PLANTES (CONNAISSANCE DES) AD TEMPS DE LA RENAISSANCE
— C’est en 15A2 que Fuchsius fit paraître son grand ouvrage intitulé : De historia stirpium commenlarii insignes, etc. (1), un volume in-folio, renfermant la figure de cinq cents plantes vulgaires ou usuelles, la plupart dessinées de grandeur naturelle, et avec un remarquable talent, par les peintres Henri Fucllmaurer et Albert Meyer.
L’auteur dit, dans sa préface latine, qu'il n’a pas voulu que ces gravures fussent ombrées, dans la crainte d'altérer la forme exacte des plantes, et que toutes sont dessinées d’après nature : racines, tiges, feuilles, fleurs, fruits et graines. — Un bon dessin, dit Fuchsius, est toujours plus clair que la meilleure description, et il a de plus l'avantage de se fixer bien mieux dans la mémoire. Le degré de perfection de ces planches, souvent copiées et réduites depuis, n’a jamais été atteint par les contemporains de Fucbsius ni par les botanistes du siècle suivant, dont la plupart donnèrent dans leurs livres des dessins plus petits que nature et très-défectueux, rentrant tous, bon gré, mal gré, dans un même cadre fort étroit : aussi un grand nombre des plantes figurées par ces auteurs sont-elles méconnaissables.
J’emprunte h l'un des traducteurs de Fucbsius les passages suivants :
• Delà Béthoine. — Ccste herbe a la tige menue de la hauteur d’vue » coudée, feuilles longues, molles, dentelées comme celles du Chesnc, odorifé- » rantes, la semence et la graine en espics; elle croist aux prez, aux forests, u aux lieux montueux, froids, espais et vmbrageux ; elle abonde en fleurs aux » moys de May et de luin ; elle est chaude et seiche au premier degré parfait ou
• au milieu du second (suit le pourtraict de la Béthoine). L’herbe appliquée
• par dehors profite contre les morsures des bestes venimeuses. Quelque poison » ou venin, tant mortel soit-il, ne nuira point si auparavant ou a prius de la » Béthoine. Aux hydropiques on en baille le poix de deux dragmes. File rompt
• les pierres et gravelles arrestées aux reins, et nettoyé le poulmon, le thorax et » le foye. File est dicte avoir si grand'verlu que les serpens enfermés et enclos » dans un cercle ou ceinture faictc d'icelle se tuent l'vn l'autre à force de se » battre et desbaltre. »
» De la grande E solaire (1). — La grande Ësclaire nais! es lieux ombrageux
• et parmy les vieux parois. La grande Esclaire iette sa fleur à l'advencinenl des
o conservation de la santé, ensemble le naturel de plusieurs sortes de pillules, huyllcs, et n bausmes, avec la propriété et figure des herbes et plantes communes, par M. Leonhard » Fusch. Troyes, 1 vol. in-12 de 106 feuillets paginés seulement sur le recto, avec figures. »
(1] tes dénominations de Fucbsius consistent en général en noms génériques qui ne sont pas suivis de noms spécifiques ; son livre renferme néanmoins un certain nombre de noms, composés d'un nom de genre et d'un nom d’espèce.
Ces dénominations ont été conservées aux mêmes plantes par Linné, auquel on les attribue, d’après la règle qui veut que la synonymie ne remonte pas au delà de Linné. Une partie de ces noms étaient, du reste, usités antérieurement à Fuchsius. Je citerai : Aconilum Lycoctonum, Aristolochia rotunda, Amaranlus purpurcus, Atriplex hortensia, Augelica silvestris, Helleborus niger, Iris gerinanico, Lilium croceuin, Cannabis saliva, lledcra Hélix, llordeum dislichum, Nymphæa lutea, N. candida (alba, L.), Pimpinella major (magna, L), Kaphanus sativus, Allium ursinum, Tithymalua (Euphorbia, L.) helioscopius, T. Cyparissias, T. platyphyllos, Trifolium pratense, Chelidonium majus, Digitaliç purpurea, D. lutea. — D’autres noms ont été conservés par Linné, mais appliqués arbitrairement par lui à des plantes autres que celles de Fuchsius.
G&RMAUf (DE ST PIERRE). 68