ARTICULÉ
persistent pendant l'hiver et qui sont dits à feuilles persistantes. Chez les plantes herbacées, cette articulation existe aussi, mais le froid fait cil général périr leurs tiges avantque les feuilles aient eu le temps d’arriver à cette sorte de maturité qui détermine leur chute. — Si l'on pratique longitudinalement la coupe d'un pétiole (dont l'articulation soit manifeste), et du fragment de la tige à laquelle on laisse ce pétiole adhérent, on verra que les trachées et les vaisseaux traversent l'articulation sans éprouver aucune modification ; le tissu cellulaire seul est modifié : au niveau de l'articulation, ce tissu est en général plus abondant, à cellules plus petites et gorgées d'eau ; aussi le point qui correspond à une articulation est- il en général en même temps renflé et fragile. A la maturité de la feuille, la couche inférieure de tissu cellulaire du pétiole se sépare de la couche supérieure du tissu cellulaire de la tige au point de l'insertion, sans éprouver de déchirure ; quant aux vaisseaux et aux fibres qui existent à ce niveau, retenant seuls la feuille apràs la séparation du tissu cellulaire, la moindre secousse occasionnée par le vent détermine leur rupture, et leurs extrémités rompues forment des points saillants très-visibles à la surface de la cicatrice soit de la tige, soit du pétiole détaché. — Non-seulement les feuilles sont articulées avec les tiges, mais certaines feuilles, dites feuilles composées, présentent des divisions (folioles) elles-mêmes articulées sur la nervure moyenne (rachis); d'autres feuilles profondément modifiées, les feuilles carpellaires, présentent quelquefois plusieurs articulations transversales : telles sont les gousses composées de plusieurs articles, qui appartiennent à certains genres (Coronilla, Hedysarum, Hippocrepis, etc.) de la famille des Papilionacées. Une articulation transversale détermine aussi la chute de la partie supérieure des capsules auxquelles on a donné le nom de pyxide.
ARTICULÉ, articulntus. Qui est attaché au moyen d’une articulation. Se dit d'un organe, soit appendiculaire (une feuille, par exemple), soit axile (un pédoncule ou un pédicelle, par exemple), qui est adhérent à un autre par un point au niveau duquel il se détache naturellement et spontanément à une certaine époque, et qu’on nomme articulation (voy. ce mot). Les feuilles péliolées sont franchement articulées; quant aux feuilles décurrentes, c'est-à-dire dont le limbe est adhérent à la tige au-dessous de leur insertion dans une grande étendue, elles ne sauraient être détachées de la tige sans déchirure ; aussi feronsnous remarquer que ces feuilles décurrentes appartiennent en général à des tiges herbacées et annuelles où il n’est pas utile que lis feuilles tombent, puisque les tiges meurent en même temps que les feuilles, lanilis que les plantes ligneuses, dont les feuilles doivent être renouvelées par celles des nouveaux Ismrgeons, ont presque toujours des feuilles pétiolées ou rétrécies à la base. — Les pédoncules fructifères peuvent être articulés Iranchemenlou d’une manière moins évidente. En général, ils sont articulés, et se détachent naturellement dans les cas où les graines qu’ils renferment ne s'en échappent pas par suite d'une déhiscence. Les fruits indéhiscents tombent à la maturité en vertu de leur pesanteur, comme la poire, la pomme et autres fruits charnus, en entraînant leur pédoncule. Dans d'autres cas, le pédoncule reste adhérent au rameau, et c'est le fruit qui se détache par sou |>oid.s du pédoncule : par exemple la pèche et l'abricot ; il en est
ARTICÜLEUX. — ARTOO.ARPÊRS.
qui sont très-légers et sont emportés par le vent, en raison de leur structure et de leur légèreté : tels sont les akènes des Composées, dont un grand nombre sont munis d'une aigrette. — Lorsque, au contraire, les graines sont chassées naturel* lenieut du péricarpe eu vertu de l'élasticité ou de l'hygrométricité de ses parois, chez certaines espèces de la famille des Papilionacécs, par exemple, le péricarpe ne se détache souvent que longtemps après la chute des graines ; s’il appartient à une plante herbacée, il arrive même qu’il reste attaché à la tige, et ne so détruit qu’en même temps qu’elle. — Les fleurs femelles ou hermaphrodites qui n’ont pas reçu l’imprégnation du pollen se flétrissent et tombent souvent en se désarticulant par la base de leur pédicellc ; les fleurs mêles se flétrissent et so détachent de même après l’anthèsc. Dans les épis de fleurs apétales qui ont reçu le nom de chatons, c’est le pédoncule ou axe du chaton qui sc désarticule, après l’anthèsc, pour les chatons de fleurs mâles, et â la maturité des graines pour les chatons femelles.
ARTICULEUX, articvlosiis. Qui se compose de plusieurs articles ou pièces articulées entre elles.
artificiels (Systèmes). — Voy. Systèmes.
AltTOC.ARPKES. Famille de plantes dicotylées, apétales, très-voisine des Morécs, mais en différant par la graine dépourvue de périsperme. Les Arto-
FlG. 70. — Arbrc-à-pain (Arlocarpitt incita). — 1, rameau; 2, fruit (dimensions réduite»).
carpées sont des arbres à suc lactescent, ayant beaucoup de rapport avec les Figuiers par le |>ort général et la disposition des feuilles. Los fleurs sont, ou
ART0RI1I/.ÉES,