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TRAVAUX BOTANIQUE

admises, la science les éludie, et bien quelle les accueille d'abord avec une prudente réserve, elle ne tarde pas, quand ces doctrines sont bien fondées, à les admettre et & les défendre. Mais le plus laborieux et le plus habile n’a pu faire parcourir à la science qu’une faible partie de la carrière presque sans limite qui s’ouvre toujours devant elle; cette route parcourue est destinée d’ailleurs à tomber dans le domaine public, et un successeur, parti à son tour du |Kiint où la science est parvenue, ne tarde pas à en porter plus loin les limites. — Aussi arrive-t-il que le nom des organographes qui se sont ainsi succédé est bien vite oublié, et que la mémoire de quelques-uns lie subsiste que lorsque leur mérite et leur génie sont tels, que leur nom est considéré comme un symbole qu'on accepte sans l’analyser.

Au contraire, le nom du botaniste qui s’est livré à l’élude et à la description d’espèces non décrites reste attaché, et d'une manière inséparable, à chaque espèce qu’il a dénommée. Le nom du botaniste fait en quelque sorte partie du nom de l’espèce clle-mèine, et traverse ainsi les générations sans recevoir d’atteinte.

Du reste, il est peu de botanistes organograpbes qui ne consacrent une partie de leur carrière il la botanique descriptive et à l’étude des rapports ou des différences chez les végétaux au |>oiiit de vue de leur classification, et qui, par conséquent, ne participent plus ou moins aux divers privilèges attachés aux différentes sortes d'études.

Je ne crois pas devoir passer sous silence les plaisirs et les avantages du travail en collaboration ; cette manière d’étudier et d'écrire m’a été trop agréable à moi-même pour que je m'abstienne de la mentionner.

La collaboration est susceptible d'être appliquée à tous les genres de travaux, aux travaux physiologiques comme aux travaux de classification. Évidemment il se présente partout des cas douteux et d’une observation difficile, et, dans tous ces cas, les chances d'erreur sont bien moindres lorsque la question est étudiée et débattue par deux, qnc lorsqu’elle n’est étudiée que par un seul. Mais, pour que cette combinaison soit réellement profitable, les deux collaborateurs lie doivent pas, pour ainsi dire, perdre de vue un seul instant les mêmes observations, et sont obligés, par conséquent, de vivre dans une dépendance complète l’un de l’autre ; ce qui est d’une application difficile, lorsqu'il s’agit de travaux de longue haleine. Il n'en est point ainsi pour les travaux descriptifs et de classification, qu’on peut au contraire quitter et reprendre sans aucun inconvénient.

Par travail en collaboration, je n'entends |Miint un travail partagé à l’avance en fragments exécutés par chacun en particulier, le plan général du livre ayant seul été étudié et arrêté tl'un commun accord ; j’entends l'étude cl la rédaction en commun de chaque idée, de chaque phrase, la discussion de la valeur de chaque caractère et de l’expression qui rend le mieux la nuance qu’on veut exprimer. C’est ainsi que, durant plusieurs années, les deux auteurs de la Flore des environs de Paris ont accompli leur tâche devant la même table chargée de plantes, et n'ayant qu'une même plume [jour écrire la commune rédaction. Que de bonnes et laborieuses journées, trop promptement écoulées, qui auraient

TRÈFLE. — TRfeFLE-D’EAl.

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pu avoir leur tristesse dans le silence d'un cabinet isolé! comme la confiance dans l’exactitude du résultat était plus grande, et combien, après l'achèvement de l'étude d’une difficile famille , la satisfaction était mutuelle et partagée! Quel puissant stimulus pour l’activité! quel travail assidu, et pourtant quelle gaieté!

Rarement deux collaborateurs ont exactement la même tournure d'esprit, les mêmes tendances et les mêmes qualités. Le résultat de cette dissemblance est la réunion de ce que chacun peut apporter de meilleur et l'élagage de tout ce qui n’est pas irréprochable; car une mutuelle sévérité est surtout permise, lorsqu'elle s'unit h la plus étroite amitié.

TRÈFLE (Trifolium) (lig. 1556). Genre, nombreux eu espèces, de la famille des Papilionacées. Plusieurs Trèfles constituent un fourrage important, et sont cultivés en prairies artificielles : tels sont le Gros-Trèfle ou Trèfle-rouge ( Trifolium pratense), le Trèfle blanc (7’. repens), le Trèfle iucarnat (T. incarnat um),

TRÈFLE-D’EAU ( Menianthes tri foliota, famille des Geulianées) (fig. 1557). Cette plante, qui doit son nom vulgaire à ses feuilles trifoliolées, n'a aucun rapport avec le genre Trèfle ( Trifolium) : elle habite les lieux marécageux F,(;; Fleur d'une espèce

des régions froides et tempérées de I hémisphère

boréal ; elle contient un principe extractif amer. On en emploie le suc exprimé ou l’infusion dans le traitement des maladies de la peau et des affections

Fie. 1Û57. — Trèlle-d’eau ( Menianthes tiifoliata ), proportions réduites.

scorbutiques. — Le Villarsia Nymphoides, vulgairement Pelit-Nénufar, antre plante aquatique de la même famille, habite çàet U les eaux des régions chaudes ou tempérées de l'Europe et de l’Asie. Il joint une saveur chaude à l’amertume du Menianthes.

1294 TRÉMAJiDRÊES. — TRICOCCÉES.

TR K AI \\ DR UES. Famille de plantes dicotylées dialypétales, 4 ovaire libre, comprenant les deux seuls genres Tremandra et Tetratheca, qui renferment de petits arbrisseaux de l’Australie. Les Tctrathecn sont des plantes frutescentes, à port de Bruyères, à rameaux jonciformcs, à petites feuilles squatuiformes alternes ou verticillées, ord. couvertes de poils glanduleux. Les Tremandra sont des arbustes à feuilles alternes, ovales, à pubescence tomenteuse. Les caractères généraux de la famille sont les suivants : Fleurs hermaphrodites, régulières, axillaires, solitaires, pédicellées. Calice 4 4-5 sépales libres ou soudés 4 la base. Pétales 4-5, hypogynes, égaux, 4 préfloraison involutive. Étamines 8-10, hypogynes, libres, opposées deux 4 deux aux pétales, 4 filets courts épais, 4 anthères conniventes, exlrorses, bilobées, dressées, 4 lobes divisés eux-mêmes en deux petites loges secondaires; les 4 loges prolongées en un même tube qui s’ouvre par un pore terminal. Ovaire 4 deux loges uni-ovulées ou 4 2 ovules collatéraux suspendus, anatropes; style indivis. Fruit capsulaire 4 2 loges comprimées perpendiculairement 4 la cloison. Graines solitaires ou géminées dans chaque loge, présentant une caroncule charnue, pourvues d'un périspertne renfermant un embryon droit cylindrique.

Les Trémandrécs ont le fruit et la graine des Polygalées. Elles s’en rapprochent également par le mode de déhiscence des anthères; elles s'en éloignent par le type régulier de la fleur. Les Trémandrécs peuvent être considérées comme des Polygalées 4 fleur régularisée.

Tri-, dans les mots composés dérivés, soit du grec, soit du latin, signifie trois.

Triadelphus. A trois faisceaux d'étamines.

TRIANDRE, trinndrus. A trois étamines.

TRIANGULAIRE, triangularis. A trois angles.

Tribracteatus. A trois bractées. — Tribracteoldtus. A trois bractéolcs.

tribu, tribus. Division qui constitue des sous-familles dans la famille.

Tricha- [de 0;ij, rpijffcç, cheveu), dans les mots composés dérivés du grec, signifie : qui a la forme de cheveux; en latin, capillaris, capillaceus.

TRICIIOSPORÉS (I.év.). Champignons consistant en réceptacles floconneux simples ou rameux 4 filaments capillaires, les spores naissant de toute leur surface ou de quelques points seulement de leur surface. Citons les genres hnria, Fusidium , J/aplotrichum, Polyactis, Dactylium , Botrytis, VerticiUium, Chœtopsis, Septosporiuni, etc., etc. La plupart ont l'aspect de moisissures. Examinées au microsco|>e, la plupart des espèces se font admirer par les formes les plus variées et les plus élégantes.

TRICHOTOME ( tritome serait mieux dit). Qui est divisé par trois, dont les divisions sont elles-mêmes divisées par trois, cl ainsi de suite. Une lige trichotome résulte d'une série d’axes définis 4 feuilles verticillées par trois, chaque feuille émettant de son aisselle un rameau trichotome 4 son tour.

TRICOCCÉES. Classe comprenant les familles des Empêtrées, Stackhousiacêbs et Kuphorbi.vcées. Caractères : Plantes dicotylées dialy|>étalcs. Fleurs ord. unisexuées, souvent incomplètes. Calice libre. Pétales en nombre défini ou nuis. Ovaire généralement 4 trois carpelles, rarement deux ou un plus grand

THICOCC.US. — THOPÊOl.fiF.S.

nombre. Fruit ordinairement capsulaire, à déhiscence septicidc, se désagrégeant en coques, rarement cliarnu-baccifdrme. Graines solitaires dans chaque loge on géminées-collatérales. Embryon droit, placé dans un périspenne charnu.

Tricoccus. Se dit d’un fruit composé de trois coques. — Tricolor , qui présente trois couleurs tranchées; — tricornis, qui présente trois organes ou trois appendices en forme de cornes; — triciispidatus, tricuspidé, qui présente trois longues pointes aplaties; — tridims, qui dure trois jours; — triennis, qui dure trois ans; — trifidus, trifide : se dit d’une feuille divisée en trois lobes qui atteignent le milieu de sa longueur (voy. la terminaison -fide); — tri/lorus, triflnre, à trois fleurs; — trifoliutus, à trois feuilles; — trifoliolatus, trifoliolé, à trois folioles; — trifurcalus, trifurqué; — trigonus, trigoue, à trois faces et il trois angles; — triggnus, à trois carpelles; — trijugus, à trois paires de folioles; — trilobus, à trois lobes; — trimestris, qui dure trois mois; — trimutus , trimus, qui a trois ans; — trinerratus, à trois nervures; — tripnrtitus, triparti, fendu en trois au delà du milieu; — triphyllus, i trois feuilles; — tripinnalisectus, tripennatiséqué (bipennatiséqué, à divisions du second ordre elles-mêmes pennatiséquées); — triplinerves, se dit de feuilles à trois nervures principales; — trique ter, triquètre, à trois angles saillants séparés par trois angles rentrants ; — trisectus, triséqué : se dit d’une feuille séparée en trois divisions, dont les deux latérales atteignent la nervure moyenne ; — trisepalus, à trois sépales; — triserialis, tristichus, disposé sur trois rangs; — trivalvis, à trois valves.

TRIVIAUX (Noms). Noms donnés aux plantes communes et usuelles dans le langage vulgaire. — Linné employait l’expression noms triviaux pour désigner les noms spécifiques ou noms qui distinguent les espèces dans chaque genre ; l’expression noms spécifiques a prévalu. »

Iroc/ilcaris. En forme de poulie ; discoïde et présentant une rainure sur le bord.

TROÈNE ( Ligustrum vulgare, famille des Oléinées). Scs feuilles sont légèrement astringentes, leur saveur est amère et acerbe. Les baies fournissent une couleur d’un noir bleuâtre.

TBONC, truncus. Tige des arbres OU Végétaux Fig. 1558. — Feuille tronquée du ligneux de grande dimension. Tulipier ( l.irwiteminm Tuti/n-

„ , fera), proportions très-réduites.

TRONQUE, truncatus, retusus. Se dit des organes habituellement en pointe qui se terminent par une surface plane ou |»r uue ligne horizontale (üg. 1558).

TROPÉOLÉES. Famille de plantes dicotylées dialypétales, à ovaire non adhérent, voisine des Balsa minées et des Géraniacées. La famille des Tropéolées a pour type la Capucine [Tropteolum vulgare) { fig. 1559 et 1560), cette charmante transfuge du nouveau monde, si bien en possession des palissades de nos jardins rustiques, où elle mêle ses guirlandes fleuries aux spirales des Volubilis [/pomma) et aux fleurs parfumées du Pois-de-senteur. D'autres jolies espèces

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