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THÉ-SUISSE

cet objet. En 1648, le thé était traité d'impertinente nouveauté; aujourd'hui il est seulement moins neuf. Pour plusieurs, le thé est une tisane stimulante utile pour précipiter une digestion embarrassée, et il produit l’effet, comme boisson agréable et de luxe, d'une mystification trop prolongée. Son usage journalier dans les contrées froides, humides et bruineuses, s'explique par l'utilité de combattre par des stimulants l'influence débilitante des brouillards, et encore y est- il presque toujours accompagné de réconfortants beaucoup plus substantiels. En France, son usage, qui s’introduit avec une sage lenteur, s'explique par le sentiment de l'imitation (qui aime à s’exercer lorsqu'il s'agit d’usages de luxe) plus que par l'agrément réel de cette infusion : fade si elle est légère, surexcitante du système nerveux si elle est assez concentrée pour être réellement parfumée.

Le thé-vert est obtenu parla dessiccation rapide des jeunes feuilles, qui conservent ainsi toutes leurs propriétés. — Le thé-noir est un thé de seconde qualité, moins rapidement et moins bien séché; il est moins excitant, mais moins aromatique. L'usage est de mélanger les deux sortes pour en préparer l'infusion.

— La qualité des thés varie aussi selon leur provenance, et le soin avec lequel ils sont conservés (variétés dans les arbres producteurs et différences dans les modes de préparation). — Un certain nombre d’espèces étrangères au genre Thé ont été proposées et ont été acceptées comme fournissant des infusions aromatiques plus ou moins analogues 4 celles du thé, mais moins excitantes. Liions 1e Thé-dn-Paraguay (un Houx) lieu- /)/war/«a//ens/s(llicinées ; un Lanlana ( Vcrbénacées - Lantanécs ) , !.. l’seudo-Thea). — Parmi les plantes d’Europe, un a employé le llri/as octo/ictula ( jolie Kosacéc herbacée des hautes Alpes); les feuilles d'Oranger ; les sommités de Sauge, èt surtout les fleurs de Bouillon-blanc ( Verhastum Thapsus) (lig. 1497) fraîchement récoltées (l’infusion de ces fleurs doit être filtrée dans une toile line) ;

Fig. 1497. — Hameau florifère et feuille du Bouillonblanc ( Verbascum Thapsus).

enfin, le /* aronychia aryentea, petite plante de la famille des Paronychiées,

appartenant à la région méditerranéenne.

THÉ-SUISSE = Vulnéraire. Un certain nombre de plantes aromatiques

des Alpes sont recueillies mélangées, et livrées par les herboristes sous le nom

de thé -suisse ou de vulnéraire ( médicament utile pour les oonlusions et

TRÊCAPHORE. — TIGE.

blessures). Ce mélange varie, comme espèces, selon les hasards de la récolte de l'herboriste. On y rencontre des Labiées : Ajuga pyromidalis, Hrunetla grandi (tara, Detonica officinal is, Mentha arvensis et autres ; des Composées : Arnira montnna, plusieurs Art nu ma (A. glarialis, Mutellina, spirata fies Génépis] ), Achillea moschata, des Eriyertm, les Gnuphalium dinirum et Leonlopndiuin, etc.; puis des Véroniques, des Piroles, la Sanicle, des Scrofulaires, l’Aigremoine, etc. , etc. : toute une herborisation. — Le vulnéraire d’Auvergne est un peu moins riche en espèces et moins aromatique. — Ces infusions sont sudoriliques et stimulantes des fonctions digestives.

THÉCAPHORE. Se dit d’une surface qui porte des thèques, d’un réceptacle qui renferme des thèques.

iii£caphokh. thrrapharum — basigynium. Atténuation d’un carpelle à sa base en une sorte de support ou de pédicelle. (Inusité.)

TI1ÉCASPORÉS (Champignons dits Thécasporés) = Champignons ascomycètes = Champignons endosporés. — Champignons dont les spores se forment dans l’intérieur d’une cellule-mère (tlièque, theca , ou asque, ascus), dans laquelle cellule ils restent enfermés jusqu’à l’instant de la dissémination. — Les Thécas|>orés se divisent en Ectuthéqves, dont les thèques sont situées à la surface du Champignon ou dans des cavités ouvertes à l'extérieur, par exemple chez les Morilles, les Helvciles, les Pezizcs; et en Endothèques, où les thèques sont situées dans une cavité fermée, ou dans le parenchyme même du Champignon, par exemple chez la Truffe. ,

thèqee, theca. Nom donné à une sorte de sporange qui est constitué par un utricule allongé ou globuleux qui renferme les s|>orcs. Les spores sont renfermées dans des thèques chez les Lichens et chez un grand nombre de genres de la famille des Champignons.

TIIYM ( Thymus vulgaris, famille des Labiées). Plante commune en Provence, et cultivée en bordure dans les jardins. Le Thym est associé au Laurier comme condiment; sa saveur est chaude et aromatique.

TI1YMKI.KF.S. Classe comprenant les familles suivantes : MONIMIACÊES, Laurinêes, Gyhocakpêes, Sam alacêes, Daphnoïdëes, Aquilarinées, Éléagnéës, PénéacéES, PhotÉACêes. Piaules dicotylées apétales. Fleurs souvent bisexuées (hermaphrodites), quelquefois uuisexuées (diclines). Périanthe souvent coloré pétaloïde, ou vcrdtUre en dehors et coloré eu dedans. Carpelle unique ou plusieurs carpelles libres ou soudés eutre eux. Un ou plusieurs ovules réfléchis. Fruit à péricarpe membraneux, ligneux ou charnu.

thi'rme, t/iyrsus. Sorte de panicule appartenant aux inflorescences mixte à axe principal indéGni et à axes latéraux définis. — Thyrsoideus. En forme de thyrse.

t ige, caulis, et dans les mots dérivés du grec, caithm (fig. 1508 à 1526). On donne le nom de tige à l’axe ascendant chez les végétaux (la racine est désignée sous le nom d’axe descendant. C'est sur la tige et ses ramifications (branches, rameaux, ramuscules, pédoncules, pédicelles, réceptacles) que sont insérés les organes appendiculaires on feuilles. Chez les plantes cryptogames cellulaires, la

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tige n 'existe pas, à proprement parler; la plante se compose d’expansions folia-

Fic. 1498. — Système caulinaire et système foliaire confondus chez une Cryptogame cellulaire de la classe des Lichens.

Fig. 1499. — Axe cellulaire rameux chez une Mucédinée (classe des Champignons, genre Helminthophora),

Fig. 1500. — Tige dans la classe des Filicinùes (Fougères) : les feuilles (frondes) par ticipent aux caractères du système axile en portant les sèminulcs (comme l'étamine porte le pollen, comme le carpelle porte l'ovule).

Fig. 1501. — Tige (sommité fructifère de tige) chez une Prèle (Equisetum). Les rameaux naissent chez ces liges en dehors du point d’insertion des anneaux membraneux qui remplacent les feuilles.

cées ou de masses charnues qui portent les organes de la fniciiûcatiou et n'ont

1276 TIGK.

que des rapports très- éloignés avec les véritables liges. Chez les plantes pliané-

Fie. 1502. — Tige herbacée d'une Monocotylédonc bulbeuse (bulbe à tuniques émettant une hampe), chez un Narcisse {Sun issus).

Fie. 1503. — Tigei herbacées chez une Dicotylédone vivace : pédoncules radicaux naissant d’un rhizome ou d’une souche terminée eu racine pivotante, chez un Dorsictiia.

F|G. 150V — fragment d’une tige H- Fia. 1505. — Fragment de tige ligneuse gneusc 'arbre de la classe des Cüni- ‘ arbuste de la famille des Myrlacées, un

(ères, le Juniperus Sobina). Melaleiwn) .

rogaines, la lige est, dans les différents groupes, de structure très-variée: néan-

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Fie. 1500. — Fragment de lige d’une Dicolylédone ligneuse (une Kubiacée, VUncaria Gambit', l'une des plantes qui fournissent le cachou.)

Fig. 1507. — Fragment d’une tig« de Dicotylédone ligneuse ( une Mimoséey genre

Acacia ).

Fig. 1508 — Jeune plante de Frêne (Fraxi- Fig. 1509. — Tige courte (émettant des nus excelsior) peu après la germination (pro- rosettes de feuilles et des rameaux couport ions réduites;. chés ou stolons) d’un Fraisier (Frngaria).

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Fie. 1510. — Tige herbacée, volubile, s’enroulant de droite à gauche, chez le Houblon

{ Uumulas Lupulus ).

Fie. 1511. — Tige herbacée, volubile, s'enroulant de gauche à droite, chez T Igname

{U iü sco rca Oalaln>).

Fig. 1512. — Tige charnue-articuleuse d’une Cacléc , genre Opuntia, Les feuillet» (moins celles des lleurs; sont réduites à des épines.

Fig. 1513. — lige charnue -globuleuse d’une Cactéc ( genre Echmocartus ;. Les feuilles (moins celles des Heurs) y sont réduites à des épines.

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moins elle présente deux modes principaux de structure qui caractérisent l’em-

Fig. 1514. — Tige couchée-nulicantc d’une Dicotylcdonc herbacée, YHicracium Piloseila (la Pi lo selle).

Fig. 1515. — Fragment de tige d'un tkwhinia Fig. 1516. Fragment de lige d'un (liane ligneuse de la classe des Légumineuses), ( inchun (Gnétacées), à divisions mudans laquelle la tige est aplatie cl présente une luellement enroulées, série de courbures alternatives et régulières.

branchement des Dicotylédones (désignées à ce point de vue sous la dénomination

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iVExngme*), et rombraiiclieiiiciil des Monocolylédones (désignées à ce même |x>int de vue sous le nom d* Endogènes) (voy. DicotylêikinêS et Monoco- TYLfcDONtS (Végétaux). — La tige, soit chez les Dicotylédones, soit chez les

Fig. 1517. — Fragment de tige d’une Mal- Fie.. 1518. — Coupe horizontale d’une tige pighhcéc, composée de faisceaux plus ou de Ménisperméc à couches concentriques moins indépendants et enroulés. (développées d’un seul côté).

Monocotylédones, est généralement de forme cylindrique. Fendant la première année, elle se compose d'une zone extérieure ou corticale de nature celluleuse ou ce! I u lo- fibreuse (voy. Écorc.f. et Épiderme), et d’un corps central constitué

Fig. 1519. — Coupe horizontale d’une tige de Dicotylédonc à développement régulier (les couches sont régulièrement concentriques), chez le Chêne-commun (ÇuerciM Robur).

Fig. 1520. — Coupe horizontale, à couches concentriques, de la tige d’un Gnetum (famille des Gnétacécs).

par du tissu cellulaire dans lequel sont distribués des faisceaux lihro-vasculaires ou faisceaux ligneux. Chez les Dicotylédones, ces faisceaux sont dis|H>sés eu cercles concentriques, et laissent cuire eux des intervalles celluleux connus

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sons le nom de rayons médullaires ; la colonne médullaire centrale a reçu le nom de moelle, et les parois de la zone qui les renferme le nom d’éfut médullaire. Chez les Monocolylédones, les faisceaux fibro-vasculaires sont dispersés isolément dans la masse du tissu cellulaire, et sont d'autant plus pressés les uns contre les autres, qu'ils se rapprochent davantage de la périphérie de la tige. —

PiG. 1521. — Coupe horizontale de la lige d’une Aristoloche (A. cymbifera ), dont la couche subcreuse est normalement hypertrophiée.

Fig. 1522. — Coupe horizontale de la tige d’une Mii)pighiaccc,dont le corps Ligneux est irrégulièrement divisé en plusieurs colonnes.

Les tiges qui végètent plusieurs aunées sont dites ligneuses; les tiges qui périssent après une période d’un an, qu’elles appartiennent à une plante annuelle ou à une plante à souche vivace, sont dites herbacées. — Les tiges ne végètent pas toujours à l'air libre; chez certaines plantes, la tige principale et ses ramifica-

Kic. 1523. — Coupe horizontale de la tige Fie. 1521. — Coupe horizontale de la tige d’une Bignoniacée, dont le corps ligneux d’une Sapindacce, composée de 1 cylindres

est divisé en quatre colonnes entourées symétriquement disposés et entourés cha-

d’un même cercle cortical régulier. cun d’un cylindre cortical particulier.

lions sont souterraines (hypogées), au moins dans une certaine étendue de leur partie inférieure. Ces tiges souterraines, qui ont l’apparence de racines, mais qui diffèrent des racines en ce qu’elles sont pourvues de feuilles rudimentaires ou écailles, sont désignées sous le nom de rhizomes, tubercules, bulbes, etc. (voy. ces mots). Les extrémités de ces tiges, ou des rameaux axillaires émis par elles, constituent les tiges épigées ou aériennes, qui sont ou non florifères. Certaines tiges ont reçu différents noms plus ou moins usités ; la lige des Pal-

TIGELLE. — TILIACÉES.

miers a été désignée sous le nom de stipe, la tige des Graminées sous le nom de chaume , et les tiges peu feuilléeset terminées par une inflorescence ont reçu les noms de pédoncules radicaux , hampes , scapes et spadices (voy. ces mots).

Fie. 1525. — Coupe horizontale de la tige d'une Sapindacée, composée de plusieurs cylindres disposés autour du cylindre central, entourés de leur écorce, et dont l'ensemble est entouré d'un même cylindre cortical.

Fie. 1 526. — Coupe horizontale d’une Monocotylédonc arborescente (un Palmier) : les faisceaux ligneux y sont indépendants et non par coin hes concentriques, et l’ensemble de ces faisceaux constitue un cylindre entouré d’un cylindre cortical (1).

— Le mode d’accroissement des tiges est un des points de la science sur lesquels s’élèvent encore les dissidences les plus nombreuses et les plus profondes entre les différents observateurs ; je n’aborderai point ici cette grande question, à la solation de laquelle je m'efforce de contribuer par des recherches et des observations assidues. Voy. CoLfeORttHizE, Collet, etc. tigf.li.e, cauliculiis. Jeune tige chez l’embryon. Voy. ce mot TILIACÉES. Famille de plantes dicolvlécs dialypétales, à ovaire libre, comprenant des arbres ou des arbrisseaux qui appartiennent la plupart aux régions tropicales; quelques-uns cependant sont propres aux contrées tempérées de l'hémisphère boréal. Cette famille est assez voisine de celle des Byttuériacées, laquelle présente elle-tnème d’étroites affinités avec celle des Malt acres.

Des genres assez nombreux de la famille des Tiliacées, le genre T ilia (Tilleul) est le seul représenté en Europe : deux beaux arbres appartenant à ce genre (T. /ilnty/ihijllos et T. silvrstrif), à feuillage épais, Il fleurs odorantes, sont communs dans nos bois, et plantés dans les promenades et près des habitations. Prononcer le nom du Tilleul, c'est rappeler de frais ombrages {vendant les chaudes journées de soleil, c’est évoquer le souvenir de la brise parfumée du soir. L’infusion, si justement usitée, des fleurs de Tilleul a presque l'arome du Thé : le thé stimule et agite; le tilleul, au contraire (comme la fleur et la feuille d'Orangcr), est antispasmodique et calmant.

La famille des Tiliacées présente les caractères suivants : Arbres ou arbrisseaux (rarenv. plantes herbacées) il feuilles alternes (rarcin. opposées), péliolécs ou sessiles, simples, paltnatilobées ou entières crénelées ou dentées, munies de stipules. Fleurs hermaphrodites, axillaires, ou en corymbcs, ou en panicules, ou en

(i) Je trouve une certaine analogie dans cette disposition propre aux tiges des Dicotylédones cl la disposition des cylindres ligneux qui constituent la tige dans certaines Lianes dicotylées, notamment chez les Sapindacées.

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