‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 2 sur 61 · A LA LIBRAIRIE HISTORIQUE-A RUSTIQUE · texte numérisé non relu

A LA LIBRAIRIE HISTORIQUE-A RUSTIQUE

RUE DE SCHABRBEEK, >" -iS.

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PLOMB. Le plomb ett peut-être de tous les mHsauL le plus ancieDuement eonnu. Les caractères f6rt saillants de ce métal, la facilité de sa réduction et ses propriétés physiques, qui le rendeot si utile dans les arts, étaient bien propres à ixer Tatlention des premiers hommes qui s'occupèrent de rétude des minéraux. C*est probablement pour cela que les anciens Tavaient dédié à Saturne. Ce qui dut frapper davantac^e, est le poids considérable quHl présente sous un faible volume ; aussi sa densité, ou, comme on dit vulgairement, sa pesanteur, est-elle devenue proverbiale, bi«i qu*il ne soit pas cependant le plus pesant de tous les métaux. — La couleur du plomb est d^un blanc bleuâtre; son éclat, assez grand sur les surfaces fraîches, se ternit promptenait à Pair, à cause de la rapidité de son oxydation. U donne par le frottement une odeur qui lui est propre, et laisse sur les doigts ou sur le papier une teinte bleuâtre; son poids spéciique est de 11,55; ce qui ne Tempéche pas d*étre asseï tendre pour se laisser entamer facibasent, même par Tongle, et de fournir ainsi un moyen de le distinguer sur-le-champ de Tétain devenu terne par suite d*une longue exposition ft Fair. Betix cent soixante degrés de chaleur soflbent pour le liquéfier. Sa grande fusibilité fait qn^on remploie avec avantage pour souder In autres métaux. La soudure des plombiers est ■n alliage composé d'environ moitié de plomb et d*étain. Il se moule assex bien dans les creux qo'on lui prépare, dans les matrices de fer ou de caivre. On est parvenu à obtenir des tuyaux de ploab non soudés de tous les diamètres; on en • même oonlé des statues qui ont été dorées en-

suite. Telle est celle qui surmonte la fbntâine et la colonne triomphale de la place du Châtelet à Paris. Enfin, le plomb se fait encore remarquer par la facilité avec laquelle il s'étend sous le laminoir et se convertit aisément en feuilles très-minces ; mais on a reconnu qu'arrivé à un certain point, ses bords se crevassent. Les Chinois obvient à cet inconvénient en introduisant jusqu'à 4 p. c. d'étain dans celui dont ils se servent pour doubler leurs boites à thé. Ils fabriquent, dit-on, les feuilles destinées à la confection de ces boites au moyen de deux tuiles larges et plates, doublées de papier fort, qu'ils placent l'une sur l'autre, et qu'ils entrouvrent par un coin pour y introduire le plomb fondu destiné à la feuille. Ils pressent ensuite fortement avec le pied sur le métal en fusion, et, de celte manièrci évitent les gerçures ordinaires produites par la compression à froid. — Ifous venons de dire que le plomb s'oxyde rapidement à l'air; mais, comme beaucoup d'autres métaux, il est préservé d'une complète oxydation par la première et la plus mince couche d'oxyde qui puisse se former, parce que celle-ci remplit, à l'égard du reste de la masse, la fonction d'une enveloppe imperméable à l'air. Voilà pourquoi on trouve tant d'économie à l'emploi du plomb dans la couverture des édifices. Les grandes feuilles destinées, soit à cet usage, soit à la confection des chaudières d'évaporation, se coulent au moyen d'un vase de fonte qui verse le métal dans toute la largeur de la table unie qui doit servir de moule à cette planche de plomb, que l'on passe et repasse ensuite sous des laminoirs pour l'amener à l'épaisseur coQvenableé Le plomb est surtout un métal

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bien précieux pour la préparation de l*acide sulfurique, en vertu de la propriété dont il jouit de résister à Taction de ce puissant réactif. C*est dans des chambres et des chaudières de plomb que se font toutes les manipulations relatives à cette préparation. — Étant par son poids susceptible de recevoir beaucoup plus de mouvement que la plupart des autres corps, le plomb a dû être choisi de préférence pour servir de projectile dans les armes à feu. De là Tusaçe des balles et du plomb en grenailles. Le procédé par lequel on communique au plomb la propriété de se réduire en petits grains sphériques a été pendant longtemps un secret. On sait aujourd'hui qu'il acquiert cette propriété parPaddition d'une certaine quantité d'arsenic. On tait tomber dans l'eau les globules de plomb à mesure qu'ils se forment à la manière des gouttes d'eau pendant leur chute d'une grande hauteur. Les puits, les mines et les tours abandonnées, sont utilisés avec avantage pour une telle fabrication. La première usine de ce genre qui a été établie en France a été construite à Paris dans la tour Saint- Jacques-la-Boucherie. Les grenailles de plomb que l'on obtient par l'alliage de ce métal avec l'arsenic sont ordinairement de dimensions différentes; il faut les classer de grosseur, séparer ceux qui sont imparfaits , enfin les ébarber et ^cs lustrer. Pour les classer, on se sert de grands cribles ou tamis de tdle mince, dont les trous sont tous de même diamètre, et chaque tamis fournit les grains d*un même numéro. Ensuite, pour isoler ceux qui ne sont pas ronds ou qui présentent quelque défaut, on se sert d'une planche ayant des rebords sur deux de ses côtés seulement : on y place une poignée ou deux de plomb à tirer, on incline très-légèrement la planche, et, en lui donnant un petit mouvement d'oscillatioTi dans le sens horizontal, les grains ronds glissent dans une case destinée à les recevoir, tandis que ceux qui ont des défauts restent sur la planche et sont mis à part pour être refendus. Enfin, comme après ce triage il existé encore beaucoup de grains présentant de légères aspérités, on les enlève au moyen du rodoir, opération qui s'exécute en même temps que celle qui a pour but de donner au plomb de chasse un beau poli. On se sert pour cet usage du rodoir, petit tonneau octogonal , sur la paroi latérale duquel est pratiquée une porte pour faire entrer et sortir le plomb. Il est traversé d'un axe horizontal en fer, portant à ses extrémités des manivelles opposées tournant dans des boites en cuivre. On ajoute dans le rodoir une certaine quantité de plombagine en poudre, et l'on tourne

jusqu'à ce que le plomb ait acquis le degré de poli et le lustre convenable pour être livré au commerce. — Si l'on peut à peine indiquer tous les usages du plomb à l'état métallique, il devient plus difficile encore de rappeler tous ceux de ses oxydes ou des sels qui l'ont pour base. Il suffira de nommer la lilharge, le minium, le massicot, qui sont des oxydes de plomb diversement préparés, et dont les usages en peinture et dans l'art de fabriquer le verre-cristal, le flint-glass, sont si connus; la céruse, dont les applications sont si nombreuses, et que nous fabriquons maintenant avec autant de perfection qu'on l'a fait longtemps et presque exclusivement en Angleterre et surtout en Hollande; enfin, beaucoup d'autres sels à base de plomb, qui servent dans la teinture des étoffes et dans la médecine externe. De si nombreux emplois exigent annuellement une masse de plomb énorme; aussi les mines et les exploitations de ce métal sont-elles abondamment répandues dans plusieurs parties du monde. Il se trouve sous un assez grand nombre de combinaisons dans la nature. Quelques-unes d'entre elles seulement sont assez abondantes pour être exploitées comme mines de plomb. Le sulfure ou la galène est le véritable minerai du plomb des minéralogistes; il fournit à lui seul plus des 999 millièmes du plomb livré au commerce. Cette substance est très-reconnaissable par son éclat vif, qui ne se ternit pas comme celui du plomb. Elle est presque toi^ours à l'état cristallin, et présente alors une cassure dans laquelle on aperçoit distinctement trois sens de lames qui conduisent au cube. Il suffit, pour obtenir cette cassure, de lui faire subir une légère percussion. La couleur de la galène est le gris métallique du plomb, mais un peu plus clair; sa pesanteur spécifique est de 7,58 cent., non malléable; elle se brise facilement ainsi qu^on vient de le dire; pure, elle est composée de 87 parties de plomb et 15 de soufre sur cent. Elle contient toujours une petite quantité d'argent. Dans la plupart des cas, cette quantité est assez notable pour être extraite du plomb. On compte généralement que la galène contenant 3 onces au quintal de minerai peut supporter les frais que nécessite la séparation de l'argent. L'opération qu'on appelle coupellation ne donne point pour résidu le plomb pur d'un côté, l'argent de l'autre; le plomb en sort oxydé. C'est la litharge, qu'on vivifie ensuite en la faisant passer sur des charbons ardents. Aussi la majeure partie du plomb du commerce provient-elle ainsi de la coupellation; et dans les pays où le plomb n'a pas la même valeur que chez nous, à raison

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de la difficulté det transports et de rinfériorité de la civUlsatiou, comme la Russie, on laisse les monceaux de lltharge s^accumuler devant les ateliers jusqu^à la hauteur des maisons.— Les différents minerais de plomb se trouvent presque toujours réunis dans le même gtte; ils forment des filons et de petites veines dans les terrains de plus ancienne formation; mais c*est principalement dans les terrains de transition que sont exploités la plupart des filons qui contiennent ce méUl. Les mines de la Saxe, de TAngleterre et de la France sont dans cette position. Les terrains secondaires renferment aussi quelques mines de plomb. Cependant, on peut dire qu*elles y sont rares, proportionnellement à celles qui existent dans les terrains de transition; et de plus, elles paraissent contemporaines au terrain; du moins, elles nV sont pas disposées à la manière des filons. Nous devons ajouter que telle estrutilitéde ces précieux minerais qu'on peut déjà tirer parti des plus pauvres qu'on trouve en découvrant une mine, en les vendant sous le nom d*alqutYoux, pour vernir la poterie commune, comme cela se tait dans le département de llsère, en France. Quant au traitement du minerai, on conçoit qu'il doit varier d'après la nature des substances associées au P^omb. F. Passot.

Il est souvent quesUon, dans l'histoire, des plombs de f^eniêe. C'était une toiture de plomb du palais de Saint-Marc, sous laquelle se trouvaient des prisons où les détenus souffraient horriblementde la chaleur. — La minedeplomb est une sorte de crayon qu'on nomme aussi plombagine. Le blanc de plomb, un plomb oxydé par la vapeur du vinaigre, et qui produit une couleur blanche dont les peintres font usage. On appelle colique de plomb ou des peintres, une colique violente produite par l'action du plomb. Au figuré, il lui faudrait un peu de plomb dans la tête, se dit d'un homme qui a la tèt^légère, d'un étourdi. Mettre du plomb dans la tête de quelqu'un, c'est encore lui casser la tète d'un coup de ftisil ou de pistolet. En termes d'imprimerie, lire sur le plomb, c'est lire un passage sur la composiUon même.

Plomb, se dit aussi d'un petit sceau, d'une petite empreinte de plomb que, dans les manufactures, on attache aux étoffes pour en certifier la qualité ou l'aunage, et que, dans les douanes, onattacheauxballoU, caisses, coffres, colis, etc., pour attester qu'Us ont payé les droits, et pour empêcher qu'ils ne soient ouverts avant d'être arrivés au lieu de leur destination.— Le plombage tAVsu^on déplomber, dégarnir de plomb,

de marquer avec un plomb. Plomber^ c'est mettre, attacher, appliquer du plomb à quelque chose, en quelque lieu : on plombe les filets pour qu'ils descendent au fond de l'eau. Plomber la vaisselle de terre, c'est la vernir avec du plomb. Plomber une dent, c'est remplir de plomb en feuille une dent creuse afin de la conserver.

Plomb, désigne un morceau de plomb ou d'autre métal, suspendu à une ficelle, et dont les maçons, les charpentiers, etc., se servent pour élever leurs murs, leurs pans de bois perpendiculairement à l'horizon; c'est encore un morceau de plomb, qu'on appelle aussi plomb de sonde, feit en cône, enduit de suif à son extrémité, et attaché à une corde nommée /i^ite, avec lequel on sonde la mer, pour savoir combien il y a dans ce lieu de brasses d'eau, et de quelle qualité est le fond.

Plomb, se dit de ces cuvettes, ordinairement de plomb, qu'on établit aux différents étages d'une maison pour y jeter les eaux ménagères qui s'écoulent ensuite par des tuyaux de descente. C'est encore l'hydrogène sulfuré qui se dégage des fosses et des puits; et l'espèce d'asphyxie qui saisit quelquefois les ouvriers lorsqu'ils viennent à respirer ce gaz.

Plomber^ en termes de terrassier et de jardinier, c'est presser, battre, fouler des terres pour les affermir, et afin qu'elles s'affaissent moins.

Plombé s'emploie adjectivement, et ^tgnifie livide, couleur de plomb : cet homme a le teint plombé, le visage plombé. On emploie plomb, figurément, au sens moral, et il signifie situa lion fixe d'esprit ou de fortune; tenue, suite dans les idées ou dans les actions, assurance dans les manières : les jeunes gens ont de nos jours un aplomb et un sang-Aroid imperturbables. Vaplomb, en termes de peinture, c'est la pondération des figures. On dit dans un sens analogue, en termes d'équitation, les aplombs d'un cheval. £. Baillt.

PLOMBAGINE OU MiRB db plomb. Foy. Graphite et Crayon.

PLOMBIER. (Technologie,) On nomme ainsi l'ouvrier qui travaille le plomb venu de la mine en lingots ou saumons, et l'adapte aux divers usages qu'on en peut faire. Le procédé pour mettre le plomb en feuilles est le suivant : on a une table en chêne ayant un bord de 7 ou 8 pouces, pour servir comme de cadre au plomb en fusion. On tapisse cette table d'une couche de sable fin et humide dont on rend la surfoce parfaitement unie au moyen de la plane qu'on fait suffisamment chauffer. Ensuite deux ouvriers tiennent par les deux bouts une sorte de râteau,

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