AI! LECTEUR
V. Un Glossaire des mots latins employés dans les ouvrages descriptifs, avec leur traduction française et leur définition.
VI. L’Histoire des plantes usuelles (tant exotiques qu’indigènes), désignées sous leurs noms vulgaires suivis de leurs noms scientifiques et de l'indication de la famille naturelle il laquelle appartient, soit la plante, soit le produit végétal désigné. Ces articles comprennent des détails sur la provenance de chaque espèce, sa culture, ses propriétés médicales et son emploi dans les arts, l’économie domestique et la thérapeutique. — J’ai fait en sorte d’indiquer, dans ce répertoire des plantes usuelles, les applications les plus essentielles, et les observations les plus dignes d’intérêt et les plus nouvelles.
J’espère que les savants (dont quelques-uns estiment la botanique philosophique à l’exclusion de la botanique pratique) pardonneront aux simples amateurs et à moi-même de nous occuper çà et là de ce qui se mange cuit ou cru : d’indiquer, par exemple, la manière d’éplucher les figues de barbarie sans se piquer aux épines, de préparer les fraises au jus d’orange et les grains de grenade au kirsch ; de nous occuper des fleurs qui font l’ornement traditionnel des jardins rustiques, des pots de Basilic qui verdoient au seuil de l’atelier, et des spirales de Volubilis qui encadrent la fenêtre de la mansarde. Il faudra qu’ils nous pardonnent de mentionner les feuilles émollientes dont on lait maint remède, de noter les fleurs les plus recherchées par les abeilles et les fourrages les plus agréables aux moutons ; en un mot, de nous occuper en temps et lieu de toutes les bonnes herbes de la Saint-Jean (1).
J’ai traité dans ce Dictionnaire les sujets les plus dignes d’intérêt sous forme de dissertations sommaires, quelquefois même sous forme de discussions scientifiques, en faisant intervenir par des citations nos plus savants contradicteurs. Telles sont les questions relatives aux
centrale), nous conseillons île recourir à notre Flore des environs de Paris, ou Description des plantes r/iti croissent spontanément dans cette région, par K. Cosson et Germain de Saint-Pierre (2* édition, Paris, 1861. un vol. in-8° de LIV-962 pages), et à f Atlas de la Flore des environs de Paris (2' édition, Paris, 1870), un volume in-8° contenant 42 planches, comprenant environ 500 figures dessinées par l’un des deux auteurs (Germain de Saint-Pierre) et par M. A. liiocreux.
(1) Après nos excursions au potager, au jardin fleuriste, dans les prés, les rliamps et les bois, nos stations à l’officine ou au laboratoire, nous ne sommes que mieux disposés à prendre la plume nu le sealpel, ou à nous asseoir devant la table de travail, l’ieil droit au crayon, l'ieil gauche au microscope.
AI! I.ECTEUH.
sujets suivants . Organisme végétal passant à P organisme animal; — Genèse ou Création du monde végétal, et discussion de la doctrine de la génération dite spontanée; — Variabilité de l'espèce en général (1) , et Origine des espèces végétales actuelles. — Unité de principe des lois de ta nature, et Unité de composition organique dans l’évolution de chacun des groupes naturels. — Unité de principe des lois naturelles ( Balancement des organes et Métamorphoses) par l’action desquelles se produisent les organismes normaux et se manifestent les formes déviées dites anomalies ou pionstruosités.
Sur tous les points de doctrine en discussion dans le monde scientifique, nous avons laissé à nos lecteurs le choix de la décision, en nous efforçant de présenter l’état actuel de la question, sans rien négliger d'essentiel.
(1) Dans une lettre, du 1" juin 1869, que M. Alph. de Cundolle m’a fait l’honneur de m'écrire, l’illustre naturaliste me dit:
« Relativement il vos observations sur quelques-unes des idées que j’ai
» émises dans ma Géographie botanigue raisonnée, permetlez-moi de vous faire » savoir, si vous ne l'avez déjà remarqué, que mes opinions sur la succession pro- » bable des êtres ont été modifiées, ou plutôt étendues par le premier ouvrage
> de M. Darwin, publié après ma G éugrnpliic. J’ai profilé d’un travail sur les t Querais pour énoncer alors des opinions plus favorables à la succession des » formes que celles de 1855. Vous les trouverez dans l’opuscule : Étude sur » /'espece, à Éoccasion d'une révision de lu famille des Cu/mlifëres (Biblioth.
> univers. , An: h. des sciences phy s. et nat. nov. 1862, réimprimé Ann. des sciences # nat. sir. U, t. XVIII).
» Je serais encore disposé à écrire sur ces grandes questions ce que j’écrivais a en 1862, seulement l'hypothèse delà transformation des êtres dans la série imi mensc des temps me parait toujours plus probable. Les découvertes de la paléon- » tologie la rendent presque nécessaire, et les observations de M. Darwin, dans » son second ouvrage, commencent à faire comprendre de quelle manière et par » quelles causes tes formes changent. J’ai vu avec plaisir que dans ce second » ouvrage il parle de V atavisme et des causes nombreuses de variations, pour le » moins autant que de sélection; ses vues sont plus larges, ses observations plus » diverses, et, malgré l’obscurité de son hypothèse finale, malgré certains faits » acceptés un peu trop légèrement (comme la soudure de deux bourgeons pour » le Cytisus Adami, etc.), j’estime qu’il a fait encore avancer la science après lui » avoir imprimé d’abord une grande secousse. »
La transformation des êtres dans In série immense des temps, admise actuellement par un maître d’une si grande autorité, par celui que nous pouvons nommer le chef de notre infatigable et vaillante phalange, par M. Alph. de llandolle, c’est en réalité la cause gagnée pour cette théorie, dont la démonstration est d’une si haute importance en philosophie naturelle.
Al! LECTEUR.
Nous exposons nos doutes et donnons notre propre opinion sans réserve, mais en ayant soin d’énumérer textuellement les objections les plus sérieuses des savants dont l'opinion peut difFérer de la nôtre.
Relativement aux descriptions d’organes (que dans mon Uictionnuire raisonné de botanique (1) je m’étais «‘(forcé de rendre claires et précises) et aux délinitions des termes qualificatifs, il a pu suffire souvent d’une simple réimpression du premier texte ; mais j’ai eu à développer et à compléter la plupart des articles didactiques (exposés de théories, explications ou interprétations morphologiques); j’ai surtout ajouté, autant que possible, l’indication des faits nouveaux les plus saillants acquis à la science par de récents travaux.
Parmi les questions d’organographie végétale sur lesquelles mes observations m’ont amené à des considérations morphologiques nouvelles, je citerai : nature des feuilles carpellaires (feuilles productrices de bourgeons latéraux) ; — structure de l’ovule avant la fécondation (bourgeon rudimentaire) ; — nature des feuilles staminalcs ; — hermaphroditisme vrai (observé seulement dans des cas d’anomalies) ; — nature et fonctions des lenlicelles ; — structure du bulbe des Orchidées de la section des ( )plirydées (ophrydo-bulbes) ; — structure de l’épillet et de la fleur des Graminées ; — nature des calices adhérents et des réceptacles creux ou renversés (cupules réceptaculaires), organes axiles incomplets ou à l’état d’ébauche ; — la feuille considérée comme végétal rudimentaire; — la plante considérée comme un être collectif; — production et accroissement des tissus végétaux de dehors en dedans et de haut en bas ; — les anomalies prises pour des soudures, et qui sont des phénomènes de partition (dédoublement ou expansivité) ; — structure de l’enibrvon des Monocotylédones et notamment des Graminées ; — nature des coléorrhizes; — classification morphologique des fruits; — régularisation de la nomenclature pour les divers modes de déhiscence des fruits, etc.
(1) L'ouvrage que j'ai publié sous le titre de Guide du botaniste (Paris, 1851, in-1 8 jésus, 832 pages) est épuisé depuis plusieurs années. Il se composait de deux parties distinctes réunies sous un titre collectif, savoir : 1° une Introduction à l’élude la botanique, et 2“ un Dictionnaire raisonné de botanique. — La substance du Guide du botaniste, et notamment du Dictionnaire raisonné , remaniée et modifiée, a trouvé place dans mou .Youreuu Dictionnaire de botanique; mais le Guide du botaniste n'étant que l'ébauche de l'ouvrage actuel, j'aurais regardé comme peu exact le titre de deuxième édition pour un livre devenu, par suite d«‘s développements que je lui ai donnés, un livre presque complètement nouveau.