‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 332 sur 414 · Û PLANTES (CONNAISSANCE DES) AU TEMPS DE CA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

Û PLANTES (CONNAISSANCE DES) AU TEMPS DE CA RENAISSANCE

» a rondelles, cl par après elle lleiirii tout le primons et loul l’esté, auipicl lems .> aussi on la cueille. — Ceslc herbe est du iij ordre complet, |H)tir cschauiïer et » desseiclier. Selon Dioscoride, le suc meslé avec miel et cuit dans un vaisseau » d’erain profile à l'éblouissement des yeux. •

« Pourtraict dis Espinars. — L’on les sente au mois de septembre, ne crai- '• gnant les froidures de l’hyver, afin de servir de viandes au printems. Ils por- » tent graines et lleurs sur les mois de Iuin et de tuilIeL Les Kspinars sont du » premier ordre des choses qui réfrigèrent et humectent. »

« Du Parthénium. — ... Les magiciens, pour en vscr contre fleures tierces, » commandent l’arracher avec la main gauche, cl se faisant dire pour qui on la ° cueille, n’y regarder point ; puis mettre la fueille sous la langue du malade,

« afin qu'il avale soudain avec dix dragrnes d’eau. »

L’auteur sollicite eu ces ternies la bienveillance du lecteur : « Amy lecteur, le

• comble des vertus luysantes en votre seigneurie m’a incité de vous supplier » humblement qu'il vous plaise advouer et aulhoriser ce petit Irairté par moy » recueilli de sortir en public, nonobstant à ce chose aucune qui me puisse » mouvoir de l’arrester et supprimer; car, en premier lieu, je sçay que vous » n'y trouverez les fleurs ou perles de la langue françoise, attendu que le sujet » d'icelui est aussi loiug d'elles qu’elles sont familières aux translateurs d'his- ■i loires, de beaux contes faits à plaisir, que nous avons pour le iourd'huy : les- -> quels sont contraints d'enseigner non-seulement (comme l’ay esté en ceste » entreprinsc), mais aussi peuvent orner, pindariser, et trcncher élégances » selon leur fantaisie. Et toutefois i'ose aflirmer qu’il est tel, que quiconque en » fera lecture attentive, s'il n'est ennemy de sa propre santé, il en tirera grand » profit, et ne se sentira défraudé de toute volupté..., et veux bien que le lec- » leurmunyde bon vouloir sache qu’il m'a été besoing de conférer cet opuscule

• eu plusieurs lieux avec Hypocratcs, Dioscoride, Aristote, Galien, Pline, et » autre grand nombre des anciens et modernes... Outre ce i'ai voulu user quasi » lousjours du plus commvit langage, au moins mal qu'il m'a été possible,

» jaçoit qu’il ne soit si aisé (ainsi que médecins savent spécialement) d'expri- » mer plusieurs choses desquelles icy est faicte mention en françois vulgaire,

> comme il |H>urroil estre en latin. Or, afin de finir comme i'ay commencé, ie » vous supplie derechef de vouloir recevoir le tout avec humanité. — Votre » très humble et affectionné serviteur. Leonard Fyschius. »

llabclais, contemporain de Fuchsius, n'oublia pas, dans la satire universelle intitulée Pantagruel, de faire figurer la science botanique de son temps; le savant et sceptique railleur donne en ces termes la description du Chanvre ( Cannabis satina) :

« De l'herbe nommée Pantugruelion (car Pantagruel fut d'icelle inventeur).

• — L’herbe Pantugruelion ha racine petite, duretle, rondelette, linantc en » poincte obtuse, blanche, a peu de filamcns, et n'est profonde en la terre plus » d’une coubtlée. De la racine procède ung tige unicquc, rond, férulacé, verd

• au dehors, blanchissant au dedans, concaue comme le tige de SmgrviuiR » otus atriau, l'ebues et Gentiane, ligneux, droict, friable, crénelé, quelque peu

• en forme de coluinne legierement striée, plein de libres es quelles consiste

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» toute la dignité de l'herbe, mcsinenieiit en la parlic dicte rnesa, comme

• moyenne, et celle qui est dicte mylasea. La hauteur d’iccini communément » est de cinq à six piedz. — Aulcunesfovs excédé la haulteur d’une lance. Sça- » voir est quand il rencontre un lerrouer doulz, uligiueux, légicr, humide sans » froidures..., et que pluye ne luv defaull enuiron les fériés des Pescheurs et » solstice cstiual..., les fueilles ha longues trois fois plus que larges, verdes

• tousiours : asprettes comme l'orcanctte, durcîtes, incisées autour comme une » faucille et comme la Béthoine, finissant en poinctcs de sarice macedonique, et » comme une lancette dont usent les chirurgiens. La figure d'icelles peu est » différente des fueilles de Fresnc et Aigremoine, et tant semblable à Eupa- » toirc(l), que plusieurs herbiers l'ayant dicte domestique, on dit Eupatoire » être Pantagruelion saulvaginé. Et sont par rancs en equale distance esparses » autour du tige en rotundité, par nombre en chascun ordre ou de cinq ouTle

• sepL Tant l’ha chérie Nature qu’elle l’a douce en scs fueilles de ces deux

• nombres impars tant divins et mystérieux. L’odeur d'icelles est fort et peu « plaisant aux nez délicats. La semence provient vers le chef du tige, et un peu

• au dessoubz. Elle est numereuse, autant que d’herlic qui soit ; sphéricque, >> oblonguc, romboîde, noire, claire, et comme tannée, durette, couverte de » robbe fragile, délicieuse à tous oiscaulx canorcs, comme linoles, chardriers,

• adoucîtes, serains, tarins et aultres... Et comme plusieurs plantes ont deux » sexes, masle et femelle, ce que voyons es Lauriers , Palmes, Chesnes, Heouses, » Asphodèle, Mandragore, Eougere, Agaric, Aristolochie, Cyprès, Téré- » hynlhe, Pouliot, Péone et aultres; mais aussi cil ceste herbe y a masle qui « ne porte fleur aulcunc, mais aliondc en semence, et femelle qui foisonne eu » petites fleurs blauchaslres, inutiles, et ne porte semence qui vaille (2)... On

• seine ccstuy Pantagruelion à la nouvelle venue des haroiulclles; on le tire de » terre lorsque les cigalles commencent à s’enrouer, s

PLAINTES MÉIlIltT V1LEN. — LEUR CLASSIFICATION AU POINT DE VUE DE LEURS propriétés. — Les études médicales ont pour objet la connaissance des maladies (pathologie), et pour but la science de les guérir (thérapeutique). — La thérapeutique emprunte ses moyens d'action 5 l’hygiène, à la pharmacologie et h la chirurgie.

Nous allons jeter un coup d'oeil rapide sur le rôle qui ap|iartient aux produits végétaux dans ces trois différentes parties de la science de guérir.

Les moyens fournis par {'hygiène ont pour résultat non-seulement de conserver la santé, mais aussi d'aider l'action des médicaments pour la rétablir. — La connaissance des propriétés des v égétaux jonc un assez grand rôle dans la science hygiénique.

(1) Ku)>nlorium mnnniinum > Ëupaloire-Chanvrin).

(2) A l'époque où écrivait llabelais, le phénomène de la fécondation des plantes n'était point encore connu ; ou attribuait néanmoins l'épithète de mule et de femelle aux deux individus des plantes dioïques, mais en intervertissant les qualifications qui leur conviennent. L’individu femelle était dit male parce qu'il atteint une plus grande taille, et l'individu mâle était dit femelle parce qu’on supposait que c’est par manque de force qu’il ne porte pas de fruit. Cette opinion erronée et ces dénominations inexactes ont encore cours aujourd’hui dans nos campagnes.

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Il résulte de la conformation de l'appareil digestif de l'homme, et il est démontré particulièrement par la forme de ses dents, qu’il est destiné à se nourrir simultanément de substances végétales et de substances animales. Une nourriture exclusivement végétale fournit à l'organisme uue alimentation insuffisante, et ne saurait entretenir la santé : celte nourriture exclusive peut être rangée au nombre des remèdes débilitants ; c’est le premier degré de la diète (abstinence) ou privation d'aliments. L'alimentation végétale convient dans les affections qui sont regardées comme résultant d’une alimentation trop animale : dans la goutte et la graveilc, par exemple.

Les substances animales diffèrent chimiquement des substances végétales eu ce qu'elles contiennent de l’azote, outre le carbone, l'oxygène et l'hydrogène, qui font la base des unes cl des autres. Aussi les substances végétales qui, |iar exception, contiennent de l'azote, sont-elles nutritives au même degré que les substances animales : les champignons comestibles sont dans ce cas. La farine de froment contient une certaine proportion d'azote, la farine de seigle n’en contient pas. Il en résulte que le pain de froment a des qualités beaucoup plus nutritives que le pain de seigle.

Au point de vue hygiénique, les végétaux n'ont pas seulement une importance extrême comme aliments, ils en ont une très-grande aussi comme modificateurs de l’air respirable. — L'air atmosphérique, ou air respirablc, est, comme on le sait, un mélange de 79 parties d’azote et de 21 parties d'oxygène, plus une très-faible quantité d’acide carlxmiquc.

L’oxygène et l’azote sont deux corps simples qui, à l'état libre, sont gazeux comme l'air, qui résulte de leur mélange. L'acide carbonique, qui entre en si petite proportion dans l’air, est un corps gazeux résultant de la combinaison de H pat lies en poids d'oxygène avec 3 parties de carbone. Le carbone est un corps simple qui, à l'état libre, est solide cl constitue la plus grande masse du charbon végétal ; pur et cristallisé, il constitue le diamant.

L'air qui est introduit par l'inspiration dans les organes de la respiration de l'homme ou des animaux se dépouille d'une partie de son oxygène, qu'il cède au sang, et eu revient chargé d’une certaine quantité de l'acide carbonique que le sang lui a cédé. L'air ainsi respiré par les animaux pourrait donc être altéré au point de devenir de. plus en plus impropre à la respiration, s'il ne se trouvait simultanément modifié dans un sens inverse par un phénomène opposé : ce phénomène est celui de la respiration des végétaux. En clfet, pendant le jour, les végétaux absorbent une très-grande quantité de l’acide carbonique contenu dans l'air; cet acide carbonique se trouve décomposé dans leurs organes en carbone, qui y reste fixé, et eu oxygène, qui est exhalé et retourne dams l'air il l'état libre. Il est vrai que, pendant la nuit, les choses se passent différemment: car, dans l'obscurité, les végétaux absorbent de l'oxygène cl exhalent de l'acide carbonique; mais des expériences précises ont prouvé que le résultat définitif est pour les végétaux une grande consommation de carbone et la mise en liberté d'une grande quantité d’oxygène.

l)e ces observations il résulte que les pays les plus sains sont ceux qui renferment de vastes forêts, et que, à partir du jour où les forêts auraient disparu

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du globe, l'air se trouverait de plus en plus vicié, et finirait par devenir impropre a la respiration; qu’il est par conséquent, dans l'intérêt général de l'humanité, de respecter les forêts, et de résister aux spéculations individuelles qui, dans un but d'intérêt privé, tendent à les faire disparaître dans les pays civilisés, au détriment de la population tout entière. — Les courants d'air qui régnent successivement dans toutes les directions rétablissent l'équilibre entre les points occupés par de vastes forêts et les points occupés par de grandes agglomérations d'hommes et d'animaux.

Un des enseignements hygiéniques qui résultent de la connaissance des effets différents de la respiration des végétaux pendant le jour et pendant la nuit, est qu'il faut éviter de laisser, pendant la nuit, séjourner des plantes vivantes dans les appartements habités, puisqu'elles contribuent alors, comme les animaux, h y augmenter, dans des proportions nuisibles, la quantité d'acide carbonique contenu dans l'air. — I-ftt odeurs aromatiques qu'exhalent les fleurs contribuent également h donner des qualités malfaisantes à l'air renfermé dans un étroit espace et qui s’en trouve saturé.

los moyens fournis il la thérapeutique par la pharmacologie sont extrêmement nombreux, et peuvent être appliqués & la plupart des affections internes ou externes, soit générales, soit locales; ils sont connus sous le nom de médicamenta. Les médicaments s’appliquent il l’extérieur ou sont administrés à l'intérieur. Un grand nombre des plus actifs appartiennent au règne minéral. Tels sont : l'Iode, les Préparations mercurielles, le Soufre, l'Émétiquc, les Purgatifs salins, l'Ammoniaque, les Acides minéraux, l'Alun, les Sels de fer, de plomb, d'argent, de cuivre, les Eaux minérales, etc. Quelques agents médicaux ou chirurgicaux des plus usités appartiennent au règne animal : tels sont les Sangsues et les Cantharides, le Musc, etc. Si il ces moyens importants on ajoute les moyens chirurgicaux : la Saignée, les Ventouses (simples ou scarifiées), les Moxas, les Exutoires, etc., et certains moyens hygiéniques, tels que l'Abstinence, les Bains, le Changement d'air, le Repos, l’Exercice, etc., on pourra se convaincre que, quelle que soit l'importance des propriétés médicales des végétaux, il ne faut pas, comme on est vulgairement porté h le faire, s’attendre à trouver chez les plantes une pharmacopée universelle.

Néanmoins un grand nombre de substances végétales constituent des médicaments précieux et des plus usités, que ces substances soient isolées ou qu’elles soient associéas entre elles ou à d'autres substances dans diverses combinaisons. — Beaucoup de substances végétales médicamenteuses des plus importantes proviennent de plantes exotiques. Tels sont : le Quinquina, l’Aloès, l'Ipécacuanha, la Gomme arabique, le Sucre de Canne, le Thé, le Café, le Chocolat, l'Opium, la Casse, le Séné, le Girolle, le Gingembre, la Cascarille, le Gavac, la Rhubarbe, la Cannelle, le Camphre, l'Asa fcctida, le Ricin, le Tabac, le Cubèbe, le Cachou, le Kiuo, le Quassia amara, le Ratanhia, la Manne, le Jalap, le Baume du Pérou, etc.

Les plantes médicinales indigènes ne sont ni moins nombreuses ni moins utiles que les précédentes. Tels sont : l'Absinthe, l’Aconit, l’Angélique, l’Anis, l’Armoise, l’Asarum, l’Asperge, la Belladone, la Bcnoite, la Bistorte, le Blucl,

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la Bryone, la Busserole, la Camomille, le Chardon-bénit, le Chêne, la Chicorée amère, le Chiendent, la Ciguë, le Cochléaria, le Colchique, la Consoude, le Coquelicot, le Cresson -de-fontaine, la Datera Stramonium, la Digitale, la Douceamère, l'Épurge, l'Ergol-dc-Seiglc, la Fougère mâle, la Fumetcrre, le Genièvre, la Gentiane, le Grenadier, la Guimauve, le llouv, l’Hysope, la Germaudrée, la Jusquiame, la Lailue-vircuse, la Lavande, le Lichen-d’Islandc, le Lierre-terrestre, le Lin, le Marrubc, la Mauve, la Mélisse, la Mousse-de-Corse, la Menlhepoivrée, la Morelle, la Moutarde, le Nerprun, l’Oranger. l’Ortie, la Pariétaire, la Petite-Centaurée, les Polygalas, le Pyrèthre, le Raifort, la Réglisse, la Rue, la Sabine, le Safran, la Sauge, le Saule, la Scabicuse, la Scillc, la Soldanelle, le Sureau, le Tilleul, le Trèfle-d'eau, la Vigne, la Valériane, la Violette, etc.

Je ne pense pas d’ailleurs qu’il faille attacher une importance telle à l'avantage de trouver des médicaments parmi les plantes indigènes, qu'on doive préférer l'usage de ces plantes à l'usage des produits exotiques doués de propriétés analogues, et abondants dans le commerce, toutes les fois que ces derniers l'emportent en activité.

Les analyses chimiques et l'expérience médicale tendant à simplifier les médicaments et II en réduire le nombre en élaguant les doubles emplois, il est possible. jusqu'à un certain point, de remplir toutes les indications thérapeutiques avec un nombre assez limité de substances médicamenteuses; il est néanmoins indispensable aux médecins, surtout à ceux qui exercent à la campagne, de pouvoir au besoin, et avec connaissance de cause, substituer une espèce à une espèce analogue, et distinguer les plantes inertes des plantes actives ou vénéneuses.

Les moyens fournis à la science de guérir par la chirurgie ont pour résultat de retrancher de l'organisme des parties solides ou liquides devenues nuisibles, de réunir les parties divisées, de remettre en place les organes déplacés, de déterminer la cicatrisation des plaies, etc.

Plusieurs [traduits employés dans les procédés chirurgicaux sont empruntés à la pharmacologie, et appartiennent au règne végétal ; telles sont certaines substances âcres en usage pour l'entretien des exutoires, les plantes qui produisent la rubéfaction et l'urtication, etc. Les substances végétales aromatiques douées de propriétés stimulantes, qui entrent dans la composition des onguents ou autres préparations destinées à activer la suppuration, nu à déterminer la cicatrisation des blessures cl des plaies, sont du domaine des connaissances chirurgicales. Citons encore l'Amidon (obtenu de la farine de Froment), qui sert à préparer les bandages transformés en gaines inamovibles, dont se composent certains appareils destinés à maintenir un membre immobile pour obtenir la consolidation d'une fracture, etc.; et le Gollodion, employé comme substance agglutinalivc pour la cicatrisation des blessures.

On a peut-être trop négligé, dans ces derniers temps, les traditions que nos pères nous ont transmises à ce sujet ; car, au milieu de pratiques absurdes justement livrées au ridicule, on reucontrc des indications excellentes.

Si les piaules médicinales méritent le plus grand intérêt, les plantes d'un usage vulgaire dans l’économie domestique et dans les arts ne sont pas moins dignes de fixer notre attention.

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Parmi les plantes indigènes ou naturalisées en France, et qui sont, 4 ces divers points de vue, l’objet d'une grande culture, les unes fournissent des substances alimentaires, d’autres servent à la nourriture des animaux domestiques; plusieurs fournissent les bois de construction et de chauffage; d'autres fournissent des matières textiles, des substances tinctoriales, etc. ; enfin elles servent il la décoration des parcs, des promenades et des jardins.

ÉNUMÉRATION COMPARATIVE DES MÉDICAMENTS VÉGÉTAUX INDIGÈNES, DES MÉDICAMENTS VÉGÉTAUX EXOTIQUES, ET DES MÉDICAMENTS PUISÉS EN DEHORS DU RÈGNE VÉGÉTAL.

1” Tempérants. — Moyens hygiéniques : Repos de corps et d’esprit, Régime, Diète, etc. — Moyens chirurgicaux : Saignée, Sangsues, etc. — Médicaments tirés du règne minéral : Bains tièdes, Tartrate acide de potasse. — Médicament tiré du règne animal : Petit-lait. — Médicaments tirés du règne végétal. Produit exotique : Tamarin. — Produits indigènes : Cerises, Chiendent, Citrons, Epine-Vinette, Framboises, Groseilles, Limons, Mûres, Oseille, Oranges, Raisins, Semences froides (graines de Calebasse, de Pastèque, de Melon et de Concombre).

T Émollients. — Médicaments empruntés au règne minéral. Il n’y en a pas. — Médicaments tirés du règne animal : la Corne de Cerf, la Gélatine, le Bouillon de Poulet, de Veau, d'Escargots, de Tortue, d’Écrcvisscs, les Grenouilles, l'Axonge ou Graisse de Porc, le Mou de Veau, la Cire, le Miel, le Jaune d'œuf, le l.ait. — Médicaments empruntés an règne végétal. Produits exotiques ; l'Arrow-root, le Cacao, les Dattes, la Goinme-arabique, la Gommeadragant, le Racalmut, le Sagou, le Salep, le Sucre de Canne et le Tapioca. — Produits indigènes : le Chiendent, la Citrouille, le Concombre, le Coquelicot, le Lichen-dé Islande, la Réglisse : les Fleurs de Bouillon-blanc, de Guimauve, de Mauve, de Pied-de-chat, de Tussilage, de Violettes; la Graine de Lin, l’Oignon de Lis, la Racine de Guimauve, l'Émulsion A’ Amandes douces, les Jujubes, les Figues sèches, les Raisins secs, les Pruneaux, le Gruau, la Mie de pain, l'Amidon, le Son, etc.

3’ Narcotiques (à haute dose). Anodins (4 faible dose). — Médicaments empruntés au règne végétal. Produits exotiques : Opium, Acétate de morphine, Codéine, Narcotine, Laudanum, Pavot, Camphre, Laurier-cerise, Mandragore, etc. — Produits indigènes : Aconit, Belladone, Ciguë, Coquelicot, Digitale, Datura Stramonium, Jusquiame, Laitue vi reuse, Morel le , Safran.

4° Contro-stimulants. — A l'exception de ITpécacnanha, qui appartient au règne végétal, la plupart de ces médicaments sont des préparations minérales : ('Émétique (Tartrate de potasse et d'antimoine) et le Calomel (Protochlorure de mercure).

5° Astringents (nommés aussi glyptiques quand ils sont faibles et bornent leurs effets constricteurs aux surfaces du corps). — Un certain nombre d'astringents étaient autrefois classés parmi les résolutifs, classe peu limitée, en ce sens que tous les médicaments pourraient y rentrer, puisque tous sont destinés 4 contribuer 4 la résolution ou guérison des maladies. — On nomme détersifs les astringents faibles employés 4 l’extérieur pour déterminer la cicatrisation des

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ulcères, et les lotions excitantes faites dans le même but. — On nommait dessiccalifs les détersifs d’une nature très-astringente, susceptibles de provoquer une cicatrisation prompte, mais quelquefois trop brusque, de la plaie. — Enfin, on nomme antiseptiques les astringents destinés à modifier avantageusement les ulcères putrides ou gangréneux.

On doit réserver le nom d 'astringents aux médicaments dont la propriété est de resserrer les tissus. — On les emploie pour arrêter les hémorrhagies, résoudre les inflammations superficielles, provoquer la cicatrisation des plaies, etc.

Astringents minéraux : l'Eau froide, la Glace, l'Acétate de plomb (sel de Saturne), le Vinaigre, l’Alun, l’Oxyde de zinc, le Carbonate de magnésie, le Sulfate de fer, le Sulfate de zinc, etc. — Astringents végétaux. Produits exotiques : le Bois de Campêchc, le Cachou, le Colombo, la Colophane, la Gomuiekino, la Noix de galle, le Ralanhia, le Sang-dragon, l’Eau-de-vie camphrée, etc. — Produits indigènes : V Aigremoine, VAspérule, la Benoîte, la Bistorte, le Caille-lait, l'Écorce de Chêne et le Tannin, la conserve de fruits A' Eglantier, la Garance, la Grenade, le Myrte, la Pervenche, le Plantain, les Bases de Provins, les Feuilles de Bance, la Tormentille, les Sorbes, les Coings, les Nèfles, VUva-ursi. — Astringents animaux : le Blanc d’œuf délayé dans l’eau constitue une boisson qui agit mécaniquement à la manière des astringents, en mettant obstacle à l'absorption.

6° Toniques (nommés aussi amers, en raison de la saveur d'un grand nombre). — On les nomme dépuratifs lorsqu'ils sont considérés, dans la médecine populaire, comme purifiant le sang en le dépouillant, par l'intermédiaire des sécrétions, de divers principes morbides; ces dépuratifs sont toujours des médicaments végétaux. — Enfin, on nomme antiscorbutiques les toniques employés contre le scorbut, et fébrifuges ceux qui déterminent la cessation des fièvres réglées. Les toniques ont, comme les astringents, la propriété de resserrer les tissus ; mais, tandis que l’action des astringents est locale, c’est-à-dire ne se manifeste que sur les points mêmes où its sont appliqués, l’action des toniques est générale. Les toniques agissent en modifiant la nature du sang : les uns déterminent l'accroissement de la proportion relative des globules du sang, d'autres y introduisent de l'oxyde de for.

Les médicaments toniques les pins inqiortants appartiennent au règne minéral et ont pour base le fer (le sons-carbonate de fer est le plus employé ; on le prend, en nature, mêlé aux aliments). — Toniques végétaux. Produits exotiques : l'Écorce de Quinquina, le Columho, l'Angusturc vraie, le Qnassia amara, la Rhubarbe et le Sitnarouba. — Produits indigènes : I ’Aunée, la Bardane, le Chardon-bénit, le Chardon-étoilé ( Eryngium campestre), la Chausse-trape (Centaurea Calcitrapa), la Chicorée sauvage, la Douce-amère, la Fumeterre, la Gentiane, le Houblon, les Feuilles de Houx, le Lichen-d' Islande, le Ménianthe ( Trèflr.-d'eau ), la Patience, la Pensée-sauvage, la Petite- Centaurée, le Pissenlit, le Pnlygala, la Saponaire, la Scabirusc-des-prés, l'Écorce de Saule, le Teucrium Chamœdrys, et le Tussilage.

7” Antipéhiodiques. — Minéraux : Arsenic, Fer. — Végétaux. Produits exotiques : Quinquina, Auguslure vraie. Serpentaire de Virginie, Café. — Pro-

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doits indigènes on naturalisés : Absinthe, Houx, Marronnier-d'lnde, Petite- Centaurée, Saule.

8° Stimulants généraux. — On nomme stimulants généraux, des médicaments qui agissent comme les toniques, en ce qu’ils excitent le jeu des diverses fonctions, mais dont la plupart diffèrent des toniques en ce qu’ils stimulent la circulation moins en modifiant la nature du sang qu’en s'adressant au système nerveux. — Ces médicaments étaient autrefois répartis dans les classes suivantes : toniques, résolutifs, astringents, catliérétiques, styptiques, détersifs, antiseptiques, anliscrofuleux, fébrifuges, antiscorhutiques, stomachiques, analeptiques; — sudorifiques, expectorants, diurétiques; — aromatiques, antispasmodiques, anlihystériqnes, balsamiques; — anti-asthmatiques, antiophthalmiqucs, anti-épileptiques, anti-hydropiques, carminatifs, antidartreux, anlhclminlhiques, etc.

Stimulants généraux empruntés au règne minéral : l'Ammoniaque liquide et autres Préparations ammoniacales, diverses Préparations arsenicales, le Nitrate d’argent, le Sulfate de cuivre, l’Acide chlorhydrique, l’Acide nitrique, le Chlore et les Chlorures, l'Acide carbonique, et par conséquent les Eaux minérales acidulés gazeuses, comme : l'Eau de Seltz et l’Eau du Mont-Dore, les bains d’Air chaud, l'Électricité, etc. — Substances végétales exotiques : l’Angusture-vraie, la Badiane, le Benjoin, le Bétel, le Café, le Camphre, la Cannelle, le Cardamome, la Cascarillo, le Chocolat, l'Eau-dc-vic de Gayac, l’Écorce de Winier, l’Encens, le Gingembre, le Girolle, la Gomme ammoniaque (plante qui produit la gomme ammoniaque : le Diserneston [ Dorema ] gummiferum [fig. 1264]), le Macis, la Muscade, le Polygala-de-Virginie, la Résine élémi, le Sagapénum, la Scrpcnlairc-de- Virginie, le Crcsson-de-Para, le Thé, la Vanille, la Zédoaire, le Copahu, le Cubé lie et le Styrax. — Produits indigènes : Y Absinthe, Y Ail, l’ Anémone Puisât il le, Y Angélique, l'Tnis, l’.lnwi, YAunée, VAurone, le Ileccabonga, la Bétoine, la Camomille-romaine, le Carvi, la Cataire, le Coehlèarin, le Cresson, le Cumin, l'Écorce de Citron, le Fenouil, les Baies de Geniètre, le Goudron, YHysope, la Lavande, la Liveche, la Mélisse, la Menthe, le Millepertuis, Y Œillet rouge, les Feuilles et Fleurs d'Oranger, YOrigan, le Pgrèthre, le Raifort-sauvage, le Romarin, les Feuilles de Ronce, le Safran, la Sauge, le Stœrhas, la Véronique-officinale.

9° Stimulants des glandes salivaires. — Beaucoup de substances astringentes ou aromatiques peuvent être rangées dans cette classe. Nous citerons les Acides faibles, le Tabac, le Girofle, et, parmi les plantes indigènes, le Pgrèthre.

10" Vomitifs ou Émétiques. — Médicaments provoquant la contraction du diaphragme et de l'estomac, et par suite l'expulsion des matières alimentaires ou autres qui y sont conlcnues. — Vomitifs minéraux : l’Eau tiède, le Tar- I rate de potasse et d’antimoine (vulgairement Émétique), le Kermès, le Sulfate de cuivre, le Sulfate de zinc, etc. — Vomitifs tirés du règne végétal : parmi les produits exotiques, l'Ipéracuanha, et parmi les plantes indigènes, la Racine lYAsurum (médicament dangereux et peu usité) et la Racine de Violette.

11“ Purgatifs. — ((es médicaments se divisent en laxatifs, cathartiques et drastiques. On nomme laxatifs les purgatifs qui déterminent la purgation sans

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Fin. lifté. — Plante (proportion* très-rédiiite* ; ramnimlp fl*»rif«*r**« et fmil erandeur naturelle) dont le soc fournit la yommr ammoniaque, |c Üiiemestun qummifrruM Jaubert et Spach (plante d'Oncot dédiee a MM. Frnest Cuaann et F.rnest Germain de Saint -Pierre, attribuée arec doute au tkirrma amm»niacum Don). — lu* L'enre Üinemetlun différé essentiellement du genre t'rrula par I inflorescence : le» ombelle* «ont globuleuse», en (orme de rapitules Uvs-bneTement pédoncule» et dispute* le long de rameaux cibles simple* ou ruineux, 4m août disposé» eu une vaste panicule générale.

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irriter le lube intestinal. Les laxatif s minéraux les plus usités sont : le Tartrate de potasse (Crème de tartre), le Tartrate de potasse et de soude (Sel de Seignette). — Les laxatifs végétaux sont, parmi les produits non indigènes : la Casse, l’Huile de Ricin, la Manne et le Tamarin. — Les laxatifs végétaux indigènes sont : le Bouillon aux herbes (Laitue, Cerfeuil, Oseille Bette, etc.), l’Huile d’ Amandes douces et la Mercuriale.

On nomme cathartiques les purgatifs plus actifs que les laxatifs, et moins violents que les drastiques. — Les cathartiques minéraux sont : le Sulfate de soude (Sel de Glauber), le Sulfate de magnésie (Sel d’Epsom), le Sulfate de potasse, la Magnésie calcinée, le Citrate de magnésie (dose purgative 40 grammes, sous la forme de limonade gazeuse), le Nitrate de potasse (Nitre, Salpêtre), le Nitrate de soude, le Protochlorure de mercure, l’Eau de Sedlitz et autres Eaux minérales purgatives.

Les cathartiques végétaux exotiques sont : l’Aloès, la Rhubarbe et le Séné ; la médecine noire (de nauséeuse mémoire) se composait d’une décoction de follicules de Séné et de pulpe de casse, avec addition de Manne-en-iamies. Nous citerons parmi les substances végétales cathartiques indigènes : la llratiole, médicament âcre d’un emploi dangereux, les Feuilles de Noyer et les baies de Nerprun.

On nomme drastiques les purgatifs violents qui agissent en irritant la membrane muqueuse du tube digestif. On a vu que la plupart des purgatifs cathartiques sont des sels minéraux; les purgatifs drastiques sont, au contraire, tous puisés dans le règne végétal. — Parmi les produits exotiques, nous citerons : I’Aloès (à forte dose), la Coloquinte, le Croton tiglium, l'Euphorbc-officinal, l’Hellébore-noir, la Gomme-gutte et le Jalap; — et parmi les végétaux indigènes : Y Agaric-blanc, la Bryonc, VE purge ( Euphorbia Lathyris) et la Vératrine.

12° Diurétiques. Stimulants des glandes urinaires (reins). — Diurétiques minéraux : le Nitrate (ou Azotate) de potasse (Salpêtre, Nitre), l’Acétate de potasse, le Nitrate de soude, l’Acétate de soude et le Bicarbonate de soude. Certaines plantes, la Pariétaire, par exemple, ne sont diurétiques que par le Nitrate de soude qu'elles contiennent. — Diurétiques végétaux non indigènes : l'Aralia hispida, la Cannelle, le Pareira brava et la Scille-maritime. — Diurétiques indigènes (plus nombreux) : I ’Ache, Y Alkékenge, V Arrête-bœuf , Y Asperge, le Chardon-étoilé (Ch. Boland ou roulant, Eryngium campestre), le Chiendent, le Colchique 4 faible dose, la Digitale 4 faible dose, le Petit- Houx, le Fraisier, la Pariétaire, le Persil et Y U muni.

13° Sudorifiques ou Diaphorétiques. — Stimulants de l'exhalation de la peau. — Règne minéral : Préparations sulfureuses, Eaux minérales sulfureuses, Douches de vapeur, Bains chauds, Bains de vapeur, Bains aromatiques. — Règne végétal. Produits exotiques : Salsepareille, Squine, Camphre, Contrayerva, Résine de gayac, Opium, Sassafras, Serpentaire-de-Virginie, Vétiver, Thé. — Produits indigènes : Absinthe, Arrête-bœuf, Bétoine, Bourrache, Bugte, Calament, Camomille, Canne-de- Provence, Carex arenaria, Chamœdrys, Dompte-venin, Douce-amère, Hysope, Lavande, Lierre -terrestre.

PLANTES MÉDICINALES

Mélisse, Menthe-poivrée, Origan, Pervenche, Rourgeous de Peuplier, Romarin, Sanicle, Saponaire, Sauge, Scabieuse, Scordium, Fleurs de Sureau, Thym, Tussilage, Véronique.

14° Expectorants. — Stimulants de l'exhalation bronchique et pulmonaire.

— Règne végétal. Produits exotiques : Baume du Pérou, Baume de Tolu, Benjoin, Ipécacuanha, Polygala-de- Virginie, Scille. — Plantes indigènes : Rouil lon-blanc, Capillaire, Guimauve, Hysope, Lierre-terrestre, Mauve, Pied-de-chat (Gnaphalium dioicum), Poly/mle, Pulmonaire-de-Chéne, Tussilage, Véronique, Violettes.

15° Stimulants de l’appareil respiratoire. — Séjour sur les montagnes, au bord de la mer; — Substances végétales balsamiques énumérées dans les

excitants généraux.

16° Stimulants de l’appareil circulatoire. — Règne minéral : Nitrate de potasse. — Règne végétal. Plante indigène : Digitale pourprée.

Il" Antispasmodiques. — Stimulants du système nerveux. — Règne minéral : Éther sulfurique, Sous-nitrate de bismuth. — Règne animal : Musc, Castoréum, Ambre gris, Huile animale de Dippcl, Huile de foie de morue. — Règne végétal. Produits exotiques : Camphre, Asa fœtida, Gomme ammoniaque. Tabac, Strychnine, Vératrine, Noix vomique, Brucinc, Cévadillc. — Produits indigènes : Narcisse-des-prés, Nénufar, Feuilles et Fleurs A' Oranger, Pivoine, Fleurs de Tilleul, Valériane.

18° Fmménagogues. — Règne minéral : Hvdriodate de fer, Sulfure de carbone, Bains de pieds chauds. — Règne végétal. Produits tous indigènes : Absinthe, Aristoloche , Armoise, Polytric, Rue, Sabine, Safran, Seigle ergoté, Tanaisie.

19° Fondants. — Stimulants de plusieurs glandes et de l’appareil absorbant.

— Règne minéral : Mercure, Protochlorurc de mercure, Deutochlorurc de mercure, Proto-iodure de mercure, Deulo-iodurc de mercure, Oxyde rouge de mercure. Sulfure rouge de mercure, et autres préparations mercurielles; lodurc de potassium, Iodurc de plomb, Ilydriodalc d'ammoniaque, Iodure de fer, Chlorure d’or, Oxyde d’or, Or divisé, Chlorure de platine. Chlorure de calcium. — Règne végétal. Plante indigène : Ciguë (Conium maculatum).

20” Altérants. — Minéraux : Préparations de mercure, d’or, d'argent, de platine, d'iode, de potassium, de plomb, de soufre, d'antimoine. — Végétaux : Cubèbe, Copahu, Styrax, Cobelia syphililica, Squine. Gayac, Salsepareille; et parmi les végétaux ou produits végétaux indigènes : la Ciguë, le Daphné Mezereum, la Douce-amère, les Baies de Genièvre, les Rhizomes de Canne-de-Provcnce, le Goudron, et la Térébenthine.

21" Antiscrofuleux et Antisgortiutiques. — Minéraux : Préparations de fer, iode, chlore, baryte, antimoine, mercure, argent, chaux, or, soude, potassium, soufre, brome, zinc. — Végétaux : Salsepareille, Aconit, Cochléaria, Cresson-de- fontaine, Cresson alénois , Douce-amère, Gentiane, Houblon.

22“ Antipsoriques (contre les maladies chroniques de la peau). — Médicaments minéraux : Préparations d'arsenic, de mercure, de chaux, de soufre, de phosphore, de plomb, de manganèse, d'antimoine, d’iode, de magnésie. —

PLANTULATIO. — PI.ATANÊES. 1085

Végétaux : Salsepareille, Squinc, Gayac. Végétaux indigènes : Hardane, Douce-amère, Patience, Pensée-sauvage , Hue, Saponaire, Scabieuse.

23“ HtnÉKiAftTS. — Médicaments externes destinés h irriter la peau et à déterminer l'afflux du sang à la partie du corps où on les applique; en prolongeant plus longtemps la durée de l'application de ces médicaments sur la peau, ils deviennent VÊSICANTS ou épispastiques, c'est-à-dire qu’ils provoquent l’afflux d'une sérosité qui soulève l'épiderme. Os médicaments sont employés comme révulsifs, et pour déterminer l'établissement d'une surface suppurante. — Hègne minéral : Préparations de larlratc de potasse et d'anlimoiuc (Émétique), lîau très-chaude. — Hègne animal : Cantharides. — Hègne végétal. Produits indigènes : Ail, Chélidoine, Feuilles de Clématite, Écorce de Garou, Farine de graine de Moutarde noire, Poix de Bourgogne, etc.

2à° Caustiques. — Médicaments externes employés pour cautériser, brûler et détruire les tissus à une profondeur déterminée. — Tous sont tirés du règne minéral : Fer rougi au feu, Moxas, Potasse caustique, Soude caustique, Nitrate d'argent fondu. Nitrate acide de mercure. Chlorure d'autimoinc, Chlorure de zinc, Acétate de cuivre impur, Sulfate de cuivre. Acide arsénieux, Chaux, Alun calciné, Ammoniaque liquide.

25" Anthelmimhiques ou Vermifuges (contre les vers intestinaux). — Minéraux : Préparations d'étain, de mercure, de zinc. — Végétaux : Absinthe, Ail, Corail ine ou Mousst-de-Corse, Fougère nulle, Grenadier, Semen-contra, Térébenthine.

Plantulatio (C. Rich. ). Synonyme de germinatio, germination.

PLANTULE, plantain. Nom donné à l’embryon déjà développé par la germination, c'est-à-dire dont la radicule s'est allongée et dont la piuntule s'élève au-dessus du ou des cotylédons. Quelques auteurs ont nommé plantule, l’embryon considéré dans la graine, abstraction faite des cotylédons.

PLAQIJEMINIERS. Kspèccs du genre Diospyros (arbres et arbustes de la famille des Ébénacées), dont plusieurs sont cultivées dans les régions intcrlropicalcs et même tempérées chaudes de l'ancien et du nouveau monde : D. Lotus, D. virginiana, l). Kaki (Japon), etc.

PLATANE ( Platanus orientalis, famille des Platauécs). L’écorce du Platane est astringente ; on la considérait autrefois comme douée de propriétés vulnéraires, et utile pour guérir la morsure des animaux venimeux.

PLATANÉES. Famille de plantes dicolylées apétales, de la classe des Amenlacées, renfermant le seul genre Platanus. Très-voisin des Balsamilluées, ce petit groupe se distingue des Artocarpées par la sève non lactescente et parla structure de la graine. Les espèces du genre Platane sont des arbres ou des arbrisseaux de l'Asie méditerranéenne et de l’Amérique du Nord.

Les caractères essentiels de la famille des Platauécs sont les suivants : Arbres ordinairement élevés, à suc aqueux. Feuilles palmalilbbées, dépourvues de stipules. Fleurs unisexuées, monoïques, dépourvues de périanthe, petites cl serrées sur des réceptacles globuleux pédonculés. Fleurs mâles : étamines entremêlées d’écailles claviformes (en forme de clous), étamines abortives. Fleurs femelles : ovaires uniloculaires, uni-ovulés, à style latéral, entremêlés d'ovaires

PLATEAU. — PLOMBAG1NÉES.

abortifs. Ovules 1-2, pendants, allongés, droits. Fruit uniloculaire, monosperme, entouré à sa base d’une aigrette de poils articulés. Graine pendante, à embryon entouré d’un mince périsperme.

PL.ATE.tU, leeus (DC.) écusson, plat, écuelle). Nom donné à la partie des bulbes ordinairement en forme de disque, qui représente la tige et émet inférieurement des racines >i sa circonférence, et supérieurement un ou plusieurs bourgeons (qui constituent la partie la plus volumineuse du bulbe, et se développent en feuilles, et eu tige ou pédoncule florifère). Voy. Bulbe.

Plaît/-, dans les mots dérivés du grec, signifie large ; en latin, lahts : plalyoarpus, à fruit large.

PLEIN, plenus. i liiez les plantes herbacées, tiges / ileincs , celles qui ne sont pas fistuleuses (voy. Fistuleux), et particulièrement celles dont la moelle est volumineuse. — En général, organes pleins, ceux qui ne présentent |>oint de cavité intérieure.

Pleio-, ou mieux plia- ou pleo-, dans les mots composés dérivés du grec, signifie plusieurs; en latin, pluri : pleioeyclus, à plusieurs tours de spire; pleiophyllus, à plusieurs feuilles.

Plenus (F lus). Fleur double. Voy. Double.

Pleurorrhizœ ( Cruciftrœ ) (Koch). Crucifères dont l'embryon est à radicule commissurale ou accombante. Voy. Accomban T.

PLEUROSPERMÉES. Plantes à ovaire à placentation pariétale. S'oppose à Axospermées, plantes à ovaire à placentation axile.

Plicalirus. Plissé, marqué de plis.

Plieatus. Plié longitudinalement. — Transverse plieatus. Plié horizontalement.

PLIÉ (Ovule) = Camptotrope. Se dit d'un ovule courbé dont les deux moitiés sont appliquées l’une sur l’autre. L’ovule courbé proprement dit a été désigné par les épithètes de eampylutrupe et campulitrope. L’ovule eu partie courbé, en partie semi-réfléchi, a été désigné par le mol amphitrope. Voy. OVULE et Counnf:.

PLIÉ (Embryon). L’embryon plié ou courbé a été désigné par l'épithète d'omphitrope. Voy. COURBÉ.

PLISSÉ, plicalivus. Qui ofTrc une série de plis longitudinaux, comme un éventail. — Prèfloraison plisser ou plicative ( pnefloratio plicativa), celle qui existe lorsque les pétales, étant palmincrvcs, sont plissés selon les nervures, dans le bouton, à la manière d’un éventail fermé.

PLOMBAGINES [Plombagines). Classe comprenant les familles des Plombaginées et des Plantaginêes. Scs caractères sont les suivants : Plantes dicntylécs gamopétales. Calice libre. Corolle hypogyne, de consistance scarieuse, gamopétale ou presque dialypétale. Étamines en nombre égal à celui des pièces de la corolle ou moindre, insérées sur l'onglet des pétales lorsque la fleures! suhdialypélale. Ovaire a une ou à deux loges, à loges h un seul nu à plusieurs ovules. Ovule courbé (Plantaginêes) ou réfléchi (Plombaginées), renfermé dans un périsperme.

PLOMBAGINEES. Famille de plantes dicotylées gamopétales. Les Ploinbaginées (fig. 1265 à 1267), placées dans la série naturelle près des Plantaginêes,

PLOMBÉ. — PLOFSIANTHÊES. 1087

en sont très-distinctes par leur ovaire à 5 carpelles soudés en un ovaire uniloculaire à 5 styles entièrement libres (section des Slaticées), ou libres seulement dans leur partie supérieure stigmalifcrc (section des Plombagées). Les Plninbaginées sont caractérisées en outre par un funiculc unique ascendant, portant à son sommet un ovule unique pendant (cette colonne placenlifcre centrale rappelle le placenta central des Priniulacées).

Fie. 1200. — Fleur «Tune Plonibagiuée , te Pimn~ batju €UrvJ*ra.

Fir.. 1266. — Fruit il'onc Ploitibagioée, VArmerw mariiima.

Fie. 1267. — Fruit grossi, ouvert pour montrer la graine, «l'une Plombaginée (un Armeria).

Les l’inmbaginécs sont des plantes herbacées ou sous-frutescentes, acaules (à hampe une), ou caulescentcs (à tiges feuillées), souvent à rameaux stib— articulés ; It feuilles ordinairement entières, atténuées en pétiole ou amplexicaulcs, quelquefois à base décurrentc sur la tige en membrane foliacée (tiges ailées). Les sépales, pétales, étamines et carpelles (soudés) sont «'gaiement au nombre de 5 (rarement 3-4 stigmates). La corolle (lig. 1265), souvent de couleur rose ou lilas, est ordinairement scarieuse et plus ou moins |iersistantc. Le fruit (lig. 1266) est une petite capsule déhiscente au sommet en 5 valves, ou indéhiscente. La graine (lig. 1267) est souvent adhérente, dans sa longueur, au funiculc, sur lequel elle retombe, ce qui lui donne alors l’apparence d’une graine dressée. Cette graine est munie d’un périsperme charnu contenant un embryon droit. — La section des Slaticées renferme un assez petit nombre de genres. Les nombreuses espèces du genre Statue sont des plantes vivaces qui pullulent sur les plages maritimes de l'Europe, de l’Asie et de l’Australie, cl croissent dans le sable ou entre les fissures des rochers. Les Armer tu (Gazon-d'Espagne et Gazon-d'Olympe), qui sont des plantes à feuilles étroites, radicales, à hampe terminée par un glomérule en tète globuleuse, habitent les terrains sablonneux incultes. Les Phnnhmjn, introduits dans les parterres comme les Armeria, sont des plantes rameuses à jolies fleurs bleues, à limbe plan, originaires des contrées chaudes des deux hémisphères.

PLOMBÉ, jtiutti/ieus. De couleur de plomb, d’un gris cendré un peu bleuâtre.

PLOUSI.WTIIEES, ou mieux PLL'SIANTIIKKS (fleurs riches). Hantes diclines (fleurs unisexuées) à fleurs ayant ord. calice cl corolle (Adr. .luss.).

PLUMEUX. — PODOSTÉMÉES.

PLUMEUX, plumosus. Qui ressemble à une plume. Se dit d’un poil, d'une soie, etc., porlaut deux rangées longitudinales de poils courts disposés comme les barbes d'une plume. On dit aussi aigrette plumeuse, |>our aigrette à soies plumeuses.

PLl Jll'LE, plumula. Nom donné à la partie de l'embryon supérieure à l'insertion du ou des cotylédons. La plumule représente la lige à partir de son deuxième entre- nœud. Dans la graine, la plumule est ordinairement réduite à de très-petites proportions ; ou y distingue néanmoins souvent très-neltemenl la première ou les deux premières feuilles et le bourgeon terminal.

Pluri-, dans les composés latins, plusieurs; dans les mots tirés du grec, pleio-, plia- et pleo-.

Poculiformis. En forme de cou|>c profonde. Celle forme diffère peu de la forme dite digitaliformis, en forme de dé à coudre, ou en eloebe à bords droits.

Podetium. Nom donné au pédicule qui porte les organes de la fructiücaliou dans plusieurs genres de la famille des Hépatiques.

PtiDOC.VItl'LKS. Petit groupe de la classe des Conifères, constituant une division ou sous-famille (caractérisée par l'otule renversé) dans la famille des Taxinées (dont les genres typiques sont à ovule dressé), et renfermant les trois genres : Podocarpus, Saxo-Got/uea et Dacrydium.

poDoutXE, poduyynium. Nom donné aux gyuophores qui précédent immédiatement l’ovaire, surtout lorsqu’ils sont grêles; on a souvent décrit sous ce nom une simple atténuation de la base de l'ovaire. Voy. Carpophore et Cynophore.

podospkrme, podotpermium (Cl. Rich.) = Funicule = Cordon ombilical. Voy. Funicule.

PODOSTÉMÊES. Famille de plantes dicotylécs apétales, ayant d'assez nombreuses affinités avec les Callitricbinécs. Les Podostémées comprennent un |>ctit nombre de genres de plantes aquatiques des zones intertropicales, et qui se rencontrent au Brésil, en Bolivie, à Madagascar, etc. Ce sont de petites herbes flottantes ou submergées dont quelques-unes rappellent nos Callitrichcs; d'autres, par leurs feuilles soudées aux rameaux et leurs petites racines adhérentes aux pierres ou aux troncs d'arbres, ont l'aspect de certaines Jougermanucs ou de certains Fucus. Leurs feuilles sont alternes, entières ou décou- |tées en lobes capillaires.

Fleurs liermaphrodilcs ou unisexuées par avortement, axillaires ou terminales, solitaires ou en petits épis distiques; munies chacune d'une spathe membraneuse ou d'un périanlhe monophyllc ou polyphyllc. Etamines hypogynes, 1-2 ou plusieurs, à lilets libres ou plus ou moins soudés en un tube entourant l'ovaire. Ovaire à 2-8 carpelles soudés en un ovaire incomplètement bi-triloculairc, à 3 styles libres; plusieurs ovules ascendants, réfléchis. Capsule seplifrage, Li-fivalve, laissant les ovules adhérents à la colonne placentifèrc centrale. Graines très-petites, dépourvues de périsperme ; embryon droit. — Genres : Podoslemon, Muiopsis, Mourcra, Lacis, l’rislicha, Hydrostachys, Halophila. — La famille des Podostémées a été l'objet d'un intéressant travail monographique pour M. L.-R. Tulasne. Ce savant botaniste a mis en œuvre

ponus. — poils.

pour ce travail les notes que lui a remises à cet effet M. H. -A. Weddell, qui a recueilli et étudié pendant son séjour en Bolivie tin grand nombre d'espèces de cette intéressante petite famille.

Pndus ou -/m. Forme latine du mot grec iroùç, noSoç, pied; fait partie de certains mots composés.

Pognn, dans les mots composés dérivés du grec, signifie barb e; en latin, hnrba.

POU. S. pili, villi (fig. 1268 h 1275), dans les mots composés grecs, trichai. On désigne sous ce nom des productions filiformes de l’épiderme qui ressemblent par leur aspect (mais non par leur structure et leur mode d’accroissement) aux poils des animaux. Les poils sont composés d'une seule cellule très-allongée, ou de plusieurs cellules superposées. I-es poils ont été classés en ; lymphatique! ou non glanduleux, glanduleux (fig. 1273) et urtirnnts (fig. 1274 et 1275).

Fig. 1268. — Poil simple cloisonné (formé de plusieurs cellules), et fragment d’épiderme d’une Géraniaeëe du genre Petargonium (objet fortement grossi, ainsi que les suivants).

Fig. 1269. — Poils composés de plusieurs cellules très-allongées, rayonnantes (chci VAratia papyrifera).

Envisagés au point de vue de leur structure, ils peuvent être composés d'une seule cellule filiforme, cylindrique, aiguë, renflée en masse, simple, on pins ou moins rameuse. Ils peuvent être composés de plusieurs cellules superposées, et même (à leur base) de plusieurs rangs de cellules juxtaposées (dans ce cas ils se rapprochent des écailles ou des aiguillons).

Les poils composés de plusieurs cellules sont dits cloisonnés ( C. . phragmi feri) (fig. 1268); si les cellules sont globuleuses ou ovoïdes, on dit les poils monih formes ou en chapelet : ces poils peuvent être simples ou plus ou moins rameux. Les poils peuvent être bifurqués, trif arqués, dichotames (fig. 1270), m hameçon ou onci formes ( hamus , uncus), terminés par plusieurs pointes recourbées (pili glochidiati), etc. — Ils peuvent être dressés ( pili erecti), touchés (pili adpressi), couchés de haut en bas (pili retrorsi).

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