‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 375 sur 414 · SYSTÈMES (D’ORGANES · texte numérisé non relu

SYSTÈMES (D’ORGANES

sificalinn inventé par Linné, comme système provisoire, (et qui est basé sur le nombre et 1'arrangemeut (les étamine» et des pistils, est un système artificiel. Les systèmes artificiels, pouvant être établis sur des données incomplètes, précèdent, dans la marche des connaissances humaines, les méthodes naturelles, dont rétablissement suppose la connaissance, sinon de tous les objets, du muius de tous les principaux types d'organisation. Aussi Linné n'a-t-il imaginé son système artificiel (lrès-su|>érieur du reste à tous ceux qui ont été invenlés'avaut ou après lui) que faute de données suffisantes pour créer uue méthode naturelle, dont il s’est efforcé cependant de tracer une esquisse avec les matériaux insuffisants qui avaient pu être réunis de son temps. — Le système artificiel de lanné a pour conséquence (et Linné ne l’ignorait pas) de rapprocher souvent des objets très-dissemblables; il renferme d’ailleurs un assez grand nombre de groupes qui ont dû être conservés dans les méthodes naturelles : les Composées, les Crucifères, les Ombellifèrcs, les Papilionacées, les Graminées, etc., etc. — Linné a rendu possible l'étude des plantes par l’idée qu’il eut le premier d’imposer à chaque es|>èce un nom composé de deux mots seulement : 1“ un substantif désignant le genre (ou petit groupe naturel) auquel l’espèce appartient; 2" uue épithète désignant l’espèce entre toutes celles dont l’ensemble constitue le genre auquel elle appartient. Exemple : /losa gallica (Rosier français, la Uoso-de-Provins); Rusa désigne le genre, gallica désigne l’espèce dans le genre. Ces deux mots, qui constituent le nom spécifique de la plante, suffisent pour la désigner au milieu du règne végétal. (L’épithète qui désigne l'espèce dans le genre n’est pas nécessairement un adjectif, quelquefois c'est un mot substantif, un ancien nom trivial, par exemple; quelquefois c’est même un substantif au génitif; par exemple, Rosa sepium, Rosier-des-haies. ) Avant Linné, chaque cs|>èce avait pour nom une phrase descriptive latine longue souvent de plusieurs lignes.

En créant son système, Linné rendit l'étude des plantes facile, et ce fut un immense service qu'il rendit à la science ; car les botanistes, pouvant dès lors arriver au nom des plantes avec sûreté et promptitude, purent profiter de ce qui était déjà écrit sur ces plantes, et surtout coordonner les nombreux matériaux qui arrivaient de toutes parts.

Grâce à ces moyens d’étude créés par Linné, et aussi par Tournefort, qui est le fondateur de la délimitation rigoureuse des genres, les faits acquis s’étaid multipliés considérablement dans l'espace d'un petit nombre d’années, un nouveau législateur, Antoine-I,aurcnt de Jussieu, a pu établir une méthode basée sur les affinités naturelles des plantes entre elles. — Voy. Classifications BOTANIQUES, CLEFS DICHOTOMIQUES, FAMILLES DU RÈGNE VÉGÉTAL, MÉTHODE NATURELLE.

SYSTÈMES (D’OKCiANIES). Ensemble d'organes simples (par ex. feuilles diversement modifiées) qui, par leur réunion, constituent un organe composé ou uu appareil. Une corolle composée de plusieurs (létales constitue un système d’organes ou organe composé. Une lleur est uu appareil complexe résultant de la réunion de plusieurs appareils simples : corolle, gynécée, audrocée, etc.

TARAC.

TABAC (Nirotiana Tabacum, famille des Solanéos) (fit;. 1488 à 1491). I.c Tabac est originaire de rAmérique. Lors de la découverte du nouveau monde,

Fie. 1488. — Sommité florifère du Tabac [Sicotiana Tabacum), proportions réduites.

Fig. 1489. — Sommité florifère du Tabac rustique ( Nicotiaua ru*tica). „

en 1/i98 el dans les années suivantes, les Portugais trouvèrent l'usage de fumer le tabac très-répandu chez les naturels des diverses contrées où ils abordèrent. Ils rapportèrent la plante en Europe.(l), où elle eut d’abord une grande vogue

(1) Endlicher ( Enchiridion hotanicum) parle en ces termes de l’introduction du tabac en Europe ; jo traduis, avec quelques variantes ou additions, son latin élégant :

L’usage, aujourd’hui répandu dans toutes les contrées de la terre, de s’introduire dans le nez du tabac en poudre, de brûler la feuille sèche du tabac dans un petit fourneau tenu entre les dents pour en aspirer la fumée, quelquefois même de mâcher cette substance nar-

Page 1