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TAXONOMIE. — TÉRATOLOGIE VÉGÉTALE

sentant l'aspect d'un disque rliarnu, circulaire, rarement l ri lobé. Ovule dressé ou renversé, placé au cenlre du disque, libre et nu à son extrémité. Fruit composé de la cupule devenue charnue-succulente, et renfermant incomplètement ou plus nu moins complètement une graine 4 téguments ligneux. Embryon à 2 cotylédons, enfermé dans un périsperme charnu, volumineux.

La famille des Taxinécs, très-distincte des Cupressinées et des Abiétinées par la situation de la llcur femelle, comprend des arbres appartenant surtout aux régions tempérées de l'hémisphère austral, tant dans l’ancien que dans le nouveau monde. L’If (Taxus barcata) est très- anciennement cultivé comme arbre d’ornement ; ses buissons compactes recevaient jadis, par la taille, des formes symétriques en rapport avec la monotone ordonnance des anciens parterres à ligues droites. Un arbre élégant et bizarre, originaire du Japon, le Giugko ( Salisburia ) biloba, à feuilles pétiolées, membraneuses, en éventail bilobé .dont les fruits, qui ont l’apparence de drupes succulentes pédonculées, mûrissent à Montpellier), est actuellement introduit dans nos parcs.

TAXOXOMIE ou Ttxivonii:, taxonomiu. Parti# de la science qui a |Miur objet la théorie des classifications, ou les lois qui doivent présider à la classification des plantes. — Exposition dogmatique, examen et discussion de ces lois. — Exposition des divers systèmes de classification fondés par divers botanistes. — Voy. Adrien de Jussieu, Dictionnaire universel d’histoire naturelle, article Taxonomie. — Voyez aussi Classifications, Systèmes artificiels, Méthode naturelle, Familles du règne végétal. Clefs dichotomiques.

Tectus. Couvert. — Tegens. Qui couvre.

Tegmen. Tegmen, sccondine. Nom donné au tégument de l’ovule situé sous le testa. Voy. Ovule.

TKUMKvrsi (des boi RCEONS). Écailles (feuilles scarieuses) qui, chez certains arbres, recouvrent pendant l’hiver les jeunes 1601111% qui doivent se développer au printemps.

TÉtiEMEXTS, tegumenla. Organes qui en protègent d'autres en les recouvrant. Les téguments floraux sont les bractées, et même (si I on considère la fleur comme constituée essentiellement par les étamines et les carpelles) les séjrales et les pétales. On devrait nommer le péricaqie, tégument de la graine, et l'épispcrme, tégument de l'amande ou de f embryon ; mais, par abus de mots, on nomme téguments de la graine, les tuniques (épisperme) qui font essentiellement partie de la graine et renferment l'amande. (L'amande est constituée par le périsperme et l’embryon, ou par l’embryon seul, quand il n’existe pas de périsperme.)

Tmnx. Oui est dillicile 4 rompre par une traction directe (par ex. le Phormium lemt.r).

Tennis. Mince, grêle, délicat, ténu.

tÉpai.e , tepa/um. Mot proposé |xiur désigner les pièces du périanthe (ensemble du calice et de la corolle) chez les Monocotylédones. (Inusité.)

TÉR.t’l OLObiE % LgEtai.E. Science qui a pour objel l'étude des anomalies on déviations accidentelles du type normal chez les végétaux. Les anomalies.

TERf.INE. — TÊBÊBINTIIACÊES.

étant fréquemment le résultat de l'exagération de faits normaux, peuvent aider ii comprendre des faits obscurs ou inexpliqués. Voy. Chi.orantmie, Disjonction, Dotmi.E, Expansivité (Suppl.), Fasciation, Métamorphose, Nanisme, I’élorie, Prolification, Soudure, etc.

TKHC’lSiC = Nucelle. I.a troisième des tuniques de l'ovule. La tunique intérieure à la tercine est ordinairement le sac embryonnaire ; la tcrr.ine, par son développement ultérieur, constitue fréquemment le périsperme (ou endospertnc). Voy. Ovule.

TÉKÉBINTIIACÉES (AnacarmacÉF-S, Endl.). Famille de plantes dicotvlécs dialypétales (quelquefois ajætale»), à ovaire libre. Cette famille présente des rap|>orts éloignés avec les Sanguisorbées, les Amygdalécs, les Légumineuses; et se rapproche, d’autre part, des Zamboxylées et des Burséracées. — Les Téréhimliacées sont des arbres ou des arbrisseaux, la plupart des régions tropicales ou subtropicales; un petit nombre appartiennent il nos contrées tempérées.

Parmi un assez grand nombre de genres, la plupart exotiques, citons : Pistacia , dont quelques espèces fournissent le suc résineux connu sous le nom de mastic et de térébenthine de t h in. I.c /' istacia Lentiscvs (Lentisque est un arbuste dioïque très-élé:gant, en buisson touffu, à feuilles paripenuées, persistantes, qui décore les collines des bords de la Méditerranée. Le /‘istacia Terebinthns (Térébinthe), également spontané en Provence, est à feuilles caduques. On cultive dans le Midi, pour ses amandes d’un gmlt très-lin et de couleur verte, le P. vera (Pistachier). — Les Hhus, dont l'écorce coutient du tannin, sont des arbres décoratifs à feuilles ord. composées, souvent d’un rouge pourpre en automne : le Sumac {H. Conaria ), arbre à feuilles pennées, à fruits en panicules laineuses, rougeâtres; le H. Cotinus, arbuste très-élégant, à feuilles simples, Il panicules divariquées, à pédicelles fructifères ou stériles, plumeux; le IL Toxicodendron, à suc très-vénéneux. — Le Schinus Molle (vulgairement Faux-Poivrier), à feuilles imparipennées, très-odorantes, est un arbre à feuillage léger, très-décoratif, cultivé surles bords de la Méditerranée. — Plusieurs arbres de la famille des Térébiothacérs (ou appartenant à des tribus alliées à celte famille), propres aux contrées interlropicalcs, produisent des fruits comestibles, très- estimés dans les colonies : tels sont les Spondias et les Mangi/era (Manguiers). L* Anacardium occidentale produit le fruit connu sous le nom de noixd' acajou : un pédiccllc charnu, en forme de figue, porte ce fruit ligneux, réniforme (constitué par un seul carpelle libre, monosperme), dont le péricar)ie osseux contienldans ses anfractuosités une huile caustique (quelquefois employée comme rubéfiant) et renferme une amande d’une saveur agréable. Dans uu genre voisin ( Semecarpns), le fruit, de structure analogue, est en forme de cœur.

Les caractères de la famille des Térébinthacées sont les suivants : Arbres ou arbrisseaux h suc résineux-balsamique, quelquefois vénéneux ou caustique, à feuilles alternes simples ou composées, dépourvues de stipules. Fleurs souvent unisexuées par avortement, monoïques ou dioîqu&s, régulières, ord. trèspetites, ord. disposées en panicules ou en épis. Calice ord. libre, à 3-5 divisions. Corolle à 3-5 | létales insérés sur un disque au fond du calice, quelquefois nuis. Étamines 3-5-10, insérées avec les pétales. Ovaire constitué par uu seul car-

GERMAUt' DK ST-eiEHRE). 80

polie ou par 5-6 carpelles qui avortent tons, moins un, et sont réduits à leurs styles qui restent libres ou se soudent avec le carpelle fertile. Fruit ord. libre, inonosperme, indéhiscent, sec ou plus ou moins charnu. Graine solitaire, sus|ieiiduc à l’extrémité d'un funicule partant du fond de la loge, dépourvue de périsperme; embryon droit, arqué ou plié.

TKRKBIVniK (Pistaria Terebinthus , fam. des Térébinlhacées). Cet arbrisseau croît dans la région méditerranéenne. On en recueille par incisions une résine âcre et amère d'une odeur aromatique agréable.

TKHKBKVTHIX'ÉES. Classe comprenant les familles suivantes t.luc.LANDÉES, Anacardiacées ( Térêbinthalêes ), Bubsêracêes, Connaracêes, Ociina-

CÉLS, îàlMAHOUBÉES, ZaNTHOXYLÊES, DlOSMÉES, RUTACÉES, ZYGOPHYLLÊES, MÊLIAnthacÊES. — Caractères : Plantes dicotylées dialvpétales. Fleurs ord. hermaphrodites. Calice ord. libre. Pétales en même nombre que les sépales, hypogyncs ou périgyncs. Étamines ord. en nombre double de celui des pétales.

Ter es. Arrondi, qui ne présente pas d’angles saillants. — Teretiusculus. Dont les angles sont presque cfTacés.

TERMINAL, terminait». Qui termine, qui est situé au sommet.

TERMINÉ, terminatus — Défini. Se dit d’une tige qui se termine par une fleur ou une inflorescence.

TEKVf BNiWl.OGIE — Glossologic. Fnsemble des termes employés pour désigner les organes et leurs diverses manières d’être. — Partie de la science qui a pour objet la connaissance des termes techniques. Le mot tjlossologie doit être préféré au mot terminologie, qui est de structure hybride.

TERNAIRE (Nombre). Nombre trois et ses multiples. Les parties constituantes de chacun des verticillcs de la fleur, chez les Monocotylédones, sont généralement en nombre ternaire.

TERNÉ, ternalus. Disposé par trois. Les feuilles composées à trois folioles doivent être dites trifoliées et non tentées.

TERRAINS AU POINT DE VUE DELA VÉGÉTATION. — APERÇU GÉOLOGIQUE SUR les environs de Paris. — Les terrains les plus anciens ou le plus profondément situés qui fassent saillie, aux environs de Paris (1), à la surface du sol

(1) « Comme c est dans les couches superficielles et à une petite profondeur (dit Adr. de s Jussieu, Cours élémentaire tir botanique , § 900), que la végétation se prépare et s’élaa bore, la géologie, eu nous apprenant quelle est l’origine de celte eouebe, sa nature et s celle de l'inférieure sur laquelle elle repose, nous donne sans doute des indications pré- » cieuses dans beaucoup de cas ; mais elle ne peut et ne doit pas, en général, entrer dans » des détails purement locaux, que viennent changer souvent les circonstances physiques. » Ainsi, par exemple, les cartes géologiques désignent parla même couleur plusieurs des plaa féaux des environs de Paris sur lesquels s'étend une courbe de meulière. Cependant, que a l'on compare celui de Montmorency, couvert de moi- uns. avec celui de Nnnnois, couvert a d'un gazon court et stérile, ou avec celui de Meudon, couvert de bois secs, de Châtaigniers a principalement, au milieu desquels pullulent VA ira ftexuostt , le Meltini/iyrum praltnse , a le l’teris a guitina, on sera frappé de la différence complète de ces végétations, différence » qui résulte de ce que tantôt la meulière est accompagnée de glaise, et que tantôt sa couche a très-mince repose immédiatement sur le subie, souvent lui-mème à découvert. Il n'est pas a douteux néanmoins que les caries géologiques ne puissent être d'un Ircs-utile usage dans a les herborisations, et n'aident à constater un jour des rapports qu'on n'a|>er;oit encore a que trop vaguement, a

moderne, et qui constituent le sol comme dernier dépôt ou par suite d’érosions, appartiennent aux étages supérieurs des terrains secondaires (couche supérieure du terrain jurassique et terrains crétacés), aux terrains tertiaires (couches alternatives d’argile, de sahle, de calcaire siliceux, de calcaire grossier, etc.)) et aux terraius d’alluvion (terre végétale et tourbières). En aucun lieu de cette contrée, les terrains secondaires anciens (terrains jurassiques profonds, grès vosgien, terrain houiller), et moins encore les terrains ignés anciens (terrains granitiques, terrains primitifs cl de transition), n’ont été mis à découvert, ni naturellement, ni même par le sondage. Quant aux terrains ignés modernes (terrains volcaniques), ils n’v existeut pas.

Le puits de Grenelle, qui a 548 mètres de profondeur (510 mètres au-dessous du niveau de la mer), ne pénètre pas jusqu’à la première couche de terrain jurassique que nous venons d’assigner comme limite inférieure au terrain parisien (limite fixée à notre point de vue, puisque noms ne nous occupons ici que de l'état de la surface du sol).

Sur un point assez restreint du département de l’Oise, les couches inférieures du terrain parisien ont été relevées avant que les couches supérieures se soient déposées : telle est l’inclinaison ascendante de ces terrains à Lanlu et à Villembray, que l'argile de Kimmeridge et le terrain wealdien situés au-dessous de la craie chloritée, qui, à Paris, atteint le fond du puits de Grenelle, occupent la surface du sol, dont la hauteur est, sur ce point, de 214 mètres au-dessus du niveau de la mer ; les couches qui, dans les autres parties de la région, sont superposées à celte couche ancienne, ont été, à ce niveau, détruites par érosion, et entraînées à l'état de détritus dans les plaines situées à la base du plan incliné.

De ces phénomènes de dépôt et d’érosion, il résulte que, selon les lieux, c’est telle ou telle couche des terrains secondaires supérieurs ou des terrains tertiaires qui constitue le sol des environs de Paris; mais on ne devra pas oublier que la couche superficielle d’un terrain, quelle que soit sa nature primitive, est souvent recouverte par les alluvions modernes (détritus de divers terrains entraînés par les eaux, mélangés de terreau provenant de la décomposition des végétaux), et modifiée dans sa constitution par les travaux de l’agriculture.

Ces alluvions (ou dépôts modernes) peuvent constituer pour les végétaux le véritable sol, suivant l'épaisseur de la couche qu’elles forment, et suivant la profondeur à laquelle s’enfoncent normalement les racines des plantes qui s’y établissent. — Quant au terrain sous-jacent, il n’a d’infiuence sur la végétation des plantes herbacées à racines peu allongées que selon son degré plus ou moins graud de perméabilité et selon, sou inclinaison; ces diverses circonstances pouvant déterminer la siccité ou l'humidité habituelles du terrain d’alluvion qui le recouvre.

Les terrains superposés à la craie, et qui constituent presque entièrement le sol des environs de Paris, ont été nommés terrains /tarisiens; ils apjtartiennent aux périodes tertiaires éocène et miocène. Ce sont des couches alternatives d’argile, de calcaire siliceux, de meulière, de grès de Fontainebleau, de calcaire grossier, de sables de Bcauchamps et de meulière de Montmorency.

Lu grès et le sable pur n’occupent nulle part une surface très-considérable,

mais ces terrains constituent les plus hautes collines du pays de llurepoix et du Câlinais (Versailles, Rambouillet, Chevreuse, Palaiseau, Orsay, Étréchy, 10 lampes, la Ferté-Aleps, Milly, Malcshcrbes, Fontainebleau et Nemours' ; ce terrain constitue en outre un grand nombre des plateaux de la Brie (pays situé entre la Marne et la Seine), jusqu’au voisinage du confluent des deux rivières (presqu’île de Saint-Maur). Ces terrains sablonneux forment aussi un grand nombre de chaînes de collines des dé|>artcments de l’Oise et de l’Aisne, dans le Valois et le Soissonnais.

Dévastés terrains argilo-sablonnetix s'étendent à l’ouest et constituent le Perche et le pays d’Ouclie (Bonneval, Chartres, Chtitcaunctif, Dreux, Évreux, jusqu’à Rouen). Ce terrain, dont les plaines sont assez insignifiantes à notre point de vue, est relevé de collines de craie (à Chartres, Courville, Dreux, Ancl, NonaucoiuT, forêt d’ivrv, etc.), localités qui en recèlent les richesses botaniques.

I ai terrain le plus récent ( à part les terrains d’alluvion), le calcaire de la Beauce, constitue de vastes plaines à l’est et au sud de notre légion. La Beauce proprement dite est, comme toutes les plaines fertiles, un pays tellement cultivé, qu’il ne laisse qu'une place bien restreinte à la végétation spontanée; mais dans le Câlinais, les environs de Pitbiviers présentent un assez grand nombre de piaules intéressantes.

Le sol des plantes de la Brie, région située à l’est de Paris, est constitué par un calcaire siliceux dit calcaire de la Brie, par des manies gypsifères et de la craie. (Les environs de Melun, leChâtelet, Brie-Comte- Robert, Tournai!, Lagny, une partie des environs de Provins, appartiennent à ce terrain.)

Immédiatement au nord de Paris, sur la rive droite de la Seine, on rencontre un terrain calcaire siliceux nommé calcaire de Saint-Ouen, dominé çà et là |iar le calcaire siliceux de la Brie, et rehaussé de meulière et de sables. ( Les points les plus importants de cette étendue sont Saint-Denis, Montmorency, Dammartin, Meaux, etc.)

La zone de terrain située au nord de la précédente (le Soissonnais) est constituée par du calcaire grossier mêlé des sables dont nous avons déjà parlé. (Au nord-est, liez, Liancourt, Creil, Senlis, Chantilly, forêt de Hallale, forêt d’Ermenonville, Crespv-en-Valois, Villers-Cottercls, la Fcrté-Milon ; et à l’ouest, forêt de Saint-Germain, Pontoise, Marines, Magny, Chaumont, etc.) Ce terrain laisse à découvert, sur certains points, les calcaires de la Beauce, et est recouvert çà et là de calcaire de la Brie.

Enfin, au nord de la zone précédente, se trouvent des terrains tertiaires de la plus ancienne époque (argiles sableuses, argile plastique et calcaire pisolithique). Ce terrain se divise en deux sections, dont la première comprend le pays de Thelle, et plus loin le Vexin normand. Nous avons déjà vu que ce pays est relevé de nombreuses chaînes de collines de craie (Méru, Éirépagny, forêt de Thelle, etc.). La seconde sectiou de ce terrain tertiaire ancien (basse Picardie) est relevée, comme celui de la première sectiou, par des chaînes de collines calcaires (Pont-Sainie-Maxence, Verberie, forêt de Compiègue, Clermont, Beauvais, Songeons, Crcvccmur, Breteuil, Montdidier, etc.).

c’est entre ces deux sections du terrain tertiaire ancien que se trouve lacon-

TERRAINS Ali POINT DE VUE DE LA VÉGÉTATION. 1269

trée géologique la plus curieuse (les environs de Paris. Je veux parler de re pays élevé que j'ai mentionné déjà au commencement de cet article, dont la circonférence est formée de terrains crétacés anciens et dont le point culminant appartient aux terrains jurassiques; de cette ile, en un mot, qui dominait la contrée où devait s’élever Paris, à une é|H>que où cette vaste plaine était encore ensevelie sous les eaux de la mer. Le pays qui fut cette ile a environ quatre lieues et demie dans sa plus grande largeur (18 kilomètres), sur douze à quinze lieues de longueur; il est à peu près parallèle a la direction du cours de la Seine, et commence à partir de Hodenc-l'Évéque (non loin de Beauvais). Le terrain crétacé inférieur qui occupe la circonférence de l'ile nous offre les villages de Saint- Léger-en-Brav, le Becquet, Héricourt, la Chapelle-aux-Pots, Gournay, et plus loin la forêt de Bray. La partie culminante de l'île, formée par le terrain jurassique, renferme les villages de Villembray, Lanlu, Villers-sur-Auchy, Bois- Aubert, Hacourt, Doudeauville, Villers et Saint-Michel; au delà de ce point, quelques crêtes formaient d’étroits îlots qui dépassaient çà et là seulement le niveau de la mer.

Ce point culminant, cultivé en terres labourées, n'a présenté à notre regretté collègue M. Graves, qui l'a soigneusement exploré, qu’une végétation peu inléressante. line plante toute spéciale, le Potamogeton mut i fol i us , a cependant couronné nos recherches dans le pays de Bray, où il remplit un marécage.

On nomme terrain d'aUuvion la couche superficielle formée de débris entrailles, par les courants d’eau, des parties hautes dans les parties basses ; ces terrains, qui proviennent de débris de roches à l’état de cailloux, de sable lin, ou de pâte, mêlés de détritus végétaux, sont composés de particules très-fines libres entre elles; ils sont très-perméables à l’eau et sont les plus fertiles et les [dus favorables à la culture. Les agriculteurs tendent d’ailleurs à les modifier de plus en plus par les engrais de toute sorte dont ils les mélangent continnellement. fontes les vallées présentent une couche superficielle plus ou moins profonde, composée de ce terrain d'alluvion. En outre, la surface de tous les terrains cultivés par l'homme, quelle que soit leur nature primitive, tend de plus en plus à passer, par suite des amendements artificiels, à l’état de terre végétale.

La surface des terrains occupés par les forêts s’accroît chaque année d’une couche de terreau végétal due à la décomposition des feuilles mortes et des .plantes herbacées qui périssent sur le sol. Ge terreau et les Mousses cpii se développent à sa surface retiennent les eaux pluviales comme le ferait une éponge, et deviennent une cause inépuisable de fertilité, dont on tarit bien imprudemment la source par les dessèchements qu’on décore du nom de travaux d’assainissement.

Les tourbières sont des terrains que nous voyons se former encore aujourd'hui sous nos yeux dans le fond des vallées et des bassins où l'eau séjourne habituellement. Si le niveau de l’eau est élevé notablement au-dessus de la surface du sol, cette eau forme d’abord un lac; mais à la longue les plantes aquatiques qui s’v développent en abondance finissent quelquefois par combler le bassin des débris qui résultent de leurs générations successives : ces débris, macérés dans l'eau stagnante, constituent un terreau auquel on donne le nom de tourbe, et qui

remplit, dans certaines localités, des bassins d'une grande étendue et d’une profondeur considérable.

Toutes nos plantes aquatiques contribuent, par leurs débris, à l’accroissement des terrains tourbeux; mais certaines Graminées, et particulièrement YArundo Dunnx, un grand nombre de Cypéracées ( Cnrej -, Srirptis, etc.), des Joncs, des souches de .Y ’gmphœn (lig. I,i95), en constituent en quelque sorte

la charpente. Cette charpente inextricable forme un réseau dont les mailles sont remplies par des masses spongieuses de Sphngnnm, Mousses aquatiques qui végètent à la surface de ces terrains végétaux déposés sur le véritable sol ou flottant à la surface d'une nappe d'eau souvent profonde, et sur lesquels il ne faut alors s’engager qu’avec précaution.

Un grand nombre de tourbières, dont l'origine remonte à une haute antiquité, existent aux environs de Paris, et sont aujourd'hui desséchées, soit que l’accumulation des détritus végétaux ait suffi pour combler leurs bassins, ou que l'eau de ces bassins ait trouvé une pente pour son écoulement, par suite d'accidents naturels ou par l’effet des travaux de l'homme. Ces tourbières anciennes ne produisent pas un grand nombre de plantes spéciales. Je citerai comme exemple les anciennes tourbières de Bresles.

point de vue de la végétation qui s'y développe actuellement, sont les tourbières récentes dont la formation continue sous nos yeux. Saint-Léger nous en offrait de curieux exemples avant les dessèchements récents qu'on y a pratiqués, et les vallées de Malesherbcs ainsi que. les environs de Nemours nous en présentent encore de riches et intéressants spécimens : c’est la qu’on rencontre en abondance les Drnscra et le Pamaxsia, de nombreuses espèces de Scirpus et de Cairx, les (ftricularin, Pinguicula, Chara et Nitella, d’intéressantes Orchidées, et une foule d’autres plantes remarquables, et qu’on chercherait vainement ailleurs. Ces tourbières récentes sont caractérisées par la présence des Spkagnum qui végètent à leur surface.

On est quelquefois surpris de rencontrer les plantes des tourbières sur le penchant d’une colline; on est alors certain de trouver, dans le voisinage, une source qui, par son écoulement continu, détermine au-dessous d'elle une véritable petite tourbière, ne différant des tourbières ordinaires que par son peu d’étendue et de profondeur.

Fie. 1495. — S’/mphm a/ha, le Nénufar (proportions réduites).

Les tourbières les plus intéressantes au

TERRESTRE. — TÊTRAGONE.

En résumé, pour le botaniste, les terrains des environs de Paris importants par leur composition physique et chimique sont : les argiles, les calcaires, les calcaires siliceux, les sables et les grès, les meulières, et enfin les terrains d’alluvion, les tourbières, et l’eau elle-même, soit courante, soit surtout stagnante ou traversée par un faible courant.

Une grande partie des environs de Paris et toute la Picardie sont couvertes d’un limon argileux très-fertile, reconnaissable il sa teinte rougeâtre, et que les géologues ont désigné sous le nom de lehm (mot allemand qui signifie limon).

Dans le fond des vallées de la Seine, de l’Oise et de la Marne, il existe un diluvium composé de cailloux roulés empruntés aux roches situées en amont du point qu’on étudie ; on trouve même aux environs de Paris des cailloux de granit provenant des collines du Morvan. Voy. Paléontologie végétale.

TERRESTRE , terrestris. Qui végète sur la terre. S'oppose à aquatique ( aquatilis , aquaticus).

Tessellatus. Disposé en petits carreaux comme un damier : par exemple les taches blanches et roses de la fleur du Fritillaria Meleagris.

TEST*, testa = Primine. La tunique externe de l'ovule ou de la graine. La base du lesta est insérée sur le funicule, dont l’extension au niveau même de son insertion, chez les ovules réfléchis, constitue le raphé. L'ouverture supérieure de la tunique désignée sous le nom de testa est nommée eu ostome chez l’ovule ; celte ouverture constitue le sommet organique de l’ovule (ou de la graine), quelles que soient les courbures que cet organe éprouve pendant son développement. Lorsque l’ovule est passé à l’état de graine mûre, l’exostome est souvent complètement fermé, et constitue uu point enfoncé, à peine apparent, qu’on désigne sous le nom de micropyle. La radicule de l’embryon est toujours dirigée vers le micropyle; celle circonstance rend la situation du micropyle facile à déterminer, et permet par conséquent de retrouver la forme de l’ovule chez la graine.

Testaeeus = Crustaceus. Testacé, crustacé. Se dit d’une membrane épaisse, dure et fragile.

TÊTE (en), capitatus. En forme de tête. Se dit d’organes rapprochés en une masse globuleuse.

Teter — Fœtidissimus. Dont l'odeur est repoussante.

Tetra-, dans les mots composés dérivés du grec, signifie quatre; en latin, quadri-,

TÉTRADYNAME, tetradynamus. Se dit d’une fleur qui a quatre étamines plus longues que les autres.

TÉTRAÈDRE, tetraeder. Se dit d’un corps prismatique à quatre arêtes. — Quadrilatéral (quadrilateralis), à quatre faces, présente la même signification. — Quad rang al aire ( quadrangularis ) se prend souvent dans le même sens, bien que ce mot signifie â quatre angles, et non à quatre arêtes. Une tige à quatre faces ou quatre arêtes doit être dite quadrilatérale ou tétraèdre ; une feuille dont la circonscription présente quatre angles doit être dite quadrangidaire.

TÊTRAGONE, tetragonus. Se dit d'une surface limitée par quatre lignes droites. — S’emploie souvent comme synonyme de tétraèdre.

TFTRAGYNIIS. — THfc.

Tetragynus. Se dit d’un gynécée composé de quatre carpelles, surtout s’ils sont libres, ou si les styles sont libres.

Tetrandrus. Se dit d’un androcée ou d’une fleur à quatre étamines.

TÉTRAQUÈTRE, tetrnqueter. Se dit d’un corps prismatique à quatre arêtes saillantes séparées par autant d'angles -rentrants.

THALAMIFLORES (Plantes). Nom donné par l)c Caudulle aux Dicotylédones dialypétales à corolle hypogyne (dont les Heurs sont à |)étales libres et insérés sur le réceptacle au même niveau que l’ovaire). Voy. Cai.icifi.oues.

Thalamus. Réceptacle de la fleur; extrémité du pédicelle où s’insèrent les organes de la fleur. S'emploie surtout dans certains mots composés (ex. Thalamitlores). Dans le langage descriptif, le réceptacle de la fleur est désigné par le mot rêee/itaclf ou par le mot lorus. — Réceptacle de l’inflorescence chez les Composées (Tourneforl). — Réceptacle fructifère ( e.ccipultun ) chez les Licheas (Willdenow).

T hall us (Acnarius). Thalle, fronde. Expansion foliacée ou fruticuleusc qui constitue la lige chez les Lichens.

THÉ (Thea sinentù, famille d«s Camelliacécs) (fig. 1 ^ 96). Petit arbrisseau

Fie. 1196. — Sommité florifère el fructifère du Thé {Théo sinensis),

cultivé en Chine et au Japon dès la plus haute antiquité, pour l'infusion aromatique et stimulante qu’on obtient de ses jeunes feuilles séchées atec soin pour

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