TRUFFE
du genre Trnpaolum : J'. Lobbianwm, Sckixiianum, tuberosum, sont venues plus récemment ajouter à la gracieuse série de nus plantes décoratives grimpantes. — Deux genres monotypes : Chymocnrpus et Magaliana, constituent, avec le gros Tropœolum, le personnel des Tropéolées. Toutes les espèces de cette petite famille si caractérisée appartiennent exclusivement à l'Amérique. — Les caractères de la famille des Tro|>éolées sont les suivants : riantes herbacées à tiges molles grimpantes, souvent glabres et glauques, à suc d'une saveur un peu âcre et piquante ; à souche émettant quelquefois des tubercules charnus ; à feuilles la plupart alternes, pétiolées, à pétioles quelquefois tortiles, à limbe
Fig. 1559 et 1560. — Fleur et coupe verticale de la fleur d’une Tropéolie, la Capucine ( Troptrolum vuigare).
pelté entier, lobé nu palmaliparli, quelquefois marqué de petits points (ransparents. Fleurs hermaphrodites, irrégulières, solitaires à l'extrémité de longs pédicelles axillaires, souvent tortiles après la floraison. Calice participant à la couleur de la corolle, 5-fide, â base déjetée latéralement, les 3 pétales ainsi écartés de l'axe prolongés à leur base en un long et large éperon tubuleux libre, ouvert au fond de la llcur. Corolle à 5 pétales entiers ou frangés insérés à la base des divisions du calice, les 2 pétales insérés à l'ouverture de l’éperon éloignés des 3 autres, qui sont hypogynes sub-égaux ou un peu moins grands (manquant très-rarement). Étamines 8, hypogynes, de longueur inégale. Ovaire ord. à 3 carpelles réunis par leur angle central, chaque carpelle (ou loge) uniloculaire, uni-ovulé, à ovule suspendu réfléchi ; styles soudés en un style indivis ou 3-fide. Fruit à 3 coques monospermes (ou 1-2 par avortement), se détachant à la maturité, indéhiscentes, à péricarpe sillonné de côtes subéreuses ou ailé. Graines solitaires dans chaque coque ; périsperme nul ; embryon à cotylédons charnus cohérents entre eux. — Les Tropéolées présentent d'étroites affinités avec les Graminées et avec les Balsaminées.
TRUFFE ( Tuber ciborium) (fig. 1561 et 1562). Champignon de la division des Thécasporés endolhèques (c'est-à-dire à spores contenues dans des theques renfermées dans le tissu intérieur du Champignon, et ne devenant libres que par
TRt'FFE.
la destruction des couches extérieures). I.a reproduction des Truffes par leurs spores est parfaitement connue ; il est plus difficile de s'expliquer comment sc fait la dissémination à distance, la plante naissant et végétant à une certaine profondeur sous le sol. Les espèces du genre Elaphomyces présentent la même singularité. Les Truffes se rencontrent particulièrement dans les bois de Chênes des climats méridionaux et tempérés ; il en a été recueilli dans plusieurs bois des environs de Paris.
Fie. 1561. — Truffe (TuU’r aUiriuiii) , coupe Fie. 1562. — Fragment de la subetauce d'un tubercule. de la Truffe à sa maturilc, montrant les
conceptacles ou thèques qui contiennent les spore» (vu à un fort grouillement).
Nous n'avons pas 5 insister ici sur le parfum stimulant bien connu et la fine saveur de la Truffe ; le seul défaut de cette précieuse production est sa rareté, mais il n’est pas impossible qu’on parvienne à la multiplier. La Truffe passe pour douée de vertus aphrodisiaques.
D'après les recherches d'un savant distingué (M. le professeur Chatin), qui a fait une étude spéciale de la distribution géographique du Tuber ciharium et des conditions de développement ou de reproduction de cette précieuse Tubéracéc et de ses congénères, la Truffe-noire ou Truffe-du- Périgord se rencontre non-seulement dans les bois de Chênes, mais sous la plupart des arbres de la famille des Cupulifères : le Hêtre [Fagus silvnlicu), le Noisetier ( Corylus Avellana) et le Châtaignier ( Costa mm vulgaris). Parmi les diverses espèces de Chênes, celui dont la Truffe semble rechercher le voisinage, est l’espèce (ou sous-espèce méridionale du Quercus Rubur) nommée Q. pubescens. On la trouve moins fréquemment sous le Chênc-du-Nord (Q. jtcduncuhUa et Q. sessiliflorn, autres sous- espèces du (). Robur), mais ou la rencontre assez souvent sous les Chênes à feuilles persistantes de la régiou des Oliviers : le Chêne-vert {Q. Ilex), le Chêne-Liège {Q. Suberj, le Chêne-Kermès ou Chêne-à-feuilles-de- Houx (Q. coccifera), etc. — Fait important & noter : on récolte aussi la Truffe sous divers arbres forestiers étrangers à la famille des Cupulifères, sous des Cnnifères-Abiétinées, par ex. le Pinus /tnkpensis, ce Pin élégant, h char|>ente accidentée, qui verdit les collines pierreuses de la région maritime de la Provence. — L'ombrage de certains arbres, ou peut-être (comme on l’a dit) le voisinage de leurs racines parait donc nécessaire au développement du Tuber eiharium. Mais ce Champignon hypogé n’est |ias aussi exclusif qu'on l'avait pensé, dans sa prédilection pour les terrains habités par des Chênes.
üEHVAlN HL ST-l'ILKKt). 82
TBIIFFE.
J'ai demandé au professeur s'il était absolument nécessaire, pour trouver les Truffes, de suivre il la piste ces animaux qui.. . On se sert, en effet, des porcs, m'a répondu M. Chatin, pour trouver le gisement des Truffes; on a même dressé des chiens à cette chasse d’un nouveau genre : leur odorat n’est jamais en défaut. On prétend aussi que, dans certains pays de montagnes, on a chargé les ours du même emploi. Mais un amateur exercé peut se |>asser de cette collaboration tant soit peu gênante. Il ne sent pas, il est vrai, la place des Truffes, mais il la voit : en effet, le sol est dépouillé de verdure sur les truffières. Il paraîtrait que la Truffe fait périr les herbes et même les Mousses établies sur le petit domaine dont elle habite le sous-sol : les rabasteurs (chercheurs de Truffes) ne s’y trompent pas. — Peut-être aussi la Truffe s'empare-t-elle simplement des parties du sol ombragées et sèches dont les plantes à tiges aériennes ne sauraient s’accommoder. C'est un point de leur histoire à élucider. Quoi qu'il en soit, cherchez en Périgord ou ailleurs, dans les terrains calcaires boisés, surtout au pied des Chênes, sur les points où la terre parait dénudée, desséchée et comme effritée; fouillez à 10, 15, 25 centimètres de profondeur et souvent davantage, quelquefois à un demi-mètre, et... il n'est pas certain, mais il n'est pas impossible que vous trouviez un gisement de Truffes-noires, belles à souhait et parfumées à plaisir!
Les truffières, pour durer et se reproduire [tendant plusieurs années, doivent être ménagées : ou doit piocher avec modération et récolter avec mesure ; n’enlever que les tubercules suffisamment murs; déranger le moins possible les jeunes destinés à grossir, et laisser confiés à la terre (pour la reproduction) ceux qui seraient trop avancés. I.cs jeunes sont petits (blanchâtres), presque sans parfum et sans saveur; ceux qui sont trop mûrs se brisent et tombent en poussière (comme un Lycoperdan ou un Scleroderma à sa maturité). A cet état, ils ne sont plus mangeables ; c’est la semence qui promet la récolte pour une autre année; c'est le fond de magasin, l’avenir de la truffière. — En dépit de ces précautions, on a remarqué que les truffières fouillées par l'homme s’appauvrissent et s'éteignent beaucoup plus rapidement que celles qui sont fouillées par les animaux. Le plus sûr, pour ne pas compromettre l'avenir de la truffière, n'est peut-être pas d'avoir uu ours, mais de mettre à profit l'odorat subtil d'uu bon chien, ou l’instinct et le groin (passez-moi le mot) d’un cochon. Les Truffes ne se décèlent par leur parfum à ces animaux que lorsqu'elles sont mûres; il en résulte qu’ils ne dérangent pas inutilement les jeunes.
Les Truffes ne se trouvent [vas dis|x>sées en cercle comme certains Agarics (|>ar ex. les Mousserons); elles sont pelotonnées par groupes, par petits gisements, dans la direction des racines principales ou des branches-maltresses des arbres qui les protègent. On en trouve non-seulement dans les futaies de vieux Chênes, mais sous des taillis, ou même dans des semis de Chênes, au bout de cinq ou six années.
Les cultivateurs prétendent que, pour obtenir à coup sûr des Truffes dans des semis de Chênes, les glands confiés à la terre doivent avoir été récoltés sur des Chênes ayant abrité des truffières : ces glands d’élection se nomment glands truffiers.
TUBÆroRMIS. — TUBE. 1299
La récolte de la Truffe se fait de novembre en mars (à l’époque où se perfectionnent les dindes) : l'apparition de la Truffe annonce reproche du carnaval et fait prendre en patience la durée du carême.
I.a Truffe aime les terrains maigres; un terreau végétal, |xmrvu qu’il soit mélangé de calcaire, ne lui déplaît pas, mais elle ne s’accommoderait nulle part du lit du Champignon-dc-cotiche {VAgaricns edulit); les engrais animaux lui sont fatals. — Comment s’opère leur propagation à un demi-mètre sous terre? Leurs fines spores sont-elles entraînées à distance dans les fissures du sol par les eaux pluviales? Leur mycélium s’étend-il de proche en proche? Peut-être. — Se développent-elles à la manière de la moisissure bleue ( Pénicillium glaucum) au sein d'un pain-de-munition à croûte épaisse et pierreuse, oublié six semaines dans la huche? Pourquoi pas? Il est bien d’autres mystères !
Les espèces du genre Truffe sont nombreuses. Vittadini, dans sa monographie, en décrit plus de vingt-cinq. Toutes ces espèces du genre Tuber ne sont pas comestibles ; il en est de très-petites, d insipides et d'inodores, aucune ne paraît vénéneuse. — Parmi les espèces estimées dans le midi de la France, et qui arrivent rarement à Paris , nous devons mentionner honorablement la Truffe-blanche (qu’il ne faut pas confondre avec la Truffe-noire, blauch^ à l’intérieur avant d’étre mûre). La Truffe-blanche est plus volumineuse que la noire; il en est dont le poids est de plus d'une livre, quelques-unes |)èscnt près d'un kilogramme. Sa saveur est fortement accentuée ; c'est le parfum de la Truffe-noire, uni à une légère senteur d’ail (une Truffe à la fois uu naturel et à la ftrovençale). Elle se trouve un peu partout dans la région méditerranéenne; elle est surtout abondante en ItaKe; on la retrouve en Sicile, en Sardaigne, aux Baléares et en Corse. L'empereur Napoléon I" a, dit-on, toujours préféré la Truffe-blanche à la Truffe-noire.
Des personnes évidemment étrangères à l’élude de la botanique ont supposé que la Truffe était le résultat de la piqûre et de la succion d’une racine d’arbre par un insecte, une excroissance analogue à la noix-de-galle du Chêne ou au bédigar du Rosier. Les Truffes gâtées à l’air libre peuvent, comme d’autres Champignons, être attaquées par des tart es (vers) d'insectes (diptères et coléoptères) ; mais il n'existe aucune analogie de structure ni d'origine entre une Tubéracée ( Champignon dont la substance intérieure est formée de thèques contenant des spores à la maturité) et les épanchements de sève, organisés en tissu cellulaire, qui sont déterminés, chez certains arbres, par la succion prolongée. exercée comme par une ventouse, sur un point déterminé d'une feuille (la noix-de-galle, par exemple) pu d'un rameau à l’état herbacé, par une larve d’hyménoptère.
Tubœ/ormis. En forme de trompette, en forme de tube étroit, évasé à son extrémité. <
TUBE, tubus. Organe cylindrique creux, ouvert à son extrémité supérieure. Chez les calices gamosépales cl chez certaines corolles gamosépales, ou désigne sous le nom de tube la partie inférieure, lorsqu'elle est de forme cylindrique, et l’on donne le nom de limbe à la partie supérieure, lorsqu’elle est étalée en dehors.
TUBERCULE
if
rimiuiiK, tuberculum. Nom donné à dos renflements de diverse natnrp qu’on observe chez l’axe des liges souterraines (fig. 1568 h 1575), constitués en grande partie par un amas de substances nutritives (ord. la fécule) destinées à l'alimentation de la plante pendant une |>ériode ultérieure. Les bulbes
Fie, 1563. — Bulbe écailleux du Lis- Fie. 1564. — Plante à souche vivace, tubériblanc iLxhum candiilum) (propor- forme ou napiforme déprimée, du Cyclamen lions réduites). europteum (proportions réduites).
(fig. 1563) diffèrent des tubercules, des bulbes solides ou caulobulbes, etc. , en ce que l’amas de substance nutritive qu'ils renferment est déposé dans des feuilles dites écailles charnues, et non dans une partie axile. Les tubercules ne
Fn.. 1565. — Racine tubériforme du Jalap {Ezagoxaum Purga , Couvohmhu Jalafn i), racine de Jalap des olllcines.
doivent [tas être confondus avec les oplirvdo-bulbes (faux-bulbes des Ophrydées), bourgeons hypoges à racines charnues invaginées ou roléorrhizées (fig. 1566, 1567), ui avec les tubérosités des racines (radicmarquei) (fig. 1564, 1565). Je distingue ces tubérosités des véritables tubercules en ce qu’elles ne présentent aucune trace de feuilles.
J'ai divisé les tubercules et rhizomes charnus en deux sections: 1" les caulobulbes ou caulosnrque» ; 2° les turiobulbes ou turiosarques, ou tubercules proprement dits.
TUBERCULE
Les caulobulbes sont le résultat de bourgeons qui ne se renflent en tubercules à leur base qu'après s’être allongés cil tiges feuillées et souvent en liges florifères. Dans une première subdivision, je place les caulobulbes qui sont renflés avant la floraison de la lige : tel est, cher les Dicotylédones, le tubercule
Fig. 1566. — Ophrydo-bulbe de l’Ore/nv Fig. 1567. •— Ophrydo-bulbe de VOrefii* mnculntn. maseutn .
du Cyclamen cnru/neum (fig. 1565), du Unmmculus bulbnstts ; tels sont, chez les Monocotylédones, le tubercule de VAlisma /‘lanlaga, et la série moniliforme des entre-nœuds renflés et charnus de V A rr/ienat hennit bulbnsum.
Fig. 1568. — Rhiiome charnu d’un Iris (/ris r/trnmmca) (proportions réduites).
Dans une deuxième subdivision, je place les caulobulbes qui ne se manifestent qu’après la floraison de la tige dont ils constituent la base (fig. 1 568 à 1572) : telles sont, chez les Dicotylédones, les nodosités charnues des tiges souterraines ou.rhizomes de l 'Orobut tuberosus et du Geranium tuberetum.
TUBERCULE
Chez les Monocutylé«lones, les raiilobnlbes de celle deuxième subdivision présentent entre eux des différences notables : les liiherrnlos (dits pseudobulbes) des Orchidées épiphytes végètent pendant plusieurs années après leur floraison (les écailles on feuilles de ces caulohulhes se détruisent souvent assez promptement). Chez, le Liparis Lœselii (Orchidée indigène d’une structure analogue, et qui croît dans nos tourbières), le rhizome qui porte les caulobulbes «le trois ou quatre années est susceptible de se conserver à la base des productions nouvelles sans se détruire; mais chaque caulobulbe se détruit après l'année pendant laquelle il a fleuri. Chez VEpipogium (imelini (Orchidée que l’on rencontre ça cl là dans les forêts montueuses de l’Kurope), la tige luhérifère ap|>arlient à un rhizome ramenv : cette lige se renfle au-dessus de sa hase
Fig. 1569. — llhizoïnes courts luberculiformes du Curcumn rotmda.
à l'époque de la floraison ; le renflement persiste pendant les premiers temps du développement d’un bourgeon florifère pour l'année suivante, au profit duquel elle s'épuise, puis se détruit. Chez le Mnlaxis paludosa, autre Orchidée indigène, le mode de végétation présente une analogie marquée avec celui de VEpipogium; c’est quelquefois vers le milieu de la longueur de la lige florifère que se produit le caulobulbe ou renflement luliériformc. — Les tubercules bulbiformes qui appartiennent à certains genres de la famille des Iridées (Crocus ffig. 1571], (ilnrliolus, Antholyza) ont été nommés bulbes solides ou bulbes superposés ; ils appartiennent au même type de structure que les précédents. Ces raulnbulbcs postérieurs à la floraison tendent à se détruire après l'année qui suit celle de leur floraison : les nouveaux bourgeons hulbifères se développent, chez ces plantes, à l'aisselle des écailles les plus élevées du btillie; d'où il résulte que les nouveaux caulobulbes recouvrent l'ancien en s'élargissant, et semblent, dans certains cas, lui être superposés. Lorsqu'un axe n’a pas fleuri, il ne se renfle pas moins en caulobulbe après l'époque de la floraison, et l'année suivante il peut émettre un bourgeon central dont l'axe, se renflant après la floraison, constitue un caulobulbe réellement superposé au caulohullte-mère (chez les raulnbulbcs des Orchidées épiphytes, les nouveaux caulobulbes paraissent accolés aux anciens et non superposés, parce qu’ils prennent naissance à l'aisselle des feuilles ou écailles inférieures du caulobulbe-mère, et non à l'aisselle
TUBERCULE
des écailles supérieures). — 11 faut se garder de confondre les caulobulbesdes Crocus avec les véritables bulbes à tuniques charnues que présentent certaines
Fig. 1570. — Souche tuberculiforme d’une Aroïdée, le Drnctnifium po/yj)hyllum (plante en fleur).
Fig. 1571. — Caulobulbe du Safran ( Crocus sa tir n$ ), plante en fleur ( proportions réduite» ).
espèces appartenant à la même famille (dans le genre /ris). — Le genre Colchirum présente un caulobulbc (fig. 1572) qui me semble tenir des caractères du caulobulbe des Orchidées épiphytes et du caulobulbe des Crocus. Comme chez
Fig. 1572. — Caulobulbe du Colchique (Colchkum autumnak) dépouillé de tes tuniques.
les Orchidées épiphytes, la production des bourgeons se fait à l'aisselle des écailles qui occupent la hase, et par conséquent les caulobulbes successifs sont latéraux; comme chez les Crocus, les canlobulbes cessent de vivre au bout d'une année, mais les écailles, qui sont épaisses et très-coriaces, persistent pendant un grand nombre d'années (les plus anciennes étant incessamment refoulées
TUBERCULE
à l'extérieur et déchirées par distension), et les vieux bulbes sont réduits chacun à une sorte de ruban spongieux qui est comprimé entre les tuniques des années successives.
La deuxième section des tubercules comprend les turiosnrr/ues ou turiobulbes. Os tubercules sont constitués par les bourgeons terminaux de rameaux souterrains se rendant en une ruasse charnue qui n'émet des tiges doriféres que l’année suivante. Otte section présente deux subdivisions :
Fie. 1573.— Plant de Porame-de-terre (Solanum luberosum). Ses rhizomes grêles se terminent en tubercules (turiobulbes, luriosarques).
La première subdivision est constituée par les tubercules à bourgeons multiples et à écailles très-rudimentaires, ou tubercules proprement dits. Je place dans celle subdivision : la Potnme-de-terre ( Solanum tuberosum) (lig. 1573 à 1575), P Oxalis crenala, le Topinambour (Helimilbits tuberosus), la Capucinetubéreuse ( Tropteolum tuberosum), le Crépis bulbosa, etc. — C'est dans cette section que vient se placer le rhizome charnu tubériforme du t 'onvolvulus sepium dont j’ai fait connaître les mœurs curieuses. Après l'époque de la maturité des fruits, vers la lin de l’automne, les tiges ou les rameaux volubiles de cette plante (commune dans les haies humides) pendent vers la terre et s'allongent jusqu a ce que leur extrémité soit en coulact avec le sol. Celte extrémité continue alors à s'allonger eu s'insinuant verticalement de liant en bas (contrairement à la direc-
TIÎBEHCULE.
lion habituelle des tiges) dans la terre, ou entre les fissures des murailles. La plante, dont les tiges, exposées à l’air, périssent pendant l'hiver, se crée ainsi, à l'approche du froid (ainsi que pourrait le faire un animal guidé par son instinct), un abri ou un terrier profond dans lequel la gelée ne peut l'atteindre. Le sommet de la tige, qui se développe ainsi de haut en bas dans la terre, revêt l'ap|)arence d'une racine ou d'un rhizome; elle est de couleur blanche, de consistance cliar-
PlG. 1576. — Tubercule de Pomme-de -terre s’étant développé hors de terre et participant à la fois des caractères du tubercule (caulosarque) et des caractères de la tige aérienne.
nue, et ses feuilles sont réduites à de courtes écailles. La partie aérienne de cette lige renversée périt et se détruit dès les premières gelées, et l’extrémité enfouie dans la terre constitue dès lors un individu distinct, qui, au retour du printemps, émet des rameaux axillaires ascendants constituant de nouvelles tiges florifères, dont les extrémités s'enfouissent 6 leur tour comme l'extrémité de la tige-mère qui leur a donné naissance. Ces tiges enfouies se ramifient souvent dans le sol, et pourraient, au premier abord, être prises, quand on les retire de terre, pour des rhizomes émis par une tige souterraine; mais leur base qui se trouve au niveau du sol, l’extrémité des rameaux dirigée en bas, et les feuilles squamiformes dont la pointe regarde également en bas, prouvent suffisamment qu'il s'agit d'une tige qui a pénétré dans la terre par son sommet.
TUBF.RCUl.F..
La deuxième subdivision renferme des tubercules munis de feuilles squamiformes membraneuses, et destinés à produire une plante nouvelle par l'accroissement de leur bourgeon lei minai, et non par la production de bourgeons
latéraux ou axillaires. Le turiobulbe type de cette . subdivision est celui du Sngittaria sagitti/olia. Plusieurs botanistes avaient remarqué depuis longtemps que cette plante présente souvent à sa base un bulbe assez singulier, qu'ils avaient décrit très-imparfaitement et de manière à laisser voir qu'ils n'en comprenaient ni l'origiue ni la structure. Le travail que je prépare sur les bulltesct les tubercules me conduisait naturellement à examiner le bulbe ou tubercule de la Sagittaire, et je ■r m'eu occupai avec d'autant plus d'intérêt, que son histoire était entourée de plus d’obscurité.
Pensant avec les autres auteurs que la Sagittaire est vivace, j'avais, pendant l'hiver, cherché des souches de Sagittaire dans la vase, dans unespace où j'étais certain d'avoir vu un grand nombre de ces plantes pendant l'été précédent. D'abord mes
,, .... . , . „ , „ recherches furent vaines; en
Fir„ Ia75. — Tubercules de Pomme - de - terre. Ces
lubercules, développés à l'air libre, participent à la cherchant avec plus do soin, je fui» de» tubercule» Vaulosarqucs) et de» caractère» trouvai plusieurs petits bulbes
de la tige aérienne.
ou tubercules ovoïdes, munis
d'écailles membraneuses et terminés par un bourgeon cylindrique, qui me parurent appartenir il la Sagittaire. Je plaçai ces bulbes en pot, dans de la terre mouillée, et je les relirai de loin en loin pour les examiner. Pendant janvier, février, mars et avril, ils n’éprouvèrent aucun changement. Le ff> mai, le bourgeon terminal s'était allongé, et en peu de jours il se développa une rosette de feuilles (émettant des racines à sa hase), non pas au sommet du bulbe, mais à l'extrémité d’une lige de 5 à 6 centimètres qui partait de ce sommet. Un mois plus tard, la rosette de feuilles était devenue une plante robuste, et le bulbe-mère avait lini par s’épuiser complètement, mais restait comme siipciidu à la base de la plante qu'il avait produite. Avant alors arraché plusieurs de ces plantes, je remarquai, parmi les libres radicales filiformes qui
TUBERCULEUX. — TUBIFLORES. 1307
panaient de la base de la rosette, d'autres organes ayant l'apparence de racines, de couleur blanche, et de la grosseur du doigt, qui (variaient de l'aisselle des feuilles et qui descendaient verticalement dans la vase. Ces organes, qui atteignaient une longueur de 5 à 6 décimètres et qui étaient muuis de loin en loin de feuilles squamiformes, n'étaient (malgré leur direction descendante et leur séjour souterrain) autre chose que de véritables tiges : en effet, ayant coupé en long l'extrémité de ces organes, je les trouvai terminés par un véritable bourgeon. Ce bourgeon ne tarda pas à se renfler en tubercule, et dès la fin de septembre, après la floraison et la fructification des liges aériennes, toute la plante se détruisit, y compris les tiges descendantes; les raulobulbcs terminaux, devenus libres, restèrent seuls vivants au fond de la vase, à l'état où j'avais observé les caulobulbes-mères l'année précédente, et constituèrent, l'année suivante, autant de plantes distinctes. Pourquoi la Sagittaire, dont toute la souche est enfoncée dans l'eau et est exposée en apparence aux mêmes influences dans toutes ses parties, produit-elle des rameaux de deux sortes, les uns descendants et ayant l’aspect de racines, les autres ascendants, feuilles et florifères? La cause déterminante de ces deux directions contraires, d’où résultent des formes et des fonctions si différentes, est encore à trouver ; mais, quant au but, il est bien évident : les uns sortent de l'eau pour fleurir et reproduire la plante par graines; les autres s’enfoncent dans la terre pour échapper à la gelée cl reproduire la plante par tubercules.
TUBERCULEUX, tuberculalus. Qui présente des tubercules.
TUBÉREUSE (l‘ nlianthes tuberosa, famille des Liliacées). Le parfum de la Tubéreuse rappelle celui du Lis-blanc; il est aussi suave et plus pénétrant. Celte belle plante est cultivée en grand pour la parfumerie; on recueille l'odeur en faisant macérer les fleurs dans la graisse ou dans l'huile (3 parties de fleurs pour nne partie en poids d’huile).
TUBÉREUX, tuberosus. Une racine ou une souche est dite tubéreuse lorsqu’elle présente la forme d’un tubercule.
TUBÉROSITÉ, tuberositas. Épaississement, nodosité en forme de tubercule.
TUBES. Parties appendiculaires du chapeau de certains Champignons en forme de tuyaux ord. très-lins et à cavité très-étroite, cylindriques ou anguleux, indépendants ou adhérents entre eux, ouverts en dehors, et qui renferment les spores (ord. attachées à das basides ): par ex. chez les genres Bolet, Polypore, etc. — Les tubes (Persoon) ont reçu, de divers auteurs, les noms de : alveolir, alveoli , ascorna, cavernuli, ftraminula, pori, reccptaculum, sinus, tubi, tubuli et tuyaux.
TUBIFLORES: Classe comprenant les familles suivantes : Convolvulacées, Polêmoniacêes , Hyorophyi.lêes, H ydholéacées, Solanées. Ses caractères sont les suivants : Plantes dicolylées gamopétales. Fleur b calice libre. Corolle hypogyne, gamopétale, régulière. Étamines insérées sur le tnlve de la corolle, alternes avec ses lobes et en nombre égal. Ovaire à deux, trois, quatre ou cinq carpelles ou loges. Ovules ord en nombre indéfini, réfléchis ou courbésréfléchis. Fruit capsulaire ou bacciforme. Embryon droit ou courbé, entouré d’un périsperme.
Fig
1576. — Fleur de la Tulipe des jardins
(Tuiipa Gttnerùma).