes (Mammifères marsupiaux).
S. crétacé (Kreide formation des Allemands, Crctaceous Group' des Anglais). — Étage inférieur. En France et en Angleterre (Néocomien) : Radio/itcs neocomiensis, Taxas ter Cumpichei. — Allemagne formation de Hils, HUsthon) : Sables et argiles d’Aix-la-Chapelle très-riches en débris végétaux dicotylés-angiospermes. — Étage moyen. Eu Angleterre et en France (grès vert) : Argile à Plicatula placunea, marne bleue, gros vert, etc. — Étage supérieur. En France : Craie à Hippurites, craie blanche, couches pisolithiques. — Allemagne : Marne crayeuse, craie avec ou sans rognons de silex, etc.
IV. TERRAIN TERTIAIRE (Supercretaceou s Group , Tertiary Rocks des Anglais, Mollassengebirge des Allemands).
Système tertiaire éocéne (Groupe tertiaire inférieur). — Formation nummulitique (contenant des coquilles de Foraminifères), composant d’immenses massifs de montagnes: (Espagne, Pyrénées, Alpes et Apennins, Turquie, Grèce, Asie Mineure, Caucase, Liban, Himalaya, Altaï (où elle forme autour des grands massifs, d’origine plus ancienne, des crêtes gigantesques s'élevant à plusieurs milliers de mètres). Argiles de Londres. Argiles avec lignites de Meudon, dépôts lacustres d’Êpcrnay. Argile plastique de Soissons avec lignites. Calcaire grossier et gypse de Grignon. Parisien inférieur, gypse de Montmartre. Parisien supérieur.
S. tertiaire miocène (Groupe tertiaire moyen). — Couches nummuliliques supérieures (de la Dent-du-midi); molasse d'eau douce. Lignites de Carinlhie. Sables à ossements d’Allemagne. Lignites du Dauphiné, dépôts d’eau douce du bassin de Paris, grès de Fontainebleau.
— Angleterre: Couches de lignites très-riches en empreintes végétales.
S. tertiaire pliocène (Groupe tertiaire supérieur). — France : Tuf volcanique du Puy en Velay. Sables jaune3 de Perpignau. Molasse d’eau douce supérieure de la Suisse et du Jura. Grès de Mayence à empreintes de feuilles. Sables marins d’Asti avec fossiles, de Rome, etc., dépôts subapennins. Marnes bleues de Nice.
V. TERRAIN QUATERNAIRE (Newer Pliocène ou Plêistoccne des Anglais ; Quartœr - Gebilde des Allemands).
Quaternaire, Période diluvienne ( Crag de Norwich). — Dépôt diluvien ancien (gravier alpin de la vallée du Rhin), premier remplissage des grottes à ossements. ? Premières traces de l’Homme dans les cavernes de la Belgique. Formation des brèches osseuses. Lignites quaternaires d’Uznach en Suisse, de Biarritz. Époque des grands Pachydermes en Europe, des grands Édentés de l’Amérique du Sud, des Marsupiaux gigantesques de l’Australie.
Quaternaire, Période glaciaire. — Roches polies et striées, moraines anciennes, blocs erratiques. Existence en France du Renne, du Mammouth, du Bison, du Bœuf musqué, de l’Ours des cavernes, de l’Homme avec ses ustensiles de buis de Renne et de silex. Second remplissage des grottes à ossements.
Quaternaire, Période diluvienne récente (IFrift des géologues anglais et américains).
— Dépôts de sables cl de cailloux avec coquilles marines provenant de la submersion par la mer (après l’époque glaciaire) d’une grande partie de l'Amérique du Nord, des îles Britanniques, de la Scandinavie, etc.
PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE
Énumération méthodique des genres de végétaux cryptogames fou plantes acotylédonécs) dont une ou plusieurs espèces ont été trouvées à l’état fossile dans les terrains des diverses époques paléontologiques. D’après M. W. Ph. Schimpkr, Pn Iront. végrt tome Ier, Flore cryptogamique du monde primitif , première partie (jusqu'aux Lycopodiacées). Noos suivons l’ordre adopté par l’auteur.