PAPILIONACÉES
Cucurbitacées ; enfin il est devenu type de famille (Papayacécs). Cet arbre et plusieurs autres appartenant au même genre croissent au Brésil, aux Antilles et dans l'Inde. Le Papayer est un arbre dioïque. Son fruit est de la grosseur
Pic. 1181. — Papayer (Carica Papaya), arbre, fleurs et fruit.
d'un melon; la pulpe en est succulente, d'une saveur douceâtre. Ce fruit est surtout recueilli avant sa maturité pour le confire au sucre ou au vinaigre. Les feuilles sont amples et lobées ; les fleurs milles en longues grappes pendantes, odorantes, longuement tubuleuses, à 5 lobes; les fleurs femelles sont sub-dialypétales; l'ovaire est â 5 styles. I.e suc des feuilles est employé comme vermifuge.
PAPILIOXACKES. Famille de plantes dicotylées dialypétales, à ovaire libre, appartenant b la classe des Léguminosées (fig. 1182 à 1103). La famille des Papilionacées est une des plus importantes du règne végétal ; les nombreuses espèces de cette famille sont répandues avec profusion dans toutes les contrées du globe : dans les régions inlcrtropicalcs, dans les pays tempérés, et jusque sous les latitudes glaciales ou sur les pentes neigeuses des hautes montagnes. Le nombre des genres de cette grande famille s'élève environ à MPI ; un certaiu nombre des plus remarquables, mais comprenant surtout des plantes herbacées, appartiennent à la flore d'Europe. Les Papilionacées présentent les dimensions les plus estrèmes, les aspects les plus divers : délicates plantes annuelles, riches touffes vivaces chargées de fleurs, plantes herbacées grinqtantes, lianes enrhe-
PAP1MONACÊES.
vètrées et luxuriantes, grands arbres décorant de leurs fleurs parfumées les forêts vierges des contrées tropicales, elles réunissent tous les genres de beauté. Mais la beauté n’est pas leur seul privilège. Comme plantes alimentaires (graines farineuses nutritives), leur utilité approche de celle des Graminées; citons : le Haricot, le Petit-Pois, la Fève, la Lentille. Comme fourrages, elles sont aussi presque l’équivalent des Graminées; il suffit de citer : les Trèfles, la Luzerne, le Sainfoin, le Mélilot, le Galéga, les Vesccs (Ficifl), les Lupins. Elles fournissent des substances tinctoriales : l'indigo, le bois-de-Brésil, le bois-de- Campêche ; des substances oléagineuses : la graine de VArachù hypogirn ; et
Fie. 1182. — Sommité florifère d'une Papilionacée (le Coronilla Emet us).
de nombreuses substances médicamenteuses : la réglisse, la gomme-adragant, le sang-dragon, la résine de copahu, les baumes-du-Pérou et de Tolu, etc., etc. — Quant aux plantes décoratives fournies par la famille des Papitiouacées, cultivées dans nos parcs, nos jardins ou nos serres, leur nombre est en quelque sorte illimité. Citons, parmi les plantes exotiques arborescentes, rustiques dans nos climats : le Faux-Ébénier, l’Arbre-de-Judée, l’Acacia ; parmi les arbustes indigènes ou exotiques : les Bagucnaudiers, le Genêt-d’Espagnc, la Glycine, divers Gerâsta et Coronilla; parmi les espèces herbacées : le Pois-de-senteur, le Pois-vivace, VApios luberom, le Sainfoin d'Espagne, plusieurs Lupins, etc. ; et, parmi les espèces cultivées en plein air dans le Midi, mais qui, dans le Nord, demandent l’orangerie en hiver : les Kennedya , Cassia, Poinciana, Erythrina, Clitoria , etc., etc. ; enfin le Caroubier, grand et bel arbre de la région méditerranéenne.
Ajoutons ici le nom botanique des plantes usuelles ou ornementales citées
PAPILIONACÊFS.
dans le paragraphe précédent : Haricot, Phaseolus vulgaris; Petit-Pois, Pisiim salivant ; Fève, Fnba vulgaris; Lentille, Ervum Lens; Trèfles, Trifolium pratense, repens, incarnat um, arvense, etc.; Luzerne, Medicago saliva; Sainfoin, Onobrychis saliva; Méliiol, Melilotus officinalis; Galéga, Galega ofpcinalis; Vesce, Vicia saliva; Indigo, Indigo fera tincloria, et autres; Boisde-Brésil, Cœsalpinia echinata; Bois-de-Campéche, Ihematoxylon campechianum ; Arachide, Avachis hypogœa ; Réglisse, Glycyrrhiza glabra; Gomme* adragant, Astragnlus Tragacanlha; Sang-dragon, Plcrocarpus Draco: Gopahu, Copaifera officinalis ; Baumicr-du-Pérou et de Tolu, Myrospermum toluiferum ; F’aux-Ébénier, Cylisus Laburnum; Arbrc-de-Judée, Cercis Siliguastrum; Acacia commun, tlobinia Pscudacncia ; Bagucnaudicrs, Colutea arborescent cl C. crucnta; Genèt-d’Espagne, Sparlium junceum; Glycine, Glycine frutescens et G. sinensis; Genista, nombreuses espèces; CoroniUa Emerus, glauca, juncea, etc.; Pois-dc-senteur, Lathyrus udoratus; Pois-vivace, I.uthyrus latifolius ; Apios, A pi os tuberosa ; Sainfoin -d’Espagne, Iledysarum coronarium; Lupins, Lapinas albus, varias, malabilis, poly/dtyllus, etc.; Kennedya, K. ouata, et nombreuses espèces; Cassia, C. floribunda, tomentosa, corymbosa, grandi (lova , etc.; Poinciana, P. Giliesii; Erythrina , E. Crista-galli, etc.
Fie. 1183. — Fleur d'une Papilionacée normale du genre Trifolium (Trèfle).
Fie. 1184. — Fleur d'une Papilionacée à corolle réduile (genre Amorpha).
Fie. 1185. — Ovaire d’une Papilionacée et sa coupe transversale grossie (genre Lathyrus).
Fig. 1186. — Calice et androcée (verticille staminal) d'une Papilionacée (genre Lathyrus).
La famille des Papilionacées (dégagée des groupes secondaires qui peuvent être traités comme familles indépendantes) présente les caractères généraux suivants : Plantes herbacées, annuelles ou vivaces; arbrisseaux ou grands arbres; souvent plantes volubiles ou sarmenteuscs. Feuilles alternes composées paripennées, imparipennées, digitées, trifoliolées ou unifoüolées; rachis souvent pro-
lOlfi
PAPir.ioN*r.ÊES.
longé en vrille dans les feuilles impari peu nées; stipules persistantes ou caduques, quelquefois transformées en épines, libres ou soudées entre elles ou avec le rachis, rarement milles. Fleurs (fig. 1182, 1183) disposées eu grappes, en
Fie. .1187. — Diagramme Fig. 1188. — Diagramme Fig. 1189. — Diagramme d’une fleur de Papiliona- d’une fleur de Papilionacée d'une fleur de Papilionacée
cée (genre U/ex, ) (genre Tetrngonnhbus. (genre Co/ntea).
têtes, en ombelles simples, en paniculos, rarement solitaires, hermaphrodites, irrégulières, de forme papilionacée, Calice libre, tubuleux, subrégulier ou irré-
Fig. 1190. — Coupe longitudinale (grossie) de la fleur d’une Papilionacée (genre
Coron it la).
Fin. 1191. — Coupe longiludinale de la fleur d'une Papilionacée (genre Orofcwi).
gulier, ordinairement à cinq divisions. Corolle irrégulière, à cinq pétales insérés à la base du calice par l’intermédiaire d’un disque, libres ou plus ou moins
Fig. 1192. — Coupe longitudinale (grossie) de la fleur d’une Papilionacée ( genre
Cytisus).
Fig. 1193. — Coupe longitudinale (grossie} de la fleur d'une Papilionacée (genre
Tetragono/otm*.
sondés entre eux; pétale supérieur (étendard) plié longitudinalement pendant la préfloraison et embrassant les pétales latéraux ; pétales latéraux faites) appliqués sur les inférieurs, les inférieurs rapprochés, simulant un seul pétale (carène), ordinairement adhérents par le bord intérieur de leur limbe. Étamines 10
PAP1M0NACÉF.S.
(Ag. 1186), insérées avec les pétales à la base du calice, à filets tous soudés en un tube entier ou fendu (étamines monadelphes), ou l'étamine supérieure libre, les autres étant soudées entre elles (étamines (liadelplies). Ovaire (lig. 1185) libre, à un seul carpelle, dont les bords regardent l’étendard, uniloculaire, pluriovulé, rarement uni-ovulé. Ovules insérés à l'angle interne de l’ovaire, d'aliord réfléchis, puis courbés ; style filiforme. Fruit (carpelle, gousse, légume) nonstipité ou stipité, libre, sec, |>olysperme ou oligos|)ernie, plus rarement monosperme, se partageant en deux valves (par une double déhiscence septicide et loculicide), à valves se tordant quelquefois sur elles-infimes en lançant les graines avec élasticité; quelquefois divisé en deux fausses-loges par l'introflexion delà nervure dorsale, présentant quelquefois des épaississements celluleux entre les graines, quelquefois indéhiscent, partagé par des étranglements en articles transversaux tnonospermes qui se séparent II la maturité, ou réduit à un seul article monosperme. Graine à périsperme ordinairement nul ; embryon courbé (très-rarement droit), à cotylédons charnus ou herbacés, à radicule couchée sur la commissure des cotylédons.
Les principales tribus des Papilionacées sont les suivantes : I" Lo t ÉKS (cotylédons foliacés), Il étamines monadelphes, ex. genres Lupinus, Ononù, Ulex, S parti nm, Genista, Cytisvs, Authyllis, etc. ; à étamines diadelpbes : ex. genres (feuilles ternées) Medicago , TrigoneUa, Melilolus, Trifolium, Talus; (feuilles imparipennées) Aniorpha, l’soralen, Indigo fera, Gulega, llvbinia, Cnlulea, etc.; carpelles snb-biloculaires par introflexion de la nervure dorsale ; Phaea, Oxytropis, Aslragalus, fiiserula, etc. — 2° Viciées (cotylédons charnus souterrains, étamines diadelpbes) : ex. genres Cicer, Pisurn , Errum, Vicia, Lathyrus, Orobus (tous genres européens). — 3° HÉDYSARÉES (cotylédons foliacés, carpelles coupés en articles transversaux monospermes) : ex. genres (fleurs en ombelle) Scorpiurus, Coronilla, Ornil/iopus, l/ippocrepis, etc.; (fleurs en grappes) l/edysarum, Onobrychis, Avachis, etc. — ti° PiiasÉOI.êes (cotylédons charnus épigés ou hypogés, étamines monadelphes, carpelles (à graines séparées) non articulés : ex. genres Kennedya, Glycine, Cliloria, Erythrina, Apios, Phaseolus, Dolichos, Abrus, etc. — 5° Dalbergiëes, tribu voisine, par ses caractères, des Phaséolées, renfermant un grand nombre de genres, tous exotiques.
los tribus îles Podalyriées, des Sophorées, des Césalpiniées, s'éloignent beaucoup plus que les précédentes du type des Papilionacées. Les Podai.YRIÊES sont encore à corolle papilionacée, mais les 10 étamines sont libres. Cette tribu comprend les genres Atiagyris, Podalyrin, et un grand nombre d'autres genres, tous exotiques. — Ci tribu des Sophorées diffère peu de la précédente (les étamines, libres, sont quelquefois réduites. à 8); elle comprend, entre autres genres, le genre Suphora, le genre Cercis (à feuilh's unifoliolées. : ex. Cercii Siliquastrum (l’Arbre-de-Judéc). — l,a tribu des CÉSALPINIÉES est caractérisée par la corolle ou papilionacée, ou presque régulière, ou tout à fait nulle (comme dans le genre Caroubier, Ceralonia); les étamines, 10 ou moins, sont libres ou plus ou moins soudées : ex. genres Ctrsalpinia, Poinciana, l’amarindus, Dauhinia, Cupuifera, (’assia, etc. — La tribu ou sous-famille des Swartziées